René ARNOUX
 R.ARNOUX
Ferrari
Alain PROST
 A.PROST
Renault
Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham BMW

384e Grand Prix

XXI Grosser Preis von Osterreich
Ensoleillé
14 août 1983 - Österreichring
53 tours x 5.942 km - 314.926 km
Affiche
F1
Coupe

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Constructeur
Moteur

Fin de championnat: Alain Prost favori

Il ne reste plus que cinq courses à disputer dans ce championnat du monde 1983. La conjoncture est favorable à Alain Prost (42 points), désormais confortable leader du championnat. Le jeune Français dispose d'une Renault fiable et performante, ainsi que de toute l'attention des techniciens de la Régie. Toutefois certains puristes déplorent son style peu spectaculaire et sa propension à rechercher les places d'honneur plutôt que la victoire à n'importe quel prix. Prost est ainsi qualifié d'« épicier », à l'instar de Niki Lauda naguère. Ce qu'il prend pour un compliment puisqu'il admire l'Autrichien.

 

Son rival le plus dangereux est Nelson Piquet (33 pts). A 31 ans, le Carioca a beaucoup progressé depuis son premier titre de 1981. Ses erreurs de pilotage sont rarissimes et son analyse technique s'est affinée. Malheureusement, la Brabham-BMW BT52 manque toujours de fiabilité, et sans être aussi malchanceux que son collègue Riccardo Patrese, Piquet a déjà renoncé quatre fois cette saison pendant que Prost a fini toutes les courses sans exception. Enfin, les deux Français de Ferrari, Patrick Tambay (31 pts) et René Arnoux (28 pts) lorgnent aussi sur le titre mondial. Depuis Hockenheim, la « guerre froide » est relancée entre les deux hommes, profondément dissemblables. Arnoux le flamboyant et Tambay le cérébral ont des chances à peu près égales, mais doivent aussi compter avec la mécanique. Aussi rapide soit-elle, la 126 C3 est plus fragile que sa devancière, et les pneus Goodyear sont trop souvent inférieurs aux Michelin utilisés par Renault et Brabham.

 

Tensions entre Prost et Renault

Malgré sa position au championnat, Alain Prost hésite à prolonger son contrat avec Renault pour 1984. Au Groggerhof Hotel d'Odbach, un important dîner le réunit avec Gérard Larrousse et Bernard Hanon, le PDG de la Régie. Il y étale ses griefs. Il déplore la stagnation technique de l'équipe, en particulier en ce qui concerne le développement du turbo. Très exigent, Prost estime la marge de progression trop ténue et craint qu'à terme le moteur français ne soit franchement dépassé par le Ferrari et le BMW. La communication avec les ingénieurs, Bernard Dudot, Michel Tétu etc. est parfois difficile. « La Régie, c'est une grosse machine, parfois lourde à traîner... » confie-t-il au journaliste Renaud de Laborderie. En outre, le Forézien regrette que sa personnalité ne soit pas plus mise en avant par la Régie, qui insiste beaucoup plus sur la « réussite de l'entreprise ».

 

Si Prost livre le fond de sa pensée à ses patrons, c'est aussi parce qu'il a pris langue avec Enzo Ferrari. Le patriarche de Maranello, qui a toujours plusieurs fers au feu, envisage de remplacer un de ses Français par un autre, qui plus est, il faut désormais l'admettre, l'un des tous meilleurs pilotes du monde. Mais François Guiter, toujours vigilant (Elf est le partenaire privilégié de Renault), déconseille fortement à Prost de poursuivre ses négociations avec la Scuderia. Selon lui, cette marque de défiance envers son écurie pourrait lui coûter le titre mondial. Prost entend l'argument.

