Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Williams Ford Cosworth
John WATSON
 J.WATSON
McLaren Ford Cosworth
Jacques LAFFITE
 J.LAFFITE
Ligier Matra

351e Grand Prix

XXXIV British Grand Prix
Légérement nuageux
18 juillet 1981 - Silverstone
68 tours x 4.719 km - 320.892 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Piquet finit dans le mur. Reutemann s'envole au championnat.

Chapman et la Lotus 88: nouveau bras de fer avec la FISA

Colin Chapman persévère dans sa volonté de faire courir sa Lotus 88 à « double châssis » et a l'intention de l'aligner au Grand Prix de Grande-Bretagne. Pour ce faire il en a présentée une version modifiée au Royal Automobile Club. Au lieu d'avoir deux châssis, la 88B affiche maintenant – quelle subtilité ! - « deux structures suspendues ». Le RAC déclare cette voiture légale sur le plan technique. Cette décision n'est pas dénuée d'arrière-pensées politiques : le président du RAC Basil Tye est en effet candidat à la présidence de la FISA contre Jean-Marie Balestre. Cette même FISA ne tarde pas à réagir et affirme que si les Lotus 88 sont admises au départ à Silverstone, le GP de Grande-Bretagne sera rayé du calendrier mondial. Le RAC résiste et le mercredi précédent la course, les Lotus 88B sont admises à courir pour les commissaires techniques. Dans le même temps Ferrari, Autodelta et Talbot déposent une réclamation. Si le jeudi matin les 88B peuvent s'entraîner, les commissaires sportifs se rangent à l'avis de la FISA et les déclarent hors la loi. Tye et le RAC doivent rétro-pédaler et bannissent les Lotus.

 

Chapman a définitivement perdu son bras de fer avec le pouvoir sportif. Il ne lui reste plus qu'à reconvertir ses 88B en 87 en une nuit, tâche surhumaine dont s'acquittent pourtant ses mécaniciens. Mais le retard ainsi pris est très préjudiciable à Elio de Angelis et Nigel Mansell. Leur week-end est d'ores et déjà fichu.

 

Présentation de l'épreuve

La question des pneumatiques continue d'agiter le paddock. Brusquement, sans prévenir Pierre Dupasquier, Colin Chapman a décidé d'équiper ses Lotus de Goodyear. Le manufacturier américain fournit donc désormais trois équipes. Michelin poursuit avec ses cinq teams privilégiés tout en donnant des « pneus normaux » à Fittipaldi, Osella et Tyrrell qui peuvent toutefois s'équiper ailleurs s'ils le souhaitent. Arrows a conclu un accord avec Pirelli qui lui fournira ses pneus de 15 pouces. Enfin les « sans grade » ATS, March, Theodore et Ensign vont faire leur marché en pneus Avon auprès de l'IRTS.

 

Une délégation de pilotes conduite par Alan Jones a rencontré le président Balestre pour débattre de l'affaire des amendes infligées aux conducteurs suite aux incidents de Zolder. Les plus extrémistes du GPDA souhaitaient lancer une grève des pilotes. Malgré un débat tendu entre Jones et Balestre qui se détestent, un terrain d'entente est trouvé. Le président de la FISA se montre accommodant et les coureurs rentrent dans le rang.

 

Après des semaines d'incertitude, Brabham amène finalement une nouvelle BT50 à moteur BMW turbocompressé, sous les yeux de Dieter Stappert, directeur sportif de la marque bavaroise. Toutefois ce modèle ne sera utilisé que lors des essais libres. Le turbo BMW ne devrait pas apparaître en course avant la saison 82.

 

Renault inaugure un nouvel aileron arrière. L'équipe française a de grandes ambitions sur ce tracé où le moteur turbo devrait donner sa pleine mesure. « Ici, c'est le vrai test pour les turbos, affirme Gérard Larrousse. Pour le nôtre et aussi pour celui de Ferrari. Le compromis puissance/tenue de route n'est pas si facile que ça à obtenir... » En la matière, Renault a cependant un net avantage sur des Ferrari à la tenue de route désastreuse.

Alfa Romeo présente la 179D qui se distingue des modèles C par une coque neuve plus basse, de nouveaux bras supérieurs de suspension avant et une suspension arrière inédite. Cette voiture est dévolue à Mario Andretti qui ne l'utilisera pas en course.

Chez Theodore Marc Surer inaugure un nouveau châssis entièrement rigidifié. March présente une 811 modifiée par les soins de Gordon Coppuck et Adrian Reynard. La carrosserie est complètement remodelée avec un nez plus rond, un aileron plus grand et un gain de poids de vingt-cinq kilogrammes.

