Michele ALBORETO
 M.ALBORETO
Ferrari
Niki LAUDA
 N.LAUDA
McLaren TAG Porsche
Riccardo PATRESE
 R.PATRESE
Alfa Romeo

402e Grand Prix

LV Gran Premio d'Italia
Ensoleillé
9 septembre 1984 - Monza
51 tours x 5.800 km - 295.800 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur

Ayrton Senna mis à pied par Toleman

Quelques jours avant Monza, une dépêche du Team Toleman annonce que puisqu'Ayrton Senna n'a pas respecté les termes de son contrat en signant avec Lotus, il est mis à pied jusqu'à la fin de la saison et remplacé par le Suédois Stefan Johansson. Cette mesure paraît inique car, certes Senna avait un engagement avec Toleman courant jusqu'à fin 1986, mais qu'un jeune espoir quitte une petite structure pour une équipe de pointe n'a rien de scandaleux... Senna affirme qu'il n'a rien commis d'illégal puisque son contrat contenait une clause de cassation moyennant un dédit dont il s'est acquitté. Ses avocats entament une action judiciaire contre Toleman afin qu'il puisse retrouver son volant pour les deux derniers Grands Prix.

 

En attendant, il y aura deux TG184 au départ du GP d'Italie puisque Johnny Cecotto a enfin un remplaçant en la personne du jeune Italien Pierluigi Martini, champion d'Italie de Formule 3 en 1983.

 

Transferts: inquiétude de Jacques Laffite, colère de Keke Rosberg

La nouvelle du transfert de Niki Lauda chez Renault a « fuité » dans la presse française. L'arrivée de l'Autrichien à Viry-Châtillon pousserait Patrick Tambay vers la sortie... et libérerait une place très convoitée chez Marlboro-McLaren. Sur les rangs se trouve le jeune prodige allemand Stefan Bellof qui pourrait bénéficier du soutien de Porsche pour laquelle il pilote en Endurance.

 

Entre deux parties de golf avec Alain Prost, Jacques Laffite traîne une humeur morose. Sa collaboration avec Frank Williams atteint son terme. « Les liens entre Frank et moi se relâchent... » soupire-t-il. « Lui et moi, nous sommes de vieux renards et nous n'avons plus besoin de nous en dire plus pour nous comprendre. Mon sort est réglé, je le sais... » Marginalisé au profit de Keke Rosberg et facilement démotivé, Laffite ne s'est jamais intégré à la nouvelle écurie Williams. A bientôt 41 ans, il aura du mal à retrouver un volant mais refuse de se résigner. « Je vaux encore quelque chose ! » affirme-t-il à qui veut l'entendre. Quelques jours avant Monza, il s'est offert une belle partie de pêche avec Guy Ligier. Leur vieille amitié a résisté à leur séparation. Et l'entrepreneur vichyssois aimerait beaucoup voir « Jacquot » rentrer au bercail.

 

Le remplaçant de Jacques Laffite sera Nigel Mansell. A cette nouvelle, Rosberg explose de rage : depuis leur confrontation à Dallas, il ne veut plus entendre parler du pilote anglais qu'il considère comme un crétin. Ce n'est pas l'avis de Frank Williams qui a été impressionné par sa pugnacité. Mansell est un battant, un guerrier, un forçat du volant que rien ne rebute. En outre, il est totalement dépourvu de sens politique... Bref, c'est le « type Alan Jones » qui plaît tant à Williams.

 

Crise chez Ferrari: Mauro Forghieri évincé ?

