Didier PIRONI
 D.PIRONI
Ferrari
Niki LAUDA
 N.LAUDA
McLaren Ford Cosworth
Patrick TAMBAY
 P.TAMBAY
Ferrari

367e Grand Prix

XXXV British Grand Prix
Ensoleillé
18 juillet 1982 - Brands Hatch
76 tours x 4.207 km - 319.732 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur

Le combat désespéré des ultras de la FOCA

Le jeudi 15 juillet, Jean-Marie Balestre réunit les constructeurs « légalistes » et ceux de la FOCA pour entériner le nouveau règlement technique qui doit entrer en vigueur en 1983. D'après les informations qui ont filtré dans la presse, les grandes marques ont fait des concessions aux Britanniques qui, en échange, ont accepté d'abandonner l'effet de sol. Cela s'explique : les leaders de la FOCA, Bernie Ecclestone, Frank Williams, Ron Dennis et Colin Chapman sont tous pratiquement assurés d'obtenir des moteurs turbos en 1983. Ecclestone et Brabham sont ainsi déjà liés à BMW, Dennis négocie un contrat avec Porsche et Chapman discute avec Renault. Williams est quant à lui en pourparlers avec BMW et Honda.

 

Mais la réunion achoppe à cause de l'opposition de Ken Tyrrell, chef des « extrémistes » de la FOCA, et de Guy Ligier qui s'est rallié à cette mouvance. Tous les deux réclament toujours l'interdiction de la suralimentation. Tyrrell espère naïvement que le tribunal d'appel de la FIA entendra la plainte qu'il a déposée à Imola contre les turbocompresseurs. Or Balestre s'étant rangé du côté des grandes marques, il est désormais certain que les turbos ne seront pas interdits. Tyrrell et Ligier sont surtout inquiets du fait qu'ils risquent fort de se contenter du V8 Ford-Cosworth en 1983...

 

Brabham et les ravitaillements en essence

A Brands-Hatch tous les regards sont tournés vers Brabham-BMW. Bernie Ecclestone et Godron Murray ont en effet eu l'idée d'utiliser une nouvelle tactique : faire partir les voitures avec un réservoir d'essence à moitié rempli et les ravitailler à mi-course. Cette idée a été testée lors d'une séance d'essais privés à Donington. Les avantages sont nombreux. En partant avec 125 litres d'essence au lieu de 250, Nelson Piquet et Riccardo Patrese vont être allégés de cent kilos au moins et économiser leurs freins et leur transmission. Bien qualifiés, ils pourront ainsi s'enfuir en tête de l'épreuve et creuser un écart suffisant pour s'arrêter aux stands à la moitié du parcours, remettre de l'essence et chausser des pneus tendres. On voit donc dans les paddocks les hommes de Herbie Blash essayer des combinaisons ignifugées aux couleurs de Parmalat.

 

Riccardo Patrese n'est pas très enthousiasmé par cette procédure : « Nous avons tout répété à Donington. Le ravitaillement et le changement de pneus n'ont demandé que douze secondes. C'est donc réalisable. Mais en tant que pilote, je préfère tout régler moi-même en piste... » Une partie des journalistes croit à un « coup de bluff » de la part d'Ecclestone qui pourtant apparaît très sûr de lui. Il est toutefois certain qu'il a besoin de faire parler de son équipe car Parmalat a annoncé son retrait de la Formule 1 à la fin de la saison. Il doit donc chercher un nouveau sponsor.