 

Fittipaldi n'a toujours pas le moindre sponsor et les F8C font pour le moins pitié, faute d'entretien. Ainsi la monoplace de Serra, endommagée à Dijon, a été rafistolée avec une espèce d'emplâtre digne d'un mauvais garagiste... Keke Rosberg, très mécontent de la situation de son équipe, a laissé entendre qu'il pourrait claquer la porte sous peu. Mais Emerson Fittipaldi lui a rappelé qu'il lui était lié par un contrat de trois ans et le Finlandais est revenu à de meilleures disposition...

 

Toujours en proie à des difficultés financières, Tyrrell présente tout de même enfin sa 011. Celle-ci arbore une livrée toute blanche. C'est une voiture disgracieuse mais légère grâce à une coque en nids d'abeille. Les suspensions hydrauliques sont une copie de celles de la Brabham BT49. Eddie Cheever inaugure ce modèle et le détruit presque aussitôt à Woodcote...

 

Surprise avec l'arrivée de Jean-Pierre Jarier chez Osella. Le pilote français semblait mortifié de ne pas avoir été choisi pour remplacer Jabouille chez Ligier. Il rejoint la « petite Scuderia » avant tout pour ne pas perdre le contact avec la F1. Il prend le baquet de Miguel Angel Guerra qui, bien que rétabli, semble avoir perdu l'appui de quelques sponsors argentins...

Osella n'avait engagé qu'une seule voiture en France, limitant ainsi le nombre de participants à 29 et laissant donc une place libre. John Macdonald espérait présenter une seconde March si Osella en restait à un seul engagement. Il songeait confier tout d'abord cette deuxième voiture à l'espoir anglais Jonathan Palmer, leader du championnat de Formule 3, avant de se rabattre sur le Suédois Stefan Johansson. Mais l'arrivée de Jarier chez Osella a ruiné ce projet.

 

Les qualifications

Sur ce circuit très rapide, l'avantage est aux Renault turbos qui se sont bien préparées pour cette course. Arnoux réalise la septième pole position de sa carrière en devançant Prost de 46 millièmes. Cette pole en 1'11'', soit à 240km/h de moyenne, apparaît effrayante à bien des observateurs. On l'a vu, Piquet a étrenné le Brabham-BMW mais il n'est pas question de l'utiliser en course. Il classe une BT49C très bien réglée et équipée de pneus de treize pouces au troisième rang, mais à près d'une seconde des Renault. Si les Ferrari sont très rapides en ligne droite, leur châssis demeure rétif et elles glissent dans les courbes. Pironi réalise une jolie performance en se classant quatrième tandis que Villeneuve est huitième. Les McLaren MP4 sont devenues des outsiders redoutables : Watson et de Cesaris monopolisent la troisième ligne. Les Williams manquent d'appui en virage et sont de nouveau frappées par des soucis d'alimentation. De plus l'équipe technique ne cesse d'hésiter entre les pneus de 13'' et ceux de 15''. Le résultat est peu glorieux : Jones est septième, Reutemann neuvième.

 

Patrese se montre satisfait de son Arrows à pneus Pirelli et obtient la dixième place. Ce sera la première course du manufacturier italien depuis 1958. Son équipier Stohr est en revanche très en retrait, au 18ème rang. Les Alfa Romeo d'Andretti et de Giacomelli occupent la sixième ligne. Rebaque est treizième avec une Brabham équipée de pneus de 15 pouces. Ligier a perdu la journée du jeudi à cause d'un problème de roulement de roue arrière sur les deux voitures. Dans ces conditions Laffite (14ème) et Tambay (15ème) n'ont pas pu mettre leurs voitures au point. Rosberg fait de son mieux avec une Fittipaldi très médiocre et se qualifie seizième. Serra est éliminé après n'avoir pas satisfait à un contrôle de garde au sol. Grâce à son châssis tout neuf, Daly place la March au 17ème rang. Cheever a détruit la nouvelle Tyrrell le jeudi et n'est que 23ème au volant de la 010. Son équipier Alboreto est 19ème avec le même modèle. Jarier, Borgudd et Surer complètent le fond de la grille. Enfin, au prix d'un effort surhumain, de Angelis arrache sa qualification au 22ème rang avec une Lotus 87 assemblée en catastrophe.

 

Gabbiani, Salazar, Warwick et Henton (qui s'est violemment crashé à Woodcote) sont éliminés, tout comme le pauvre Mansell qui n'a pas réussi de miracle avec la 87. Il est donc non-qualifié pour son Grand Prix national, à un jet de pierre de son domicile...

