Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham BMW
Niki LAUDA
 N.LAUDA
McLaren TAG Porsche
Michele ALBORETO
 M.ALBORETO
Ferrari

400e Grand Prix

XXII Grosser Preis von Osterreich
Ensoleillé
19 août 1984 - Österreichring
51 tours x 5.942 km - 303.042 km
Course interrompue après 1 tour suite à un faux départ, relancée pour la distance originale.
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Niki Lauda remporte pour la première fois son Grand Prix national.

McLaren-TAG-Porsche: duel et perspectives

Après les abandons d'Elio de Angelis et de Nelson Piquet en Allemagne, et vues les piètres performances de la Ferrari de René Arnoux, Alain Prost et Niki Lauda demeurent les seuls pilotes en lice pour le titre mondial. Les McLaren-TAG-Porsche étant les grandes favorites, Ron Dennis a délivré une consigne à ses pilotes: ceux-ci auront le droit de se battre jusqu'à dix tours du but. A ce moment-là les positions devront se figer afin de ménager la consommation en essence et assurer les résultats. Lauda attend avec impatience ce Grand Prix d'Autriche qu'il n'a pourtant jamais gagné en treize ans de carrière. Mais ses supporteurs sont venus en masse pour l'acclamer.

 

Un bref communiqué signé Mansour Ojjeh confirme que TAG a décidé de conserver à Marlboro-McLaren l'exclusivité du moteur turbo Porsche pour 1985. Ron Dennis n'a aucune envie de partager son « bijou », et comme il est l'initiateur du retour en Formule 1 de Porsche, avant même l'intervention de TAG, son avis est grandement pris en compte. « A l'heure actuelle, nous ne possédons que quinze moteurs, pas un de plus. » affirme Ojjeh à son entourage. « Nos résultats ont, d'évidence, dépassé nos espérances. Si nous dispersions nos efforts, nous ne serions pas certains d'obtenir des résultats identiques. »

 

Présentation de l'épreuve

Poursuivant ses projets de réformes sécuritaires, Jean-Marie Balestre convoque les journalistes à une conférence de presse présidée par Yvon Léon, secrétaire général de la FISA, à laquelle participent les représentants des grands pétroliers présents en F1 : Agip, Elf, Shell, Texaco, Mobil et BASF. Bernie Ecclestone et Marco Piccinini sont là également. Léon annonce que l'idée du « carburant unique » récemment soulevée par Balestre est abandonnée. En outre, l'abaissement du taux d'octane réglementaire à 98 RON ne permettrait de réduire la cylindrée des moteurs que de soixante chevaux, alors que la FISA en exige une centaine. Une mesure supplémentaire s'impose donc. Bernie Ecclestone propose de réduire la dimension des échangeurs, une idée séduisante sur le plan technique, mais qui poserait des problèmes d'équivalence entre les moteurs utilisant un ou deux turbos. Enfin, le président Balestre présente la nouvelle Formule 3000 destinée à remplacer la Formule 2 à compter de 1985.

 

Vendredi 17 août, Brabham-BMW fête en grande pompe le 32ème anniversaire de Nelson Piquet. Véhiculé dans une brouette (!) à travers le paddock, le Brésilien déguste ensuite un énorme gâteau aux couleurs de BMW. Cadeau de Bernie Ecclestone... Peu après, la fanfare municipale de Zeltweg offre une aubade au champion qui reçoit de plus un... couteau de chasse des mains du maire du village !

 

Malheureusement, on apprend aussi au cours de ce week-end la disparition de David Yorke, l'ancien team manager de Vanwall et de John Wyer Automotive. Âgé de 71 ans, Yorke était un ami proche d'Ecclestone et suivait depuis de nombreuses années l'équipe Brabham sur tous les circuits, servant à l'occasion de chronométreur officieux.

