Jacques LAFFITE
 J.LAFFITE
Ligier Matra
Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Williams Ford Cosworth
Nigel MANSELL
 N.MANSELL
Lotus Ford Cosworth

347e Grand Prix

XXXIX Grote Prijs van Belgie
Très variable
17 mai 1981 - Zolder
54 tours x 4.262 km - 230.148 km
Course prévue pour 70 tours, interrompue après 1 tour suite à un accident, relancée pour la distance originale et stoppée à cause de la pluie.
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Premier podium pour Mansell sur sa Lotus '"Essex".

Compensateurs et tricherie généralisée

Le 7 mai 1981 la commission technique de la FISA s'est réunie pour résoudre enfin les interminables querelles concernant l'application du nouveau règlement. L'Accord de la Concorde statuait que « tout dispositif comblant l'espace entre la carrosserie et le sol est interdit. » La commission définie cette fois-ci qu' « au bas des panneaux latéraux de carrosserie peut être attachée une pièce de section rectangulaire, confectionnée dans un matériau uniforme et solide [...] Aucun dispositif de variation de hauteur de suspension ne doit permettre à la voiture, dans sa position la plus basse, d'avoir une garde au sol inférieure à 6 cm. »

Et pourtant en Belgique, il est manifeste que la plupart des équipes n'ont pas tenu compte de cette dernière phrase. Les suspensions hydropneumatiques et autres compensateurs sont en place sur presque tous les bolides. Les commissaires tentent de surprendre la triche mais les ingénieurs ont été les plus malins. Ils ont confectionné toutes sortes de systèmes permettant de remonter les voitures jusqu'à la garde au sol attendue au moment opportun. Les officiels ne peuvent donc rien faire.

 

En ce qui concerne les jupes la situation est encore plus scandaleuse. La FISA exigeait un matériau « solide », c'est-à-dire rigide. Mais les ingénieurs n'ont retenu que le terme employé et présentent donc des jupes... en caoutchouc ! Et oui, le caoutchouc n'est pas un matériau rigide, mais il est « solide », c'est-à-dire ni liquide ni gazeux ! Les Talbot-Ligier apparaissent même avec des jupes articulées, mais une telle provocation suscite la colère des Britanniques, tricheurs eux-aussi, mais « respectables ». Gérard Ducarouge fera démonter ces pièces.

 

L'affaire Theodore

Autre polémique concernant le nombre de concurrents engagés. L'Accord de la Concorde a fixé leur nombre maximum à trente tout en supprimant la séance de pré-qualifications. Or 32 pilotes se présentent à Zolder. ATS renonçant le jeudi à engager Jan Lammers, il ne reste qu'un seul coureur à éliminer. Comme 12 places sont réservées aux ex-équipes légalistes, le couperet tombe sur Patrick Tambay dont la jeune écurie Theodore n'est pas encore affiliée à la FOCA. Pourtant le Français aura sa chance le samedi après que Toleman a retiré la voiture de Derek Warwick, en proie à de graves problèmes de moteur. Mais sur le mouillé, Tambay ne pourra évidemment se défendre et se qualifier.

L'affaire n'en reste pas là. L'exclusion de Theodore profite à Osella. La petite équipe italienne n'est en effet elle non plus pas membre de la FOCA, mais bénéficie de la protection de Ferrari. Marco Piccinini a ainsi fait pression sur les organisateurs pour obtenir l'élimination de la Theodore, et exige même qu'elle soit bannie jusqu'à la fin de l'année !

 

Jacques Laffite mène campagne le vendredi afin de faire accepter la Theodore de son ami Tambay aux essais qualificatifs. Il a réussi à mobiliser de nombreux collègues et finalement Jody Scheckter, président du GPDA, s'empare de l'affaire et demande à la FISA de rétablit la séance pré-qualificative.

 

Présentation de l'épreuve

Presque toutes les équipes se présentent à Zolder avec des systèmes de suspensions hydropneumatiques permettant d'abaisser la voiture, inspirés de la Brabham BT49C, et pour la plupart commandés par des manettes placées dans les cockpits. Talbot-Ligier teste ainsi un dispositif de contrôle de hauteur des suspensions commandé par la pression d'huile du moteur, ce qui permet un substantiel gain d'adhérence. De son côté Alfa Romeo n'apporte pas moins de trois systèmes de contrôle de hauteur différents... et aucun ne fonctionne correctement ! Seules les McLaren, RAM-March, Osella, Toleman et Theodore ne possèdent pas de suspensions hydrauliques.

