Alain PROST
 A.PROST
Renault
Keke ROSBERG
 K.ROSBERG
Williams Ford Cosworth
Niki LAUDA
 N.LAUDA
McLaren Ford Cosworth

371e Grand Prix

XVI Grosser Preis der Schweiz
Ensoleillé
29 août 1982 - Dijon-Prenois
80 tours x 3.800 km - 304.000 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Coup double pour Keke Rosberg qui remporte sa première victoire et prend la tête du championnat.

Le lutin finnois et les autres

Grâce à sa deuxième place au Grand Prix d'Autriche, Keke Rosberg s'est emparé de la seconde position du championnat du monde, à six points de Didier Pironi qui ne reviendra pas. Ce petit Finlandais inconnu qui, il y a un an, tentait le plus souvent en vain de se qualifier, est donc en mesure de devenir champion du monde, et ce alors qu'il n'a toujours pas remporté la moindre course. Certains puristes s'étranglent à cette hypothèse. Mais la réalité est là : le manque de fiabilité des Renault et des Brabham-BMW ouvre un boulevard devant Rosberg et sa petite mais costaude Williams FW08. Restent les McLaren, elles aussi relativement fiables. Mais John Watson n'a plus inscrit le moindre point depuis cinq courses, et Niki Lauda concède tout de même sept points à Rosberg. Les conditions sont réunies pour que l'inattendu Scandinave coiffe tout le monde au poteau.

 

Monsieur Ligier et son grand ami

Guy Ligier est parti en vacances après avoir marié sa fille. Cela serait sans intérêt si l'on n'ajoutait aussitôt que le président de la république française François Mitterrand a fait l'honneur d'assister aux noces de Mlle Ligier. Voilà qui est intéressant. L'entrepreneur vichyssois est en effet dans la panade. La rupture avec Talbot est désormais un secret de polichinelle. Trois options s'offrent à lui pour 1983. Tout d'abord, trouver l'argent nécessaire pour financer la construction du V6 turbo Matra. Projet utopique car Jean-Luc Lagardère a décidé de tourner définitivement la page de la Formule 1. Deuxième hypothèse, peu enthousiasmante : revenir au V8 Ford-Cosworth. Ce serait une simple garantie de survie.

 

En vérité, Guy Ligier espère obtenir le moteur turbo Renault. La Régie étant sous le contrôle de l'État, ses amitiés socialistes peuvent lui être très utiles. Néanmoins Gérard Larrousse est catégorique : après l'accord avec Lotus, il est hors de question que Renault fournisse une autre équipe en 1983. Mais pour 1984, qui sait ? Et puis, la Seita continuera d'offrir un budget conséquent aux Bleus. François Mitterrand est plein de sollicitude pour son ami Guy...

 

Point sur les transferts

Le marché des transferts est très agité et le paddock bruisse de rumeurs les plus diverses. Chez Renault, Alain Prost a signé un contrat de pilote n°1 pour 1983. René Arnoux va partir chez Ferrari, mais qui sera son remplaçant ? La liste des prétendants est longue. Pendant ce temps, les négociations entre Frank Williams et BMW piétinent. Les turbos allemands sont en effet très onéreux, et Williams n'a pas apprécié que son interlocuteur veuille lui imposer Manfred Winkelhock comme pilote. Pour l'instant seul Keke Rosberg a renouvelé son contrat avec la firme de Didcot. Derek Daly ne démérite pas et commet peu d'erreurs, mais est nettement un cran au-dessous du Finlandais. Frank Williams désire le remplacer. Il a contacté pour cela Jacques Laffite, son ancien poulain, et aussi John Watson. Mais il se dit que le Nord-Irlandais pourrait prendre sa retraite pour épouser sa compagne Barbro Peterson, la veuve de Ronnie.

 

L'ambiance n'est pas bonne chez Alfa Romeo. Bruno Giacomelli en veut beaucoup à Andrea de Cesaris de l'avoir percuté au départ du GP d'Autriche. C'est regrettable, car les deux Italiens s'entendaient très bien jusqu'ici. Mais Giacomelli considère désormais d'autres offres de contrat que celle d'Autodelta.