 

Les aventures de Jean-Marie Balestre

Le mépris dans lequel Jean-Marie Balestre tient les journalistes est connu, bien qu'il ait lui-même commencé sa carrière dans les salles de rédaction et fondé L'Auto-Journal. Contre les représentants de la presse écrite, le président de la FISA a édicté un règlement drastique, interdisant leur présence dans les stands durant les Grands Prix, et donc les empêchant de faire leur travail. Seuls les employés des chaînes de télévision trouvent grâce à ses yeux. Outrés, les journalistes font entendre leur indignation par la voie de leur syndicat, l'IRPA présidée par Bernard Cahier. Heureusement, selon José Rosinski, Bernie Ecclestone permet à certains d'entre eux de contourner cette mesure inique. Les chroniqueurs français se vengent en omettant complètement d'évoquer Balestre dans leurs comptes-rendus...

 

Celui-ci a d'autres soucis en tête. Si la guerre entre la FISA et la FOCA appartient au passé, la question de la répartition des droits télévisés demeure d'actualité. La FOCA détient certes les cordons de la bourse, mais le pouvoir sportif aimerait recevoir sa part du butin. L'opacité est grande autour de ces négociations. Sans certitude, certains estiment qu'en 1983 la FISA recevrait 7 à 8 % des droits TV. Balestre souhaite porter ce chiffre à 10-15 % pour 1984. La belle croissance des revenus de la FOCA peut justifier une telle concession, finalement accordée par Ecclestone.

 

Williams s'allie à Honda

Dans la tente de British Leyland, Frank Williams et Nobuhiko Kawamoto, président de Honda Research, officialisent l'accord entre l'équipe britannique et la firme japonaise. C'est l'aboutissement de près de deux ans de négociations plus ou moins secrètes. Le partenariat est particulièrement avantageux pour Williams qui recevra gratuitement les V6 turbo Honda en 1984 et 1985.

 

Cette alliance permet aussi de retenir Keke Rosberg qui avait pris contact avec Ferrari, Lotus et Ligier. Le Finlandais cherchait surtout à étalonner sa valeur marchande, réclamant des salaires exorbitants à tous ses interlocuteurs. Grâce à Honda, il accepte de prolonger son contrat avec Williams... non sans demander une substantielle augmentation. Après tout, « Frank a dû me vendre avec l'écurie... » ironise le champion du monde. Bien qu'irrité par l'égocentrisme de son coéquipier, Jacques Laffite annonce qu'il restera à Didcot en 84. Pendant ce temps-là, Patrick Head et ses ingénieurs font le forcing pour qu'une Williams-Honda puisse rouler en Grand Prix dès la fin de cette saison 83.

 

Présentation de l'épreuve

Ce Grand Prix d'Autriche est à nouveau un succès populaire grâce à la présence de Niki Lauda. Celui-ci est heureux de disputer sa dernière course au volant de la McLaren-Cosworth. Il étrennera en effet le turbo TAG-Porsche à Zandvoort.

 

Günther Schmidt avait annoncé l'engagement à Hockenheim puis à Zeltweg d'une deuxième ATS, qui aurait été successivement confiée à deux espoirs, l'Allemand Stefan Bellof et l'Autrichien Jo Gartner. Pure fanfaronnade. Il a d'ailleurs failli ne pas y avoir d'ATS du tout sur l'Österreichring. Après sa non-qualification en Allemagne, Manfred Winkelhock s'est en effet répandu dans la presse sur le piètre matériel fourni par son équipe. Schmidt a vu rouge et ordonné à son pilote de revenir sur ses propos. Winkelhock refusant catégoriquement, Schmidt le licencia sur le champ ! Se retrouvant sans pilote, il se tourna vers le jeune Bellof qui rejeta sa proposition, de peur de compromettre sa réputation naissante dans pareille aventure. Tout penaud, le tempétueux Schmidt a été contraint de rappeler Winkelhock qui, bon prince, a passé l'éponge.

 

Tyrrell présente la 012 conçue par Maurice Philippe. Cette nouvelle voiture possède une minuscule coque mixte fibre de carbone / nids d'abeille aluminium. Elle se distingue par l'accolage à la boîte de vitesses des disques de frein arrière (système in-board). Les radiateurs latéraux sont disposés obliquement. Comme souvent Philippe n'a pas fait preuve d'originalité et cette 012 est grosso modo un mélange de Williams FW08 et de Brabham BT52. Elle est manifestement destinée à recevoir un moteur turbo. Michele Alboreto effectue quelques tours à son volant, mais à cause d'un manque de mise au point, il préfère la remiser et remonter dans la 011 pour le reste du week-end.