Le directeur de l'Autodrome de Monza Giorgio Beghella inaugure une toute nouvelle tribune mais malheureusement, celle-ci ne sera pas une seule fois remplie du week-end. En effet, les tifosi boudent des Ferrari très décevantes. La crise couve au sein de la Scuderia. Michele Alboreto et René Arnoux ont même la désagréable surprise de recevoir quelques sifflets. Mais ce que tout le monde constate avec stupeur, c'est l'absence de Mauro Forghieri, l'ingénieur qui n'a quasi jamais manqué un Grand Prix depuis vingt-sept ans. Disgrâce ? Pas du tout affirme Enzo Ferrari au cours d'une conférence de presse. Le Commendatore a simplement redéfini les rôles de chacun. C'est désormais Antonio Tomaini qui assurera la direction technique sur le terrain. Les pouvoirs de Forghieri seront concentrés sur le moteur et la boîte de vitesses, Harvey Postlethwaite (lui aussi absent) planchant sur le châssis et l'aérodynamisme. Mais comme toujours, l'opacité règne à Maranello et il est bien difficile de savoir qui est dans les petits papiers du vieil homme et qui ne l'est pas...

 

La Scuderia arrive en tout cas à Monza avec deux C4 améliorées baptisées M2, avec une croupe pincée « à la McLaren ». La suspension arrière a encore été retouchée tandis que les radiateurs d'huile et d'eau ont changé de places.

 

Présentation de l'épreuve

Jean-Marie Balestre s'inquiète la « course à la puissance » dans laquelle sont lancés les motoristes. On craint en effet qu'en 1985 certains blocs turbocompressés atteignent les mille chevaux. Le président de la FISA a donné quarante jours aux constructeurs pour prendre des mesures coercitives. Pour l'heure, à Monza, la FOCA présente ses propositions pour améliorer la solidité des châssis et, partant, renforcer la protection des membres inférieurs des pilotes. Désormais, chaque écurie devra soumettre un châssis ou la partie avant de celui-ci à un « crash-test ». Lesté à 780 kg, l'ensemble sera projeté à 10 mètres/seconde contre un mur de béton.

 

Définitivement exclues du championnat du monde, les Tyrrell ne réapparaîtront pas avant 1985. Ken Tyrrell ne baisse cependant pas les bras et a même tous les culots : lui l'éternel opposant à la suralimentation a demandé à son fils Bob d'entamer des pourparlers avec Jean Sage afin d'obtenir un V6 turbo Renault...

 

La Lotus d'Elio de Angelis dispose désormais d'une boîte de vitesses « maison » dotée d'un carter plus robuste, d'un meilleur circuit de lubrification et d'un train de pignons Hewland DGB. Les Alfa Romeo apparaissent avec un train arrière « pincé » de type McLaren. On dit que cet élément provient d'un « fond de tiroir » abandonné par Gérard Ducarouge peu avant son départ, début 1983... Mauvaise nouvelle en tout cas pour Euroracing : Gustav Brunner quitte le navire pour rejoindre RAM.

 

ATS engage à nouveau une seconde D7 pour l'Autrichien Gerhard Berger qui pourra la conduire jusqu'à la fin de l'année.

 

On attendait les débuts de la petite écurie de Giancarlo Minardi qui a obtenu de beaux succès en Formule 2 et prévoyait d'attaquer la F1 à Monza avec une monoplace propulsée par un V8 Alfa Romeo. Mais celle-ci ne serait pas encore prête selon l'ingénieur Giacomo Caliri. En fait, il semblerait qu'Alfa Romeo n'ait pas livré le moteur promis...

 

Les qualifications

Les essais du vendredi sont ponctués par quelques averses au cours desquelles on verra notamment Tambay effectuer un terrifiant tête-à-queue dans la Curva Grande.

 

Deuxième derrière de Angelis le vendredi, Piquet obtient la pole position le lendemain malgré une panne de turbo. Prost se classe second, deux secondes et deux places devant Lauda. Celui-ci souffre depuis vendredi d'une terrible douleur dans le bas du dos, peut-être à cause d'une bosse prise à trop vive allure... Encouragé par le public italien, de Angelis se contente de la troisième place. En revanche, handicapé par un moteur capricieux, son compère Mansell n'est que septième. Fabi se met enfin en évidence et hisse la seconde Brabham au cinquième rang. Chez Williams-Honda, Rosberg obtient un beau sixième temps, loin devant Laffite (13ème). Les essais sont un cauchemar pour les Renault qui cassent plusieurs moteurs. Tambay est huitième au volant du mulet, Warwick douzième. Patrese (neuvième) et Cheever (dixième) se déclarent enchantés de leurs Alfa Romeo modifiées, sensiblement plus rapides.

