Nelson PIQUET
 N.PIQUET
Brabham BMW
Didier PIRONI
 D.PIRONI
Ferrari
Keke ROSBERG
 K.ROSBERG
Williams Ford Cosworth

366e Grand Prix

XXIX Grote Prijs van Nederland
Couvert
3 juillet 1982 - Zandvoort
72 tours x 4.252 km - 306.144 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
L'accident de René Arnoux.

Les bonnes idées de Monsieur Ecclestone

L'annulation du Grand Prix d'Argentine permet la réintégration au calendrier d'une des deux épreuves européennes annulées pour cause de litiges financiers, le Grand Prix d'Espagne ou celui de Hollande. Cela n'est toutefois pas une nécessité. Mais depuis le boycott de la course d'Imola, les équipes de la FOCA subissent une forte pression de la part de leurs commanditaires qui n'ont pas du tout apprécié cette mascarade. Bernie Ecclestone présente cette épreuve supplémentaire comme une compensation, un dédommagement envers les sponsors. Le conflit avec les Espagnols n'était pas résolu, seul un Grand Prix des Pays-Bas est envisageable. Problème : les Néerlandais doivent à la FOCA un reliquat de 400 000 dollars sur la course de 1981. Qu'à cela ne tienne, Ecclestone décide d'organiser lui-même le Grand Prix. Les sponsors auront droit à un affichage maximum. Mais en contrepartie les concurrents ne recueilleront qu'une toute petite participation financière... Au final, beaucoup pensent que la FOCA va perdre de l'argent dans ce Grand Prix improvisé.

 

Ecclestone voit néanmoins avec délectation les recettes des droits télévisés exploser. De plus en plus de chaînes à travers le monde retransmettent en direct les Grand Prix de Formule 1, pour la plus grande prospérité de celui qui depuis les Accords Concorde est le promoteur officiel du championnat du monde. Ecclestone fourmille d'idées. Sa dernière est d'organiser un Grand Prix à Moscou, en Union soviétique ! Il se rend d'ailleurs sur place pour négocier mais va se heurter assez rapidement aux contraintes géopolitiques. Mais le Grand Prix russe sera longtemps l'un de ses grands rêves... Il le concrétisera trente-deux ans plus tard.

 

Négociations autour du futur règlement: toujours l'impasse

Les négociations se poursuivent entre les constructeurs en vue de l'élaboration du futur règlement technique. Ces palabres ne débouchent sur rien pour le moment. Soutenu par les grandes marques, Jean-Marie Balestre souhaite toujours bannir les jupes, ce que rejettent les équipes de la FOCA qui réclament en revanche la diminution de la surface au sol. Leurs adversaires du « clan turbo » ne sont pas d'accord car pour être efficace cette solution suggère que la largeur des F1 soit diminuée à un niveau où l'on ne pourrait plus loger les échangeurs de température d'admission.

 

De plus Balestre a proposé d'interdire les pneus slicks et d'imposer les pneus sculptés pour toutes les courses sur circuit à compter de 1983. Cela entraîne d'autres pourparlers, cette fois-ci avec les manufacturiers.

 

Arrivée de Tambay chez Ferrari

Patrick Tambay fait ses débuts chez Ferrari en remplacement de Gilles Villeneuve. Heureux hasard, le natif de Cannes était un grand ami du défunt champion et tient à faire honneur à sa mémoire. A 33 ans, Tambay n'a jusqu'ici jamais véritablement brillé en Formule 1, et a même quitté piteusement les deux grandes équipes qu'il a fréquentées, McLaren et Ligier. Mais son talent est bien réel comme le prouvent ses multiples succès en CanAm. De plus Tambay est un pilote très sérieux, très professionnel, et un habile metteur au point. Seul bémol : il souffre depuis quelques semaines de douleurs à la nuque qui pour le moment ne l'empêchent pas de conduire, mais qui à terme pourraient l'handicaper.

 

A noter que c'est la première fois que deux Français cohabitent au sein de la Scuderia Ferrari. Par bonheur, Pironi et Tambay sont d'excellents camarades.