 

Chez Toleman-Hart, Derek Warwick utilise un nouveau turbocompresseur Holsett dont il est très satisfait.

 

Les qualifications

Sans grande surprise, les Ferrari dominent à nouveau les qualifications. Arnoux détient longtemps la pole position, mais Tambay lui chipe le samedi après-midi. C'est la centième pole d'une Ferrari dans le championnat du monde. Mansell a enfin connu des essais sans problème et hisse la Lotus-Renault 94T au troisième rang. En revanche les ennuis se sont accumulés sur le pauvre de Angelis, seulement douzième. Les Brabham font bonne figure (Piquet quatrième, Patrese sixième) malgré de nouvelles avaries. Prost et Cheever traînent des soucis de moteurs surchauffés. Le Français s'est qualifié avec son mulet au cinquième rang tandis que Cheever se contente de la huitième place. Giacomelli (septième) brille au volant de sa Toleman-Hart tandis que Warwick (dixième) se plaint d'une chute de pression de suralimentation. Chez Alfa Romeo, Baldi (9ème) précède pour une fois de Cesaris (11ème). Winkelhock (13ème) déplore que son moteur BMW ne tourne pas rond. Celui-ci finit par exploser... Johansson (16ème) n'a pas eu plus de chance avec la Spirit-Honda.

 

Encore une fois, les moteurs atmosphériques n'ont aucune chance sur ce tracé. A quatre secondes et demie du temps de la pole, Lauda (14ème) est le premier d'entre eux. Son équipier Watson se classe 17ème. Les Williams sont ici « à la ramasse » (Rosberg 15ème, à 5'' de la pole, Laffite 24ème), tout comme les Tyrrell (Alboreto 18ème, Sullivan 23ème). Les Arrows (Boutsen 19ème, Surer 22ème) souffrent de leurs pneus. Jarier (20ème) et Guerrero (21ème) parviennent à se qualifier, contrairement à leurs coéquipiers respectifs Boesel et Cecotto. La dernière ligne est occupée par les Osella de Ghinzani et de C. Fabi. Le pauvre Acheson est encore éliminé au volant d'une RAM-March dramatiquement lente.

 

Le Grand Prix

On a veillé toute la nuit dans le garage Renault pour déceler la cause des incessantes surchauffes frappant les moteurs français. Daniel Champion et ses hommes ont finalement trouvé : certains radiateurs d'échangeur étaient obstrués. Prost et Cheever sont rassurés.

 

Ferrari fait un choix de pneus surprenant puisque Tambay s'élance avec des Goodyear « B » assez durs tandis qu'Arnoux, pourtant réputé pour maltraiter la gomme, s'équipe de « C » tendres. Prost choisit un composé de Michelin durs et tendres. Johansson abandonne sa voiture de course dans le tour de mise en grille à cause d'une suspension brisée. Il a juste le temps de sauter dans son mulet.

 

Grille de départ: Cinquième sur le grille, Prost a failli se tromper d'emplacement et s'immobilise au bon endroit, mais en biais. Derek Ongaro choisit tout de même de donner le départ.

 

Départ: Tambay prend un départ parfait tandis que Piquet tente de s'infiltrer entre Arnoux et le mur, sans succès. Mansell demeure devant Prost et Patrese. Dans la montée, de Angelis perd soudainement le contrôle de sa Lotus et se fracasse contre le rail de gauche. Il entraîne Giacomelli au passage et endommage le radiateur de la Toleman. De Angelis sort sans mal de son épave.

 

1er tour: Ghinzani sort de la première chicane à l'intérieur, côte à côte avec Laffite et Surer. La Williams est prise en sandwich, rebondit sur l'Osella puis envoie l'Arrows en tête-à-queue. En travers de la piste, Surer est heurté par Sullivan. Voyant cela, Fabi ralentit mais surprend Watson qui endommage son aileron avant contre la seconde Osella. Surer et Sullivan abandonnent. Pendant ce temps-là, Prost dépasse Mansell. A l'issue de ce premier tour Tambay mène devant Arnoux, Piquet, Prost, Mansell, Patrese, Cheever, Warwick, Baldi et de Cesaris.