 

Ferrari est dans la panade. Victime d'une panne de turbo, Alboreto s'est qualifié avec la C4 « classique » au onzième rang. Arnoux a quant à lui conduit la M2 en quatorzième position... Finalement, les M2 sont remisées pour la course en raison de ratés du moteur à 6000 tours/minute. Les Ligier-Renault (de Cesaris 16ème, Hesnault 18ème) peuplent le ventre mou en compagnie des Arrows-BMW (Surer 15ème, Boutsen 19ème). Pour sa première sortie avec la Toleman-Hart, Johansson décroche une encourageante dix-septième place. Du côté d'ATS, Berger (20ème) devance Winkelhock (21ème) qui a endommagé sa D7 dans un monumental tête-à-queue. Sans surprise, on retrouve ensuite les Osella-Alfa (Ghinzani 22ème, Gartner 24ème), les RAM-Hart (Alliot 23ème, Palmer 26ème) et la Spirit-Hart de Rothengatter (25ème). Complètement perdu au volant d'une Toleman qu'il découvrait, le pauvre Martini ne parvient pas à se qualifier.

 

A noter que François Hesnault reçoit un blâme de la part du directeur de course Romolo Tavoni pour avoir parcouru une boucle supplémentaire après le drapeau à damiers lors de la dernière manche de qualification.

 

Niki Lauda passe les journées du vendredi et du samedi en compagnie de son médecin Willy Dungl. Un mal aigu lui cisaille le dos. Verdict: une subluxation d'une vertèbre dorsale située près des cervicales. Plusieurs journées de repos s'imposent mais Lauda refuse de déclarer forfait : le championnat du monde est en jeu. Dungl lui confectionne un bandage très serré pour lui maintenir le thorax.

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, on monte un moteur neuf sur la voiture de Lauda tandis que Prost s'installe aux commandes de son mulet. Warwick et Laffite partent aussi avec leurs voitures de réserve. Après un tour d'échauffement, Winkelhock s'aperçoit qu'il ne peut pas sélectionner ses petites vitesses. Il renonce à prendre le départ.

 

En ce qui concerne les pneumatiques, les Marlboro et les Renault choisissent la sécurité en montant des Michelin 10. En revanche, les Brabham de Piquet et de Fabi ont des 05 tendres à droite. Chez Goodyear, on panache. Les Lotus ont trois C et un B à l'arrière-gauche. Les Williams arborent des nouveaux pneus D tendres.

 

Tour de chauffe : Surer s'immobilise après la Parabolica à cause d'un souci de carburation. Il est poussé vers le stand Arrows.

 

Départ: De Angelis prend un excellent envol et se faufile entre Piquet et Prost. C'est toutefois le Brésilien qui sort en tête du premier freinage. Lauda a pris un mauvais départ, au contraire de Tambay qui gagne quatre places.

 

1er tour: Piquet prend déjà du champ en tête de la course. Prost repasse de Angelis à l'abord de la Parabolique. Piquet mène donc devant Prost, de Angelis, Tambay, Fabi, Lauda, Mansell, Patrese, Cheever et Rosberg. Surer s'élance avec retard.

 

2e: Tambay double de Angelis dans la longue ligne droite. Alboreto gagne deux places en effaçant Rosberg puis Cheever. A la sortie du premier Lesmo, Piquet met une roue dans l'herbe et perd de l'avance sur Prost et Tambay.

 

3e: Piquet, Prost et Tambay sont roues dans roues. Fabi et Lauda dépassent de Angelis qui a perdu l'usage de son deuxième rapport de boîte. Patrese effectue une excursion dans le sable et se fait déborder par Alboreto, Cheever et Warwick. A la sortie de la Parabolica, une fumée bleue s'échappe de la McLaren de Prost.

 

4e: Le moteur de Prost part en fumée. Le Français s'arrête dans le gazon et perd ainsi de très gros points dans la lutte pour le titre. Alboreto dépasse Mansell et se retrouve sixième.