 

Présentation de l'épreuve

Avant Le Castellet, Hockenheim et Zeltweg, Brands-Hatch est le dernier circuit où les moteurs atmosphériques pourront se battre à la régulière avec les machines suralimentées. C'est donc un rendez-vous capital pour des hommes comme John Watson ou Keke Rosberg qui convoitent la couronne mondiale malgré leurs V8 Ford-Cosworth. « Il faut absolument gagner ici. » affirme Rosberg. « Sinon je serais irrémédiablement lâché au championnat. Le train aura quitté la gare. » C'est aussi l'avis de Frank Dernie : « [L'équilibre de la Williams FW08] est parfait dans les virages rapides et moyen dans les virages lents. Pour Brands-Hatch, je ne me fais pas trop de soucis. Mais à partir du Ricard, on va manquer de chevaux... » Certains observateurs critiquent également Keke Rosberg et lui reprochent de n'avoir pas réussi à remporter une seule course depuis le début de la saison. On l'accuse d'être trop brouillon et de ne pas avoir la stature d'un Jones ou d'un Reutemann. « Keke conduit plus avec son cœur qu'avec sa tête... » écrit le sévère Gérard Crombac. De plus, Frank Williams reproche à mots couverts à son pilote de ne pas être un très bon metteur au point.

 

Nigel Mansell effectue sa rentrée après sa fracture du poignet gauche contractée à Montréal. Il est cependant très handicapé par le port d'une prothèse. Ce retour semble prématuré mais Nigel est très courageux et tenait à se produire à Brands-Hatch. L'année précédente à Silverstone, il n'avait pas pu se qualifier et doit une revanche au public anglais qui l'aime beaucoup.

Après quatre échecs cuisants en qualifications, Emilio de Villota a sagement décidé de se retirer des Grands Prix.

 

Chez Ferrari, l'équipe de Mauro Forghieri est parvenue à alléger les V6 turbo. Ceux-ci ont perdu dix kilos depuis le début de la saison. Un seul changement sur la Williams : l'apparition d'une prise d'air pour refroidir la pompe à essence. Les Brabham BT50 ont été modifiées en vue des ravitaillements en essence. Elles disposent désormais d'orifices de remplissage sur le flanc droit. De gros changements sur les March 821 avec de nouvelles suspensions, un empattement rallongé et une carrosserie désormais divisée en deux parties. Les Tyrrell 011 sont revenus à leur configuration d'avant Zandvoort avec leurs anciens pontons et une voie avant large.

 

Fittipaldi présente la F9 imaginée par Ricardo Divila. C'est une voiture conventionnelle, rigidifiée, arborant des suspensions de type « Brabham ». Le moteur et le pilote sont très avancés dans la structure. Chico Serra a testé ce modèle à Donington, mais utilisera encore la F8 à Brands-Hatch. A ce sujet, Emerson Fittipaldi affiche une décontraction déconcertante: « Oh, cette F9 n'a rien d'extraordinaire... C'est peut-être pour ça qu'elle marchera bien... »

 

Talbot-Ligier-Matra arrive avec deux JS19 et deux JS17B de réserve. Tout ce qui pouvait être changé l'a été sur les JS19 : jupes, amortisseurs, barres antiroulis... Les échappements allongés qui autrefois débouchaient à l'arrière de la monoplace ont été raccourcis et ont maintenant une facture classique. Malheureusement, à cause d'un problème d'intendance, la voiture de Laffite ne sera pas prête le vendredi. Le pilote français est de plus en plus aigre et désinvolte. A noter une nouvelle livrée blanche et bleue pour les JS19 qui fait la part belle au logo de Talbot. Et pourtant, la rupture est proche entre Guy Ligier et le groupe PSA.

 

Les qualifications

Rosberg souhaitait réaliser un « grand coup » sur ce tracé où la stabilité de sa Williams fait merveille. Il y parvient en décrochant sa première pole position. Ses les plus redoutables adversaires sont les Brabham-BMW. Patrese et Piquet sont deuxième et troisième. L'Italien s'est approché à huit centièmes du chrono de Rosberg. Au volant de la Ferrari à boite longitudinale, Pironi se classe quatrième. Les quatre premiers sont donc chaussés de pneus Goodyear. Tambay a fait face à du survirage et n'est que treizième. Lauda se classe cinquième et devance à nouveau Watson, décevant douzième. L'Irlandais se plaint d'un manque d'adhérence. Brands-Hatch n'est pas un circuit pour les Renault. Arnoux (qui s'est accroché successivement avec les deux pilotes Williams) n'est que sixième, Prost huitième. Les progrès des Lotus sont sensibles. De Angelis obtient une encourageante septième place tandis que Mansell arrache courageusement sa qualification en vingt-troisième position. Pour Tyrrell, Alboreto est neuvième et Henton dix-septième. Daly est dixième avec la seconde Williams.

