Andrea De CESARIS
 A.De CESARIS
Alfa Romeo
René ARNOUX
 R.ARNOUX
Ferrari
Riccardo PATRESE
 R.PATRESE
Brabham BMW

383e Grand Prix

XLV Grosser Preis von Deutschland
Légérement nuageux
7 août 1983 - Hockenheim
45 tours x 6.797 km - 305.865 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur

Le Commendatore et ses « Francesi »

Dans les jours précédant le Grand Prix d'Allemagne, Enzo Ferrari convoque une « cellule de crise » à Maranello pour examiner les raisons de l'échec de son écurie à Silverstone. Y sont convoqués Piero Lardi Ferrari, Marco Piccinini, Mauro Forghieri et Patrick Tambay. L'avenir à terme de la Scuderia est aussi évoqué.

 

L'absence de René Arnoux n'est évidemment par fortuite. Le Commendatore aime s'entretenir séparément avec ses pilotes. Il met la pression sur le Grenoblois qui n'en laisse rien paraître. Arnoux est serein. Son coup de volant, sa franchise et sa spontanéité sont appréciés, mais il lui faut devancer Tambay au championnat s'il veut assurer son avenir au sein de la Scuderia. Ce ne sera pas facile car son rival est au sommet de sa forme en cette année 1983. Mais il n'est pas certain non plus de conserver la faveur de Maranello. Son commendataire Marlboro étudie d'autres pistes pour 1984. De plus, depuis l'incident de Détroit (au sujet de la fameuse finale de Roland-Garros), les relations entre Tambay et Piccinini sont tendues. De son côté, Ferrari admet discuter avec trois autres pilotes : Keke Rosberg, Michele Alboreto et Alain Prost. L'un d'eux pourrait remplacer l'un des Français.

 

Polémiques techniques: Ken Tyrrell mène la fronde

La cour d'appel de la FIA a rejeté la réclamation déposée par Brabham contre le système d'échappement des Renault turbo. Elle considère que les organes en mouvement du moteur et du turbo ne produisent pas par eux-mêmes un effet aérodynamique, même si la façon dont les gaz brûlés sont évacués peut engendrer un avantage aérodynamique. Le tribunal interdit donc de facto d'aller plus loin que Renault en ce domaine.

 

Comme à Silverstone, Ken Tyrrell porte plainte contre les dispositifs d'injection à eau utilisés par Renault et Ferrari, et cette fois-ci reçoit le soutien de Frank Williams pour porter l'affaire devant la FIA. Tyrrell a rédigé un mémoire visant à démontrer qu'ajouter de l'eau dans l'essence avant l'entrée dans les chambres à combustion rend le carburant non-conforme au règlement. Il avance quatre arguments : le degré d'octane dépasserait alors le minimum autorisé, le contenu en oxygène serait supérieur aux 2 % admis, le taux d'azote serait excessif, et le tout formerait un additif destiné à accroître la puissance des moteurs. Renault et Ferrari répliquent que l'injection d'eau ne correspond qu'à un refroidissement du flux d'air à l'admission. La réclamation rencontre peu d'écho dans le paddock, et même l'hostilité des autres membres de la FOCA. François Guiter, le directeur de la compétition d'Elf, menace Tyrrell de ne plus lui fournir de l'essence s'il persiste dans ses arguties.

 

Présentation de l'épreuve

Un an après son terrible accident, Didier Pironi brave la douleur et les mauvais souvenirs, et fait le déplacement jusqu'à Hockenheim en compagnie de son demi-frère José Dolhem. Il quitte ainsi sa petite chambre de l'hôpital de la porte de Choisy où il s'ennuie depuis des mois. Sa présence dans le paddock fait sensation. Si la démarche est hésitante, son visage poupin rayonne de bonheur. La Scuderia Ferrari l'accueille à bras ouverts. Il retrouve tous ses amis : René Arnoux, Patrick Tambay, Mauro Forghieri... Pironi regarde ses camarades évoluer avec un mélange de joie et d'amertume. Il ne rêve que de pouvoir remonter un jour dans une Formule 1. Enzo Ferrari lui assure qu'il aura toujours une voiture de libre pour lui. Mais Didier sait que le chemin vers la rémission est encore long. Il vient tout juste de subir sa dernière greffe osseuse. Son tibia droit se reconstruit petit à petit. Patience...

