Keke ROSBERG
 K.ROSBERG
Williams Ford Cosworth
Elio De ANGELIS
 E.De ANGELIS
Lotus Ford Cosworth
Jacques LAFFITE
 J.LAFFITE
Ligier Matra

370e Grand Prix

XX Grosser Preis von Osterreich
Ensoleillé
15 août 1982 - Österreichring
53 tours x 5.942 km - 314.926 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Colin Chapman lance sa casquette pour la dernière fois pour saluer la victoire d'Elio de Angelis, cinq centièmes de seconde devant Keke Rosberg.

Un championnat très incertain

En arrivant en Autriche, la Formule 1 est encore sous le choc du grave accident de Didier Pironi survenu la semaine précédente à Hockenheim. Tandis que le malheureux Français lutte pour retrouver l'usage de ses membres inférieurs, le championnat du monde qu'il dominait jusqu'ici est totalement relancé.

 

Avec un total de trente-neuf points à quatre courses de l'arrivée, dont neuf de mieux que son premier poursuivant, Pironi a un maigre espoir de remporter tout de même la couronne. Cela apparaît très difficile et réclamerait un concours de circonstances assez exceptionnel.

Sur le papier, son principal adversaire est John Watson (30 pts). Mais, après un très bon début de saison, l'Irlandais est rentré dans le rang et est désormais dominé par son équipier Niki Lauda. Watson est l'homme des exploits d'une journée. En temps normal, il est l'irrégularité même. Lauda (24 pts) croit toujours en ses chances. Il est le plus malin et le plus expérimenté des prétendants. D'ailleurs, Ron Dennis vient de porter réclamation contre la disqualification qui l'a frappé à Zolder, afin qu'il puisse peut-être récupérer quatre points supplémentaires. Mais la McLaren manque de souffle face aux machines équipées d'un turbo. Keke Rosberg (27 pts) paraît un candidat plus redoutable. Le Finlandais affiche de régularité de métronome et une abnégation en piste peu commune. De plus, si sa Williams-Ford-Cosworth n'est guère capable de l'emporte à la régulière, elle est fiable et très bien équilibrée.

 

Mais le favori est maintenant Alain Prost (25 pts). Certes, le jeune Français n'est pas le mieux placé pour le moment. Mais sa Renault turbo est la voiture la plus performante du peloton et les trois circuits à venir (Österreichring, Dijon-Prenois, Monza) sont très favorables aux moteurs suralimentés. Prost pourrait donc regarder l'avenir avec optimisme s'il ne craignait pas sans cesse d'être trahi par le système d'injection électronique de sa Renault, dispositif qui a considérablement amélioré les performances du turbo français, mais qui a aussi connu de trop nombreuses avaries. In fine, Watson, Lauda, Rosberg et Prost partent avec des chances à peu près égales. Enfin, Riccardo Patrese, René Arnoux (19 pts chacun) et Nelson Piquet (17 pts) ont mathématiquement encore la possibilité d'être titrés, mais les très médiocres fiabilités des Renault et surtout des Brabham-BMW leur ôtent toute espérance.

 

L'accord Lotus - Renault: nouveau coup de maître de Chapman

Le 11 août 1982, Renault Sport annonce dans un bref communiqué la conclusion d'un accord de fourniture de son turbo au JPS Team Lotus à compter de 1983. Depuis le mois de mars Peter Warr menait des négociations en ce sens avec Gérard Larrousse. Colin Chapman ne cache pas sa satisfaction. La collaboration avec Renault amorce un nouveau départ pour son écurie qui stagne désespérément depuis la glorieuse campagne de 1978. Il déborde d'ambitions et fourmille d'idées pour sa prochaine voiture. De plus, ce partenariat lui permet de retenir par la manche Elio de Angelis qui était un peu trop sensible aux discours de Frank Williams. Emballé à l'idée de disposer d'un excellent moteur turbo, l'Italien accepte de prolonger son contrat. Lotus confirme aussi le maintien de Nigel Mansell, pourtant auteur d'une saison médiocre. Le talent du moustachu est une pomme de discorde entre Colin Chapman et son lieutenant Peter Warr. Le premier juge Nigel très prometteur, le second pense qu'il n'est qu'un ballot brouillon, sans avenir.