 

Présentation de l'épreuve

Depuis 1955 et la catastrophe du Mans, les courses automobiles sont interdites sur le territoire de la Confédération helvétique. Mais cela n'empêche pas un Grand Prix de Suisse de se dérouler... à l'étranger. C'est ainsi qu'après vingt-huit ans d'absence cette épreuve fait son retour au calendrier mondial et se tient à Dijon-Prenois.

 

Les pourparlers se poursuivent autour de la future réglementation. Pour l'instant, aucune décision n'a été prise pour la saison 1983, même concernant l'effet de sol, ce qui est très inquiétant. La FOCA et les grands constructeurs échangent leurs propositions autour du règlement de 1985. La principale pomme de discorde concerne le contrôle de la puissance. Les Britanniques souhaitent la mise en place d'un débitmètre et les motoristes l'imposition d'une capacité maximale du réservoir avec interdiction de ravitailler. Sous l'impulsion de Niki Lauda, le PRDA intervient dans le débat pour soutenir les thèses de la FOCA, initiative critiquée par beaucoup de pilotes.

 

Ferrari n'a toujours pas de remplaçant pour Didier Pironi, mais il se murmure que Mario Andretti pourrait faire son grand retour à Monza au sein de la Scuderia, son équipe de cœur. Les tifosi en frétillent d'avance. Pendant ce temps-là Patrick Tambay est frappé par une hernie discale dans les vertèbres cervicales, avec des prolongements dans les ramifications nerveuses du bras droit. Cette névralgie couvait depuis plusieurs semaines, et si heureusement elle n'a pas de caractère chronique, le pilote français devrait se reposer pour éviter toute complication. Il est pourtant présent à Dijon mais souffre énormément du cou.

 

Jackie Oliver et Dave Wass lèvent le voile sur la nouvelle Arrows A5... qui est une copie conforme de la Williams FW08 : coque en nids d'abeille et aluminium, dimensions réduites, faible poids... Seul Marc Surer conduira cette voiture jusqu'à Las Vegas. Mauro Baldi finira d'user l'A4.

 

Chez Ferrari, Patrick Tambay hérite d'une coque 062 entièrement neuve. Le train avant est désormais complètement fermé et plus rigide. L'ensemble a été conçu pour offrir une meilleure protection aux jambes du pilote en cas de choc frontal. Nelson Piquet dispose d'un nouveau châssis BT50 avec quelques modifications aérodynamiques. Chez Ligier Jacques Laffite bénéficie de nouveaux pontons. Les March 821 reviennent au type de carrosserie inférieure utilisée en début d'année. Enfin, Toleman a fait rouler sa nouvelle TG183 mais celle-ci n'apparaîtra pas avant Monza.

ATS a recruté l'ingénieur Gustav Brunner qui est chargé de travailler sur la voiture de 1983. Pour l'année suivante, Günther Schmidt espère installer un turbo BMW dans ses voitures jaunes.

 

Les qualifications

L'essentiel des meilleurs chronos sont réalisés le vendredi après-midi car il fait très chaud le lendemain et la piste est moins adhérente.

 

Les Renault sortent d'une campagne d'essais sur ce même circuit de Dijon et dominent facilement. De plus elles bénéficient de pneus Michelin très adhérents. Le vendredi, Prost et Arnoux se livrent une terrible bataille pour la pole position, remportée par le premier. Chez Brabham, Patrese (troisième) est plus rapide que Piquet (sixième), peu satisfait de sa BT50 améliorée. Lauda juge sa McLaren « absolument parfaite » et obtient une quatrième place tout à fait remarquable sur cette piste propice aux turbos. Le désarroi de son collègue Watson, seulement onzième, n'en est que plus grand. Le V12 Alfa est ici un atout, ce qui permet à de Cesaris (5ème) et à Giacomelli (9ème) de bien figurer. Pour la première fois, Daly parvient à se qualifier devant Rosberg. Les deux Williams se partagent la quatrième ligne. En dépit de vives douleurs, Tambay arrache la dixième place sur la grille.

Les pilotes Tyrrell (Alboreto 12ème, Henton 18ème) sont égaux à eux-mêmes. Contre-performance pour de Angelis, vainqueur en Autriche, seulement quinzième en qualifications. Mansell a connu des essais mouvementés : problème moteur, tenue de route désastreuse et collision avec Henton. Le jeune Anglais se qualifie in extremis au 26ème rang.