 

Les Brabham BT53 sont toujours munies des anciens pontons. La version B de la monoplace paraît donc enterrée. Chez Ferrari, les flancs longs testés en essais ici même à Zeltweg ne sont pas utilisés. Arnoux dispose de la nouvelle suspension arrière à poussoir qui ne fonctionnait pas à Hockenheim. Quant à Alboreto, s'il use de l'ancienne suspension, il bénéficie d'un empattement rallongé théoriquement efficace sur les tracés rapides. Chez Alfa Romeo, les deux monoplaces utilisent désormais l'injection mécanique à contrôle électronique.

L'accident d'Ayrton Senna à Hockenheim a donné tant de travail aux mécaniciens de Toleman qu'il n'est pas question d'engager une seconde voiture. Le Brésilien dispose d'un châssis neuf doté d'une nouvelle suspension postérieure.

 

Une deuxième ATS est alignée pour la première fois de l'année, au grand dam de Manfred Winkelhock car l'équipe allemande a tout juste assez de pièces pour entretenir sa propre voiture... Cette D7 est confiée à l'Autrichien Gerhard Berger, 25 ans, actuel troisième du championnat d'Europe de Formule 3. Grand par la taille (1m. 85), Berger est un jeune talent très prometteur qui bénéficie notamment du soutien actif de Niki Lauda.

 

Les qualifications

Les essais chronométrés du vendredi tournent à l'avantage des McLaren de Prost et de Lauda. Mais le lendemain, Piquet leur chipe aisément la pole position en n'utilisant que deux trains de pneus de qualification. Aucun des pilotes McLaren ne parvient à améliorer son temps de la veille. Prost (deuxième) a cassé son moteur et Lauda (quatrième) a été victime de survirage. En outre, la piste a été arrosée d'huile par les moteurs Renault des deux Romains, Angelis et Cesaris, ce qui ne favorisait pas la prise de risques.

 

De Angelis se hisse au troisième rang au prix d'un remarquable effort. En effet les pneus Goodyear de qualification sont si tendres qu'ils s'effondrent avant même d'avoir couvert une seule boucle ! Mansell se classe huitième. Tambay et Warwick placent leurs Renault sur la troisième rangée. Sur ordre de Gérard Larrousse, le Cannois a monté la pression de son turbo au maximum pour aller chercher la pole... le V6 n'a pas supporté l'effort... Fabi partage la quatrième ligne avec Mansell. Les Williams-Honda (Rosberg 9ème, Laffite 11ème) sont trop lentes ici. Elles encerclent la Toleman de Senna. Malgré leurs divers attelages disponibles, les Ferrari manquent complètement d'adhérence : Alboreto est douzième, Arnoux quinzième... Elles tombent aux niveaux de leurs rivaux alfistes (Patrese 13ème, Cheever 16ème)... Ceux-ci s'entendent toujours aussi mal : ayant tous deux cassé leurs moteurs, ils se disputent le mulet jusqu'à ce que le drapeau à damiers les mette d'accord... Furieux contre son patron, Winkelhock place son ATS-BMW au quatorzième rang. Son équipier Berger obtient un beau 20ème temps pour ses débuts. Les Arrows (Boutsen 17ème, Surer 19ème) ne brillent pas ici. Chez Ligier, de Cesaris (18ème) a cassé son moteur tandis que Hesnault (21ème) n'est pas du tout à l'aise dans les grandes courbes à cause d'un fort sous-virage. Les deux Osella se qualifient malgré une succession de pannes de moteur, et pour la première fois Gartner (22ème) précède Ghinzani (23ème). Suivent Alliot, Palmer et Rothengatter qui n'a pu se qualifier qu'en empruntant un moteur Hart à l'équipe rivale RAM...

 

Les Tyrrell de Bellof et Johansson sont repoussées à plus de dix secondes du chrono de Piquet et ne sont pas qualifiées. Pour la première fois depuis 1967, il n'y aura pas de V8 Ford-Cosworth au départ d'un Grand Prix ! De toute façon, Bellof n'aurait pas été admis sur la grille car un contrôle de poids réalisé durant les derniers essais a révélé que sa 012 pesait trois kilos en dessous du poids minimum autorisé...