 

Nouvelles des transferts: turbos et Alboreto

L'accord entre Lotus et Renault marque le terme du front anglais anti-turbo. Cosworth va devenir en 1983 le motoriste du pauvre. Ses principaux clients l'abandonnent. Frank Williams a deux fers au feu et négocie en parallèle avec BMW et Honda. Chez McLaren, Ron Dennis entame les derniers pourparlers avec Porsche pour la fourniture d'un tout nouveau moteur turbo patronné par TAG.

 

Bien qu'il soit très courtisé, Michele Alboreto a décidé de rester fidèle à Ken Tyrrell pour la saison 83. Et ce alors que son équipe devra à nouveau se contenter d'un V8 Ford-Cosworth, ce qui à moyen terme pourrait la précipiter en queue de peloton. Les journalistes font la grimace et estiment qu'un tel talent devrait s'exprimer au volant d'une voiture puissante. Par ses numéros d'équilibriste et surtout ses beaux résultats au volant d'une Tyrrell poussive, Alboreto a démontré qu'il était un futur grand. Mais dans un sport de plus en plus gangrené par l'appât du gain, on peut saluer sa loyauté envers l'homme qui lui a donné sa chance.

 

Dans le paddock déambulent d'autres jeunes loups en quête de volants pour la saison suivante : Jonathan Palmer, Thierry Boutsen, Stefan Johansson, Johnny Cecotto... On note l'absence de Corrado Fabi, le frère cadet de Teo, qui vient d'être sacré en Formule 2 avec March.

 

Présentation de l'épreuve

A l'origine le Grand Prix d'Autriche avait été rayé du calendrier 1982 à cause de sa faible rentabilité. Depuis le retrait de Niki Lauda, les Autrichiens désertaient l'Österreichring. Et puis, miracle ! Niki a fait son retour en Formule 1, et qui plus est victorieusement. Flairant l'aubaine, Bernie Ecclestone a persuadé la FISA de remettre l'étape autrichienne au programme. Ce magnifique circuit ultra-rapide est le terrain de jeu rêvé pour les turbos.

 

Le PRDA tient une réunion en l'absence de son président Didier Pironi, qui devra être remplacé. Niki Lauda prend la direction provisoire. Selon le journaliste Gérard Crombac, aucune ligne directrice n'est définie, la plupart des pilotes défendant les intérêts de leurs constructeurs. Elio de Angelis aurait même déclaré : « Jusqu'ici je pensais qu'il fallait limiter la puissance, mais maintenant que je disposerai d'un turbo, j'ai changé d'avis !

 

Ferrari n'a pas eu le temps en huit jours de trouver un remplaçant à Didier Pironi, et par conséquent seul Patrick Tambay défend ses couleurs. Jochen Mass se plaint toujours de douleurs suite à son accident au Castellet, mais en fait refuse de remonter dans la March. Rupert Keegan le remplacera jusqu'à la fin de l'année.

 

BMW continue de travailler sur son turbo et essaie une wastegate allongée pour donner plus de couple. Les ingénieurs bavarois cherchent aussi à refroidir le carburant avec un « mini-réfrigérateur » et des pains de glace. Il s'agit d'éviter le « vapor-lock » fréquent en Autriche. Même souci chez Lotus où une prise d'air est percée dans le capot-moteur.

 

Les qualifications

Il fait très chaud en Autriche pour ce week-end du Quinze Août, mais aussi orageux. Le vendredi soir, un orage terrible s'abat sur la Styrie et change l'état de la piste pour le samedi.