 

Renault lance sa nouvelle voiture, la RE30 conçue par François Castaing, Michel Têtu et Marcel Hubert. Plus courte et plus légère que la RE20B, ses turbos sont accrochés plus bas afin d'améliorer la répartition des masses et la position du centre de gravité. Mais à Zolder ce modèle manque globalement d'appui. A noter la présence d'un compensateur au temps de réponse très rapide, mais on ne sait pas si René Arnoux ou Alain Prost sont autorisés à s'en servir.

Du côté de Ligier, Georges Martin a résolu un délicat problème d'alimentation du V12 Matra qui entravait les efforts de Laffite et de Jabouille depuis de semaines. Avec l'arrivée des suspensions mixtes, on espère un net regain de performance chez les Bleus.

 

Après l'interdiction de la 88 et la faillite de son sponsor Essex, Colin Chapman tente de reconstruire le Team Lotus. Une voiture intermédiaire, la 87, chargée de terminer la saison, est en préparation, mais en attendant les 81B sont encore là. L'équipe n'a pas de nouveau commanditaire mais Chapman serait en négociations avancées avec son ancien partenaire John Player Special.

 

Slim Borgudd étrenne la nouvelle ATS D5 conçue par Hervé Guilpin. Cette voiture plutôt élégante possède une toute nouvelle carrosserie et des suspensions hydropneumatiques. Du nouveau aussi chez March avec de nouvelles coques pour les 811. Le train avant est méconnaissable. Eliseo Salazar et Derek Daly espèrent pouvoir se qualifier... Chez Fittipaldi, seul Keke Rosberg utilise encore les pneus Avon apparus à Imola. Chico Serra se rabat sur les Michelin.

 

Miguel Angel Guerra s'étant blessé au départ du Grand Prix de Saint-Marin, Enzo Osella lui cherche un remplaçant. Après avoir songé à Giorgio Francia, son pilote en voitures de sport, il choisit l'Italien Piercarlo Ghinzani, 29 ans, champion d'Europe de Formule 3 en 1977.

 

Vendredi: Reutemann fauche un mécanicien

Lors des ultimes essais du vendredi, Carlos Reutemann en finit avec ses tours lancés et emprunte la très étroite voie des stands du circuit. Giovanni Amadeo, un jeune mécanicien de 21 ans travaillant pour Osella, trébuche et tombe du mur des stands au même instant. Reutemann ne peut rien faire pour l'éviter et le percute de plein fouet. Le malheureux heurte le béton du muret la tête la première. Reutemann sort de sa voiture épouvanté et les secours se précipitent. Le jeune homme gît inconscient, très gravement blessé à la tête. Il souffre d'une fracture du crâne. Le paddock est sous le choc, d'autant plus que le samedi soir les nouvelles sont des plus alarmistes : Giovanni Amadeo serait dans un état désespéré.

 

Ce drame suscite une violente réaction de la part des mécaniciens qui se plaignent depuis de nombreuses années de leurs conditions de travail à Zolder. La voie des stands est d'une très dangereuse étroitesse, et il apparaissait à beaucoup évident qu'un tel drame devait survenir un jour ou l'autre. Toutes équipes confondues, les mécaniciens décident d'organiser un mouvement de protestation sur la grille de départ du dimanche après-midi. Le GPDA leur apporte son soutien et prévoit aussi de manifester afin de soulever le problème de la pré-qualification. La FOCA et la FISA sont donc débordées par les éléments « subalternes » du Grand Cirque de la Formule 1.

 

Les qualifications

Elles se décident en vérité le vendredi car la pluie perturbe la séance du samedi. Jones réalise tout d'abord le meilleur temps, mais malheureusement pour lui, l'interrupteur commandant son système de variation de hauteur reste ouvert lorsqu'il est contrôlé par les commissaires... qui annulent son temps pour garde au sol non conforme. Il se contente de la sixième place sur la grille tandis que son équipier Reutemann réalise la pole position. Mais évidemment l'Argentin n'est pas en joie car quelques instants après avoir signé cette performance, il écrase le pauvre Giovanni Amadeo. Piquet et sa Brabham l'accompagnent en première ligne.

