Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham BMW
Alain PROST
 A.PROST
Renault
Eddie CHEEVER
 E.CHEEVER
Renault

376e Grand Prix

LXIX Grand Prix de France
Couvert
17 avril 1983 - Le Castellet
54 tours x 5.810 km - 313.740 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Pole, record du tour et victoire pour Alain Prost.

Le circuit Paul-Ricard en bascule

La tenue du Grand Prix de France au Castellet est menacée. En effet le circuit varois est en déficit et doit impérativement redresser la barre en 1983. Son directeur François Chevalier dénonce la hausse des contrats imposée par une FOCA de plus en plus gloutonne. L'État français ne se prive pas non plus de ponctionner lourdement les circuits automobiles. Pour renflouer les caisses, Chevalier a demandé à Bernie Ecclestone une part des droits de retransmission télévisée (un million de francs qui vont droit dans les caisses de la FOCA). Sans succès. Du coup, il a fallu licencier une partie du personnel du circuit, contrôler très strictement la billetterie... et avancer le Grand Prix en avril. Pourquoi donc ? Tout simplement parce qu'en juillet les plages provençales font concurrence au Grand Prix. L'eau de la Méditerranée est encore fraîche en ce début de printemps...

 

Réunion de la commission F1: feu vert pour les ravitaillements

Brabham et Nelson Piquet ont montré au Brésil que la stratégie du ravitaillement en cours de Grand Prix pouvait se révéler gagnante. Mais l'incendie survenue lors de cette même course sur la voiture de Keke Rosberg a suscité l'inquiétude des protagonistes. La FISA a décidé d'interdire cette pratique pour la saison 1984, mais la commission F1 se réunie au Castellet pour discuter d'une interdiction immédiate. En vain, car Bernie Ecclestone fait valoir qu'une telle mesure pénaliserait lourdement son équipe qui a conçu ses BT52 en fonction de cette stratégie. Leurs réservoirs ne peuvent contenir le plein nécessaire pour couvrir la distance d'un Grand prix ! De plus le président de la FOCA estime que ces ravitaillements sont une bonne chose pour le spectacle et donc pour les audiences des Grands Prix.

 

Du coup, Ferrari, Renault et Alfa Romeo décident d'emboîter le pas à Brabham et à Williams et d'organiser leurs propres ravitaillements pendant la course. Leurs voitures sont munies de petits orifices pour permettre de remettre de l'essence. Afin de réduire le danger, la préfecture du Var limite strictement l'accès aux stands durant la course aux personnels des écuries, à la colère des journalistes et des photographes...

 

A noter que Frank Williams et Ken Tyrrell, les deux « ultras » de la FOCA, sont élus à la commission F1 en remplacement de Colin Chapman, décédé, et de Max Mosley, le bras-droit d'Ecclestone qui annonce vouloir se retirer définitivement du sport automobile.

 

Présentation de la course

Le 10 avril s'est tenue à Brands-Hatch la Course des Champions, dernière épreuve de Formule 1 à ne pas figurer au calendrier au championnat. Seuls treize pilotes se sont présentés au départ. Renault était absente. Keke Rosberg a remporté la victoire devant Danny Sullivan sur Tyrrell et Alan Jones sur Arrows. Aucun moteur turbo n'a terminé. La principale attraction de cette course fut l'apparition de la Spirit à moteur turbo V6 Honda, aux mains du Suédois Stefan Johansson. Honda a en effet construit son propre moteur turbo et conduit des pourparlers avec Frank Williams pour une coopération d'ici la fin de la saison. Quant à la Spirit-Honda, elle devrait apparaître officiellement en Grand Prix au cours de l'été.

 

Alan Jones a donc terminé sur le podium à Brands-Hatch... avant de retourner dans son ranch australien et de ne plus en sortir ! Avant Long Beach, il avait accepté de courir pour Arrows afin qu'un sponsor se manifeste, renfloue les caisses de l'équipe... et le rétribue généreusement. Or Arrows n'a attiré aucun commanditaire. Refusant de courir gracieusement, Jones a fait ses adieux à Jackie Oliver ! Du coup, Chico Serra retrouve le volant de la seconde A6, mais son avenir n'est pas plus garanti car lui aussi n'apporte aucun appui financier....