 

Le Grand Prix

C'est sous un ciel voilé que se dispute ce trente-quatrième Grand Prix de Grande-Bretagne. Une foule très nombreuse est présente comme chaque année. Elle est néanmoins déçue de l'absence de son nouveau chouchou Nigel Mansell. La presse britannique est très remontée contre la FISA qu'elle juge responsable de sa non-qualification, et en rajoute encore une couche dans la veine anti-française.

 

Gordon Murray a décidé d'équiper la Brabham de freins en fibre de carbone pour cette course. Il prend là un risque réel.

 

Départ : Bon départ de Prost qui prend l'avantage sur Arnoux. Pironi se porte à l'extérieur à Copse et déborde Arnoux au virage suivant. Suivent Piquet et Villeneuve qui a encore pris un superbe envol. Alboreto grille son embrayage et abandonne.

 

1er tour : Villeneuve double Piquet. Puis il déborde Arnoux par l'intérieur à Stowe. Rebaque touche Stohr à Club. L'Arrows part en toupie et atterrit à vive allure dans les grillages. Heureusement Stohr sortira sans mal de sa machine. Prost mène cette première boucle devant Pironi, Villeneuve, Arnoux, Piquet, Jones, Watson, de Cesaris, Reutemann et Andretti.

 

2e : Prost s'envole tandis que Pironi, Villeneuve et Arnoux sont roues dans roues. A Club Villeneuve attaque son équipier mais manque son freinage, ce qui permet à Arnoux de le surprendre et de lui reprendre le troisième rang. Daly est aux stands afin de résoudre un souci avec sa tringlerie de boîte de vitesses.

 

3e : Un long peloton composé de Pironi, Arnoux, Villeneuve, Piquet, Jones, Watson et de Cesaris s'est formé. A Woodcote Arnoux double Pironi tandis que Piquet dépasse Villeneuve. Daly redémarre.

 

4e : Piquet harcèle Pironi. Sous la pression de Jones, Villeneuve sort de Woodcote trop rapidement et escalade la bordure. La Ferrari échappe à son contrôle, part dans une impressionnante embardée et percute les protections. Aveuglé par un nuage de gomme embrasée, Jones heurte la Ferrari puis tire tout droit dans les grillages. Watson monte sur ses freins et de Cesaris, voulant l'éviter, braque à gauche et pulvérise sa McLaren dans le mur. Les autres pilotes échappent au carnage, dont Watson qui a tout de même perdu quelques places.

 

5e : Jones et de Cesaris sortent de leurs voitures tandis que Villeneuve a repris la piste avec des trains avant et arrière détruits ! Il trotte ainsi jusqu'à Stowe avant d'abandonner. Piquet dépasse Pironi. Reparti en dixième position, Watson double Laffite.

 

6e : Prost mène devant Arnoux (6.8s.), Piquet (10.3s.), Pironi (11.5s.), Reutemann (15.6.) et Andretti (16.6s.). Watson a pris la septième place à Tambay qui précède Laffite, Patrese et Rebaque. Jusqu'alors septième, Giacomelli renonce à cause d'un arbre principal de boîte de vitesses cassé.

 

8e : Sept secondes séparent Prost et Arnoux. Seul Piquet peut suivre la seconde Renault. La Ferrari de Pironi est trop instable dans les courbes pour être une menace sérieuse. Rebaque double Patrese.

 

9e : Reutemann met la pression sur Pironi qui lui résiste. Watson remonte sur Andretti.

 

10e : Piquet menace Arnoux et convoite la deuxième place.

 

11e : Tambay s'arrête chez Talbot pour réparer un fil d'allumage sectionné. Il reste immobilisé deux minutes.

 

12e : Le pneu avant gauche de Piquet explose à Becketts. La Brabham se met à l'équerre, travers les grillages et heurte très violemment les rails. Piquet garde ses esprits mais souffre du pied gauche. Il est extrait de sa monoplace par les commissaires et allongé sur un talus. Une ambulance est appelée. Pendant ce temps-là Watson prend l'avantage sur Andretti.

 

13e : Prost a huit secondes d'avance sur Arnoux. Pironi, Reutemann, Watson et Andretti sont maintenant en lutte pour la troisième place. Watson double Reutemann à Woodcote. Tambay revient aux stands : un deuxième fil d'allumage est défectueux sur sa voiture.

 

14e : Watson dépasse Pironi à Becketts. Au même moment le moteur du Français expire. Reutemann et Andretti le dépassent. Le V6 turbo explose dans un nuage de fumée bleue.

 

15e : Patrese prend la sixième place à Laffite dans ce tour.

