Michele ALBORETO
 M.ALBORETO
Ferrari
Alain PROST
 A.PROST
McLaren TAG Porsche
Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham BMW

403e Grand Prix

XXXVI Grosser Pries von Europa
Légérement nuageux
7 octobre 1984 - Nürburgring
67 tours x 4.542 km - 304.314 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Carambolage au premier virage provoqué par Ayrton Senna.

Michelin quitte la Formule 1

Fin 1983, Michelin a substantiellement atténué sa participation au championnat du monde de Formule 1 en réduisant sa clientèle à trois écuries : Marlboro-McLaren, Brabham-BMW et Renault-Elf, auxquelles se ensuite sont ajoutées Ligier et Toleman. L'année 1984 est glorieuse pour Bibendum qui a remporté douze des quatorze Grands Prix jusqu'ici disputés. Néanmoins, François Michelin a pris la lourde décision de quitter la Formule 1. Le coût de l'investissement justifie en partie ce retrait : malgré un concours réduit, la firme clermontoise apporte encore 1700 pneus par week-end de course. En outre, le culte du secret qui règne à Clermont-Ferrand s'accommode mal d'une information libéralisée. L'opération est peu rentable en termes de retombées directes. Devant M. Michelin, Pierre Dupasquier plaide sa cause avec brio. En vain.

 

Le 24 septembre 1984, un communiqué officiel, très sec, annonce que Michelin quitte la Formule 1 à la fin de l'année tout en poursuivant son implication dans les autres disciplines. Les difficultés économiques servent de prétexte à ce départ, sévèrement critiqué par des grands noms du sport automobile. En fait, comme toujours, François Michelin dresse un voile sur les vrais motifs de sa décision : son groupe négocie un rééchelonnement de ses dettes à court terme. Il s'agit de donner des gages aux syndicats et aux banques pour obtenir un prêt de plusieurs milliards. En sacrifiant la Formule 1, le PDG tente de s'assurer quelques années de tranquillité financière...

 

Le retrait de Michelin profite à Goodyear qui est déjà en contact avec McLaren et Renault. Cependant l'entreprise américaine n'est pas disposée à assumer un monopole. C'est une chance pour Pirelli qui se cantonne depuis un an à fournir les équipes du fond de la grille. A Milan, on table sur un retour au premier plan. Des pourparlers sont entamés avec Brabham. Lors des essais préliminaires au Nürburgring, les BT53 apparaissent chaussées de gommes italiennes. Quelques jours plus tard, Bernie Ecclestone paraphe un contrat de trois ans avec Pirelli.

 

Transferts: Niki Lauda reste chez Marlboro-McLaren

La crise économique qui touche les entreprises françaises a beaucoup de répercussion sur le sport automobile. Ainsi, l'accord de principe conclu entre Gérard Larrousse et Niki Lauda est finalement cassé par Bernard Hanon et la direction de Renault. Les finances de la Régie sont en effet dans le rouge. Un vaste « plan social » est prévu et les syndicats sont révoltés par les rumeurs faisant état du salaire astronomique dont bénéficierait Lauda. Du reste, si Renault ne veut plus de l'Autrichien, c'est aussi tout simplement parce que l'avenir du programme F1 est très menacé... Dans ces conditions, Lauda n'a pas d'autre choix que de se plier aux conditions de Ron Dennis. Il signe un nouveau contrat avec McLaren peu avant le Grand Prix d'Europe. Par « chance », son salaire n'est finalement réduit que d'un tiers, Marlboro ayant consenti à faire un petit effort en sa faveur...

 

Ce dénouement permet à Patrick Tambay de prolonger son contrat d'un an avec Renault-Elf. Dans le même temps, Peter Warr confirme qu'Elio de Angelis et Ayrton Senna seront bien associés chez Lotus-Renault en 1985.

 

Nürburgring, deuxième version

Huit ans après le terrible accident de Niki Lauda, la Formule 1 est de retour sur le Nürburgring pour le Grand Prix d'Europe. Un « Ring » complètement différent, réduit de 22,8 à 4,5 km. Les autorités allemandes ont dépensé 82 millions de marks pour rénover le vieil autodrome dont il ne reste que la grande tribune. La qualité et la sécurité des installations sont absolument impeccables. Le revêtement est de grande qualité et une route intérieure permet aux véhicules de secours d'intervenir facilement. Les dégagements sont très larges : les pilotes peuvent sortir de la piste sans se faire mal. Les gradins sont colossaux et très confortables.