 

Giacomelli a été victime d'un gros accident le vendredi matin. Son aileron arrière s'est envolé dans la courbe rapide de Hawthorn et l'Alfa Romeo a atterri dans le rail. Le « Panda » s'en est tiré indemne et se qualifie en quatorzième position, trois places derrière de Cesaris. La Toleman-Hart poursuit ses progrès et profite de ceux de Pirelli. Fabi et Warwick sont quinzième et seizième. Le sourire n'est toujours pas au rendez-vous chez Talbot-Ligier. Laffite est vingtième avec la JS19, Cheever vingt-quatrième avec la JS17B. En fond de grille on trouve aussi Jarier, Guerrero, Serra et Mass. Les Arrows de Surer (22ème) et de Baldi (26ème) déçoivent. Les ATS de Winkelhock et de Salazar, la March de Boesel et la Theodore de Lammers sont éliminées.

 

Le Grand Prix

Il fait très chaud en Angleterre en ce dimanche de juillet. Ces conditions favorisent Michelin dont les gommes sont plus performantes que les Goodyear par temps chaud. Derek Daly déclare qu'il craint que les Goodyear ne tiennent pas la distance.

 

Tour de formation : La Williams de Rosberg refuse de démarrer. L'essence vaporise dans le circuit d'alimentation et le Cosworth reste muet. Le chef-mécaniciens Alan Challis asperge la Williams d'un bidon d'eau fraîche. Aussitôt la pompe à essence se remet à fonctionner et la voiture démarre mais trop tardivement. Rosberg perd tout le bénéfice de sa pole et va devoir partir depuis la dernière place sur la grille. Patrese se retrouve en pole officieuse.

 

Départ : Patrese reste immobile car sa première vitesse a sauté ! Piquet s'envole en tête, suivi par Lauda. Pironi parvient à éviter Patrese, mais pas Arnoux qui heurte l'arrière droit de la Brabham. La Renault perd une roue qui vient se ficher sous l'aileron avant de la Toleman de Fabi. Arnoux et Patrese sont entraînés vers la gauche, ce qui oblige Watson à passer par le gazon pour les éviter. Fabi, Arnoux et Patrese sont out.

 

1er tour : Piquet précède Lauda, Pironi, de Angelis, Alboreto, de Cesaris, Daly, Giacomelli, Prost et Warwick. Rosberg est déjà remonté en quinzième position.

 

2e : Piquet a une seconde et demie d'avance sur Lauda. Pironi et de Angelis sont distancés, de même qu'Alboreto qui emmène avec lui de Cesaris et Daly. Mansell part dans le gazon et abîme une de ses jupes en regagnant la piste.

 

3e : Daly double de Cesaris. Au virage de Hawthorn, Jarier crève un pneu et ralentit. Son poursuivant Serra percute l'Osella : la Fittipaldi décolle, manque de partir en tonneaux et atterrit à l'endroit dans les grillages. Jarier pulvérise sa voiture contre les glissières. Rosberg qui les suivait parvient à éviter le carnage, mais pas Watson qui part en tête-à-queue. Il cale et son Grand Prix national s'arrête là. Pendant ce temps-là, Jarier et Serra sortent de leurs épaves, miraculeusement indemnes. Les commissaires doivent maîtriser un début d'incendie sur la Fittipaldi.

 

4e : Trois secondes entre Piquet et Lauda. Henton heurte Guerrero et endommage la calandre de sa Tyrrell. Quant au Colombien, s'il peut repartir, une canalisation d'huile s'est percée dans l'incident et il doit s'arrêter dans l'herbe, moteur en flammes. Alboreto ralentit car sa Tyrrell ne cesse de pomper. Warwick double Giacomelli.