 

2e: Patrese double Mansell au premier freinage. Watson passe par le stand McLaren pour changer de museau tandis que Giacomelli regagne son garage pour abandonner. Son équipier Warwick ne va guère plus loin à cause d'une panne de turbo.

 

3e: Tambay, Arnoux, Piquet, Prost, Patrese, Mansell et Cheever se suivent de près. Les Alfa Romeo de Baldi et de Cesaris gardent encore le contact.

 

4e : Tambay précède Arnoux (0.8s.), Piquet (1.2s.), Prost (1.6s.), Patrese (2s.), Mansell (2.7s.), Cheever (3.3s.), Baldi (5.5s.), de Cesaris (6s.) et Winkelhock (11s.).

 

6e: De Cesaris double son équipier Baldi. Mais les Alfa Romeo sont maintenant distancées par les leaders.

 

7e : Mansell commence à perdre le contact avec le groupe de tête car ses pneus Pirelli se dégradent. Lauda prend la onzième place à Johansson dont le moteur Honda ne marche pas très fort.

 

8e : Tambay devance Arnoux (1.4s.), Piquet (1.8s.), Prost (2.2s.), Patrese (3s.), Mansell (5s.), Cheever (7s.), de Cesaris (11s.), Baldi (12s.), Winkelhock (19s.), Lauda (35s.), Johansson (36s.) et Alboreto (37s.).

 

9e: A Glatzkurve, Alboreto tente une manœuvre hasardeuse sur Johansson et l'envoie en tête-à-queue. Le jeune Suédois s'aperçoit que ses roues ne sont pas endommagées, et peut repartir avec l'aide des commissaires. En revanche Alboreto abandonne, suspension pliée.

 

10e : Tambay maîtrise parfaitement ce début de course tandis que Piquet menace Arnoux. Prost reste un peu en retrait pour éviter les fortes turbulences générées par les monoplaces qui le précèdent. Patrese commence à décrocher. Johansson regagne le stand Spirit pour faire changer son museau et réparer sa voiture. Il redémarre peu après.

 

12e: Tambay est premier devant Arnoux (0.4s.), Piquet (1s.), Prost (1.8s.), Patrese (4s.), Mansell (6.7s.) et Cheever (8s.).

 

14e: Arnoux menace Tambay. Baldi abandonne à cause d'un turbo défaillant.

 

15e: Les leaders dépassent Laffite et Guerrero.

 

16e : Prost profite du dépassement des retardataires pour déborder Piquet par l'intérieur de la chicane Parmalat. Mais le Brésilien se rabat trop tôt, et la roue avant-droite de la Brabham heurte la roue arrière-gauche de la Renault qui se soulève légèrement. Prost parvient à maîtriser son bolide et reste devant Piquet, du moins jusqu'à la courbe Bosch où le Brésilien prend sa revanche et retrouve la troisième place.

 

17e : Arnoux se montre dans les rétroviseurs de Tambay. Piquet et Prost ont maintenant trois secondes de retard sur les Ferrari. Cheever menace Mansell.

 

19e : Tambay contient toujours Arnoux. Piquet et Prost se sont rapprochés. Patrese concède maintenant six secondes au leader.

 

20e: Prost signe le meilleur tour de la course: 1'33''961'''. Cheever prend la sixième place à Mansell. De Cesaris se rapproche de l'Anglais. Laffite est chez Williams pour changer de pneus.

 

21e : Tambay devance Arnoux (0.7s.), Piquet (1.6s.), Prost (2.7s.), Patrese (4.5s.), Cheever (20s.), Mansell (23s.) et de Cesaris (24s.). Suivent Winkelhock, Lauda, Rosberg et Jarier.