 

Présentation de l'épreuve

Les 24 heures du Mans se sont disputées une semaine plus tôt. Si la tentative de Mario Andretti de participer à l'épreuve en compagnie de son fils Michael a avorté, Jacky Ickx a triomphé pour la sixième fois dans la Sarthe sur une Porsche 956 partagée avec Derek Bell. Le champion belge prouve ainsi que s'il a quitté la Formule 1, il n'a rien perdu de son immense talent.

 

A Montréal Nigel Mansell s'est cassé le poignet dans un accrochage avec Bruno Giacomelli. Malgré les efforts des médecins, le jeune Anglais ne peut pas tenir un volant à Zandvoort. Colin Chapman et Peter Warr font appel pour le remplacer à Roberto Moreno. Ce petit Brésilien (il mesure un mètre soixante-deux) de 23 ans est un habitué des pelotons de la Formule 3 anglaise et occupe le poste de pilote d'essais chez Lotus depuis 1980.

 

Guéri de sa blessure au pouce, Jan Lammers retrouve son volant chez Theodore et peut ainsi courir dans son pays. En revanche le malheureux Riccardo Paletti ne sera pas remplacé chez Osella. Un temps pressenti pour prendre la succession, Piercarlo Ghinzani n'a finalement pas été retenu par Enzo Osella. Enfin l'équipe Toleman-Hart est de retour après avoir manqué la tournée nord-américaine.

 

Ferrari amène une voiture passablement modifiée pour Pironi avec notamment une boîte de vitesses longitudinale. Ce qui existe depuis des années en Formule 1 est une nouveauté pour la Scuderia ! La largeur de la 126 C2 s'en trouve diminuée, ce qui permet d'accroître l'effet de sol en surdimensionnant les pontons.

Fini le panachage chez Brabham : désormais Riccardo Patrese utilise comme Nelson Piquet une BT50 à moteur turbo BMW. La BT49 peut prendre une retraite bien méritée. Colin Chapman a modifié les Lotus 91 qui ont une nouvelle géométrie de suspension avant et un empattement encore raccourci. Renault est revenu provisoirement aux freins traditionnels et utilise une ventilation neuve dans le wastegate. C'est en effet cette pièce qui a provoqué la casse moteur de Prost à Montréal. Les Tyrrell 011 bénéficient de pontons beaucoup plus longs pour reculer le centre de pression.

Les camions d'Autodelta ont été victime d'un épouvantable orage quelques jours avant la course. D'énormes grêlons ont fait beaucoup de dégâts sur le matériel, mais heureusement les voitures sont intactes. Cependant les Alfistes s'inquiètent des deux pannes sèches rencontrées par de Cesaris à Monaco et au Canada. Le V12 consomme trop. Pour parer à toute éventualité, Gérard Ducarouge a fait installer un minuscule réservoir de cinq litres au-dessus du réservoir principal.

 

Les Ligier JS19 sont de retour dans leur configuration monégasque mais avec bien sûr des pontons raccourcis. Les jupes et les amortisseurs ont été retouchés maintes fois. Le principal souci des hommes de Jean-Pierre Jabouille provient de l'étanchéité des jupes : celles-ci ont tendance à s'incliner vers l'extérieur alors qu'elles sont conçues pour travailler en sens inverse. L'ambiance chez les Bleus est détestable. Laffite feint la désinvolture et conchie la 17 de réserve comme la 19. Cheever fait la tête. Surtout, Guy Ligier sait que Matra ne construira sans doute jamais son V6 turbo, faute de soutien financier de la part de PSA. Jean Todt, le nouveau directeur de Peugeot Talbot Sport, ne cache pas son hostilité à la présence du groupe sochalien en Formule 1. L'avenir s'annonce sombre à Abrest.

 

Les pneus plus étroits fournis par Pirelli permettent une meilleure vitesse de pointe et une moindre lourdeur dans le volant, ce qui explique en partie les progrès réalisés notamment par les Arrows et les Toleman.