 

5e : Piquet mène devant Lauda (6s.), Pironi (13s.) et de Angelis (18s.). Suivent Daly, de Cesaris, Warwick, Prost, Tambay, Giacomelli et Rosberg. Alboreto s'arrête à son stand et y reste de longues minutes.

 

6e : Warwick ne cesse d'étonner avec sa Toleman-Hart et prend la sixième place à de Cesaris.

 

7e : Piquet tourne environ une seconde et demie au tour plus vite que Lauda et Pironi. Daly remonte sur de Angelis. Rosberg déborde Giacomelli.

 

8e : Rosberg est dixième et plus rapide encore que Piquet, mais il bute contre la Ferrari de Tambay.

 

9e : Piquet mène devant Lauda (11s.) et Pironi (26s.). S'il tient ce rythme, le Brésilien peut avoir le temps de ravitailler en essence à la mi-course. Daly prend la quatrième place à de Angelis.

 

10e : Une poulie de transmission se brise sur le système d'injection de la Brabham-BMW. Piquet lève le pied et n'a plus qu'à stopper sa machine derrière les stands. On ne verra donc pas de ravitaillement cet après-midi là. Lauda prend la tête.

 

11e : Lauda devance Pironi (15s.), Daly (16s.), de Angelis (18s.) et l'étonnant Warwick (19s.). Rosberg parvient enfin à doubler Tambay.

 

12e : Warwick dépasse de Angelis lorsque celui-ci manque une vitesse à Hawthorn. Après l'abandon de Watson, le public britannique reporte ses espérances sur le pilote Toleman. Rosberg prend la septième place à Prost.

 

13e : Daly menace Pironi, mais tous deux voient Warwick les rattraper. Rosberg s'impose face à de Cesaris.

 

15e : Lauda a dix-sept secondes d'avance sur le duo Pironi – Daly.

 

16e : Rosberg a usé ses pneus dans sa folle remontée. Il regagne son stand pour mettre des gommes neuves et ne repart qu'en dix-septième position.

 

17e : Warwick est revenu derrière Pironi et Daly. Laffite trace son chemin dans le peloton et prend la neuvième place à Giacomelli. Deuxième arrêt pour Alboreto.

 

18e : Warwick dépasse facilement Daly à Paddock Hill. Incroyable performance pour l'Anglais et sa Toleman-Hart qui quelques mois plus tôt parvenaient à peine à se qualifier !

 

19e : Warwick n'est pas rassasié et attaque maintenant Pironi qui se débat avec du sous-virage. Prost et Tambay sont en lutte pour la septième place.

 

20e : Lauda a vingt secondes d'avance sur Pironi. Warwick est dans les échappements du Français.

 

21e : Tambay prend la septième place à Prost. Laffite remonte désormais sur le pilote Renault.

 

22e : Warwick commet une petite faute à Paddock Hill et perd environ une seconde sur Pironi. Daly se rapproche.

 

23e : Lauda devance Pironi (22.3s.), Warwick (22.5s.), Daly (23.7s.), de Angelis (27.2s.) et de Cesaris (44.8s.). Suivent Tambay, Prost, Laffite et Giacomelli. Rosberg a doublé Mass et Mansell et se retrouve quinzième. Mansell s'arrête chez Lotus pour changer de pneus et faire réparer sa jupe gauche. Alboreto passe une troisième fois par les stands.

 

24e : Warwick est sur les talons de Pironi. Laffite dépasse Prost. La tenue de route de la Renault est très mauvaise mais le jeune Français reste en piste pour accrocher quelques points.

 

25e : Warwick prend l'aspiration derrière Pironi devant les stands et le dépasse avant Paddock Hill. Voici le pilote Toleman second ! De Angelis se rapproche de Daly qui a trop demandé à ses pneus. Changement de pneus pour Mass.

 

26e : Rosberg revient chez Williams pour changer une nouvelle fois de pneumatiques. Soit les Goodyear ne tiennent pas la distance, soit le Finlandais court comme un dératé, comme il le fait parfois...