 

Les Ligier manquent toujours de puissance. Content de ses nouveaux pontons, Laffite est treizième. Cheever se classe seizième. Surer est satisfait de son Arrows A5 et obtient le 14ème chrono, sa meilleure performance de la saison. Jarier efface l'affront essuyé en Autriche par une 17ème place. Guerrero, Winkelhock, Salazar, Keegan et Boesel sont qualifiés, de même que les Toleman pourtant handicapées par une très mauvaise tenue de route (Warwick 21ème et Fabi 23ème). Serra, Byrne et Baldi sont éliminés.

 

Le Grand Prix

Tambay n'a roulé que le vendredi et s'est reposé le lendemain. Ses douleurs au cou sont intolérables et le forfait s'impose. Il n'y aura donc aucune Ferrari au départ.

 

Prost utilise un nouveau type de gommes tendres livré par Michelin. Arnoux choisit un jeu plus dur. Les voitures du clan Goodyear chaussent pour la plupart des pneus durs du type « C » et « D ». Alboreto et Rosberg se singularisent en montant un pneu tendre « B » à l'arrière-gauche de leurs bolides. Chez Brabham, Piquet prévoit un ravitaillement « en vol » tandis que Patrese s'élance avec le plein d'essence. Guerrero démarre depuis les stands car son moteur a dû être remplacé en catastrophe.

 

Départ : Arnoux prend un meilleur envol que Prost et le double à Villeroy. Suivent Patrese et Lauda, tandis que Rosberg déborde de Cesaris, Daly et Piquet en une manœuvre hardie par l'extérieur.

 

1er tour : Piquet reprend l'avantage sur Rosberg en toute fin de tour. Arnoux mène devant Prost, Patrese, Lauda, Piquet, Rosberg, de Cesaris, Daly, Laffite et Giacomelli.

 

2e : Prost prend l'aspiration derrière Arnoux et le dépasse par l'extérieur à Villeroy. Piquet se débarrasse de Lauda au même endroit. Rosberg se place dans le sillage de la Brabham pour doubler l'Autrichien. Mais en fin de tour Lauda reprendra sa position. Prost réalise le meilleur chrono de la course : 1'07''477'''.

 

3e : Prost a pris deux secondes d'avance sur Arnoux. Piquet bute derrière Patrese qui pourtant n'a pas la même stratégie que lui et devrait le laisser passer.

 

4e : Piquet prend l'avantage sur Patrese à Villeroy. De Cesaris effectue un gros travers à la Bretelle, ce qui permet à Daly, Laffite et Giacomelli de le menacer. Mal parti, Watson est remonté en onzième positon après avoir doublé Alboreto et Surer.

 

5e : Prost précède Arnoux (3.5s.), Piquet (6s.) et Patrese (9s.). Rosberg prend la cinquième place à Lauda. Watson double Giacomelli. Le nouveau moteur de Guerrero a déjà cédé et répand son huile sur la piste. Tandis que le Colombien abandonne, tous les pilotes ralentissent pour éviter de partir en glissade.

 

6e : Piquet revient derrière Arnoux mais n'est pas à l'aise avec ses pneus. Il glisse sur de l'huile et effectue une petite excursion hors-piste qui lui fait perdre deux secondes. Rosberg prend la quatrième place à Patrese. Daly double de Cesaris.

 

7e : Watson dépasse Laffite devant les stands et menace maintenant de Cesaris.

 

8e : Prost a six secondes de marge sur Arnoux qui est attaqué par Piquet et par Rosberg. Patrese est sous la menace de Lauda. Watson poursuit sa remontée et s'impose face à de Cesaris.

 

9e : Piquet est collé derrière Arnoux tandis que Watson double Daly.

 

10e : Lauda s'empare du cinquième rang aux dépens de Patrese.

 

11e : Piquet se place juste derrière Arnoux avant Villeroy et le dépasse par l'extérieur. Arnoux ne résiste pas puisqu'il sait que le Brésilien devra ravitailler.

 

12e : Prost précède Piquet (6.7s.), Arnoux (8.8s.), Rosberg (10.5s.) et Lauda (15.5s.). Patrese est maintenant sous la menace de Watson. Daly emmène derrière lui de Cesaris, Laffite, Giacomelli et Alboreto. Ce groupe est suivi d'assez près par Warwick, de Angelis et Fabi.