 

Le Grand Prix

Une foule immense se presse à l'Österreichring pour encourager Niki Lauda. Le warm-up ne les déçoit pas : les McLaren dominent. Toutefois Prost doit changer in extremis son moteur à cause d'une surchauffe. De son côté, Winkelhock casse sa boîte de vitesses. Comme il le redoutait, ATS n'a pas de pièces de rechange, et il doit déclarer forfait !

 

Échange de bons services chez McLaren: Lauda casse la fermeture éclair de sa combinaison et doit emprunter celle de Prost. Quelques instants plus tard, après son tour de présentation, Alain n'est toujours pas satisfait de son nouveau moteur. Il aurait besoin d'une nouvelle boucle de rodage. Lauda lui offre alors son casque et lui permet ainsi d'effectuer son tour de parade à sa place... Ni vu ni connu !

 

Dans le clan Michelin, tout le monde choisit de placer des « 10 » durs à gauche et des « 05 » tendres à droite, sauf Lauda, Senna et de Cesaris qui ont des 10 sur les quatre roues. Chez Goodyear, on panache au gré des pilotes, sauf chez Ferrari où Arnoux se voit imposer des pneus bien plus durs que ceux d'Alboreto.

 

Premier départ: De Angelis et Rothengatter lèvent les bras pour prévenir qu'ils ont calé. Derek Ongaro actionne alors le feu orange clignotant pour annuler la procédure de départ, mais un court-circuit fait brièvement passer le feu au vert. La moitié des coureurs décide de foncer tandis que l'autre moitié hésite. Dans ce tumulte, Tambay et toute la file de gauche sont contraints de ralentir pour contourner de Angelis. Prost s'est élancé en tête devant Piquet.

 

1er tour: Prost mène devant Piquet, Lauda, Senna, Mansell et Rosberg. Rothengatter sort de la piste à la chicane Texaco.

Mais le départ a été faussé et par conséquent la direction de course décide de l'annuler et de relancer l'épreuve après une interruption d'un quart d'heure. Le drapeau rouge est agité. Les pilotes reviennent s'immobiliser sur la grille, y compris Rothengatter qui a pu se dégager du gazon. Les ravitaillements sont autorisés ainsi que les changements de pneus. Piquet en profite pour mettre des pneus durs sur ses quatre roues.

 

Second départ: De nouveau, Piquet hésite et se fait doubler par Prost. Mais le Brésilien utilise toute la puissance de son turbo pour se porter à la hauteur du Français. Il lui reprend le commandement dans la chicane, non sans le bousculer. Derrière, on retrouve Tambay, de Angelis, Warwick et Lauda. Fabi cale et se fait passer par tout le peloton avant de s'élancer dernier. Sans doute excité à l'idée de courir à domicile, Gartner pousse successivement Berger et Ghinzani dans le gazon.

 

1er tour: Warwick dépasse de Angelis. Piquet mène devant Prost, Tambay, Warwick, de Angelis, Lauda, Senna, Mansell, Rosberg et Alboreto.

 

2e: Parti avec des pneus tendres et chauds, Tambay parvient à suivre Piquet et Prost. Lauda double de Angelis tandis que Rosberg passe Mansell.

 

3e: Piquet et Prost sèment Tambay. Pendant ce temps-là Lauda a doublé Warwick.

 

4e : La quatrième vitesse de Prost commence à sauter. Le Français doit constamment maintenir sa main droite sur son levier de vitesses. Il parvient tout de même à garder le contact avec Piquet.

 

5e: Senna prend la sixième place à de Angelis. Ghinzani abandonne, boîte de vitesses bloquée. Rothengatter est aux stands pour changer son collecteur d'échappement et ne repartira qu'au bout d'une vingtaine de minutes.

 

6e : Piquet précède Prost (0.9s.), Tambay (5.1s.), Lauda (5.6s.), Warwick (10.2s.), Senna (10.9s.), de Angelis (12s.) et Rosberg (13.5s.).

 

7e: Lauda est dans les roues de Tambay dont les pneus sont déjà usés.

 

8e : De Angelis reprend la sixième place à Senna. Gartner abandonne sur la deuxième Osella, moteur surchauffé.