Pironi crée la surprise en hissant sa Ferrari au troisième rang. Il convient de préciser que sa voiture bénéficie de suspensions hydropneumatiques, au contraire de celle de Villeneuve, seulement septième. La quatrième place est occupée par Patrese, équipé d'une nouvelle suspension. Il précède Watson qui confirme les belles potentialités de la McLaren MP4. Tyrrell a aussi adopté les nouvelles suspensions hydrauliques, et le résultat est plutôt probant : Cheever est huitième, Alboreto dix-neuvième. Les Talbot-Ligier font bonne figure. Laffite se classe neuvième, Jabouille seizième. Malgré un sous-virage effroyable, Mansell hisse sa Lotus 81 au dixième rang. De Angelis est seulement quatorzième. A noter les solides prestations de Rosberg, 11ème, de Stohr, 13ème, et de Surer, 15ème. Se débattant avec une nouvelle RE30 rétive, Prost n'est que douzième.

Les Alfa Romeo font pâle figure, et Andretti et Giacomelli doivent se partager la neuvième ligne. En fond de grille on trouve Serra, Rebaque qui a cassé un moteur, Gabbiani, de Cesaris et Ghinzani.

 

Salazar, Daly, Henton, Warwick et Borgudd sur la nouvelle ATS ne sont pas qualifiés... de même qu'Arnoux ! Victime d'une panne de distributeur sur la RE30, il s'installe avec la RE20B de réserve et sort de la route. La pluie du samedi l'empêche de se qualifier... Grosse désillusion pour le Grenoblois.

 

Très déçu de son élimination, Arnoux quitte le circuit en colère, peste contre un embouteillage, double irrégulièrement une file de voitures et se heurte à un spectateur. Celui-ci prétend le stopper et se hisse sur le capot de sa Renault 5 Turbo. Qu'à cela ne tienne : Arnoux démarre, charge l'hurluberlu et rejoint son hôtel avec ce passager improvisé dressé sur son capot, fou de rage et de peur ! La police n'apprécie pas et le pilote finit sa journée en prison ! Il n'est libéré que le dimanche soir...

 

Manifestation des pilotes et des mécaniciens

Le dimanche après-midi, l'ambiance est très tendue sur le tracé de Zolder. Les mécaniciens de la plupart des écuries se portent en haut de la grille de départ pour protester contre les conditions de sécurité dans les stands qu'ils jugent indignes. Après le tour de chauffe, une douzaine de pilotes se joint à eux, principalement les Français et les Italiens. Gilles Villeneuve apparaît comme leur chef de file.

 

Ces événements retardent le déclenchement de la procédure de départ, au grand dam des organisateurs qui s'inquiètent de la télédiffusion de la course.

 

Le Grand Prix

Le départ est donné dans une incroyable confusion. Piquet se trompe d'emplacement et doit effectuer un deuxième tour pour que la procédure de départ soit enclenchée. Entretemps tous les pilotes s'installent dans leurs habitacles. Reutemann agite les bras pour signifier que cette attente trop longue fait chauffer son moteur. Puis il est imité par Patrese qui a calé. Le bon sens voudrait qu'un nouveau tour de chauffe soit lancé, mais les organisateurs, obnubilés par l'horaire de l'Eurovision, choisissent de donner le départ. Bernie Ecclestone, Frank Williams et Colin Chapman les pressent en ce sens. Le starter s'apprête à lancer le feu vert. Au même instant Dave Luckett, mécanicien de Patrese, se précipite en piste, une bouteille d'air comprimé à la main, et se place derrière l'Arrows pour opérer. Il ne sait pas que le feu vert vient d'être lancé...

 

Départ : Piquet prend le meilleur envol devant Reutemann et Pironi. Mais plus loin c'est le drame : Jones et Mansell ont obliqué vers la gauche pour éviter l'Arrows immobilisée de Patrese, mais Stohr qui n'a rien vu percute de plein fouet l'arrière de la voiture de son équipier... et le malheureux Dave Luckett ! Celui-ci gît au sol, grièvement blessé. Stohr s'extrait de sa voiture et, voyant ce qu'il vient de faire, éclate en sanglots. Il pense avoir tué le mécanicien. Les secours se précipitent autour du malheureux, mais la course continue !

 

1er tour : Piquet mène devant Reutemann, Pironi, Watson, Jones, Cheever, Villeneuve et Mansell. Une ambulance se gare sur la grille de départ et les médecins évacuent très rapidement le pauvre Luckett. Toute cette zone est envahie de commissaires qui agitent les drapeaux jaunes.