 

Les qualifications

Les essais du jeudi sont interrompus par la pluie et les chronos du vendredi sont moins rapides que ceux de la veille. Par conséquent tout s'est joué en une demi-heure le jeudi après-midi. Arnoux obtient la treizième pole position de sa carrière en battant de quatre secondes le meilleur chrono réalisé en 1981 ! Prost l'accompagne en première ligne. Piquet obtient le troisième temps avec sa Brabham-BMW. Handicapé par des soucis de fiabilité, son équipier Patrese n'est que dixième. Après quelques hésitations, Pironi a choisi de ne pas utiliser la Ferrari à boîte longitudinale et se classe en quatrième position. Tambay se montre immédiatement dans le coup et décroche le sixième chrono. Fortunes diverses chez McLaren : si Lauda (5ème) est le premier du camp des atmosphériques, Watson n'est qu'onzième. Chez Williams, Rosberg (7ème) et Daly (12ème) attendent la course pour tirer leur épingle du jeu. Les Alfa Romeo de Giacomelli et de Cesaris sont respectivement huitième et neuvième.

 

Toleman-Hart a effectué des essais intensifs à Zandvoort, ce qui explique la superbe treizième place de Warwick. Malheureusement Fabi a rencontré de multiples problèmes techniques et ne peut accompagner son collègue sur la grille. Les Tyrrell 011 améliorées ne brillent pas : Alboreto est quatorzième et Henton vingtième. Déception pour de Angelis, seulement quinzième avec sa Lotus qui « pompe » beaucoup trop. Les Arrows progressent petit à petit avec les pneus Pirelli. Baldi et Surer se classent seizième et dix-septième. Winkelhock (18ème) et Salazar (25ème) qualifient les ATS. Serra est dix-neuvième avec la Fittipaldi. Il précède notamment les March de Mass et Boesel, l'Osella de Jarier et la Theodore de Lammers. Chez Talbot-Ligier, c'est la déroute intégrale. Désespéré par le comportement de la JS19, Laffite se classe 21ème.

 

Brillant en Amérique du Nord, Cheever subit ici l'affront d'une non-qualification. Il s'est débattu avec une JS19 calamiteuse avant de tomber en panne sèche, puis de se rabattre sur la JS17B, sans succès. Guerrero n'est pas qualifié, tout comme le jeune Moreno qui a vite été dépassé par le pilotage d'une Formule 1. Enfin Emilio de Villota a encore été éliminé dès la pré-qualification. Le riche Espagnol est dépité et avoue même : « Pourquoi ne suis-je pas qualifié ? Parce que je suis un mauvais, c''est tout. Ma voiture est identique à celles de Mass et Boesel, la différence ne vient donc que du pilote... »

 

Le Grand Prix

Énorme surprise lors du warm-up : le meilleur temps est réalisé par... Derek Warwick sur Toleman-Hart ! Brian Hart a effectué une subtile modification aux rapports de démultiplication après avoir observé un changement de sens du vent. La Toleman s'en trouve transfigurée.

 

La course se déroule le samedi à 12h30 devant des tribunes presque vides. Programmée à la dernière minute, elle n'a pas reçu une promotion suffisante, et puis la Coupe du Monde de football est une concurrente redoutable. Suite à une panne d'embrayage de dernière minute sur sa JS19, Laffite monte dans sa JS17B de réserve.

 

Départ : Comme souvent Arnoux prend un départ médiocre. Prost se porte à sa hauteur et le dépasse par l'extérieur à Tarzan. Suivent Pironi, Tambay et Lauda. Piquet est mal parti et se retrouve derrière Giacomelli et Watson.

 

1er tour : Piquet double Watson, puis Giacomelli sur la ligne de chronométrage. Prost est premier devant Arnoux, Pironi, Tambay, Lauda, Piquet, Giacomelli, Watson, de Cesaris et Rosberg.

 

2e : Pironi menace Arnoux et le double à la chicane Marlboro, non sans avoir beaucoup retardé son freinage. Piquet double Lauda, puis déborde Tambay devant les stands grâce à sa cavalerie allemande. Dans le même temps Rosberg se débarrasse de Watson et de de Cesaris. Laffite se plaint d'un manque d'appui et s'arrête chez Talbot pour faire régler son aileron avant.

 

3e : Tambay résiste à une attaque de Lauda dans les courbes de Hunzerug et Scheivlak. Le Français emmène derrière lui un peloton comportant Lauda, Giacomelli, Rosberg, Watson, de Cesaris, Patrese, Warwick, Daly et de Angelis.