 

14e : L'écart est stable entre Prost et Piquet, tandis que Rosberg suit Arnoux sans peine.

 

15e : Prost mène devant Piquet (7.3s.), Arnoux (9.6s.), Rosberg (11.7s.), Lauda (17s.), Patrese (25.7s.) et Watson (26.6s.). Viennent ensuite Daly, de Cesaris, Laffite, Alboreto, Warwick, Giacomelli, Fabi et de Angelis.

 

17e : Watson double Patrese « à la hussarde », en escaladant une bordure. Grosse erreur car il arrache ainsi la jupe droite de sa McLaren. Giacomelli s'arrête chez Alfa Romeo pour changer de pneus et chute au vingt-quatrième et dernier rang.

 

18e : Prost devance Piquet (7.1s.), Arnoux (9.6s.), Rosberg (12.5s.), Lauda (16.8s.), Watson (28.9s.) et Patrese (30s.). Daly emmène le peloton à quarante secondes.

 

20e : Prost arrive sur Boesel et Winkelhock, les premiers attardés. Watson s'arrête à son stand pour faire réparer son panneau latéral arraché. Il perd deux minutes et deux tours dans cette mésaventure.

 

21e : Après un bon début de course, Warwick doit changer ses Pirelli déjà usés.

 

22e : Prost est légèrement gêné par Jarier dans la courbe de Villeroy. Piquet revient à cinq secondes du pilote Renault.

 

24e : Prost, Piquet et Arnoux sont enfermés dans le peloton. Cheever et Mansell se livrent une rude combat pour la treizième place. Le pilote anglais a effectué une belle remontée jusqu'ici.

 

25e : Rosberg lève le pied pour ménager ses pneus et laisse Arnoux s'échapper. Cela permet à Lauda se rapprocher.

 

26e : Piquet rend six secondes à Prost. Alboreto prend la neuvième place à Laffite. Le turbo Hart de Warwick se coupe net suite à un court-circuit. L'Anglais abandonne sa voiture.

 

27e : Keegan effectue un tête-à-queue à Gorgeolles puis son moteur cale. La March est rangée dans une échappatoire par les commissaires.

 

30e : Prost mène devant Piquet (4.2s.), Arnoux (7.6s.), Rosberg (13.2s.), Lauda (15.5s.) et Patrese (48.4s.). Suivent Daly, de Cesaris, Alboreto, Laffite, de Angelis et Fabi.

 

32e : Prost double Mansell et Cheever devant les stands. Puis il dépasse Fabi qui roule au petit trot. L'Italien va renoncer car son moteur a surchauffé.

 

33e : Piquet se débarrasse du duo Cheever – Mansell et revient à trois secondes et demie de Prost. Néanmoins Arnoux demeure sur ses talons. Boesel abandonne à cause d'une fuite au joint spi de sa boîte de vitesses.

 

34e : De Cesaris repasse devant Daly. Cheever a fusillé ses pneus en résistant à Mansell et s'arrête chez Talbot pour en changer. Il retrouve Laffite qui lui met pied à terre car ses jupes sont abîmées.

 

35e : Prost précède Piquet (4.5s.) et Arnoux (6s.). Piquet doit ravitailler dans cinq tours et comprend que sa stratégie va échouer. Il a choisi des pneus plus durs que les Michelin montés par les Renault et ne peut donc ni rattraper Prost, ni semer Arnoux.

 

37e : Jarier est chez Osella pour chausser des pneus frais et réparer sa jupe droite.

 

38e : Arnoux est de plus en plus pressant derrière Piquet qui va bientôt s'arrêter.

 

40e : Mi-course : Piquet entre aux stands pour ravitailler en essence et chausser des pneus neufs. Curieusement ses mécaniciens lui remettent des pneus durs. L'opération dure quatorze secondes. Piquet reprend la piste en cinquième position, derrière l'attardé Watson qu'il laisse prudemment passer. Cheever s'arrête une seconde fois chez Talbot pour tenter de réparer sa jupe gauche.

 

41e : Prost arrive derrière le groupe Patrese – Alboreto – de Cesaris – Daly.