 

9e: A la sortie de la Bosch Kurve Lauda se place à l'extérieur de Tambay qui garde sa trajectoire à la chicane Texaco, mais finit par céder pour éviter de heurter l'Autrichien. Le Cannois voit ses pneus se détériorer et de plus son accélérateur se coince... Soudainement plus rapide, de Angelis dépasse Warwick.

 

10e: Tambay entre dans les stands pour chausser de gommes plus dures. Il ressort au dixième rang entre Laffite et Arnoux. Exaspéré par le sous-virage de sa Williams, Rosberg regagne les stands. On lui monte des roues neuves, on cabre son aileron avant, et il repart en queue de classement.

 

11e : Piquet est leader devant Prost (1.8s.), Lauda (6.4s.), de Angelis (13.1s.), Warwick (16.2s.), Senna (17.1s.), Mansell (27.4s.), Alboreto (31.4s.) et Laffite (34.5s.).

 

12e: Laffite revient aux stands à faible allure avec un moteur expirant.

 

13e: Lauda se rapproche du duo Piquet - Prost. De Angelis est isolé au quatrième rang, tandis que Warwick et Senna sont en lutte pour la cinquième place. En difficulté avec ses pneus durs, Arnoux se fait « avaler » dans le même tour par Cheever, Patrese et Fabi.

 

14e : Tambay s'empare de la huitième place aux dépens d'Alboreto. Fabi est remonté au douzième rang et roule derrière les deux Alfa Romeo.

 

15e : Deux secondes entre Piquet et Prost. Le Français refuse de croire que le Carioca joue au « lièvre » et décide de contre-attaquer.

 

16e: De Cesaris abandonne avec une pompe à injection grippée.

 

17e: Prost est revenu à une seconde et demie de Piquet. Warwick s'arrête chez Renault pour chausser des pneus durs. Rosberg revient aux stands et renonce, estimant sa voiture « totalement impossible à conduire ».

 

18e: A peine reparti, Warwick prend une échappatoire et abandonne, moteur cassé. Mansell se lance aux trousses de Senna. Cheever s'engouffre dans les stands et ne repartira pas, le moteur Alfa ayant encore rendu l'âme.

 

20e: Piquet devance Prost (1.1s.), Lauda (4.4s.), de Angelis (19.1s.), Senna (36.3s.), Mansell (37s.), Tambay (42.1s.), Alboreto (57.1s.), Fabi (1m. 06s.), Patrese (1m. 12s.), Arnoux (1m. 22s.) et Boutsen (1m. 23s.).

 

22e : Une seconde sépare Piquet et Prost.

 

23e: Lauda signe le meilleur tour en course: 1'32''882'''.

 

24e: Piquet et Prost sont gênés par le trafic mais aucun d'entre eux n'en profite pour semer ou rattraper l'autre. De Angelis sent que son moteur a des ratés et diminue sa pression de suralimentation par précaution.

 

26e: Senna et Mansell luttent pour la cinquième place mais Tambay les rattrapent. Arnoux s'arrête chez Ferrari pour chausser les mêmes gommes tendres que son équipier.

 

27e: Lauda est revenu à une seconde de Piquet et de Prost. La victoire se jouera entre ce trio.

 

28e: Le moteur de de Angelis explose. Au lieu de se garer dans l'herbe, le Romain choisit de regagner les stands et ce faisant inonde la piste d'huile. En outre, les commissaires mettent du temps à brandir les drapeaux rayés de jaune et de rouge. Tambay dépasse Mansell.

 

29e: A l'abord de la courbe Rindt, Piquet glisse sur l'huile de la Lotus de de Angelis mais contrôle son embardée. La même mésaventure survient à Prost qui cependant doit toujours garder une main sur son levier de vitesses. Il ne peut donc pas contre-braquer, part en tête-à-queue et heurte le rail. La McLaren s'immobilise à l'extérieur du virage, moteur calé. Prost abandonne.