 

RAM-March engage une deuxième voiture pour Jean-Louis Schlesser. Souriant et athlétique, âgé de 34 ans, celui-ci est le neveu du grand pilote français Jo Schlesser, tragiquement disparu à Rouen en 1968. Schlesser a remporté le championnat de France de F3 en 1978 et a depuis couru en F2 et en Super Tourisme. Il est aussi pilote essayeur pour le compte de Williams. Il a fait ses débuts lors de la Course des champions et obtenu une belle sixième place. Mais au Castellet, avec une March qui atteint à peine les 260 km/h dans la ligne droite du Mistral, ses chances de qualification sont faibles...

 

En marge du Grand Prix se déroulent les épreuves de Formule 3 et de Formule Renault. Alain Prost vient rendre visite à la jeune génération, et notamment au récent vainqueur du Volant Elf, un garçon de vingt ans inconnu mais au patronyme mondialement célèbre : Paul Belmondo.

 

Ford Cosworth inaugure officiellement la nouvelle version de son V8, le DFY. Le gain de puissance par rapport au DFV serait de 4 % selon Keith Duckworth. Trois pilotes en bénéficient pour cette course : Niki Lauda, John Watson et Nigel Mansell.

 

La Renault RE40 n'a pas brillé pour ses débuts à Long Beach et l'équipe de Viry-Châtillon a travaillé pour corriger quelques défauts aérodynamiques. On trouve ainsi de nouveaux ressorts de suspension et des angles d'aileron augmentés. Aileron et moustaches sont adaptés au tracé rapide du Paul-Ricard. Cette fois Eddie Cheever dispose aussi du nouveau modèle. Renault veut frapper un grand coup au Grand Prix de France et y remporter un nouveau succès après ceux de 1979, 1981 et 1982.

 

Chez Brabham, les BT52 utilisent des pontons raccourcis, de nouveaux ailerons avant, une transmission renforcée, et désormais des disques de freins en carbone de manière permanente. McLaren exploitera aussi définitivement ce type de freins. Ferrari prépare une nouvelle suspension arrière, testée par Arnoux lors de la Course des champions, mais qui demande encore quelques perfectionnements. Les 126 C2 ont perdu trente kilos grâce à des ailerons en carbone, une boite et un moteur allégés.

 

La Lotus 92 de Nigel Mansell ne dispose plus de suspension électronique. Les Alfa Romeo 183T sont maintenant équipées de prises d'air dans les pontons pour refroidir le turbo. Gustav Brunner a considérablement remanié l'ATS D6, lui offrant notamment une carrosserie arrière étendue « façon McLaren », une nouvelle suspension arrière et un carénage inférieur redessiné. La Ligier JS21 arbore un petit aileron arrière en fibre de carbone. RAM enregistre l'arrivée de l'ingénieur Nigel Stroud, en provenance de Lotus. Avec David Kelly, il a remanié la voiture de Salazar autour d'un châssis neuf. Enfin Osella continue d'alléger ses voitures, mais prépare surtout son nouveau modèle muni du V12 Alfa Romeo qui apparaîtra à Imola.

 

Les qualifications

Il n'y a plus de doute quant à la compétitivité de la nouvelle Renault. Prost écrase la concurrence. Après avoir été gêné par Boesel le vendredi, il réalise la pole le lendemain, précédant de deux secondes et demie son équipier Cheever qui, pour sa défense, a dû utiliser un mulet mal réglé. En tout cas, la première ligne est toute jaune. Les Brabham-BMW sont aussi rapides qu'instables. Patrese s'en sort le mieux avec le troisième temps. Piquet est sixième. Fortunes diverses chez Ferrari : Arnoux se classe quatrième mais Tambay, accablé de pannes diverses, n'est qu'onzième. De Angelis est cinquième avec la Lotus-Renault. Son équipier Mansell ne fait pas mieux que 18ème avec le nouveau Cosworth. Les Alfa Romeo font bonne figure et peuplent la quatrième ligne, de Cesaris devant Baldi. Warwick occupe la neuvième place mais aurait pu faire beaucoup mieux s'il n'avait utilisé le samedi la voiture de Giacomelli. Ce dernier (13ème) est toujours aussi décevant. Winkelhock (10ème) tire enfin quelque chose de son ATS grâce au moteur turbo BMW.