 

En revanche, le nouveau tracé conçu par ordinateur parait lent et aseptisé. Ce n'est qu'une suite de virages à rayon constant, sans intérêt. Les Allemands n'ont pas su imiter les Belges qui sont parvenus à moderniser Spa-Francorchamps tout en conservant son « esprit ». « Un circuit très sûr, mais trop artificiel » résume Alain Prost. Quant à Niki Lauda, il n'affiche aucun sentiment particulier. Son accident de 1976 ne paraît pas le hanter, et pour cause : il n'en conserve aucun souvenir...

 

Présentation de l'épreuve

Niki Lauda et Alain Prost sont toujours en bagarre pour le titre de champion du monde. L'Autrichien peut être sacré à l'issue de cette course à condition que le Français ne lui reprenne pas plus d'un point. Pour le moment, les deux hommes tentent de se soustraire à la pression de la foule germanique. L'atmosphère est tendue chez Marlboro-McLaren. L'ingénieur de Prost, Alan Jenkins, s'accroche vivement avec un commissaire. Les policiers l'interpellent et le conduisent au « Polizeipost » de Nürburg... Le délégué de la FISA Amédée Pavesi intervient en personne pour le faire libérer et, pour faire bonne mesure, inflige un blâme à l'équipe McLaren.

 

Mercredi 3 octobre, la commission Formule 1 de la FISA s'est réunie à Paris pour débattre des futurs règlements. Les modifications annoncées pour 1985 sont modestes : interdiction des systèmes de réfrigération du carburant et des sabots en bout d'ailerons et imposition d'un crash-test pour la partie avant des châssis, suivant les recommandations de la FOCA. La réduction de la capacité des réservoirs à 195 litres est repoussée à 1986. Quant à la cylindrée, elle pourrait être abaissée à 1200 cm3 d'ici 1988.

 

Les Renault possèdent des freins en carbone SEP et testent un système d'injection 100 % électronique Renix qui ne donnera pas satisfaction. En outre, Gérard Larrousse déclare que suite au retrait de Michelin, Renault sera très probablement fournie par Goodyear en 1985. Williams et Lotus utilisent aussi les freins SEP. Chez Brabham, Piquet hérite d'un châssis neuf muni d'un nouvel aileron arrière. Arrows reçoit une nouvelle évolution de moteur BMW dont Brabham jouit déjà depuis quelques courses.

Ligier lance sa JS23B qui a été essayée au Castellet. Elle possède une suspension à poussoir, des pontons hauts et une carrosserie modifiée. Seul de Cesaris la conduit, Hesnault se contentant de la version « A ».

 

Ferrari amène trois C4 de type M2 arborant de nouveaux ailerons avant et arrière. La disgrâce de Mauro Forghieri se confirme puisque Marco Piccinini annonce que l'ingénieur Ildo Renzetti est promu à la tête du département moteur. Sur le terrain, Antonio Tomaini est confirmé dans ses fonctions de directeur technique. Harvey Postlethwaite a quant à lui sauvé sa tête et travaille à la confection du modèle 1985.

 

Huub Rothengatter ayant épuisé son pécule, Mauro Baldi retrouve le volant de la Spirit-Hart pourvue d'un empattement rallongé. En outre, John Wickham avait prévu d'engager une seconde voiture pour le jeune Français Pascal Fabre, vainqueur à Hockenheim en Formule 2. Mais la FISA lui a refusé sa Super-Licence et de toutes manières, Spirit n'avait pas le droit d'aligner une deuxième monoplace cette année. Ayrton Senna a finalement trouvé un modus vivendi avec Alex Hawkridge et fait son retour chez Toleman après sa course de mise à pied. A ses côtés se trouve Stefan Johansson qui a signé un contrat de deux ans avec l'équipe anglaise.

 

L'affaire ATS - Winkelhock

Chez ATS se déroule une curieuse affaire. Le jeune Gerhard Berger ayant montré de belles qualités lors de ses deux premières courses, Gunter Schmidt décide de se passer des services de son premier pilote Manfred Winkelhock. Il rompt leur contrat et place Berger dans la seule ATS engagée au championnat du monde. Furieux, Winkelhock débarque sur le circuit flanqué d'huissiers chargés de saisir le matériel de l'écurie, arguant que son ancien patron ne lui a pas payé son salaire. Schmidt s'en sort en déposant l'argent auprès de la Haute Cour de Mannheim.