 

5e: Piquet a repris un peu d'avance sur Tambay, maintenant menacé par Fabi. Prost regagne les stands sous les huées des tifosi. Quelques imbéciles lui jettent même des pierres...

 

6e: Voyant que Prost a abandonné, Lauda baisse sa pression de suralimentation pour ménager sa monture et inscrire le plus de points possibles. Cheever s'empare de la sixième place aux dépens de Mansell. Alors onzième, Arnoux stoppe sur le bas-côté, boite de vitesses cassée.

 

7e: Alboreto prend la cinquième place à de Angelis. Warwick et Rosberg doublent Mansell. Alliot abandonne à cause d'une panne d'allumage.

 

8e: Fabi attaque Tambay à la Variante della Roggia mais se loupe complètement et part en tête-à-queue. Il parvient à ne pas caler et repart. Mais entretemps Lauda, Alboreto, de Angelis, Cheever et Warwick sont passés. Surer déborde Hesnault dans la Parabolique. Surpris, le Français part en toupie et atterrit dans le sable. Au même instant le moteur Renault de de Cesaris explose dans un nuage de fumée. Les deux Ligier-Loto sont hors-jeu.

 

9e: Tambay n'est plus qu'à deux secondes de Piquet. Fabi repasse Warwick. Rosberg abandonne, moteur Honda cassé.

 

10e: Piquet devance Tambay (1.4s.), Lauda (9.6s.), Alboreto (14.4s.) et de Angelis (15.8s.). Fabi dépasse Cheever et est déjà de retour dans les points.

 

11e: C'est au tour de de Angelis d'être doublé par Fabi. Deux tours après Rosberg, le moteur de la Williams de Laffite casse à son tour.

 

12e: Tambay se rapproche de Piquet tandis que Fabi se débarrasse d'Alboreto.

 

13e : Piquet et Tambay sont désormais roues dans roues, dix secondes devant Lauda.

 

14e: A la seconde chicane, Mansell bloque ses freins, effectue un tête-à-queue et se plante dans les graviers. C'est terminé pour l'Anglais. Son équipier de Angelis perd de la pression de suralimentation et en outre n'a plus l'usage des deuxième et quatrième rapports de sa nouvelle boîte.

 

15e: De Angelis regagne son garage pour abandonner tandis que la Brabham de Piquet émet de la fumée.

 

16e: Tambay déborde Piquet dans le premier virage. Le Brésilien se fait ensuite dépasser par Lauda et Fabi avant d'entrer aux stands.

 

17e: Fabi déborde Lauda et s'empare ainsi de la deuxième place. Piquet entre aux stands et ne repartira pas. Un raccord d'huile s'est détaché sur son moteur.

 

18e : Tambay est en tête devant Fabi (6.8s.), Lauda (7.3s.), Alboreto (13.5s.), Cheever (18s.), Warwick (19s.) et Johansson (20.4s.). Boutsen stoppe chez Arrows pour faire rebrancher un fil d'allumage.

 

19e: Warwick prend la cinquième place à Cheever qui a placé sa pression de suralimentation au minimum pour rallier l'arrivée.

 

20e : Tambay précède Fabi (6.3s.), Lauda (7s.), Alboreto (15.8s.), Warwick (20.3s.), Cheever (23.4s.), Johansson (24.7s.), Patrese (44.2s.) et Ghinzani (49.1s.).

 

21e : Surer prend la neuvième place à Ghinzani.

 

22e: Tambay compte cinq secondes d'avance sur Fabi et Lauda. L'Italien est l'homme le plus rapide en course et bat le record de la piste: 1'32''418'''. Palmer abandonne avec une pression d'huile à zéro.

 

24e: Grâce aux dépassements des retardataires, Fabi et Lauda sont revenus tout près de Tambay.

 

25e : Tambay commence à s'inquiéter car sa pédale d'accélérateur est de plus en plus dure. Il contient néanmoins Fabi et Lauda.

 

26e : Tambay précède Fabi (0.7s.), Lauda (1.2s.), Alboreto (13s.), Warwick (17.1s.), Cheever (24.4s.) et Johansson (26s.).