 

27e : Lauda est en tête devant Warwick (26.3s.), Pironi (27.9s.), Daly (28.9s.), de Angelis (29.4s.), de Cesaris (48s.), Tambay (50s.), Laffite (53s.), Prost (55s.), Giacomelli (1m. 01s.) et Cheever (1m. 05s.). Surer change de pneus.

 

29e : Vingt-cinq secondes entre Lauda et Warwick. Daly s'arrête chez Williams pour mettre des pneus neufs. Il repart en onzième position, juste devant Lauda.

 

31e : Warwick a conquis une avance d'une seconde et demie sur Pironi. Il est très rapide mais ne semble pas avoir les moyens de rattraper Lauda. Fatigué par son effort et une mauvaise tenue de route, Mansell choisit de renoncer.

 

32e : Alboreto s'arrête une quatrième fois aux stands et va y rester plus d'un quart d'heure.

 

34e : Lauda devance Warwick de trente secondes. De Angelis est revenu derrière Pironi. Daly dépasse Cheever.

 

35e : Rosberg vient perturber le duel Pironi – de Angelis en doublant l'Italien.

 

37e : Rosberg tente de doubler Pironi mais évidemment celui-ci n'a pas l'intention de laisser passer un retardataire. Le Finlandais est déchaîné et double la lente March de Mass en changeant deux fois de trajectoire. Fort heureusement Mass n'a pas dévié d'un centimètre...

 

38e : Daly remonte grâce à ses pneus neufs et prend la huitième place à Giacomelli.

 

40e : Lauda mène devant Warwick (31.7s.), Pironi (39.5s.), de Angelis (41.6s.), de Cesaris (57.1s.), Tambay (59.5s.), Laffite (1m. 03s.) et Prost (1m. 08s.). Henton s'arrête aux stands pour changer ses pneus et réparer sa calandre abîmée dans l'accrochage avec Guerrero.

 

41e : Warwick est au ralenti à cause de la rupture d'un joint de cardan. Il rentre à son garage et renonce sous les applaudissements de la foule. Le jeune Anglais et toute l'équipe Toleman-Hart peuvent être fiers de leur course, tout comme Pirelli des progrès de ses pneus.

 

42e : Laffite abandonne suite à la défaillance de sa boîte de vitesses. Dommage pour le Français qui menait sa plus belle course depuis longtemps. Prost entre dans les points.

 

43e : Prost n'a pas tenu longtemps la sixième place car il est « déposé » par Daly.

 

46e : Lauda a quarante-deux secondes d'avance sur Pironi. Tambay menace de Cesaris et convoite la quatrième place.

 

47e : Tambay dépasse de Cesaris à Druids.

 

50e : Lauda possède quarante-trois secondes d'avance sur Pironi. L'intrus Rosberg et de Angelis sont toujours derrière le pilote Ferrari.

 

52e : Lauda prend un tour à Prost. De Angelis a doublé Rosberg et peut enfin recoller à Pironi. Victime d'un problème d'alternateur, de Cesaris devient une proie facile pour Daly.

 

53e : Daly prend la cinquième place à de Cesaris.

 

54e : Après avoir animé l'après-midi, Rosberg quitte la course à cause d'une chute de pression d'essence.

 

56e : Lauda mène devant Pironi (42s.), de Angelis (43.1s.) et Tambay (1m. 03s.). Giacomelli se fait tasser par Mass en voulant lui prendre un tour, et Cheever en profite pour doubler le pilote italien.

 

58e : Tambay remonte sur Pironi et de Angelis.

 

60e : Lauda est en tête devant Pironi (41.2s.), de Angelis (42.7s.), Tambay (1m.) et Daly (1m. 07s.). Prost prend la sixième place à de Cesaris.

 

61e : Surer abandonne suite à un bris d'arbre de roue.

 

62e : Pironi a pris une seconde et demie de marge sur de Angelis pour sécuriser sa deuxième place. Cheever revient aux stands au petit trot car il n'a plus d'huile dans son réservoir. Les deux Talbot-Matra sont hors course.

 

63e : A la surprise générale, Henton réalise le meilleur tour de la course : 1'13''028'''.