 

16e : Prost mène devant Arnoux (8.4s.), Watson (33.1s.), Reutemann (34.5s.), Andretti (37.1s.), Patrese (50.2s.) et Laffite (51s.). Une ambulance traverse la piste pour évacuer Piquet vers le centre médical du circuit. Les drapeaux jaunes sont agités dans le secteur. De Angelis double Laffite à cet instant. Plus loin, le Français est surpris par Rebaque.

 

17e : Prost entre aux stands en fin de tour. Son moteur ne tourne plus rond. Ses mécaniciens changent ses pneus mais en fait la Renault est frappée d'une panne de distributeur. Piquet est monté dans l'ambulance. Plus de peur que de mal heureusement pour le pilote Brabham qui ne souffre que d'égratignures au pied gauche.

 

18e : Arnoux est le nouveau leader avec vingt-six secondes d'avance sur Watson. Celui-ci a semé Reutemann. Prost abandonne.

 

19e : De Angelis et Rebaque prennent l'avantage sur Laffite. Nouvel arrêt pour Tambay à cause d'un fil de bougie débranché. Lorsqu'il redémarre son embrayage se bloque. Patrick n'a plus qu'à ranger son casque et ses gants.

 

20e : Arnoux est premier devant Watson (24.9s.), Reutemann (28.8s.), Andretti (34.9s.), Patrese (48.1s.) et de Angelis (49.3s.). Suivent Rebaque, Laffite, Cheever et Surer.

 

21e : Passage aux stands pour Jarier afin de faire régler l'incidence de son aileron arrière.

 

23e : L'écart est stable entre Arnoux et Watson tourne autour de vingt-cinq secondes.

 

25e : Le drapeau noir est présenté à de Angelis : il est accusé d'avoir doublé Laffite sous régime de drapeau jaune à Becketts. Le jeune Italien regagne donc les stands. Lorsque le directeur de course Robert Langford lui annonce sa disqualification, il sort en furie de sa Lotus et enguirlande le malheureux officiel, avant de s'en retourner en compagnie de David Thieme (toujours en liberté !) et de Peter Collins.

 

27e : Arnoux a vingt-six secondes d'avance sur Watson. Reutemann a laissé filer la McLaren.

 

30e : Arnoux est premier devant Watson (25.8s.), Reutemann (37s.), Andretti (50s.), Patrese (57.8s.), Rebaque (1m. 01s.) et Laffite (1m. 12s). Septième, Laffite est le dernier pilote à ne pas avoir concédé un tour à Arnoux.

 

31e : Au micro de BBC Colin Chapman conteste la disqualification de son pilote et dénonce l'acharnement dont il serait victime.

 

32e : Arnoux prend un tour à Laffite.

 

34e : Patrese se rapproche de plus en plus d'Andretti dont les pneus se dégradent.

 

35e : Vingt-sept secondes entre Arnoux et Watson. Reutemann a 44 secondes de retard.

 

37e : Arnoux est leader devant Watson (28.9s.), Reutemann (45.3s.), Andretti (1m. 02s.), Patrese (1m. 03s.), Rebaque (1m. 10s.), Laffite (-1t.), Cheever (-1t.), Surer (-1t.) et Borgudd (-1t.).

 

38e : Patrese prend la quatrième place à Andretti.

 

40e : Rebaque entre au stand Brabham pour changer ses pneus. L'arrêt est rapide et le pilote mexicain reprend la piste en neuvième position devant Borgudd. Laffite se retrouve sixième.

 

42e : Arnoux a maintenant trente secondes de marge sur Watson.

 

44e : Les mécaniciens de Renault semblent préparer un changement de pneus. Arnoux pourrait se le permettre car son avance sur Watson est très conséquente.

 

45e : Trente-deux secondes séparent Arnoux et Watson. Reutemann concède une cinquantaine de secondes à la Renault.

 

47e : Andretti, en difficulté avec des pneus usés, concède un tour au leader.

 

50e : Arnoux signe le meilleur tour de la course : 1'15''06'''. Il mène devant Watson (26.9s.), Reutemann (53.1s.), Patrese (1m. 07s.), Andretti (-1t.), Laffite (-1t.), Cheever (-1t.), Surer (-1t.), Rebaque (-2t.) et Borgudd (-2t.).

 

51e : Le moteur d'Arnoux émet un bruit étrange. Le Grenoblois ralentit de manière significative et Watson lui reprend trois secondes dans ce tour. Rebaque effectue un second changement de pneus. Borgudd lui passe ainsi devant.

 

53e : Arnoux est en difficulté ; ainsi Rebaque lui reprend un tour de retard. Watson le rattrape au rythme de trois secondes au tour, encouragé par le public britannique.