 

Les McLaren (Lauda 12ème, Watson 14ème) sont les plus rapides du contingent Cosworth grâce aux pneus Michelin. Mais Lauda concède plus de quatre secondes à Prost... Il n'y a plus match entre les turbos et les atmosphériques. Chaussé par Goodyear, Alboreto est un méritant quinzième (à cinq secondes et demie de la pole !) Son équipier Sullivan se classe 24ème. Les Williams (Rosberg 16ème, Laffite 19ème) manquent de motricité et sont handicapées par des Goodyear peu à l'aise sur ce tracé. Les Theodore (Cecotto 17ème, Guerrero 22ème) sont plutôt performantes, ce qui n'est pas le cas des Ligier (Jarier 20ème, Boesel 25ème). Surer est vingt-et-unième avec la première Arrows. Son équipier Serra est victime d'un énorme accident lorsqu'un de ses pneus déchape dans les S de la Verrerie. L'Arrows décolle, effectue un tonneau et atterrit dans les grillages. Le Brésilien s'en sort indemne et arrachera la 26ème et dernière place qualificative. Enfin, C. Fabi parvient à placer son Osella au 23ème rang. Son équipier Ghinzani est éliminé, tout comme les RAM de Salazar et de Schlesser.

 

Gérard Ducarouge et l'« affaire de l'extincteur »

Andrea de Cesaris avait réalisé le meilleur temps de la séance qualificative du vendredi. Mais le bénéfice de cet exploit lui est confisqué parce que les commissaires techniques s'aperçoivent qu'il l'a réalisé avec une voiture munie d'un extincteur de bord vide. Un nouveau stratagème pour réduire le poids de la monoplace... Présent au moment du contrôle technique, Gérard Ducarouge tombe des nues. Il jure ses grands dieux être innocent de cette tricherie... et soupçonne un coup de Jarnac. Carlo Chiti, son grand rival d'Autodelta, a beaucoup insisté pour qu'il assiste au démontage de la 183T... Ducarouge est bientôt persuadé que Chiti a combiné cette affaire d'A à Z pour l'embarrasser. De plus, selon de nombreuses rumeurs, vider l'extincteur serait une astuce utilisée par d'autres équipes. Pourquoi les commissaires ont-ils justement choisi la voiture de de Cesaris ?

 

Toujours est-il que la direction d'Alfa Romeo n'apprécie pas du tout l'incident et place Ducarouge sur la sellette. Chiti, qui n'a jamais supporté sa présence, jubile intérieurement et se prépare à remettre la main sur le programme F1 du constructeur milanais

 

Le Grand Prix

Le temps est couvert et frais en ce dimanche d'avril. Conscient de la supériorité des Renault, Bernie Ecclestone décide de monter sur ses Brabham les pneus les plus tendres afin de réaliser un excellent début de course. Prost part lui en pneus durs afin de garder en réserve un train performant pour le second relais. Dans le clan Goodyear, les Williams et les Ferrari utilisent des pneus « B » semi-durs. Enfin Euroracing a finalement renoncé à faire ravitailler les Alfa Romeo.

 

Un incident peu banal se produit peu avant le départ : Nigel Mansell flâne dans le paddock et n'entend pas ses mécaniciens le prévenir alors qu'ils poussent le mulet vers lui... Résultat, l'Anglais a le pied gauche écrasé par une roue ! Son orteil est sévèrement contusionné, mais il tient tout de même à prendre le départ. Une belle preuve de courage.