 

Ici, ce sont les Brabham-BMW qui font la loi. Piquet réalise la septième pole position de sa carrière, trois dixième devant Patrese. Il pulvérise de quatre secondes la pole réalisée par Arnoux en 1981. Les voitures bleues et blanches sont ainsi idéalement placées pour une envolée rapide et un ravitaillement à mi-parcours. Prost se classe troisième tandis qu'Arnoux a rencontré des soucis avec le boîtier électronique d'injection. Il obtient finalement le cinquième temps avec la voiture de Prost. Tambay est quatrième avec la seule Ferrari engagée. Rosberg place sa Williams au sixième rang, à deux secondes et demie de la pole, ce qui n'est pas si mal sur ce tracé pour un moteur atmosphérique. En revanche tous les autres « atmos » sont relégués à plus de quatre secondes ! Daly est neuvième après avoir perdu une roue. De Angelis est très content de sa Lotus et partage la quatrième ligne avec son compatriote Alboreto. Les mines sont allongées chez McLaren. Lauda (10ème) et Watson (18ème) n'ont pas trouvé les bons réglages sur la MP4/1B. Watson se plaint des pneus Michelin de qualification qui selon lui ne tiennent qu'un tour avant de s'effondrer.

 

Comme à Hockenheim, les Alfa Romeo sont bien équilibrées mais le V12 manque de souffle. De Cesaris et Giacomelli se classent respectivement onzième et treizième. Ils encadrent Mansell qui a bénéficié des réglages de de Angelis. Les Talbot-Ligier sont très instables et leur arrière se dérobe à la moindre bosse. Laffite (14ème) et Cheever (22ème) ont bien du mérite à de pas sortir de la route. Les Toleman-Hart de Warwick (15ème) et de Fabi (17ème) progressent malgré du survirage généré par les Pirelli. Guerrero démontre une nouvelle fois son talent en hissant la modeste Ensign au seizième rang. Henton et Serra se partagent la dixième ligne, puis on découvre les Arrows (Surer 21ème, Baldi 23ème), la March de Keegan (24ème), l'ATS de Winkelhock (25ème) et la Theodore du jeune Byrne, bon dernier. Boesel et Salazar sont éliminés, tout comme Jarier qui a subi de nombreuses pannes avec son Osella.

 

Le Grand Prix

La course se déroule sous un soleil de plomb. Le retour de Niki Lauda génère un afflux de spectateurs. Chez Brabham, on garde l'essence au frais et sous pression... et ont fait chauffer les pneus tendres que Piquet et Patrese chausseront à la moitié de l'épreuve. Ils partiront équipés de pneus Goodyear de type « B », très tendres. Patrese servira de « lièvre » et devra s'échapper pour, si tout se passe bien, laisser repasser son équipier plus tard dans l'épreuve.

 

Prost monte dans son mulet après qu'une grave fuite d'huile a été décelée sur sa Renault. Surer tombe en panne d'alimentation dans le tour de mise en grille. Il court s'installer dans son Arrows de réserve et partira depuis les stands.

 

Départ: Piquet s'élance parfaitement tandis que Prost passe devant Patrese. Tambay et Rosberg sont en bagarre et finalement le Français s'impose au freinage. Plus loin, de Cesaris tente de déborder Daly par la droite mais trouve Lauda sur sa route. Il se rabat alors vers la gauche et percute Daly, puis Giacomelli. Les trois voitures obstruent la piste. Watson s'arrête complètement pour les éviter tandis que Keegan fausse sa direction en frottant le rail. De Cesaris, Giacomelli et Daly sortent de leurs voitures. La course est déjà terminée pour Alfa Romeo...

 

1er tour: Patrese repasse Prost dans la courbe Sebring. Piquet mène devant Patrese, Prost, Tambay, Arnoux, de Angelis, Rosberg, Alboreto, Mansell et Lauda.

 

2e: Comme prévu, Piquet laisse passer Patrese. La zone devant les stands est jonchée de débris. Tambay roule sur l'un d'entre eux et crève son pneu arrière-droit. Il doit parcourir un tour au ralenti pour regagner les stands. Alboreto perd le contrôle de sa Tyrrell en tentant de résister à Rosberg, peut-être suite à une crevaison, et percute le rail dans la Bosch Kurve. Mansell dépasse Rosberg, tandis que Keegan abandonne à cause d'une direction abîmée.