 

28e : Fabi porte une attaque téméraire sur Tambay à la Variante della Roggia. Il freine tard et frôle la catastrophe, mais il demeure dans le sillage de la Renault. Johansson « klaxonne » derrière un Cheever peu coopératif.

 

30e: Tambay est en tête devant Fabi (0.4s.), Lauda (1.3s.), Alboreto (14.9s.), Warwick (20.4s.), Cheever (26.4s.), Johansson (28.2s.), Surer (1m. 04s.), Patrese (1m. 06s.) et Ghinzani (1m. 15s.).

 

32e: Warwick s'arrête dans le sable à la Variante Ascari après avoir perdu toute pression d'huile. Johansson entre dans les points avec la Toleman. Boutsen stoppe pour la seconde fois à son garage pour changer le bouchon de purge de son radiateur.

 

33e : Tambay précède Fabi (0.7s.), Lauda (1.3s.), Alboreto (16.2s.), Cheever (30.6s.) et Johansson (31.2s.).

 

34e: Fabi est moins vaillant. Il perd du terrain sur Tambay et se trouve menacé par Lauda.

 

35e : Lauda tente de déborder Fabi par l'extérieur devant les stands, sans succès. Troisième arrêt de Boutsen, cette fois pour changer ses bougies.

 

37e : A la Variante Ascari, les trois leaders passent comme une tornade devant Ghinzani qui doit emprunter le gazon pour les éviter. L'Italien d'Osella dresse un poing de colère qui ne sera même pas aperçu...

 

39e : Lauda se porte à la hauteur de Fabi avant la première chicane, mais l'Italien dévie sa trajectoire et ferme la porte. Niki retente sa chance dans la descente vers la Variante Ascari mais à nouveau Fabi le bloque.

 

40e: Lauda fait l'intérieur à Fabi dans la ligne droite conduisant à la Parabolica. Le Milanais tente de tasser l'Autrichien qui met deux roues sur la bordure, mais ne décélère pas et passe en force. Qui a dit que Lauda n'était pas un « dur à cuire » ?

 

41e : Tambay est premier devant Lauda (2s.), Fabi (3.8s.), Alboreto (20s.), Cheever (39.6s.), Johansson (40.2s.), Surer (-1t.), Patrese (-1t.), Ghinzani (-1t.), Gartner (-1t.), Berger (-2t.) et Rothengatter (-2t.).

 

42e: Lauda remonte comme une fusée sur Tambay. Il signe le meilleur tour de la course : 1'31''912'''. Johansson dépasse Cheever.

 

43e: Lauda double Tambay sans difficulté avant le premier Lesmo. Le voici en tête de la course à huit tours du but.

 

44e: Fabi s'arrête sitôt la ligne franchie à cause d'une rupture de canalisation d'huile sur son moteur BMW. En fin de tour c'est Tambay qui renonce: son câble d'accélérateur vient de se briser net. Il gare sa voiture juste devant le stand Renault-Elf. Les tifosi sont ravis: Alboreto est maintenant deuxième sur la Ferrari rescapée.

 

45e: Lauda est en tête devant Alboreto (19.8s.), Cheever (48.7s.), Johansson (-1t.), Patrese (-1t.), Ghinzani (-1t.), Gartner (-2t.), Berger (-2t.), Rothengatter (-3t.) et Boutsen (-5t.). Auteur d'une belle remontée, Surer abandonne avec un moteur explosé.

 

46e: Mal récompensé de ses efforts, Cheever tombe en panne d'essence et renonce ainsi au podium. Son équipier Patrese double Johansson qui ralentit à cause d'épouvantables vibrations sur son train arrière.

 

47e: Johansson est très lent et se fait passer par Ghinzani. L'Italien est quatrième sur son Osella tandis que son équipier Gartner est maintenant sixième.

 

48e : Vingt-deux secondes entre Lauda et Alboreto. Johansson s'arrête chez Toleman où ses mécaniciens s'aperçoivent qu'un roulement de moyeu est en train de se fissurer. Le Suédois accepte de reprendre la piste et de terminer à faible allure. Il peut se le permettre puisqu'il possède près d'un tour d'avance sur les Autrichiens Gartner et Berger.