 

22e: Tambay rejoint Jarier pour lui prendre un tour, mais le pilote Ligier lui ferme la porte à la Glatzkurve. Arnoux essaie dans la ligne droite suivante de dépasser son équipier, mais Jarier se rabat devant les deux Ferrari. A la courbe Bosch il ne s'écarte toujours pas et, bloquant Tambay à l'intérieur, permet à Arnoux de s'infiltrer à l'extérieur. Le Grenoblois s'empare du commandement à la chicane Texaco tandis que Tambay est encore gêné. Piquet en profite pour doubler le Cannois qui adresse un geste furieux à Jarier. Prost entre aux stands pour ravitailler. De Cesaris double Mansell.

 

23e: Prost repart septième après un arrêt de 11.5s. Arnoux mène désormais devant Piquet. Laffite se plaint de vibrations depuis son accrochage avec Surer et préfère renoncer.

 

24e : Boutsen s'arrête à son stand pour faire changer une bougie cassée. Il reste immobilisé durant quatre minutes.

 

25e: Arnoux devance Piquet (1.5s.), Tambay (3s.), Patrese (5.6s.), de Cesaris (27s.) et Mansell (31s.). Lauda concède un tour aux leaders.

 

27e: Ravitaillement de Cheever (10.7s.). L'Américain chausse des pneus tendres puis se retrouve huitième derrière Mansell.

 

28e: Arrêt d'Arnoux (11.2s.) qui repart en troisième position. Patrese observe aussi son ravitaillement et redémarre derrière Prost. Piquet se retrouve au commandement avec Tambay à ses trousses. Cheever repasse Mansell, tandis que Guerrero abandonne suite à un bris de boîte de vitesses.

 

29e: Ravitaillements de Jarier, Winkelhock et Rosberg.

 

30e : Échaudé par l'incident avec Jarier, Tambay attaque à fond et met la pression sur Piquet que l'on sait pourtant très solide dans ces conditions.

 

31e: Piquet met une roue dans l'herbe en sortant de la petite chicane. Tambay saisit l'occasion, déborde la Brabham dans la ligne droite de Flatschach et s'impose à la Glatzkurve. Mais à la fin du tour, la Ferrari vaporise de l'huile. Tambay lève le pied et regagne son stand, trahi par son moteur pour la seconde fois consécutive. Au même instant, Patrese s'immobilise, sans eau dans son moteur. La pastille de dessablage s'est détachée du bloc BMW.

 

31e: Piquet est premier avec trente secondes d'avance sur Arnoux, mais doit encore ravitailler. Mansell arrive chez Lotus pour ravitailler et changer ses pneus (14.6s.). Il ne perd pas de place. Watson s'arrête une seconde fois à son stand pour remettre de l'essence.

 

32e: Piquet ravitaille en 10.2s. Cet arrêt très rapide lui permet de ressortir en tête de l'épreuve devant Arnoux. Mais ses pneus sont froids. Arnoux tente de passer la Brabham avant la Glatzkurve. Piquet conserve la bonne trajectoire et l'avantage. De Cesaris tombe en panne d'essence en vue des stands : son équipe a mal calculé sa consommation ! Le jeune Italien perd l'occasion d'inscrire de gros points.

 

33e : Piquet précède de peu Arnoux. Prost n'a que trois secondes de retard sur le leader et est donc lui aussi en course pour la victoire.

 

34e : Lauda observe son ravitaillement (12s.) et reste en sixième position. Jarier dépasse Rosberg qui a perdu l'usage de sa troisième vitesse. Alors septième, Winkelhock renonce suite à une nouvelle panne de turbo.

 

35e: Piquet est premier devant Arnoux (0.8s.), Prost (1.6s.), Cheever (24.1s.), Mansell (1m. 26s.), Lauda (-1t.), Jarier (-1t.), Rosberg (-1t.), C. Fabi (-2t.) et Watson (-2t.).

 

37e : Piquet rencontre une perte de puissance, conséquence d'une surchauffe survenue en début de course. Le Brésilien réduit la pression de suralimentation pour aller au bout. Mais Arnoux et Prost le rattrapent aussitôt.