 

Cependant, de la présence de Winkelhock dépendait le partenariat ATS-BMW. Le constructeur bavarois fait donc savoir à Schmidt qu'en vertu d'une clause de leur contrat, il lui rachètera ses moteurs turbo à la fin de l'année. ATS va donc devoir se trouver un autre motoriste, et le moins que l'on puisse dire est que les candidats ne se bousculent pas au portillon... Brian Hart a déjà opposé une fin de non-recevoir. L'écurie « 100 % teutonne » de l'irascible Dr. Schmidt paraît avoir vécu. D'autant plus que quelques jours avant cette course, la future écurie allemande Zakspeed présente sa F1 qui apparaîtra lors du championnat du monde 1985.

 

Les qualifications

Les pilotes redécouvrent la météo capricieuse de l'Eifel. Les séances du vendredi sont entrecoupées d'averses tandis que la piste demeure humide tout le samedi. Ce sont donc les chronos du premier jour qui sont déterminants. Piquet obtient sa huitième pole position de la saison sans difficulté. Prost s'attribue le deuxième temps. Il est beaucoup plus chanceux que Lauda qui a subi une panne électrique, une fuite d'huile, puis s'est élancé au mauvais moment avec ses meilleurs pneus. Résultat: il partira quinzième ! Les Renault sont plutôt en forme : Tambay se classe troisième, Warwick septième. Rosberg hérite de la quatrième place malgré un châssis toujours aussi capricieux. Faute de pression de suralimentation, son collègue Laffite n'est que quatorzième. Les Ferrari M2 sont en progrès malgré un peu de sous-virage, ce qui permet à Alboreto et Arnoux d'occuper la troisième ligne. Mansell se classe huitième avec la première Lotus-Renault. De Angelis est lui... 23ème ! Très malchanceux, il a en effet cassé trois turbos vendredi, lorsque la piste était sèche...

 

Fabi se trouve en cinquième ligne aux côtés de la première Alfa de Patrese. La seconde, celle de Cheever, est treizième. Boutsen hisse son Arrows-BMW au onzième rang malgré une collision avec Hesnault. Surer (16ème) n'a pas pu rouler sur une piste complètement sèche. Senna se classe douzième pour son retour au volant de la Toleman. Son collègue Johansson, victime d'une défaillance de distributeur, n'a pu accomplir qu'un seul tour rapide et se retrouve bon dernier.

 

Les Ligier (de Cesaris 17ème, Hesnault 19ème) ne se montrent pas plus compétitives que naguère. Elles encerclent l'unique ATS de Berger. Suivent les Osella (Ghinzani 20ème, Gartner 22ème), les RAM (Palmer 21ème, Alliot 25ème) et la Spirit de Baldi (24ème).

 

Le Grand Prix

Lors du warm-up, Prost se fait très peur lorsqu'ayant abordé un peu trop vite le virage qui précède les stands, il part en tête-à-queue et percute une voiture du service d'intervention qui était garée en bordure de dégagement. Il s'en tire sans bobo mais sa McLaren est très endommagée. Il refuse pourtant de prendre le mulet. Ses mécaniciens doivent monter à la hâte de nouvelles suspensions, un nouveau train avant et même changer de moteur. Lauda est pendant ce temps-là l'homme le plus rapide en piste et reprend confiance pour l'après-midi.

 

Dimanche après-midi, le ciel est dégagé mais le froid est vif. 50 000 spectateurs sont présents. C'est beaucoup moins qu'à l'époque du « grand » Nürburgring, mais mieux que prévu. « Nous nous en tirons avec un seul œil au beurre noir, alors qu'il semblait que nous en aurions deux... » relativise le prince de Metternich, président de la FIA et de l'AvD. Côté pneus, on choisit les gommes dures chez Goodyear. Les Brabham, les Ligier et la Renault de Tambay ont quatre Michelin 05 tendres, les autres ayant placé des 10 à gauche. Déçu par le système d'injection Renix, Warwick choisit d'utiliser son mulet.