 

65e : Lauda ménage la mécanique et n'a plus que quarante secondes d'avance sur Pironi.

 

66e : De Angelis concède près de quatre secondes à Pironi et Tambay le rattrape. L'Italien rencontre un problème de distributeur. Mass ne regarde décidément pas dans ses rétroviseurs et oblige Henton à passer dans le gazon pour éviter une collision.

 

68e : Tambay est revenu à onze secondes de de Angelis. De Cesaris s'arrête dans l'herbe. Son moteur bafouillait depuis quelques tours à cause d'un souci d'injection. Prost récupère la sixième place.

 

70e : Lauda a trente-cinq secondes de marge sur Pironi. Tambay est désormais à huit secondes de Angelis. Allégée en essence, la Renault de Prost est devenue très compétitive et le Français rattrape Daly, aux prises avec du sous-virage.

 

71e : Tambay se rapproche toujours un peu plus de de Angelis. Daly et Prost gagnent aussi du terrain sur l'Italien.

 

72e : Il n'y a plus que deux secondes entre de Angelis et Tambay. Daly est à sept secondes.

 

73e : Tambay rattrape Giacomelli qui le gêne en ne s'effaçant pas.

 

74e : Rejoint par Daly, Tambay est toujours bloqué par Giacomelli, ce qui permet à de Angelis de souffler un peu.

 

75e : Trente secondes entre Lauda et Pironi.

 

76ème et dernier tour : Tambay se débarrasse enfin de Giacomelli à Druids. Il n'a ensuite aucun mal à recoller à de Angelis et le déborde avant Hawthorn Bend. Le jeune Italien voit grossir dans ses rétroviseurs la Williams de Daly et la Renault de Prost mais va leur tenir tête jusqu'au drapeau à damiers.

 

Après la course

Niki Lauda remporte sa 19ème victoire en Formule 1. Pironi termine deuxième. Tambay est troisième et monte sur son premier podium, dès sa seconde course pour Ferrari. De Angelis finit quatrième juste devant Daly et Prost. Le Français aura tenté sans succès de doubler l'Irlandais sur la ligne d'arrivée. Il inscrit tout de même son premier point depuis le GP du Brésil. Suivent Giacomelli, Henton et Baldi dont le moteur explose quelques mètres après la ligne d'arrivée. Mass est dernier avec trois tours de retard. Alboreto n'est pas classé puisqu'il finit à... trente-deux tours.

 

La sublime prestation de Derek Warwick et de sa Toleman étonne grandement les commentateurs. Comment une voiture qui jusqu'ici était une vraie mule a-t-elle pu se hisser si facilement à la seconde place du Grand Prix ? Certains affirment que Warwick est parti avec seulement un demi-plein d'essence et des pneus très tendres qui n'auraient pas tenu la distance. Ceci afin d'attirer l'attention de sponsors éventuels sur une équipe désargentée depuis le départ de Candy...

 

Entouré de son épouse Marlène et de son préparateur physique Willy Dungl, Niki Lauda reçoit avec flegme les lauriers des mains du prince Michael de Kent. Le champion autrichien a dominé ce Grand Prix avec brio et conserve une chance de remporter le titre mondial l'année même de son retour à la compétition. « J'ai eu la chance d'avoir une trajectoire dégagée au départ. » reconnaît-il. « Je surveillais Piquet qui tentait le tout pour le tout. Il n'a pas réussi, mais cela ne me surprend pas. Moins que la passivité de Pironi... » Ce dernier n'avait cependant pas besoin d'attaquer Lauda. Ces six points acquis sur un tracé défavorable aux Ferrari turbo lui assurent le commandement du championnat du monde.

 

Pironi compte en effet désormais cinq points d'avance sur Watson. Il est désormais le grand favori de la compétition mondiale. Lauda prend la troisième place du classement mais concède onze points à Pironi. Au championnat des constructeurs, McLaren possède neuf points d'avance sur Ferrari et vingt sur Williams. Renault stagne au quatrième rang et est maintenant menacée par Lotus et Brabham.

Tony