 

Les team managers préparent l'avenir et cherchent à dénicher de jeunes talents. Frank Williams offre ainsi un essai à Donington au jeune prodige brésilien Ayrton Senna da Silva dont la pointe de vitesse impressionne les spécialistes. De son côté, à Brands-Hatch, Bernie Ecclestone offre le baquet de la Brabham à l'Américain Davy Jones, ainsi qu'aux Italiens Pierluigi Martini et Ivan Capelli, ce dernier venant de remporter le championnat d'Italie de F3 avec une Ralt-Alfa Romeo. Tous convoitent la place du pauvre Riccardo Patrese qui a abandonné neuf fois en autant de courses cette année... Enfin, à 53 ans, Stirling Moss s'offre le luxe de piloter la BT52 afin de voir à quoi ressemble une Formule 1 moderne.

 

La partie supérieure arrière de la Ferrari 126 C3 est retouchée pour permettre un gain de poids. Mauro Forghieri a jugé qu'il avait eu tort d'alléger la charge aérodynamique à Silverstone, et les larges « tables de bistrot » font leur retour à l'arrière des Ferrari. Un boîtier électronique optimisant l'allumage a aussi été conçu par les ingénieurs italiens.

 

Euroracing apporte sur les Alfa Romeo des profils déporteurs inférieurs plus courts et des turbocompresseurs Avio plus grands. Les Brabham BT52 disposent à nouveau de freins en fibre de carbones. Les quatre cylindres BMW sont munis d'un nouvel échappement permettant d'accroître la puissance à bas régime. La suspension hydropneumatique des Ligier JS 21 a évolué et possède maintenant quatre sphères au lieu de deux. Pour des raisons de poids et d'aérodynamique, les Renault présentent à Hockenheim un carénage arrière raccourci. Le système des échappements surbaissés ayant été déclaré légal par la FIA, il fait son retour sur le mulet mais pas sur les voitures de courses. Enfin Ken Tyrrell annonce que la nouvelle 012 sortira de ses ateliers pour faire ses débuts à Zeltweg.

 

Après la débâcle de Silverstone, Goodyear apporte des pneus radiaux à Hockenheim. Ils sont essayés par René Arnoux et Keke Rosberg qui les écartent sans hésiter car ils leur coûtent deux secondes au tour... Michelin apporte des pneus arrière inédits mais disponibles en faible quantité. Seuls Renault, Brabham, Euroracing et McLaren en auront à satiété.

 

Les qualifications

La grille de départ est déterminée d'après les chronos du vendredi car le samedi est une journée pluvieuse.

 

Malgré des ailerons sans doute un peu trop grands, les Ferrari sont nettement au-dessus du lot et monopolisent la première ligne. Mais cette fois, c'est Tambay qui réalise la pole position devant Arnoux. De Cesaris démontre enfin les qualités du moteur turbo Alfa Romeo en se plaçant en troisième position, quatre rangs devant son collègue Baldi. Problèmes techniques pour les Brabham-BMW et résultats décevants : Piquet est quatrième et Patrese huitième. Les Renault de Prost et de Cheever occupent la troisième ligne mais concèdent environ deux secondes à Tambay. Les Toleman-Hart de Warwick et de Giacomelli se placent en embuscade en cinquième ligne. Lotus a subi une kyrielle de soucis mécaniques. De Angelis peut s'estimer heureux de sa onzième place tandis que Mansell n'a obtenu que la 18ème position avec la pataude 93T de rechange.

 

Douzième, Rosberg est le premier pilote équipé d'un moteur Cosworth mais concède... six secondes au poleman ! Laffite est lui quinzième. Johansson (13ème) a rencontré de nombreux problèmes de fiabilité avec sa Spirit-Honda. Chez Arrows l'impressionnant Boutsen (15ème) « colle » une seconde à Surer (20ème), il est vrai handicapé par un moteur poussif. Les Tyrrell (Alboreto 16ème, Sullivan 21ème) font de la figuration. Les McLaren (Lauda 18ème, Watson 23ème) sont toujours aussi instables. Jarier est 19ème avec sa Ligier, tandis que Boesel (25ème) est sorti avec quelques bobos d'une impressionnante sortie de route à la Sachskurve, mais il pourra courir. Cecotto (21ème) et Guerrero (23ème) qualifient les Theodore, tandis que Ghinzani obtient le dernier billet pour le spectacle du dimanche.

 

Fabi et Acheson sont éliminés, tout comme... Winkelhock, le héros local. Le pauvre Allemand a subi un défaut de lubrification du turbo sur sa voiture de course, puis une défaillance de la boite de vitesses sur son mulet. La pluie du samedi a sonné le glas de ses espérances. L'équipe ATS, déjà critiquée par la presse allemande, n'en sort pas grandie...