 

Départ: Prost prend un excellent envol et s'empare immédiatement du commandement. Parti comme une flèche, Tambay double Piquet et se porte à la hauteur de Prost au premier freinage, avant de s'incliner. Lauda remonte au dixième rang tandis que Mansell démarre péniblement. Plus loin, surpris par un freinage intempestif de Cheever, Senna escalade la Williams Rosberg qui était mal partie et crée un carambolage. Berger se met en travers et éperonne Surer qui percute Ghinzani et Fabi.

 

1er tour: Prost mène devant Tambay, Piquet, Warwick, Alboreto, Arnoux, Patrese, Cheever, Lauda et Boutsen. Senna, Rosberg, Surer, Berger et Ghinzani sortent de leurs voitures accidentées tandis que Fabi parvient à repartir avec l'aide des commissaires.

 

2e: Prost a une seconde d'avance sur Tambay. Lauda dépasse Cheever.

 

3e: Prost est en tête devant Tambay (2.5s.), Piquet (3.1s.), Warwick (4.1s.), Alboreto (5.6s.) et Arnoux (7.1s.). Lauda a doublé Patrese et est revenu au septième rang.

 

5e: Prost devance Tambay (3.7s.), Piquet (5.3s.), Warwick (7.9s.) et Alboreto (9.6s.). Lauda entre dans les points en passant Arnoux.

 

6e : Prost creuse régulièrement l'écart sur Tambay et ne paraît pouvoir être inquiété cet après-midi.

 

7e : Après son mauvais départ, Mansell se fraie un chemin dans le peloton et pointe au quatorzième rang.

 

8e: Prost précède Tambay de quatre secondes. Lauda menace désormais Alboreto qui lui-même est en train d'en découdre avec Warwick.

 

10e: Prost précède Tambay (4.6s.), Piquet (7.5s.), Warwick (13.1s.), Alboreto (13.8s.), Lauda (14.3s.), Arnoux (19.8s.) et Patrese (23s.). De Angelis prend la neuvième place à Cheever.

 

12e : Prost roule environ une demi-seconde au tour plus rapidement que Tambay et Piquet.

 

13e: Lauda est bloqué derrière Alboreto et compte déjà seize secondes de retard sur Prost. De Angelis dépasse Patrese.

 

14e : Prost est leader devant Tambay (7.6s.), Piquet (12.3s.), Warwick (18.6s.), Alboreto (19.5s.), Lauda (20s.), Arnoux (30.8s.), de Angelis (31.1s.), Patrese (33.2s.) et Cheever (34.1s.). Boutsen s'arrête chez Arrows pour changer ses pneus. Il est en outre privé d'embrayage.

 

15e: Après s'être fait prendre un tour par Prost, Palmer part en tête-à-queue dans la deuxième courbe, mais il parvient à reprendre sa route.

 

16e: De Angelis prend la septième place à Arnoux qui rencontre des problèmes de freins.

 

19e: Alboreto tente de déborder Warwick au premier freinage, mais l'Anglais résiste. Lauda tente d'en profiter pour doubler la Ferrari, sans succès. Johansson abandonne car son moteur Hart surchauffe à cause d'une pompe à eau défectueuse.

 

20e : Prost a dix secondes de marge sur Tambay.

 

22e: Le trio Warwick – Alboreto - Lauda rattrape Gartner et Baldi qui luttent pour la 17ème place. Le pilote Spirit ouvre la porte à Warwick à la chicane Veedol, puis laisse Alboreto s'infiltrer à l'intérieur. Croyant qu'il a le temps de passer lui aussi, Lauda prend la corde à l'abord de la dernière courbe.... Mais Baldi ne le voit pas ! Lauda monte sur ses freins, ses roues arrière se bloquent et il part en tête-à-queue. Heureusement, le moteur n'a pas calé et il parvient à repartir sans dommage.

 

23e : Lauda a perdu environ dix secondes dans cette mésaventure. En outre, sa McLaren vibre à cause des méplats inscrits sur ses pneus. Elle se trouve en point de mire de de Angelis, mais Lauda ne le laisse pas approcher.

 

24e: Prost mène devant Tambay (13.5s.), Piquet (16.4s.), Warwick (27.4s.), Alboreto (28.4s.), Lauda (40s.), de Angelis (41.1s.), Arnoux (45.5s.), Patrese (46.7s.) et Cheever (47.7s.).