 

2e : Lorsque les pilotes attaquent la dernière ligne droite, ils découvrent la piste obstruée. Le directeur de course et les commissaires leur font signe de continuer, mais plusieurs pilotes sont surpris tandis qu'ils essaient de déboîter un concurrent par l'extérieur ! Plusieurs d'entre eux frôlent ainsi les commissaires et un nouveau drame est évité par miracle. Piquet a pris une incroyable avance sur ses concurrents qui ont ralenti tandis que l'ambulance transportant le mécanicien emprunte la piste et ajoute ainsi à la confusion...

 

3e : Si Piquet et Reutemann coupent la ligne de chronométrage, Pironi décide de s'arrêter devant les stands afin de forcer le reste du peloton à stopper également. Jones et Watson l'imitent, suivis par tous les pilotes, et enfin par Piquet et Reutemann une fois leur tour accompli. La présence d'esprit de Pironi permet de mettre fin à cette incroyable et scandaleuse confusion.

 

Quarante minutes s'écoulent avant que ne soit donné un deuxième départ à cette course décidément bien dramatique. Les pilotes regagnent leurs emplacements. Riccardo Patrese et Siegfried Stohr manquent à l'appel puisqu'au vu des circonstances Jackie Oliver a préféré retirer ses voitures.

 

Deuxième départ: Reutemann parvient cette fois à garder Piquet derrière lui, mais Pironi le surprend à l'intérieur au premier freinage. Suivent Piquet, Watson et Jones. Pironi vient de réussir la même manœuvre qu'au départ de la course de l'année précédente.

 

1er tour : Jones attaque Watson au virage Jochen Rindt, sans succès. Pironi mène devant Reutemann, Piquet, Watson, Jones, Villeneuve, Laffite, Rosberg, Mansell et Cheever. Prost, qui a pris le départ avec la RE20B, a grillé son embrayage et ferme la marche. Il regagne les stands.

 

2e : Jones double Watson et Laffite passe Villeneuve. Prost reprend la route pour un tour avant de renoncer.

 

3e : Pironi a Reutemann, Piquet et Jones sur ses talons. Watson est distancé.

 

4e : Grâce à son turbo Pironi se prémunit d'une attaque de Reutemann. Laffite remonte sur Watson.

 

5e : Mansell prend la septième place à Rosberg.

 

6e : Pironi, Reutemann, Piquet et Jones se tiennent en moins de deux secondes. Un petit peu plus loin se trouvent Watson et Laffite. Villeneuve et les autres sont distancés. De Angelis menace la dixième place de Cheever mais celui-ci se défend bec et ongles. Énervé, de Angelis lui montre le poing.

 

7e : Une bonne nouvelle se répand dans le paddock : Dave Luckett, que l'on croyait mort, ne souffre en fait que d'une fracture à la jambe. Un « moindre mal ». Le soulagement est général.

 

8e : De Angelis se débarrasse du bouchon Cheever. Rebaque remonte : il a doublé Surer et Jabouille et pointe au douzième rang.

 

10e : Pironi rattrape de justesse une glissade dans la courbe Lucien Bianchi. Surpris, Reutemann monte sur ses freins et Piquet en profite pour le déborder par l'intérieur. Jones attaque ensuite son équipier et le double à la petite chicane. Watson et Laffite reviennent sur les talons de l'Argentin. Rosberg abandonne car son levier de vitesses s'est détaché, tandis que Jabouille arrive au stand Talbot. Son moteur a de nouveau des ratés.

 

11e : Piquet est désormais à l'attaque derrière Pironi. Le Français part dans la poussière à la petite chicane mais parvient à rester devant le Brésilien. Surpris par le sable soulevé, Watson dérape et se fait doubler par Laffite. A l'abord de la courbe J. Rindt, Piquet amorce une légère glissage. Jones tente d'en profiter et percute l'arrière de la Brabham qui tire tout droit dans les grillages. Le Carioca sort ulcéré de sa voiture, persuadé que Jones l'a « sorti ». De Cesaris est au stand McLaren.

 

12e : Pironi est toujours en tête mais ses freins faiblissent. Il précède Jones, Reutemann et Laffite.

 

13e : Pironi rate complètement son freinage dans la seconde courbe. Jones et Reutemann le doublent facilement : voici les Williams en tête. Laffite dépasse ensuite le pilote Ferrari. Villeneuve et Mansell se rapprochent de Watson. Rebaque double Cheever.