 

Départ: Bon envol de Prost. Cheever fait patiner ses roues et est doublé par Patrese. Piquet dépasse de Angelis et Arnoux et se retrouve quatrième. Tambay prend un excellent départ et se place derrière son équipier. Rosberg prend un départ-canon et gagne sept places.

 

1er tour: Au virage de l'École, Watson percute l'arrière de Baldi qui parvient de justesse à maîtriser une embardée. Prost mène devant Patrese, Cheever, Piquet, Arnoux, Tambay, de Angelis, Warwick, Rosberg et Winkelhock. Baldi et Watson regagnent les stands, le premier pour changer un pneu crevé, le second pour réparer son museau.

 

2e: Cheever menace Patrese. Tambay dépasse Arnoux. Rosberg prend la huitième place à Warwick.

 

3e: Cheever dépasse Patrese. L'Américain compte environ trois secondes de retard sur Prost. Mal parti, de Cesaris remonte peu à peu. Il a doublé Lauda, Alboreto et Laffite.

 

4e : Prost mène devant Cheever (3.8s.), Patrese (5.2s.), Piquet (6.2s.), Tambay (11.1s.), Arnoux (14.7s.), de Angelis (16s.) et Rosberg (16.5s.). Watson entend un bruit suspect dans son dos. Pensant que son moteur est en train de casser, il préfère abandonner. En fait la McLaren était seulement affligée d'un défaut d'assemblage de l'accélérateur...

 

5e: Rosberg double de Angelis au virage du Pont après une lutte au coude à coude. Winkelhock dépasse Warwick.

 

6e: La lutte entre Rosberg et de Angelis se poursuit. N'hésitant pas à mettre deux roues dans la poussière, l'Italien fait l'extérieur au Finlandais dans la ligne droite de La Bretelle. Mais Rosberg reprend l'avantage par l'intérieur à la Chicane. Devant eux, Piquet dépasse son équipier Patrese. De Cesaris double Warwick handicapé par une fuite d'eau sur son pneu arrière-gauche.

 

7e: Prost a cinq secondes d'avance sur Cheever. Rosberg double Arnoux dont le moteur manque de puissance. Laffite dépasse Warwick. Victime de douleurs à son orteil, Mansell ne peut plus piloter sa Lotus, revient à son garage et abandonne.

 

8e : Prost précède Cheever (4.9s.), Piquet (6.1s.), Patrese (9.4s.), Tambay (16.7s.), Rosberg (28.5s.) et Arnoux (29s.). De Angelis a sur ses trousses un peloton composé de Winkelhock, de Cesaris, Laffite, Warwick, Alboreto et Lauda.

 

10e: Arnoux tente de menacer Rosberg. Winkelhock double de Angelis.

 

11e : De Cesaris prend la neuvième place à de Angelis à la chicane. Laffite double ensuite le pilote Lotus à Sainte-Beaume. Mais de Angelis ne baisse pas les bras et repasse la Williams dans la ligne droite du Mistral.

 

12e: Laffite s'impose finalement face à de Angelis à la chicane.

 

13e : Prost mène avec aisance devant Cheever (8s.), Piquet (11.7s.), Patrese (13.6s.), Tambay (23.4s.), Rosberg (41.9s.) et Arnoux (44s.).

 

14e: Winkelhock effectue un travers à la sortie du virage du Pont et perd deux places au profit de de Cesaris et de Laffite. Lauda et Alboreto klaxonnent derrière de Angelis. Warwick est aux stands pour changer des pneus.

 

16e: Piquet accélère et revient derrière Cheever. Warwick s'arrête sur le bas-côté avec un moteur surchauffé.

 

17e : Prost devance Cheever (9s.), Piquet (11s.), Patrese (13.4s.), Tambay (28s.), Rosberg (46s.) et Arnoux (50s.). Suivent de Cesaris, Laffite, Winkelhock, de Angelis, Lauda et Alboreto.