 

25e : Lauda est reparti le couteau entre les dents et améliore le record du tour à chaque passage.

 

26e: De Angelis s'arrête dans l'herbe, en panne de turbo.

 

28e: Quatorze secondes entre Prost et Tambay. Laffite entre au garage Williams pour abandonner, moteur fumant.

 

30e: Prost réalise son meilleur chrono de l'après-midi : 1'24''182'''. Mansell remonte dans le peloton et prend la neuvième place à Cheever.

 

31e : Prost est en tête devant Tambay (15.8s.), Piquet (19.2s.), Warwick (33.1s.), Alboreto (33.7s.), Lauda (43.7s.), Arnoux (59s.), Patrese (59.8s.), Mansell (1m. 01s.), Cheever (1m. 02s.) et de Cesaris (1m. 14s.).

 

33e: Prost est l'homme le plus rapide en piste. Mansell dépasse Patrese.

 

35e : Mansell bute sur Arnoux qui se défend comme un beau diable malgré un moteur ne tourne pas rond. Les pilotes Alfa ralentissent pour surveiller leur consommation.

 

37e: Prost mène devant Tambay (16.8s.), Piquet (24.1s.), Warwick (36.6s.), Alboreto (37s.) et Lauda (44.6s.). Suivent Arnoux, Mansell, Patrese et Cheever. Abandon de Palmer, turbo cassé.

 

38e: Cheever quitte la course à cause d'un problème de pompe à essence.

 

39e: Après une rude bagarre, Mansell dépasse Arnoux.

 

40e : Le V6 Renault de Tambay se coupe dans les virages à gauche. Piquet rattrape assez rapidement le pilote français.

 

41e: Alliot abandonne aux stands, moteur en fumée.

 

43e: Piquet double Tambay sans difficulté. Les problèmes d'alimentation de la Renault sont de plus en plus importants.

 

44e : Tambay se fait déborder par Warwick puis par Alboreto.

 

45e: Lauda dépasse Tambay à son tour. Le Cannois revient au stand Renault pour changer ses platines. Il redémarre finalement en douzième position.

 

46e : Prost est premier devant Piquet (29.5s.), Warwick (33.8s.), Alboreto (34.2s.), Lauda (39.5s.), Mansell (1m. 06s.) et Arnoux (1m. 08s.).

 

47e : Warwick a cassé un échappement. Sa pression de suralimentation est de plus en plus faible, ce qui permet à Alboreto d'être plus menaçant.

 

49e: Après une très longue attente, Alboreto trouve enfin l'ouverture sur Warwick. Après deux tours au ralenti, Tambay revient aux stands pour abandonner.

 

50e : Prost domine devant Piquet (28.8s.), Alboreto (35.9s.), Warwick (38.9s.), Lauda (40s.), Mansell (1m. 04s.), Arnoux (1m. 07s.), Patrese (-1t.), de Cesaris (-1t.) et Boutsen (-1t.).

 

52e: Prost compte vingt-neuf secondes d'avance sur Piquet. Le turbo de Mansell explose dans la courbe qui ramène vers les stands. La Lotus part en tête-à-queue et l'Anglais doit abandonner.

 

54e : Lauda réduit sa cadence pour ménager ses pneus passablement abîmés. Il rattrape toutefois Warwick dont la Renault émet un son de plus en plus strident.

 

55e: Lauda attaque Warwick pour la quatrième place. Il tente de le passer à l'intérieur de la courbe n°7, sans résultat. En concluant cette boucle, Warwick commet une erreur à la sortie du dernier virage et se fait déborder par la McLaren.

 

56e : Piquet rencontre des soucis de boîte de vitesses et devient la proie d'Alboreto.

 

57e: Piquet et Alboreto sont en bagarre pour la deuxième place. Lauda est à plus de dix secondes de ces deux pilotes.

 

59e : Prost mène tranquillement devant Piquet (20.7s.), Alboreto (23s.), Lauda (39.2s.), Warwick (48.1s.), Arnoux (1m. 12s.) et Patrese (-1t.).

 

60e: Revenu en dixième position, Fabi abandonne, boîte de vitesses bloquée. Il était de toutes façons sous le coup d'une disqualification pour être reparti poussé par les commissaires.