 

14e : De Cesaris renonce, boîte de vitesses bloquée.

 

15e : Jones mènes devant Reutemann (1.2s.), Laffite (3s.), Pironi (7.4s.), Watson (8.2s.), Villeneuve (9.4s.), Mansell (10.5s.) et de Angelis (13s.).

 

17e : Watson est pressant derrière Pironi. Nouveau passage aux stands pour Jabouille. Ghinzani voit son aileron arrière s'envoler en passant devant les stands. Il sort de la route mais peut repartir poussé par des commissaires. Il regagne ensuite son garage.

 

18e : Jones possède deux secondes d'avance sur Reutemann, sept sur Laffite. Mansell prend l'avantage sur Villeneuve. Puis, Watson dérape au virage J. Rindt en suivant Pironi, ce qui permet à Mansell de le déborder à la chicane suivante. Le voici cinquième.

 

19e : Mansell, Watson et Villeneuve menacent Pironi qui est presque privé de freins.

 

20e : Jones entame la courbe L. Bianchi lorsqu'il se retrouve soudain au point mort. La Williams tire tout droit et se fracasse contre le mur de pneus. Jones sort de sa voiture en boitant car le radiateur d'eau s'est percé et l'a ébouillanté. C'est le premier abandon d'un pilote Williams depuis le GP de Monaco 1980. Dans le même temps Pironi se fait doubler par Mansell, Watson, Villeneuve et de Angelis.

 

21e : Reutemann s'installe au commandant devant Laffite (10.3s.), Mansell (14.9s.), Watson (18.1s.), Villeneuve (18.8s.), de Angelis (20.1s.) et Pironi (23s.). Suivent Rebaque, Cheever et Surer. Les mécaniciens d'Osella installent un nouvel aileron sur la machine de Ghinzani.

 

22e : La Williams de Jones est évacuée par une grue. Watson, Villeneuve, de Angelis, Pironi, Rebaque et Cheever sont regroupés en quelques secondes.

 

23e : Abandon de Gabbiani, victime d'une panne de moteur.

 

25e : Reutemann est en tête devant Laffite (13.9s.), Mansell (16.5s.), Watson (22.1s.), Villeneuve (23.1s.) et de Angelis (24s.).

 

27e : Malgré ses freins défaillants Pironi résiste à Rebaque et à Cheever. Serra est au stand Fittipaldi à cause de soucis avec son moteur.

 

29e : Laffite prend du champ sur Mansell. Cheever prend l'avantage sur Rebaque, puis sur Pironi. Celui-ci doit ensuite laisser passer le Mexicain.

 

30e : Reutemann précède Laffite (10.7s.), Mansell (16.3s.), Watson (21.1s.), Villeneuve (22.3s.) et de Angelis (23.1s.).

 

32e : Serra est reparti des stands mais n'effectue qu'un seul tour avant de renoncer.

 

34e : Reutemann a une dizaine de secondes d'avance sur Laffite qui est libéré de la menace de Mansell.

 

35e : Rebaque prend la septième place à Cheever.

 

36e : Reutemann est premier devant Laffite (13.5s.), Mansell (23.2s.), Watson (27.7s.), Villeneuve (29.8s.) et de Angelis (30.6s.). Suivent Rebaque, Cheever, Pironi et Surer.

 

37e: Reutemann réalise le meilleur tour de la course : 1'23''30'''.

 

38e : Jabouille effectue un nouvel arrêt au stand Talbot.

 

39e : Reutemann est gêné durant quelques centaines de mètres pour prendre un tour à Andretti qui évolue en douzième position.

 

40e : Le ciel est de plus en plus chargé. Reutemann a quatorze secondes d'avance sur Laffite. Mansell a trente secondes de retard. Privé de freins, Rebaque sort de la piste et atterrit dans le décor.

 

42e : L'avance de Reutemann sur Laffite continue d'augmenter. Villeneuve et de Angelis se font de plus en plus pressants derrière Watson.

 

44e : Jabouille renonce suite à une panne de transmission.

 

45e : Reutemann mène devant Laffite (22.7s.), Mansell (35.3s.), Villeneuve (38s.), Watson (39.6s.) et de Angelis (40s.). Suivent Cheever, Pironi, Giacomelli et Andretti.