 

Le coup de sang de de Cesaris (bis)

On sait Andrea de Cesaris très émotif, pour ne pas dire impulsif. Le samedi matin, il se présente à l'entrée du circuit sans le ticket nécessaire pour garer sa Mercedes sur le parking réservé aux concurrents. Arrêté par des contrôleurs sourcilleux, de Cesaris se rend compte qu'il va manquer le début des essais libres. Il perd patience et force le passage, manquant de justesse d'écraser un préposé ! Il est aussitôt appréhendé par la police et Alfa Romeo doit régler 45 000 F de caution pour libérer son impétueux pilote ! Les contrôleurs se remettent à peine de leurs émotions lorsque se présente Keke Rosberg... lui aussi dépourvu de tout passeport officiel ! Un agent tente de faire son devoir... Keke respire un grand coup et lui assène un formidable coup de poing !

 

Les pilotes sont décidément étourdis et très nerveux puisque Manfred Winkelhock sera lui condamné à une amende de 8000 dollars pour « absence de laisser-passer et voie de fait sur agent de police... »

 

Le Grand Prix

Après la pluie du samedi, ce dimanche le ciel est un peu couvert et l'atmosphère lourde. Piquet choisit de partir avec son mulet tandis que Tambay et Prost changent leurs moteurs. A cause d'incessants soucis de turbo, Mansell doit courir avec la 93T. Échaudé par les soucis de fiabilité de Lotus, Elio de Angelis est aussi tendu que son compère de Cesaris. Lorsqu'il croise le journaliste britannique Denis Jenkinson, auteur de virulentes critiques à son encontre, il le bouscule sans ménagement !

 

Durant son tour de mise en grille, Prost constate que la température de son moteur est trop élevée et décide in extremis de s'installer dans son véhicule de réserve.

 

Départ : Bon envol de Tambay qui demeure devant Arnoux, de Cesaris, Piquet et les Renault. Les Toleman démarrent lentement, créant une certaine confusion. Rosberg doit ainsi passer par le gazon pour les éviter.

 

1er : Les Ferrari creusent aussitôt l'écart. Piquet double de Cesaris. Guerrero abandonne sa Theodore en panne de moteur. Tambay mène devant Arnoux, Piquet, de Cesaris, Prost, Cheever, Baldi, Patrese, Johansson et Rosberg.

 

2e : Arnoux attaque Tambay et le dépasse avant la troisième chicane. Prost menace de Cesaris et, après plusieurs attaques fermement repoussées, prend l'avantage. Cheever tente d'emprunter le sillage de son équipier mais de Cesaris le tasse dans l'herbe à la sortie de la première chicane. Furieux, l'Américain déborde l'Italien par l'extérieur dans la troisième ligne droite. Leurs roues se frôlent à 300 km/h. Cheever force le passage et l'emporte. Warwick et de Angelis passent devant Rosberg. Mansell renonce avec un moteur surchauffé.

 

3e : Arnoux est maintenant leader tandis que Tambay résiste à Piquet. Le Cannois est fâché de l'offensive de son équipier. Warwick prend la neuvième place à Johansson.

 

4e : Arnoux prend du champ tandis que Prost se rapproche de Tambay et de Piquet. Mansell fait son footing dominical et regagne les stands au petit trot.

 

5e : Arnoux précède Tambay (2s.), Piquet (3s.), Prost (4s.), Cheever (8s.), de Cesaris (9.5s.) et Patrese (10s.). Baldi emmène derrière lui Warwick et de Angelis. Alboreto renonce, pompe à essence cassée.

 

6e : Tambay a pris de l'avance sur Piquet et essaie de rattraper Arnoux. Patrese menace de Cesaris. Warwick double Baldi.

 

7e : De Cesaris résiste à Patrese avec une hargne toute... patresienne. Mais finalement le Padouan vient à bout du Romain dans une ligne droite. Les Williams et les McLaren sont en bagarre au cœur de peloton.

 

8e : Arnoux devance Tambay (2s.), Piquet (3.5s.), Prost (8s.) et Cheever (9.5s.). De Angelis s'arrête à son stand : une surpression de son turbo a fait sauter une bougie. Il repart quelques instants plus tard avec des bougies neuves.

 

10e : Tambay est au ralenti à cause d'une défaillance de son moteur. Il rentre aux stands et Mauro Forghieri ordonne d'installer un jeu de bougies neuves sur la Ferrari.