 

3e: Rosberg perd deux places au profit des Toleman de Warwick et de Fabi, très véloces en ce début de Grand Prix. Tambay rentre péniblement au stand Ferrari pour changer de pneus et repart dernier, avec deux tours de retard. Les commissaires évacuent la Tyrrell accidentée d'Alboreto.

 

4e: Les Brabham s'échappent. Warwick prend la sixième place à Mansell.

 

5e: Patrese mène devant Piquet (1.2s.), Prost (7.6s.), Arnoux (10.7s.), de Angelis (16.1s.) et Warwick (20.9s.). Les Toleman semblent en grande forme puisque Fabi dépasse Mansell. Viennent ensuite Rosberg, Laffite et Lauda. Piquet signe le meilleur tour, qui ne sera pas battu: 1'33''699'''.

 

7e: Rosberg et Laffite dépassent Mansell. Guerrero abandonne à cause d'un bris de demi arbre de roue.

 

8e: Fabi s'arrête dans l'herbe, en panne de transmission. Au même instant, Warwick sort de la route suite à un bris de suspension arrière et atterrit dans les hautes herbes. Après un superbe début d'après-midi, les deux Toleman sont hors-course. Lauda double Mansell.

 

9e: Prost concède désormais douze secondes aux Brabham. Henton est très rapide sur la Tyrrell et se débarrasse de Mansell, puis de Lauda.

 

11e : Une seconde sépare Patrese et Piquet. Prost est relégué à une quinzaine de secondes. Arnoux souffre d'un manque d'équilibre. Le surprenant de Angelis reste dans le sillage de celui-ci.

 

12e : Tambay concède un troisième tour de retard aux Brabham-BMW.

 

13e: Patrese devance Piquet (1.2s.), Prost (18.3s.), Arnoux (30s.), de Angelis (38.2s.) et Rosberg (50.5s.). Suivent Laffite, Henton, Lauda et Mansell.

 

14e : Patrese et Piquet sont aux prises avec les premiers retardataires : Byrne un peu plus tôt, Surer, Winkelhock et Serra désormais.

 

15e : Arnoux se plaint que son moteur ratatouille. Il s'arrête à son stand pour le faire examiner et changer ses quatre roues.

 

16e: Mansell est chez Lotus pour faire examiner son moteur qui ne tourne pas rond.

 

17e : Patrese a pris trois secondes d'avance sur Piquet. Le Brésilien a du mal à suivre son équipier à cause d'un pneu cloqué. Winkelhock part en tête-à-queue dans la dernière courbe, et s'il se remet dans le sens de la marche, il ne parvient pas à redémarrer son moteur. C'est l'abandon pour l'Allemand.

 

18e: Le moment tant attendu arrive enfin... mais trop tôt ! Piquet entre aux stands pour son ravitaillement avec huit tours d'avance sur le moment prévu. Ses mécaniciens doivent mettre la main en catastrophe sur les pneus neufs. Ils ravitaillent la Brabham en essence et fixent des pneus tendres de type « A », plus durs que les « B » qui ont cloqué. L'opération dure une demi-minute. Piquet reprend la piste en quatrième position, juste devant Rosberg.

 

19e : Patrese devance Prost (30.1s.), de Angelis (48.2s.), Piquet (59s.), Rosberg (1m. 01s.), Laffite (1m. 11s.), Henton (1m. 26s.) et Lauda (1m. 31s.). Arnoux a repris la piste mais pour un tour seulement. Il regagne les stands avec un turbo cassé.

 

20e : Lauda concède un tour à Patrese. Piquet n'est pas très rapide avec ses nouveaux pneus tendres.

 

21e: Patrese mène devant Prost (30.9s.), de Angelis (51s.), Piquet (1m. 04s.), Rosberg (1m. 05s.) et Laffite (1m. 18s.). Reparti pour un tour, Mansell revient au stand Lotus et met pied à terre, moteur cassé.