 

42e : Prost précède Arnoux (5.4s.), Rosberg (10.5s.), Lauda (12.1s.), Piquet (40.8s.), Patrese (1m. 06s.), Alboreto (1m. 07s.), de Cesaris (1m. 09s.), Daly (-1t.), de Angelis (-1t.), Mansell (-1t.) et Henton (-1t.).

 

43e : Prost prend un tour à de Cesaris. Il arrive sur Patrese et Alboreto qui luttent pour la sixième place.

 

44e : Prost se débarrasse d'Alboreto et de Patrese. Arnoux est maintenant aux prises avec ce groupe d'attardés.

 

45e : Jarier abandonne car son moteur a serré.

 

46e : Prost est inquiet car sa Renault sous-vire de plus en plus. Sa jupe gauche est en effet abîmée. Arnoux perd du temps dans le trafic. Rosberg et Lauda restent au contact du Grenoblois. Piquet n'est pas assez rapide pour remonter sur Lauda.

 

47e : Rosberg est ralenti par de Cesaris qui le bouchonne honteusement.

 

48e : Rosberg se débarrasse de de Cesaris en le bousculant au bout de la ligne droite. Mais Lauda en profite aussi et revient juste derrière le Finlandais. Alboreto bute toujours derrière Patrese. De Angelis rattrape Daly dont la tenue de route est défectueuse.

 

49e : Alboreto effectue un travers. Il évite le tête-à-queue mais laisse passer de Cesaris, Daly et de Angelis dans cet incident.

 

50e : Prost devance Arnoux (11s.), Rosberg (16.8s.), Lauda (17s.), Piquet (47.9s.), Patrese (-1t.), de Cesaris (-1t.), Daly (-1t.), de Angelis (-1t.), Alboreto (-1t.) et Mansell (-1t.).

 

51e : Rosberg profite du trafic pour se défaire de Lauda, gêné par de Cesaris.

 

52e : De Angelis double Daly. Surer s'arrête chez Arrows pour changer ses pneus et sa jupe droite.

 

54e : Arnoux se rapproche de Prost dont la tenue de route continue de se dégrader. Lauda a doublé de Cesaris mais il bute sur l'autre bouchon italien, Patrese, dont il se débarrasse difficilement.

 

56e : Prost est premier devant Arnoux (7.7s.), Rosberg (18.9s.), Lauda (24.8s.) et Piquet (54.6s.).

 

57e : Alboreto dépasse Daly. Winkelhock s'aperçoit que son attache-moteur s'est brisée et doit renoncer.

 

58e : Lauda lève le pied car sa McLaren vibre à l'avant. De Angelis prend la septième place à de Cesaris.

 

60e : Huit secondes séparent Prost et Arnoux. Rosberg est désormais le plus véloce et revient à quinze secondes du leader.

 

62e : Prost devance Arnoux (7s.), Rosberg (14s.) et Lauda (31s.).

 

63e : Alboreto dépasse de Cesaris. Troisième arrêt de Cheever qui à nouveau demande à ses mécaniciens de rafistoler ses jupes.

 

65e : Arnoux est revenu à six secondes de Prost qui a désormais Piquet en point de mire.

 

66e : De Cesaris souffre avec des pneus Michelin usés et doit céder le passage à Daly et à Mansell.

 

67e : Prost prend un tour à Piquet. Arnoux n'est plus qu'à quatre secondes de son équipier. Alboreto dépasse de Angelis.

 

68e : Les Italiens se battent comme des chiffonniers en cette fin de course. De Angelis reprend la septième place à Alboreto.

 

69e : Arnoux a doublé Piquet sans mal et revient à trois secondes de Prost. Mais le danger vient aussi de Rosberg qui n'est plus qu'à dix secondes de la tête de course.

 

70e : Prost précède Arnoux (2.8s.), Rosberg (9.5s.), Lauda (41s.), Piquet (-1t.), Patrese (-1t.), de Angelis (-1t.), Alboreto (-1t.), Daly (-1t.), Mansell (-1t.) et de Cesaris (-1t.).

 

72e : La Renault de Prost est de plus en plus rétive. Arnoux fond sur son équipier mais doit surveiller Rosberg. Celui-ci n'a plus que six secondes de retard sur Prost.

 

73e : Arnoux ralentit peu avant Pouas car son moteur désamorce. Rosberg le double et se lance à la poursuite de Prost.