 

30e: Piquet mène désormais devant Lauda (2.9s.), Senna (47.6s.), Tambay (48.9s.), Mansell (53.6s.), Alboreto (1m. 22s.), Fabi (1m. 30s.), Patrese (-1t.), Boutsen (-1t.) et Surer (-1t.).

 

31e : Lauda rattrape facilement Piquet dont les pneus arrière se dégradent prématurément. Seulement une demi-seconde les sépare. Tambay rattrape Senna dont le moteur s'essouffle.

 

32e: L'asphalte est parsemé de taches d'huile. Prudent, Lauda attend patiemment que la situation s'améliore pour doubler Piquet. Tambay prend la troisième place à Senna.

 

33e: La malchance frappe de nouveau Lotus: Mansell casse son moteur.

 

34e: Lauda attaque Piquet dans la descente vers la Bosch Kurve, mais le Brésilien tient bon. Néanmoins ses pneus arrière sont très abîmés et il ne semble pas en mesure de pouvoir résister très longtemps.

 

36e: Senna a perdu toute sa pression d'huile et est contraint à l'abandon. Fabi et Patrese sont désormais dans les points.

 

38e: Lauda est toujours bloqué derrière Piquet. Seuls Tambay et Alboreto sont encore dans le même tour que les deux leaders.

 

40e: Piquet et Lauda reviennent sur Alboreto. L'Autrichien tente de plonger à l'intérieur du premier freinage, sans succès. Il retente sa chance par l'extérieur à Flatschach et cette fois-ci parvient à s'emparer du commandement. Le public explose de joie.

 

41e: Piquet lève considérablement le pied afin de ménager ses pneus. Lauda s'envole en tête de l'épreuve. Il devance Piquet (3.7s.), Tambay (51.9s.), Alboreto (-1t.), Fabi (-1t.), Patrese (-1t.), Boutsen (-1t.), Surer (-1t.) et Arnoux (-1t.).

 

42e: A la sorte de la Bosch Kurve, Lauda entend un grand bruit dans sa transmission. Sa quatrième vitesse vient de se briser. L'Autrichien ralentit et lève le bras pour annoncer qu'il abandonne. Néanmoins il parvient à rétrograder en troisième, puis à passer la cinquième vitesse, et finalement décide de continuer tant bien que mal.

 

43e: Lauda poursuit sa course avec une vitesse en moins. Toutefois il perd ainsi trois à quatre secondes par tour. Comme Piquet est lui-même en difficulté, la victoire semble pouvoir revenir à Tambay. Mais ce dernier doit tout de suite déchanter: le moteur Renault rend l'âme. Boutsen entre dans les points.

 

44e : Lauda est premier devant Piquet (11s.), Alboreto (1m. 33s.), Fabi (1m. 34s.), Patrese (-1t.) et Boutsen (-1t.).

 

45e: Lauda roule à une vitesse modérée mais Piquet ne cherche pas à l'attaquer. En effet, Niki ayant l'habitude de toujours ménager sa mécanique en fin de course, Nelson ne comprend pas qu'il est en difficulté et se contente de le suivre.

 

46e : L'écart continue de se creuser entre Lauda et Piquet et se chiffre désormais à seize secondes. Fabi est sur les talons d'Alboreto et convoite la troisième place.

 

48e: Piquet compte dix-huit secondes de retard sur Lauda... pourtant plus lent que les RAM ! Fabi baisse sa pression de suralimentation et dessert son emprise sur Alboreto.

 

49e : Lauda précède Piquet (17.2s.), Alboreto (55.2s.), Fabi (1m.), Patrese (-1t), Boutsen (-1t.), Surer (-1t.) et Arnoux (-1t.). Victime d'un souci d'alimentation et privé de deux rapports de boîte, Berger s'arrête à son stand. Il redémarre après un changement de pneus et va finir au ralenti.

 

50e: Patrese tombe en panne d'essence alors qu'il tenait la cinquième place. Il a tout simplement oublié de baisser sa pression de suralimentation... Ce qui fait beaucoup rire Cheever. Boutsen et Surer se battent pour la cinquième place.