 

23e: Cheever entre au stand Talbot pour abandonner après la rupture d'un ressort de soupape. Patrese arrive aux stands à la fin de ce tour. Il possède alors trente-trois secondes d'avance sur Prost.

 

24e : Les mécaniciens de Brabham ravitaillent Patrese et changent ses pneus en seulement quatorze secondes. Un bel exploit puisque le pilote italien parvient à repartir à la première place. La tactique s'avère donc payante.

 

25e : Patrese compte trois secondes et demie d'avance sur Prost et semble avoir course gagnée, si tout se passe bien jusqu'au bout. En revanche, Piquet n'est pas très performant puisqu'il ne remonte pas sur de Angelis et ne parvient pas à semer Rosberg.

 

26e: Surer effectue un changement de pneus.

 

28e: Le moteur BMW de Patrese part en fumée dans l'enchaînement de Texaco. La Brabahm effectue une effrayante embardée dans l'herbe et termine sa course plantée sur un talus. Preuve du manque de sécurité du circuit, elle manque d'écraser une photographe qui avait franchi la barrière de protection pour s'installer dans le gazon. Pendant que Patrese sort de sa monoplace, Prost s'empare du commandement.

 

29e : Prost est premier devant de Angelis (26.7s.), Piquet (38.8s.), Rosberg (39.7s.), Laffite (1m. 04s.) et Henton (1m. 13s.).

 

30e: Surer s'arrête une seconde fois chez Arrows, cette fois-ci pour faire vérifier son injection. Byrne part en tête-à-queue dans l'herbe et abîme son train avant. Son premier Grand Prix s'arrête là.

 

32e: Piquet est au ralenti dans la ligne droite principale. L'entraînement des arbres à cames a cédé. Le champion du monde se retrouve au point mort et laisse glisser sa Brabham en arrière vers l'allée des stands. Les deux Brabham-BMW sont éliminées. Surer est de nouveau aux stands, toujours pour contrôler son injection.

 

33e: Henton occupait la cinquième place mais un bris de soupape le contraint à l'abandon. Surer est de retour aux stands et cette fois abandonne. Il n'y a plus que neuf voitures en piste. Tambay remonte peu à peu dans le peloton et double Serra dont le moteur est très poussif.

 

34e : Tambay est le plus rapide en piste. Il remonte sur Watson dont la McLaren est très lente.

 

36e: Prost est en tête devant de Angelis (31.4s.), Rosberg (41.1s.), Laffite (1m. 16s.), Lauda (-1t.), Baldi (-1t.), Watson (-1t.), Tambay (-1t.) et Serra (-2t).

 

38e : Grâce à une voiture plus légère en essence, Rosberg rattrape peu à peu de Angelis. Laffite est quant à lui réduit à la prudence car une de ses jupes s'est coupée et la JS19 survire énormément.

 

40e : Prost domine devant de Angelis (33s.), Rosberg (41s.), Laffite (1m. 24s.), Lauda (-1t.) et Baldi (-1t.).

 

42e : Prost prend un tour à Laffite.

 

43e: Prost précède de Angelis (35s.) et Rosberg (41s.).

 

44e : Tambay prend la septième à Watson. Le pilote Ferrari se lance à la poursuite de Baldi pour obtenir un point.

 

46e: Une durite d'eau s'est fendue sur la McLaren de Watson. Son moteur rend l'âme. C'est la fin d'une course-calvaire pour le Nord-Irlandais dont la McLaren n'a jamais été performante.

 

47e: Prost devance de Angelis de trente-six secondes. Rosberg est revenu à quatre secondes et demie du pilote italien. Tambay prend la sixième place à Baldi, puis remonte à bride abattue sur Lauda.