 

18e: Piquet prend la deuxième place à Cheever. Lauda parvient à dépasser de Angelis au virage de Sainte-Beaume. Mais dans la ligne droite du Mistral l'Autrichien doit s'incliner face à la puissance du turbo Renault du Romain.

 

19e: Prost est gêné par du trafic. Patrese s'arrête chez Brabham avec un radiateur d'eau à sec suite à une fuite. C'est l'abandon pour l'Italien.

 

20e: De Cesaris ralentit à cause d'une commande de boîte défectueuse puis revient à son stand pour réparer. Cecotto est aux stands pour changer de pneus.

 

21e: A l'abord de la chicane, de Angelis freine soudainement et s'arrête dans l'échappatoire. Sa commande électrique d'injection est tombée en panne.

 

22e: Prost compte neuf secondes d'avance sur Piquet. Laffite rattrape Arnoux. Sullivan est contraint à l'abandon à cause d'une panne d'embrayage.

 

24e: Prost précède Piquet (11.7s.), Cheever (14.6s.), Tambay (38s.) et Rosberg (57s.). Laffite dépasse Arnoux à Beausset. Le Grenoblois entre ensuite dans les stands pour ravitailler en essence et changer de pneus. Il repart onzième après quinze secondes d'arrêt, un tour derrière Prost. De Cesaris reprend la piste avec quatre tours de retard.

 

25e: Ravitaillement de Cheever en seulement dix-huit secondes. L'Américain repart quatrième derrière Tambay. Abandon de Guerrero suite à un bris de soupape.

 

27e : Dix secondes séparent Prost et Piquet.

 

28e: Rosberg effectue son ravitaillement mais des difficultés dans la fixation de la roue avant-gauche lui font perdre du temps. Il redémarre après vingt-six secondes d'arrêt, en huitième position, entre Lauda et Alboreto. Serra met pied à terre à cause d'une panne de boîte de vitesses.

 

29e: Prost prend un tour à Rosberg puis arrive aux stands pour ravitailler et mettre des pneus tendres, les mêmes que ceux utilisés par Piquet. L'opération se passe mal : Prost cale puis, voulant manœuvrer l'accélérateur pour remettre le V6 en route, oublie de garder le pied droit sur le frein, ce qui ne permet pas de bloquer les moyeux pour changer les pneus. Finalement, l'arrêt dure 24 secondes. Prost repart second. Piquet est le nouveau leader. Lauda prend la sixième place à Winkelhock.

 

30e: Tambay ravitaille rapidement (14s.) et repart quatrième. Dans la Bretelle, ressentant une vibration, Winkelhock oblique brusquement à droite sans apercevoir Baldi qui l'attaquait par ce côté. Le jeune Italien tente d'éviter l'accrochage et percute les glissières à haute vitesse. L'Alfa Romeo rebondit et tournoie sur elle-même, mais Baldi en sort indemne. Rosberg et Piquet qui le suivaient ont eu très chaud.

 

31e: Piquet est premier devant Prost (22s.), Cheever (35.8s.), Tambay (53.1s.) et Laffite (1m. 10s.). Winkelhock est bloqué aux stands pour réparer sa voiture. Lauda renonce avec un roulement de roue grippé.

 

33e: Piquet entre au stand Brabham pour ravitailler et changer de pneus. L'arrêt ne dure que seize secondes, mais Prost reprend tout de même le commandement.

 

34e: Grâce à ses pneus tendres, Prost s'enfuit et signe le meilleur tour en course: 1'42''695'''. Victime de sous-virage, Piquet ne peut pas suivre son adversaire. Laffite ravitaille mais ne change pas ses pneus. Du coup l'opération ne dure que treize secondes et le Français reprend la piste juste devant son équipier Rosberg.

 

35e : Prost est premier devant Piquet (15s.), Cheever (19s.), Tambay (35.4s.), Laffite (1m. 31s.), Rosberg (1m. 32s.), Alboreto (1m. 38s.), Arnoux (1m. 40s.), Jarier (-1t.) et Surer (-1t.).