 

38e: Après avoir pris l'aspiration, Arnoux dépasse Piquet par l'intérieur à Glatzkurve. Prost attaque le Brésilien dans la foulée et les deux hommes parcourent côte à côte la descente menant à Bosch Kurve, où le Français finit par s'imposer.

 

39e: La victoire va désormais se jouer entre Arnoux et Prost. Tous deux ont du mal à passer leur quatrième vitesse, mais ignorent les ennuis de l'autre. Ils prennent un tour à Mansell. Piquet ne songe plus qu'à conserver sa troisième place.

 

41e : Arnoux est premier devant Prost (0.8s.), Piquet (6.8s.), Cheever (25.5s.), Mansell (-1t.) et Lauda (-1t.).

 

43e : Prost est décidé à contester la victoire à Arnoux, son rival à plus d'un titre. Piquet perd environ une seconde et demie par tour et espère maintenir Cheever à distance. Rosberg concède un deuxième tour aux premiers...

 

45e: Arnoux précède Prost (0.7s.), Piquet (16s.) et Cheever (26.8s.). Watson prend la neuvième place à Fabi cadet.

 

46e : Prost est de plus en plus pressant derrière Arnoux. Il suit la Ferrari tel un aimant mais ne trouve pas d'ouverture.

 

48e: Prost fait mine d'attaquer Arnoux par l'intérieur de la chicane, puis se ravise. Dans Flatschach, Arnoux marque une hésitation à cause de son quatrième rapport récalcitrant. Prost le déborde sans hésiter et s'empare ainsi de la tête de l'épreuve.

 

49e: Prost s'échappe en tête de la course.

 

51e : Prost a trois secondes de marge sur Arnoux qui a baissé les bras. Piquet n'a lui plus que cinq secondes d'avance sur Cheever qui lorgne sur le podium.

 

52e : Deux secondes et demie séparent encore Piquet et Cheever.

 

53ème et dernier tour: Alain Prost remporte sa quatrième victoire de la saison devant Arnoux. Piquet conserve sa troisième place de justesse devant Cheever. Mansell finit cinquième mais espérait mieux de sa Lotus-Renault. Lauda inscrit un point dans son pays, mais est surtout content d'en avoir fini avec le moteur Cosworth ! Jarier est septième, suivi par Rosberg, Watson, C. Fabi, Ghinzani, Johansson et Boutsen.

 

Arnoux a beaucoup de chance : son moteur part en fumée 300 mètres après le baisser du drapeau. Un tour de plus, et Ferrari aurait tout perdu !

 

Après la course

Alain Prost vient peut-être de réaliser la plus belle course de sa carrière. Il a très intelligemment préservé sa mécanique et évité toutes les embûches pour porter en fin de jeu des attaques sans réplique. Son très beau duel avec René Arnoux fait taire ceux qui l'accusaient de manquer de panache. Il semble surtout faire un pas décisif vers la couronne. Sur le podium, autour d'un Prost radieux, Arnoux et Piquet font plutôt grise mine. Leurs espoirs de titre mondial s'amincissent. Mais ils sont loin de l'affliction de Patrick Tambay : « J'ai le sentiment d'avoir tout perdu ! » soupire le Cannois, victime de sa deuxième panne de moteur en huit jours. Il a aussi un petit compte à régler avec Jean-Pierre Jarier... Ce dernier s'est fait traiter d'attardé mental par James Hunt en direct à la télévision britannique...

 

Avec 51 points, Prost précède nettement Piquet (37 pts). Arnoux poursuit sa remontée, et avec 34 points devance dorénavant le malchanceux Tambay. Au championnat des constructeurs, Renault reprend pour trois points la première place à Ferrari.

 

Prost se plaignait que Renault ne le mette pas assez en avant. La Régie le prend à contre-pied en lançant une grande campagne publicitaire pour célébrer ce succès autrichien. Des dizaines de milliers d'affiches scandant « Allez Alain ! » sont placardées dans tous les garages Renault de France et de Navarre. La firme au Losange voit son poulain déjà paré des lauriers mondiaux. Un peu trop tôt...

Tony