 

74e : Rosberg se retrouve derrière de Cesaris et cette fois-ci le tasse sans ménagement dans la ligne droite. Il rattrape Prost rapidement. Arnoux est toujours en piste avec un moteur pétaradant. Il entre aux stands en fin de tour. Ses mécaniciens pensent qu'il subit une panne sèche et lui injectent dix litres d'essence pour terminer la course.

 

75e : Rosberg concède encore quatre secondes à Prost. Arnoux reprend la piste en cinquième position.... quelques centaines de mètres devant Prost.

 

76e : Deux secondes et demie entre Prost et Rosberg. Le Français tente de résister au volant d'une voiture très instable. Arnoux s'arrête au niveau des S de la Sablière. De nouveau, le boîtier électronique d'injection a cédé sur une Renault.

 

77e : Prost n'a plus qu'une seconde d'avance sur Rosberg. Cheever regagne son garage pour renoncer. Beaucoup plus loin, Patrese tente de préserver sa cinquième place face à une meute constituée par de Angelis, Alboreto, Mansell et Daly.

 

78e : Rosberg est dans les échappements de Prost. Il reste deux tours. Le directeur de course s'empare du drapeau à damiers. Croyant que celui-ci veut conclure l'épreuve deux tours trop tôt au profit de Prost, un représentant de Williams l'apostrophe violemment. S'en suit une dispute entre Britanniques et officiels... qui du coup ne suivent plus ce qui se passe en piste !

 

79e : Prost espère résister à son adversaire grâce à la puissance de son turbo. Mais à l'entrée de la Bretelle, il glisse et manque la corde. Rosberg se glisse à l'intérieur et passe sans coup férir. La course est jouée.

 

80ème et dernier tour : A cause de l'incident qui l'a opposé à l'équipe Williams, le directeur de course oublie d'abaisser le drapeau à damiers devant Rosberg. Celui-ci effectue donc une boucle supplémentaire... ainsi que tous les pilotes qui ne comprennent rien à la situation.

 

Keke Rosberg remporte sa première victoire en Formule 1, sous les huées d'un public français toujours aussi chauvin. Prost a mené 78 des 80 tours... mais échoue à la deuxième place. Lauda monte sur la troisième marche du podium. Piquet et Patrese finissent respectivement quatrième et cinquième avec un tour de retard. De Angelis prend un point. Viennent ensuite Alboreto, Mansell, Daly, de Cesaris, Henton, Giacomelli, Watson, Salazar et Surer.

 

Après la course

Rosberg devient le premier Finlandais à remporter un Grand Prix de F1. Cette victoire est aussi la première de l'année pour l'équipe Williams. Nouveau leader du classement mondial, Rosberg déambule dans le paddock en combinaison bleue, sourire aux lèvres. Cette brillante victoire suscite un certain enthousiasme chez les connaisseurs. Rosberg a su à la fois préserver ses pneus et attaquer au bon moment, sans faiblesse. « Je serais allé chercher Prost n'importe où ! » dit-il avec malice.

 

Chez Renault, c'est encore une fois la soupe à la grimace. Alain Prost a perdu une victoire qui lui tendait les bras. Le titre mondial s'éloigne un peu plus. « La voiture allait super-bien, les pneus aussi, explique le pilote français. [...] Tout était parfait. Je faisais ma course en solitaire. Puis, d'un coup, vers la mi-course, la voiture s'est mise à sous-virer. La jupe gauche complètement cassée sur la partie arrière. A force de sous-virer, mon pneu avant-droit s'est vite détruit. C'est devenu inconduisible, je ne pouvais même plus freiner correctement. » Mais comment cette jupe s'est-elle cassée ? Alain a-t-il escaladé une bordure ? Il affirme que non...

 

Ainsi Rosberg s'empare de la première place du championnat du monde avec 42 points contre 39 à Pironi. Rien n'est perdu pour Prost qui, avec 31 points, peut encore triompher s'il gagne les deux dernières courses. Les deux pilotes McLaren Watson et Lauda sont désormais ex æquo, avec 30 points chacun. Le titre se disputera entre ces quatre pilotes. Le championnat des constructeurs est aussi très ouvert. Ferrari (64 pts) conserve la première place devant McLaren (60 pts), Williams (55 pts) et Renault (50 pts).

Tony