 

62e: Évènement très rare: Piquet et Alboreto signent le meilleur tour en même temps: 1'23''146'''. Ils se partagent donc cet honneur. Warwick est contraint d'abandonner à cause d'une rupture de son collecteur d'échappement. Encore une fois aucune Renault ne verra le drapeau à damiers.

 

63e: Prost est gêné par de Cesaris qui comme d'habitude ignore ses rétroviseurs. A sa décharge, le jeune Italien n'a plus de freins et est très occupé à maintenir sa Ligier en piste. A court d'essence, Gartner met pied à terre.

 

64e: Alboreto menace toujours Piquet. L'Italien a un pneu cloqué à l'arrière gauche et le Brésilien toujours des problèmes de boîte, mais ni l'un ni l'autre ne se ménage. Hesnault part en tête-à-queue dans la dernière courbe mais parvient à repartir. Le jeune Français est dixième et dernier.

 

66e: Boutsen s'immobilise, en panne sèche. Son moteur émettait une fumée noire depuis plusieurs tours.

 

67ème et dernier tour: Dans la grande côte qui ramène vers les stands, la Brabham de Piquet hoquette, faute d'essence. Alboreto en profite pour chiper la seconde place.

 

Alain Prost remporte sa quinzième victoire en Formule 1 après une parfaite démonstration. Plus loin, dans les derniers mètres, le V6 Ferrari d'Alboreto se met à crachoter... puis se tait ! L'Italien agite sa Ferrari dans tous les sens pour franchir la ligne. Piquet devrait en profiter pour n'en faire qu'une bouchée, mais lui-même a le réservoir vide ! Ainsi assistons-nous à un curieux spectacle: Alboreto et Piquet passent la ligne en zigzaguant avant de stopper sitôt le drapeau à damiers franchi. Les deux pilotes rient de cette scène grotesque une fois sortis de leurs machines. Lauda termine quatrième, déçu. Arnoux finit cinquième devant Patrese. Les autres pilotes classés sont de Cesaris, Baldi, Boutsen et Hesnault.

 

Après la course: rendez-vous à Estoril pour Lauda et Prost

Une fois hors de sa voiture, Niki Lauda, passablement irrité, demande... une cigarette. Image rarissime : Niki ne fume jamais... Il avait prévu de s'assurer du titre mondial lors de cet avant-dernier Grand Prix. Mais tout est allé de travers pour lui. Le Nürburgring ne lui porte décidément pas chance. Il passe sa mauvaise humeur sur Mauro Baldi qu'il accuse d'irresponsabilité, assez injustement. En outre, il a sans doute eu tort d'être si économe de ses forces en fin de course car il aurait pu doubler Alboreto et Piquet, tombés en panne d'essence. Vainqueur au volant d'une voiture bricolée à la hâte avant le départ, Alain Prost paraît libéré d'un lourd poids. Il garde toutes ses chances de remporter le championnat du monde : « Psychologiquement, je me sens en pleine forme, en situation plus favorable que Lauda, je crois. Ici, j'ai fait ce que je devais faire : vaincre. A Estoril, le but sera le même. Maintenant Niki ne peut plus jouer l'assurance, il va devoir se découvrir, attaquer. Un challenge qui ne me déplaît nullement ! »

 

Après ce Grand Prix d'Europe, Prost ne compte plus que quatre points et demi de retard avant la dernière épreuve. Tout se jouera donc à Estoril, lors du nouveau Grand Prix du Portugal. Et deux jours après la course, le Français reçoit un cadeau inattendu lorsque la FISA décide de corriger les scores du championnat. Tous les résultats obtenus par les Tyrrell sont annulés, notamment la troisième place de Stefan Bellof à Monaco et la seconde position de Martin Brundle à Détroit. Par conséquent, Prost récupère le quatrième rang de la course du Michigan et donc un point supplémentaire. L'intervalle avec Lauda se réduit à trois points et demi... Au championnat des constructeurs, Lotus-Renault fait la meilleure affaire en récoltant deux unités et demie de plus. Mais l'équipe de Peter Warr concède tout de même neuf points et demi à Ferrari et n'a que peu de chance de devenir vice-championne du monde. A signaler enfin que Brabham-BMW s'empare de la quatrième place aux dépens de Renault-Elf.

Tony