 

4e : Pironi se rapproche de Prost. Patrese grimpe au neuvième rang tandis que Warwick double de Cesaris.

 

5e : A Tarzan Pironi plonge à l'intérieur et double Prost, handicapé par des pneus Michelin peu compétitifs. Warwick prouve que son chrono du matin n'était pas un cadeau du ciel puisqu'il double la McLaren de Watson. Laffite rejoint son garage pour mettre pied à terre car il juge la tenue de route de sa Ligier impossible.

 

6e : Pironi précède Prost (1.1s.), Arnoux (4.1s.), Piquet (8.8s.) et Tambay (13.4s.). A l'abord de Tarzan Rosberg plonge à l'intérieur pour doubler Giacomelli, mais au même instant celui-ci fait l'extérieur à Lauda, sans succès.

 

7e : Piquet remonte peu à peu sur Arnoux qui a fait un mauvais choix en montant des pneus trop durs. Rosberg tente à nouveau de doubler Giacomelli à Tarzan mais échoue.

 

8e : Rosberg et Patrese parviennent ensemble à piquer Giacomelli à Tarzan. En fin de parcours, Warwick prend l'aspiration derrière Giacomelli, le déborde, mais son aileron arrière s'envole à cet instant. L'Anglais ne s'en aperçoit pas immédiatement.

 

9e : Rosberg fait l'extérieur à Lauda avant Tarzan. Warwick a ralenti et regagne son stand pour fixer un nouvel aileron. Daly dépasse Watson.

 

10e : Rosberg retarde son freinage à Tarzan et plonge à l'intérieur pour surprendre Tambay, sans résultat. Patrese double Lauda mais ralentit peu après car sa boîte refuse d'obéir. Il doit s'arrêter à son stand pour faire resserrer un boulon de tringlerie.

 

11e : Pironi devance Prost (3.3s.), Arnoux (7.1s.), Piquet (9.6s.), Tambay (21.1s.), Rosberg (21.4s.), Lauda (23s.) et Giacomelli (24.8s.). Suivent Daly, Watson, de Cesaris et de Angelis. Patrese est reparti.

 

12e : Rosberg se glisse dans les échappements de Tambay en passant devant les stands et pique soudainement à l'intérieur pour doubler la Ferrari. Cette fois-ci Tambay rend les armes.

 

13e : Pironi maîtrise la course avec quatre secondes d'avance sur Prost. Piquet est revenu dans le sillage d'Arnoux. Warwick a regagné la piste et réalise le meilleur tour de la course : 1'19''780'''.

 

15e : Piquet dépasse Arnoux par la gauche devant les stands. Le Français n'a pas cherché à résister. Surer s'arrête chez Arrows pour changer ses pneus.

 

16e : En queue de peloton, Winkelhock et Salazar font le spectacle en se battant comme des chiffonniers pour la... 18ème place.

 

17e : Pironi augmente sans cesse son avance sur Prost. Elle est maintenant de huit secondes. Piquet est relégué à quatorze secondes. Serra regagne le stand Fittipaldi pour faire réparer une pompe à carburant défectueuse.

 

18e : Un raccord d'huile s'est cassé sur la Toleman de Warwick, contraint à l'abandon.

 

20e : Pironi précède Prost (11s.), Piquet (15s.), Arnoux (19s.) et Rosberg (31s.). Beaucoup plus loin, Tambay résiste à Lauda. Serra abandonne à cause de ses ennuis de pompe à essence.

 

22e : Abordant Tarzan à près de 300km/h, Arnoux voit avec effroi sa roue avant gauche se détacher. Privée de freins, la Renault quitte la route sans ralentir, transperce les grillages et percute très violemment le mur de pneus, le museau pointé au sommet du rail. Les commissaires se précipitent pour extraire Arnoux qui heureusement est indemne. Il a beaucoup de chance. La coque, bien que tordue à l'avant, a plutôt bien résisté au choc. De plus, et fort heureusement, la roue folle n'a heurté personne. Pendant ce temps-là Henton gare sa Tyrrell suite à la rupture de son câble d'accélérateur.

 

23e : Pendant que les médecins examinent Arnoux, les commissaires tentent d'évacuer la Renault perchée sur la glissière. Boesel quitte lui aussi la course car son moteur ne tourne pas rond. Jarier effectue un changement de gommes.