 

47e : Vingt-cinq secondes séparent Reutemann et Laffite. Rien ne semble pouvoir troubler l'Argentin jusqu'à l'arrivée.

 

48e : Watson commence à rencontrer des soucis avec sa boîte de vitesses. Villeneuve en profite pour le doubler.

 

49e : De Angelis prend la cinquième place à Watson. Cheever menace désormais le Nord-Irlandais.

 

50e : Il pleut sur le circuit. Dans les stands on commence à songer à des changements de pneus. De Angelis se montre dans les rétroviseurs de Villeneuve. Cheever prend l'avantage sur Watson.

 

51e : Reutemann a maintenant trente secondes d'avance sur Laffite.

 

53e : L'averse tombe drue sur Zolder et des accidents sont à craindre.

 

54e: Alboreto entre au stand Tyrrell pour faire le pari de chausser des pneus rainurés. Mais cela ne servira à rien car la direction de course vient de décider d'arrêter le Grand Prix. Elle a déjà fait assez de bêtises pour cet après-midi...

 

55e : Reutemann reçoit le drapeau à damiers : la course est finie et le classement s'établira selon celui du 54ème tour. Cela sauve Cheever qui vient de casser son moteur ! Les trois quarts de la distance prévue ayant été couverts, la totalité des points seront inscrits.

 

Carlos Reutemann remporte donc sa douzième victoire en F1 et s'affirme en patron du championnat du monde 1981. Laffite termine deuxième et offre son premier podium à l'association Talbot-Ligier-Matra. Mansell monte sur son premier podium qui vient à point nommé pour une équipe Lotus sinistrée. Villeneuve termine quatrième et marque ses premiers points de l'année. Les derniers points sont pour de Angelis et Cheever. Watson et Pironi viennent ensuite, mal récompensés de leurs efforts. Giacomelli, Andretti, Surer, Alboreto et Ghinzani sont aussi à l'arrivée.

 

Après la course: émotion et polémiques

Le podium se déroule dans l'indifférence générale tant le paddock est secoué par les drames et les polémiques qui ont émaillé ce week-end de compétition. Si les nouvelles de Dave Luckett sont plutôt rassurantes, on sait que Giovanni Amadeo est en état de « mort clinique ». Les critiques pleuvent sur une direction de course qui s'est montrée en dessous de tout. Mais Chapman, Ecclestone et Williams sont aussi montrés du doigt pour avoir poussé les officiels à lancer le départ de manière inconséquente. Mauro Forghieri suggèrent qu'ils soient suspendus six mois par la fédération... Jean-Marie Balestre, absent à Zolder, joue les Ponce Pilate pour ne pas relancer le conflit avec la FOCA. « Voilà ce qu'ils ont fait de la Formule 1 : de la merde ! » éructe Guy Ligier.

 

Le vainqueur Carlos Reutemann, consolide sa position de leader au championnat et surtout vient de réaliser l'exploit d'avoir inscrit des points à chaque course depuis un an ! Mais il affiche une mine sombre, pensant évidemment au malheureux mécanicien d'Osella qu'il a renversé. « Je veux oublier ce week-end et cette victoire, dit-il. Trop d'images dramatiques ont défilé devant mes yeux. » Jacques Laffite est plus véhément : « Je ne suis pas fier d'être pilote de course. Après tout ce qui s'est passé ici à Zolder, nous sommes véritablement au plus bas de l'échelle des valeurs humaines. »

 

Pour assombrir encore plus ce tableau, Nelson Piquet accuse Alan Jones de l'avoir accroché volontairement au onzième tour. Le Brésilien a encore en mémoire le départ du GP du Canada de l'année précédente... Hors de lui, il parle de tirer vengeance du pilote Williams. Comme si la Formule 1 avait besoin de telles disputes...

 

Au classement du championnat, Reutemann s'envole avec 34 points, soit douze de plus que Piquet, seize de mieux que Jones. Chez les constructeurs, Williams s'assure une confortable avance de 27 points sur Brabham.

 

Giovanni Amadeo décède le lundi 18 avril 1981. C'est la première personne à mourir lors d'un Grand Prix depuis Ronnie Peterson en 1978. A ses obsèques, des représentants de Ferrari, Osella, Ligier et bien sûr Osella sont là, tandis que Reutemann envoie deux énormes couronnes de fleurs. Mais la FOCA est absente...

Tony