 

11e : Arnoux est un tranquille leader devant Piquet (6s.), Prost (10.8s.), Cheever (12.8s.), Patrese (17.2s.), de Cesaris (19.4s.), Warwick (29s.) et Baldi (31s.). Suivent Johansson, Lauda, Rosberg, Watson, Laffite et Jarier.

 

12e : Arnoux réalise le meilleur tour de la course : 1'53''938'''. Le moteur Honda de Johansson expire dans le Stadium. Tambay reprend la piste avec deux boucles de retard.

 

13e : Arnoux repasse devant Tambay dont le moteur ne fonctionne pas mieux. Piquet a huit secondes de retard sur le pilote grenoblois et maintient les Renault à bonne distance.

 

14e : Watson prend la dixième place à Rosberg. Tambay regagne pour de bon son garage.

 

15e : Prost est vigilent car il a perdu son premier rapport de boîte. Il doit maintenir le sélecteur de vitesses d'une main et conduire d'une autre. Rosberg et Laffite se battent pour la onzième place. Le Français a choisi des pneus durs que ceux de son équipier. De Angelis regagne les stands avec un moteur en feu.

 

16e : Arnoux précède Piquet (10s.), Prost (15s.), Cheever (17s.), Patrese (21.5s.), de Cesaris (23s.), Warwick (31s.) et Baldi (33s.). A plus d'une minute se trouvent Lauda, Watson, Rosberg et Laffite.

 

17e : Warwick manque un changement de vitesses et son moteur serre aussitôt. La course est finie pour le jeune Anglais.

 

19e : Douze secondes séparent Arnoux et Piquet. Laffite double Rosberg. Giacomelli renonce suite à une avarie de son turbo Hart.

 

20e : Prost arrive au stand Renault pour ravitailler et changer de pneus (13s.). Il redémarre en sixième position mais s'aperçoit que sa cinquième vitesse se passe avec peine...

 

21e : Patrese et de Cesaris sont roues dans roues. Ravitaillement de Rosberg qui cale au redémarrage et chute au quinzième rang. Ghinzani passe par les stands.

 

23e : Arnoux entre aux stands. Son ravitaillement ne dure qu'un peu plus de treize secondes. Le Français redémarre en seconde position. Piquet est désormais premier avec dix secondes d'avance sur Cheever. De Cesaris parvient à repasser devant Patrese. Baldi observe son ravitaillement.

 

24e : Ravitaillement de Cheever (14s.). L'Italo-Américain repart devant Prost. Baldi renonce après la défaillance d'un joint de culasse. Arrêt de Jarier.

 

25e : Piquet est premier devant Arnoux (11s.), de Cesaris (20s.), Patrese (20.5s.), Cheever (34s.) et Prost (37s.). Watson et Laffite observent leurs arrêts aux stands, sans perdre de position.

 

26e : De Cesaris ravitaille et chausse des Michelin neufs (13.6s.). Il redémarre derrière les Renault mais très loin devant Lauda qui ne s'est pas encore arrêté.

 

28e : Piquet mène devant Arnoux (12.1s.), Patrese (25.5s.), Cheever (35.3s.), Prost (40s.) et de Cesaris (52.3s.).

 

29e : Patrese observe un ravitaillement extrêmement rapide (9.7s.). Cela lui permet de reprendre la piste sous le nez de de Cesaris. Lauda arrive aux stands mais s'arrête quelques centimètres après son emplacement. Ses mécaniciens le tirent aussitôt en arrière puis lui remettent de l'essence et des pneus neufs. L'Autrichien redémarre sans avoir perdu sa septième place.

 

30e : Onze secondes séparent Piquet et Arnoux. Le Carioca ne parvient pas à creuser un écart plus substantiel avec ses pneus usés. Boesel abandonne après une rupture de soupape.

 

31e : Piquet est le dernier leader à passer par les stands. Ses mécaniciens font de leur mieux (11.2s. d'immobilisation) mais il reprend la piste quatorze secondes derrière Arnoux. De Cesaris reprend la cinquième place à Patrese.

 

32e : Arnoux devance Piquet (15s.) et Cheever (23s.). Prost ne parvient plus à passer sa cinquième vitesse et doit s'incliner devant de Cesaris. Lauda et Watson concèdent un tour au leader.

 

33e : Prost laisse passer Patrese. Il a cependant assez d'avance pour rester devant Lauda et inscrire au moins un point.

 

34e : Piquet passe à l'attaque et réduit son retard sur Arnoux à dix secondes.