 

49e : Lauda précède Alboreto (21s.), Patrese (-1t.), Ghinzani (-1t.), Johansson (-2t.), Gartner (-2t.) et Berger (-2t.).

 

50e: Grosse déception pour Ghinzani qui tombe en panne d'essence alors qu'il tenait une exceptionnelle quatrième place. Cinquième, son équipier Gartner n'est guère mieux loti : sa pompe à essence mécanique est cassée et seule sa pompe électrique aspire encore quelques litres d'essence...

 

51ème et dernier tour: Niki Lauda triomphe lors de cette course-hécatombe. Alboreto apporte à Ferrari une deuxième place inespérée. Patrese termine troisième et monte sur son premier podium pour Alfa Romeo. Johansson finit quatrième, ce qui un excellent résultat pour sa première course avec Toleman. Gartner et Berger sont respectivement cinquième et sixième. Le premier termine en panne sèche, le second sans quatrième vitesse... Toutefois les deux jeunes Autrichiens n'inscriront pas de point car ATS et Osella n'avaient initialement engagé qu'une seule voiture au championnat du monde. Ghinzani est classé septième devant Rothengatter, Cheever et Boutsen. Seules huit voitures sont à l'arrivée.

 

Après la course

Comme d'habitude, la foule envahit la piste et la brigade canine réquisitionnée par les carabineri a fort à faire pour empêcher l'invasion du paddock.

 

Sorti de sa voiture, Niki Lauda trouve l'énergie pour saluer la foule, avec un sourire crispé. Son hernie s'est réveillée dès le début de la course, et il a dû serrer les dents pour tenir le coup jusqu'au bout. Qu'importe : il porte son avance sur Prost à 10,5 points, et ce alors qu'il reste deux courses à disputer. La troisième couronne mondiale est en vue. Pour anecdote, cette vingt-quatrième victoire en Grand Prix fait de Lauda l'égal de Juan Manuel Fangio, justement présent à Monza, invité par Renault.

 

Évidemment, Alain Prost est extrêmement déçu, voire sinistre. Son ami Jacques Laffite, son ingénieur Alan Jenkins, Mansour Ojjeh, Ron Dennis lui-même ne savent pas comment le consoler. Cette Saint-Alain a un goût amer pour le Forézien.

 

Loin de tout cela, les supporteurs italiens acclament Michele Alboreto. Vu le niveau médiocre des Ferrari, sa seconde place tient du miracle et équivaut à une victoire. La victoire, elle aurait dû revenir à Tambay, décidément poursuivi par la malchance. « Sans ce câble d'accélérateur, personne ne pouvait m'atteindre. Je contrôlais la situation parfaitement... » soupire Patrick. Il sourit néanmoins quelques jours plus tard lorsqu'il apprend que le conseil d'administration de la Régie met son veto au recrutement de Lauda...

 

 

Classements (avant que la FISA ne rectifie les résultats):

 

Pilotes Constructeurs
1.Lauda63 pts1.McLaren-TAG-Porsche115.5 pts
2.Prost52.5 pts2.Ferrari45.5 pts
3.de Angelis29.5 pts3.Lotus-Renault42.5 pts
4.Arnoux24.5 pts4.Renault33 pts
5.Piquet24 pts5.Brabham-BMW32 pts
6.Warwick23 pts6.Williams-Honda24 pts
7.Alboreto21 pts7.Toleman-Hart11 pts
8.Rosberg20 pts8.Alfa Romeo10 pts
9.Mansell13 pts9.Arrows-BMW3 pts
10.Tambay10 pts10.Ligier-Renault2 pts
11.Senna8 pts11.Osella-Alfa Romeo2 pts
12.Fabi8 pts12.Arrows-Ford-Cosworth1 pt
13.Patrese7 pts
14.Laffite4 pts
15.Cheever3 pts
16.Boutsen3 pts
17.Johansson3 pts
18.de Cesaris2 pts
19.Ghinzani2 pts
20.Surer1 pt
Tony