 

54e : Watson est revenu à treize secondes d'Arnoux dont le moteur émet un son très rauque.

 

55e : Andretti repasse devant Arnoux. Watson est à dix secondes du pilote Renault.

 

56e : Huit secondes entre Arnoux et Watson. Reutemann remonte également sur le leader mais en est encore très loin.

 

58e : Watson est désormais à quatre secondes d'Arnoux. Rosberg renonce à cause d'un triangle de suspension arrière brisé sur sa Fittipaldi.

 

59e : L'avance d'Arnoux est tombée à deux secondes et demie. Les Britanniques sont debout dans les tribunes pour encourager Watson.

 

60e : Watson sort de Woodcote Corner juste derrière Arnoux. Andretti laisse passer les deux rivaux et stoppe son Alfa Romeo dont l'accélérateur s'est coincé.

 

61e : Watson attaque Arnoux à Copse, sans résultat. A Becketts il déborde la Renault par l'intérieur et Arnoux ne résiste pas. C'est une explosion de joie dans les tribunes : les spectateurs agitent leurs programmes, quelques uns brandissent l'Union Jack.

 

62e : Watson s'échappe en tête tandis qu'Arnoux espère terminer la course. Cheever est entré dans les points grâce à l'abandon d'Andretti. Rebaque prend la huitième place à Surer.

 

63e : Surer arrête sa Theodore face au muret des stands, derrière l'Alfa d'Andretti. Son moteur désamorçait et il se retrouve en panne sèche.

 

64e : Watson mène devant Arnoux (6.5s.), Reutemann (42s.), Patrese (1m. 05s.), Laffite (-1t.), Cheever (-1t.), Rebaque (-1t.) et Borgudd (-2t.).

 

65e : Arnoux arrête sa voiture au niveau de Copse, moteur muet. Une soupape défectueuse est à l'origine de cette panne. Patrese tient pendant quelques instants la troisième place avant de casser son moteur. Il s'immobilise dans la pelouse.

 

66e : Après les abandons d'Arnoux et de Patrese, Watson mène avec quarante-trois secondes d'avance sur Reutemann. Laffite est troisième avec un tour de retard. Il précède Cheever, Rebaque et Borgudd.

 

68ème et dernier tour : John Watson obtient sa deuxième victoire en Formule 1, près de cinq ans après la première. McLaren n'avait plus gagné depuis le GP du Japon 1977. Reutemann fait une belle opération avec la deuxième place tandis que tous ses rivaux au championnat ont renoncé. Laffite termine troisième mais avec un tour de retard sur le vainqueur. Cheever est quatrième, ce qui est le meilleur résultat de la saison pour Tyrrell. Rebaque sauve les meubles pour Brabham avec deux points tandis que Borgudd, l'ancien musicien, décroche un point pour ATS. Seuls Daly et Jarier franchissent aussi la ligne d'arrivée.

 

Après la course: triomphe de la nouvelle McLaren

« Wattie » réalise un beau tour d'honneur, salué par un public enthousiaste. Il n'avait plus goûté à la victoire depuis le Grand Prix d'Autriche 1976. Voilà une belle revanche pour l'Irlandais qui a été très critiqué au cours des deux dernières années. Ses performances avec McLaren étaient il est vrai médiocres et il a beaucoup souffert face au débutant Alain Prost en 1980. Mais tout a changé avec l'arrivée de Ron Dennis et John Barnard à la tête de l'équipe. Cette McLaren MP4/1 en fibre de carbone est une machine novatrice, très compétitive, améliorée course après course par une équipe d'ingénieurs très compétents. A son volant Watson a retrouvé toute sa confiance, toute sa hargne, et ce beau succès en Angleterre vient récompenser ses efforts et ceux d'une équipe McLaren entrée dans l'« ère moderne » de la Formule 1.

 

Ce n'est pas la franche gaieté en revanche chez Renault-Elf. Les voitures françaises ont archi-dominé l'épreuve et ne récoltent pourtant qu'un zéro pointé. La fiabilité est bien décidément le gros point faible de cette équipe.

 

Reutemann fait une excellente affaire en portant son score à 43 points tandis que ses adversaires ont tous abandonné. L'Argentin a désormais dix-sept longueurs d'avance sur Piquet, dix-neuf sur Jones, vingt-deux sur Villeneuve et Laffite. Reutemann est bien en passe d'obtenir enfin sa première couronne mondiale, n'en déplaise à Frank Williams qui fait toujours comme si celui-ci n'était que son second pilote. Au classement des constructeurs Williams a trente-six points d'avance sur Brabham. Talbot-Ligier et McLaren passent devant Renault.

Tony