 

24e : Pironi mène devant Prost (13.7s.), Piquet (17.4s.), Rosberg (32.6s.), Tambay (41.4s.) et Lauda (41.6s.). Suivent Giacomelli, Daly, Watson, de Angelis, de Cesaris, Alboreto et Baldi.

 

26e : Piquet est revenu à moins de trois secondes de Prost.

 

28e : Tambay résiste aux assauts de Lauda qui convoite la cinquième place. Giacomelli et Daly sont en embuscade. De Angelis s'arrête au stand Lotus pour faire changer une jupe endommagée.

 

30e : Pironi a quinze secondes d'avance sur Prost, désormais très menacé par Piquet.

 

31e : Piquet déborde Prost avant Tarzan lorsque tous deux prennent un tour à Salazar.

 

32e : Prost ne parvient pas à suivre Piquet car son moteur perd de la puissance. Le Brésilien a vingt secondes de retard sur Pironi.

 

33e : Prost est au ralenti car son moteur ne fonctionne plus. Il regagne les stands pour abandonner une fois encore. De Cesaris s'arrête à son garage pour faire examiner son allumage.

 

34e : Pironi devance Piquet (25.6s.), Rosberg (40.7s.), Tambay (53.5s.), Lauda (53.7s.), Giacomelli (57s.) et Daly (58s.). Viennent ensuite Watson, Alboreto, Baldi et Mass.

 

35e : Lauda commence à s'impatienter derrière Tambay. Watson est aux prises avec des pneus peu performants et se fait doubler par Alboreto.

 

36e : Daly prend la sixième place à Giacomelli qui a cassé un échappement.

 

37e : Tambay commence à souffrir sérieusement car son moteur est poussif dans les virages lents. Lauda tente de le dépasser dans la ligne droite principale mais le Cannois résiste encore.

 

38e : Lauda parvient enfin à dépasser Tambay au premier freinage. Daly menace désormais le pilote Ferrari. Watson décide de changer ses pneus. Il repartira en treizième position.

 

40e : Daly double Tambay par l'intérieur à Tarzan, non sans retarder au maximum son freinage. L'Irlandais garde le contrôle de sa Williams et s'empare ainsi de la cinquième place. De Cesaris abandonne à cause d'un boîtier d'allumage défectueux. C'est également terminé pour de Angelis qui juge la tenue de route de sa Lotus désastreuse.

 

41e : Pironi est leader devant Piquet (29.5s.), Rosberg (43.8s.), Lauda (58.9s.), Daly (1m. 07s.), Tambay (1m. 11s.). Alboreto menace désormais la septième place de Giacomelli dont le V12 émet un bruit affreux. Tous deux remontent sur Tambay.

 

42e : Mass s'arrête aux stands pour changer ses pneus.

 

43e : Arrêt de Lammers pour monter des pneus neufs. Cependant son moteur fume lors d'immobilisation, et le jeune Hollandais est contraint d'abandonner.

 

45e : Pironi revient sur un trio composé de Tambay, Giacomelli et Alboreto.

 

46e : Alboreto dépasse Giacomelli. Après la courbe Bos Uit Alboreto déborde Tambay par l'intérieur, non sans couper la trajectoire à Pironi, lequel parvient tout de même à doubler son équipier.

 

47e : Alboreto ne laisse passer Pironi qu'en toute fin de tour. Giacomelli ne parvient plus à menacer Tambay. Watson est revenu en dixième position après avoir doublé Surer et Salazar.

 

49e : Rosberg se rapproche peu à peu de Piquet qui doit économiser son carburant. L'écart entre eux est de onze secondes.

 

51e : Pironi a trente secondes d'avance sur Piquet, quarante-et-une secondes sur Rosberg.

 

52e : Baldi prend la huitième position à Giacomelli.

 

53e : Daly est à la peine avec un pneu cloqué à l'avant-gauche. Alboreto le rattrape tandis que Surer, pourtant relégué à un tour, klaxonne derrière l'Irlandais.

 

55e : Pironi devance Piquet (26s.), Rosberg (35s.) et Lauda (1m.).