 

36e: Rosberg attaque Laffite et lui prend la cinquième place.

 

37e: Prost prend un tour à Arnoux, relégué en huitième position, prenant ainsi en quelque sorte sa revanche sur l'affront du GP de France 1982. Cheever ne peut pas menacer Piquet à cause d'un survirage excessif.

 

38e : Prost devance Piquet (17.2s.), Cheever (22.1s.), Tambay (41.1s.), Rosberg (1m. 37s.), Laffite (1m. 39s.), Alboreto (-1t.) et Arnoux (-1t.). Fabi s'arrête dans les graviers avec un moteur en feu.

 

40e: Prost prend un tour à Laffite. Arnoux prend la septième place à Alboreto.

 

41e: Rosberg concède un tour à Prost. Winkelhock renonce à cause d'un problème d'échappement.

 

42e : Prost mène devant Piquet (20.7s.), Cheever (29.3s.), Tambay (49.2s.), Rosberg (-1t.), Laffite (-1t.), Arnoux (-1t.), Alboreto (-1t.), Jarier (-1t.), Surer (-1t.), Giacomelli (-1t.) et Cecotto (-2t.).

 

44e : Isolé au quatrième rang, Tambay baisse son rythme pour préserver des pneus Goodyear peu performants, particulièrement en courbe. Michelin se dirige vers un triplé en France.

 

45e: Prost devance Piquet (26.2s.), Cheever (33.8s.) et Tambay (57.2s.). Rosberg et Laffite détiennent les dernières places offrant des points.

 

48e: Prost a vingt-huit secondes de marge sur Piquet. Cheever se rapproche peu à peu du Brésilien. L'intervalle n'est plus que de six secondes.

 

50e: Prost est leader devant Piquet (30.8s.), Cheever (36.6s.) et Tambay (1m. 05s.). Le moteur de Boesel part en fumée.

 

52e: Piquet a repris un peu de marge sur Cheever. La boîte de vitesses de Giacomelli rend l'âme. L'Italien était onzième.

 

54ème et dernier tour: Alain Prost remporte son sixième Grand Prix, le deuxième à domicile après son succès à Dijon-Prenois en 1981. Piquet termine deuxième devant Cheever qui monte sur son premier podium pour le compte de Renault. Tambay est quatrième, ce qui est un moindre mal pour une équipe Ferrari transparente au Castellet. Rosberg et Laffite prennent les derniers points. Arnoux échoue au septième rang, suivi par Alboreto, Jarier, Surer, Cecotto et de Cesaris.

 

Après la course

Alain Prost et Renault-Elf n'ont donc pas manqué leur course nationale. « Le sommet de la saison ! » résumé Gérard Larrousse avant d'ajouter : « Mais je garantis qu'il y aura d'autres sommets de ce genre... » Prost retrouve le chemin de la victoire avec soulagement. Il n'avait plus connu cette joie depuis plus d'un an. Il est surtout très confiant pour la suite du championnat car la nouvelle RE40 a montré toutes ses qualités. Il félicite ses mécaniciens et s'excuse pour l'erreur commise au cours de son ravitaillement. On peut d'ailleurs constater que finalement ces arrêts aux stands n'ont rien changé au déroulement d'une épreuve très monotone.

 

Enfin, Michelin réalise un triplé au Grand Prix de France. Ce qui fait donc trois à zéro pour les hommes de Pierre Dupasquier contre ceux de Lee Gaug...

 

Grâce à sa deuxième place, Piquet s'empare de la première place du championnat avec 15 points. Il précède Lauda (10 pts), Watson (9 pts), Prost (9 pts) et Laffite (7 pts). A la vue de cette course, il est permis de croire que la course au titre se résumera à un duel Piquet – Prost. A moins que les Ferrari ne reviennent dans le coup... Chez les constructeurs McLaren conserve la tête avec 19 points, mais Brabham-BMW (15 pts) et Renault (13 pts) sont des concurrents bien plus crédibles que l'équipe britannique, fatalement handicapée par son moteur atmosphérique.

Tony