 

49e: Coup de théâtre: Prost est encore victime d'une avarie de son injection électronique. Le feu se déclare à l'arrière de la Renault. Prost s'arrête dans l'herbe au niveau de la Bosch Kurve et sort de sa voiture effondré, car il a perdu de gros points dans la lutte pour le titre. De Angelis se retrouve en tête de la course mais n'a que quatre secondes d'avance sur Rosberg. Laffite grimpe au troisième rang.

 

50e: De Angelis et Rosberg vont maintenant se battre pour obtenir leur première victoire en F1. L'intervalle entre l'Italien et le Finlandais est de trois secondes. Tous deux prennent un tour à Laffite. Tambay dépasse Lauda et se retrouve quatrième.

 

51e: Rosberg est à deux secondes de de Angelis.

 

52e : A la fin de cet avant-dernier tour, Rosberg est revenu à une seconde et six dixièmes de de Angelis.

 

53ème et dernier tour: Rosberg attaque à outrance et comble son retard dans la première partie du circuit. Dans l'enchaînement de Texaco, le moteur de de Angelis cafouille un instant. A l'abord de la dernière courbe, Rosberg se place intelligemment dans l'aspiration de la Lotus. De Angelis verrouille toutes les portes. A l'entame de la ligne droite, Rosberg se déporte à l'intérieur, mais il lui manque un ou deux mètres pour coiffer au poteau son adversaire, vainqueur pour cinq centièmes de seconde, l'un des plus faibles écarts de l'histoire de la F1. Pour la première fois depuis quatre ans et le GP des Pays-Bas 1978, Colin Chapman jette sa casquette dans les airs.

 

Elio de Angelis remporte son premier Grand Prix devant Rosberg. Laffite finit troisième et monte sur son premier podium de la saison. Tambay a effectué une superbe remontée après sa crevaison et obtient la quatrième place. Lauda a connu comme son équipe un week-end difficile mais accroche tout de même la cinquième place. Le dernier point est pour Baldi tandis que Serra est le seul autre coureur à rallier l'arrivée. Prost est classé huitième.

 

Après la course

Les trois premiers de cette course étaient propulsés par des moteurs atmosphériques. Qui l'aurait imaginé après les qualifications ? Ce Grand Prix a au moins démontré que la stratégie de ravitaillement en course Brabham peut être efficace. Patrese l'a prouvé. Reste aux BT50 à finir les courses...

 

Cette victoire tombe à point nommé pour Lotus, à l'heure où cette équipe s'apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire avec Renault. Même s'il doit beaucoup aux abandons des Renault et des Brabham, ce succès est tout de même très encourageant car la Lotus était la plus rapide des voitures équipées du Ford-Cosworth. C'est la 150ème victoire du DFV depuis son apparition en 1967.

De Angelis savoure aussi cette victoire après avoir mangé son pain noir plus souvent qu'à son tour depuis trois ans. Il inaugure de la meilleure des manières son nouveau contrat avec Lotus. « Si Elio avait attendu aujourd'hui pour signer, il m'aurait coûté plus cher ! » plaisante Colin Chapman. A-t-il un peu trop bloqué Rosberg dans les derniers mètres ? « Non, je n'ai pas fermé la porte, ironise le jeune Romain. Je me suis tout simplement retrouvé avec une voiture plus large que d'habitude... »

 

Keke Rosberg est déçu et songe qu'il aurait dû attaquer de Angelis un tour plus tôt. Il peut portant se réjouir car, avec 33 points, il revient à six longueurs de Pironi et devient le favori dans la quête à la couronne mondiale, Watson et Prost n'ayant pas marqué. La belle régularité du Finlandais va-t-elle finir par payer ? Au classement des constructeurs Ferrari (64 pts) accroît grâce à Tambay son avance sur McLaren (56 pts) tandis que Williams (46 pts) passe devant Renault (44 pts).

 

Enfin, la désillusion est énorme pour Alain Prost, encore une fois abandonné par son boîtier d'alimentation. Le jeune Français vient probablement de perdre le championnat et se terre dans le mutisme. René Arnoux prend lui les choses avec philosophie. Comme s'il n'était déjà plus concerné par les malheurs de son écurie...

Tony