 

58e : Rosberg réduit l'écart avec Piquet à huit secondes.

 

59e : Pironi prend un tour à Daly. Alboreto n'est plus qu'à quelques secondes de ce dernier.

 

61e : Baldi prend la septième place à Tambay qui ne cherche plus qu'à ménager son moteur. Tous deux gênent Piquet qui voudrait leur prendre un tour et n'y parvient qu'un peu plus tard.

 

62e : Trente-et-une secondes séparent Pironi et Piquet. C'est au tour de Rosberg d'être gêné par le trafic, c'est-à-dire par un paquet comprenant Baldi, Patrese et Tambay.

 

63e : Rosberg s'est débarrassé de Tambay et de Patrese. Mass rejoint le stand RAM pour abandonner à cause d'une panne de moteur.

 

65e : Rosberg est gêné par Baldi qui refuse de s'effacer car il remonte sur Daly et Alboreto et ne s'occupe pas du Finlandais, pourtant revenu à quatre secondes de Piquet.

 

66e : Baldi s'écarte enfin devant Rosberg. Watson dépasse Giacomelli dont le moteur Alfa est au bord de la rupture. Surer le doublera aussi un peu plus tard.

 

68e : Pironi précède Piquet (26s.), Rosberg (29.4s.), Lauda (1m. 17s.), Daly (-1t.), Alboreto (-1t.), Baldi (-1t.), Tambay (-1t.), Watson (-1t.), et Surer (-1t.).

 

69e : Piquet conserve trois secondes d'avance sur Rosberg. Alboreto est dans les roues de Daly.

 

71e : Alboreto déborde Daly par l'extérieur devant les stands. Tous deux arrivent côte à côte à Tarzan, Daly le mieux placé puisqu'il est à l'intérieur. Mais Alboreto se rabat inconsidérément : sa roue arrière droite escalade la roue avant gauche de la Williams. Tous deux partent en tête-à-queue. Daly parvient à remettre les gaz aussitôt tandis qu'Alboreto, furieux, redémarre en trombe mais arrache une de ses jupes au passage. Il est contraint de ralentir, non sans gêner Piquet.

 

72ème et dernier tour : Baldi dépasse Alboreto dans cette dernière boucle et lui chipe donc la sixième place.

 

Didier Pironi obtient sa troisième victoire en Formule 1 devant Piquet qui a résisté jusqu'au bout à Rosberg. Moins d'une seconde sépare le Brésilien du Finlandais à l'arrivée. Lauda termine quatrième et Daly cinquième. Baldi obtient son premier point en Formule 1 après avoir mené une très belle course. Sont aussi à l'arrivée Alboreto, Tambay, Watson, Surer, Giacomelli, Winkelhock, Salazar, Jarier et Patrese.

 

Ce Grand Prix est un triomphe pour Goodyear qui équipe les trois occupants du podium. En cette saison 82 Michelin a cependant toujours l'avantage sur son concurrent par cinq victoires contre quatre.

 

Après la course

Pour la septième fois consécutive, Renault n'inscrit aucun point au championnat. La fiabilité de la RE30B est proprement désastreuse, du moins en compétition: « Nous nous livrons à des tests d'endurance sans ennui, et le moteur casse en course... C'est impensable ! » rumine Alain Prost. Quant à René Arnoux, il est simplement heureux d'être sorti vivant de son effroyable accident. Les médecins ne lui diagnostiquent qu'une contracture à la jambe droite.

 

Le championnat du monde est entièrement relancé par cette course. Watson (30 pts) conserve la prééminence, mais avec une longueur d'avance seulement sur Pironi (29 pts). Rosberg apparaît en troisième position (21 pts). Avec dix-sept points au compteur, Piquet reprend espoir de conserver son titre.

 

La démonstration de Pironi au volant de la Ferrari est cependant très significative. En quittant la Hollande, sourire aux lèvres, le pilote français ne cache pas ses ambitions : « Je peux réellement envisager le titre mondial. La Ferrari 126 C2 est très fiable, et toute la Scuderia est prête à m'aider jusqu'au bout... » Les passionnés français sont remplis d'espoir. Didier Pironi peut devenir le premier Tricolore à coiffer la couronne mondiale.

Tony