 

51ème et dernier tour: Niki Lauda remporte pour la première fois son Grand Prix national. Une victoire héroïque obtenue devant Piquet. Alboreto monte sur son premier podium depuis son succès à Zolder. Revenu de la dernière position, Fabi obtient une très belle quatrième place. Boutsen et Surer terminent roues dans roues et offrent ses trois premiers points à l'association Arrows-BMW. Suivent Arnoux, Hesnault, Palmer, Alliot et Berger qui passe la ligne au ralenti. Rothengatter n'est pas classé puisqu'il n'a parcouru que 23 des 51 tours.

 

Après la course

Remis de ses émotions, Niki Lauda peut savourer son triomphe. Grâce à ce succès, il prend la tête du championnat du monde avec 48 points contre 43,5 à Prost. C'est le tournant de la saison 1984. Sur le podium, Lauda est accueilli par le président Balestre qui a éloigné les journalistes de télévision avec son tact habituel. C'est là qu'il raconte à Piquet l'incident survenu sur sa boîte de vitesses. Le Brésilien n'en revient pas. C'est probablement l'un de plus beaux coups de bluff de l'histoire de la F1. « Une belle histoire, n'est-ce pas ? » déclare le vainqueur. « Tout ce qu'il me reste à vous dire, c'est au revoir et merci ! Le championnat ? On verra à Zandvoort... » Une fois descendu du podium, il tente de réconforter Alain Prost : « Si tu n'étais pas sorti sur cette maudite flaque d'huile, c'est à moi que ce serait arrivé. » résume-t-il avec sincérité.

 

Amer, Prost se plaint d'avoir été malmené par Piquet au premier virage puis de ne pas avoir été averti par les commissaires de l'état de la piste avant son tête-à-queue. Une version contredite par Nelson Piquet qui fait étalage de son humour acide habituel : « Certes l'huile était partout, mais les commissaires nous l'ont signalé aussitôt. J'ai levé le pied... A cet instant, Prost a accéléré pour me reprendre du terrain. Je n'ai pas compris pourquoi... » Puis : « Ah bon, Alain avait perdu sa quatrième vitesse ? Mais non, il a aussi perdu la 1ère, la 2ème, la 3ème, la 5ème, la course et le championnat ! Cette année, il a d'ailleurs perdu la tête plus tôt que l'année dernière... » Allusion à peine feutrée à l'accrochage de Zandvoort en 1983...

 

Enfin ce Grand Prix d'Autriche est une déroute pour les moteurs Renault. Seul Hesnault ramène le sien à l'arrivée, et encore, il a été privé de pression de suralimentation durant toute la course... Gérard Larrousse évoque des pannes d'alimentation en eau de l'injection-moteur, ce qui aurait généré une combustion anarchique. Quoiqu'il en soit, la marque au Losange a fait chou blanc et n'a toujours pas gagné une course en 1984...

 

 

Classements (avant la disqualification des Tyrrell):

 

Pilotes Constructeurs
1.Lauda48 pts1.McLaren-TAG-Porsche91.5 pts
2.Prost43.5 pts2.Ferrari39.5 pts
3.de Angelis26.5 pts3.Lotus-Renault35.5 pts
4.Arnoux24.5 pts4.Renault32 pts
5.Piquet24 pts5.Brabham-BMW30 pts
6.Warwick23 pts6.Williams-Honda24 pts
7.Rosberg20 pts7.Tyrrell-Ford-Cosworth13 pts
8.Alboreto15 pts8.Toleman-Hart8 pts
9.Tambay9 pts9.Alfa Romeo6 pts
10.Mansell9 pts10.Arrows-BMW3 pts
11.Senna8 pts11.Ligier-Renault2 pts
12.Brundle8 pts12.Osella-Alfa Romeo2 pts
13.Fabi6 pts13.Arrows-Ford-Cosworth1 pt
14.Bellof5 pts
15.Laffite4 pts
16.Patrese3 pts
17.Cheever3 pts
18.Boutsen3 pts
19.de Cesaris2 pts
20.Ghinzani2 pts
21.Surer1 pt
Tony