 

35e : Arnoux mène devant Piquet (9s.), Cheever (18.7s.), de Cesaris (40.2s.), Patrese (45.2s.), Prost (49s.), Lauda (-1t.), Watson (-1t.), Laffite (-1t.), Rosberg (-1t.), Surer (-1t.) et Jarier (-1t.).

 

37e : Huit secondes et demie entre Arnoux et Piquet.

 

38e : Arnoux semble avoir un souci puisque son avance sur Piquet tombe à six secondes. Ghinzani abandonne son Osella, moteur en panne.

 

39e : Cheever est hors course : une biellette de commande de la pompe à essence de sa Renault s'est rompue. De Cesaris récupère la troisième place et Lauda grimpe dans les points.

 

40e : Arnoux appuie sur le champignon et augmente à sept secondes son avance sur Piquet. Suivent de Cesaris (48.4s.), Patrese (1m 18s.), Prost (1m. 30s.), Lauda (-1t.), Watson (-1t.) et Laffite (-1t.).

 

42e : La Brabham de Piquet laisse échapper de l'essence. Le filtre à carburant s'est rompu, et le turbo BMW s'enflamme à la sortie de la première chicane. Piquet s'arrête en catastrophe dans l'herbe et s'éloigne promptement, la combinaison parsemée de flammèches ! Les commissaires de course parviennent à maîtriser l'incendie.

 

43e : Arnoux a près d'une minute d'avance sur de Cesaris. Un nuage de fumée barre la piste entre la première et la seconde chicane. Piquet regagne les stands à pied, très déçu car il vient de perdre de gros points dans la course au titre.

 

44e : La fin de course est difficile pour les leaders : de Cesaris est lent à cause d'un joint de culasse cassé tandis que Prost tente de préserver le sac de pignons qu'est devenue sa boîte de vitesses.

 

45e : René Arnoux remporte le Grand Prix d'Allemagne sans jamais avoir été réellement inquiété. De Cesaris termine en roue libre, mais se classe second après une très belle course. Patrese finit troisième et inscrit enfin ses premiers points de la saison. Malgré une boîte de vitesses en miettes, Prost obtient une quatrième place totalement inespérée. Lauda et Watson ont concédé un tour à Arnoux mais marquent des points. Laffite, Surer, Jarier, Boutsen, Rosberg, Cecotto et Sullivan sont aussi à l'arrivée.

 

Après l'humiliation de Silverstone, cette victoire est une revanche pour Goodyear dont les pneus furent globalement meilleurs que les Michelin ce dimanche.

 

Après la course

René Arnoux répond aux questions de Klaus Ludwig, journaliste d'un jour pour la télévision allemande, puis rejoint Andrea de Cesaris et Riccardo Patrese sur le podium. Il reçoit les lauriers des mains du prince de Metternich, puis savoure l'appel téléphonique d'Enzo Ferrari. Voici sa position au sein du groupe grandement consolidée. En revanche Patrick Tambay vitupère : « René ne devait pas m'attaquer. On nous avait ordonné de conserver les positions du premier virage. J'avais bien réussi mon départ, j'étais en tête, je ne me suis pas méfié... » Les deux Français étaient-ils tenus par des consignes ? Marco Piccinini ne confirme pas...

 

Andrea de Cesaris vient de réaliser son meilleur résultat en Formule 1 et est heureux comme un enfant : « Pour une fois que je n'ai pas d'ennuis, je prouve ce que je vaux... » Sa cote remonte en flèche et le jeune Romain intéresserait même Enzo Ferrari !

 

Pendant ce temps-là, Frank Williams rencontre les commissaires sportifs et leur fait observer qu'au cours de son ravitaillement, Niki Lauda a dépassé la ligne blanche et a été poussé en marche arrière par son équipe. D'un air faussement innocent, il précise qu'il ne porte pas réclamation... Mais les officiels allemands ont compris. Après vérification, ils disqualifient Lauda. Ainsi, si Watson gagne une place, Laffite récupère le dernier point... Williams obtient ainsi une revanche assez mesquine sur le déclassement de Rosberg à Rio...

 

Malgré une course difficile, Prost fait une excellente opération puisqu'avec 42 points il accroît encore son avance au championnat sur Piquet (33 pts) et Tambay (31 pts) qui ont abandonné. Arnoux (28 pts) revient cependant dans la course. En outre, Ferrari prend la première place du classement des constructeurs avec 59 points contre 56 à Renault. Brabham-BMW (37 pts) s'empare du troisième rang aux dépens de Williams (36 pts).

Tony