Jody SCHECKTER
 J.SCHECKTER
Ferrari
Alan JONES
 A.JONES
Williams Ford Cosworth
Jacques LAFFITE
 J.LAFFITE
Ligier Ford Cosworth

325e Grand Prix

XXVI Grote Prijs van Nederland
Légérement nuageux
26 août 1979 - Zandvoort
75 tours x 4.226 km - 316.950 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Après un tête-à-queue à Tarzan et une crevaison, Gilles Villeneuve rentre à son stand.

Ecclestone attaque les grandes marques

Le 23 août Bernie Ecclestone a organisé une réunion de la FOCA à laquelle ont également été conviés les représentants de Renault, de Ferrari et d'Alfa Romeo. Les constructeurs britanniques qui composent l'association sont de plus en plus inquiets de la montée en puissance des grandes firmes, en particulier de Renault et Ferrari. Sans les efforts de Williams, les Anglais seraient sortis bredouilles de cette saison 79. Ecclestone propose donc des réformes techniques drastiques visant indirectement les Français et les Italiens. Tout d'abord la réduction de la quantité des réservoirs, mais aussi la limitation du nombre des pneus alloués par week-end, qui est une attaque contre Michelin qui fournit des gommes « à volonté » à Ferrari et à Renault. Mais la proposition la plus controversée est l'interdiction des moteurs turbocompressés qui frappe directement Renault, mais aussi Ferrari et Alfa Romeo qui sont très intéressées par cette innovation.

 

Les trois grandes marques rejettent en bloc les idées d'Ecclestone. En leurs noms, Marco Piccinini, Jean Sage et Carlo Chiti affirment faire confiance en la FISA pour défendre leurs positions. Jean-Marie Balestre n'attendait que cela pour reprendre la bataille face à la FOCA et proposer ses propres réformes techniques qui pour leur part gênent les constructeurs britanniques, à savoir principalement l'interdiction des jupes. Derrière cette guerre politique entre Balestre et Ecclestone, il y a donc un net conflit d'intérêts entre les constructeurs britanniques, artisans dévoués à la compétition, et les grandes firmes automobiles comme Renault et Fiat, pour lesquelles la Formule 1 est une luxueuse vitrine technologique et publicitaire, et qui ont donc tout intérêt à soutenir tout type d'innovation.

 

Présentation de l'épreuve

A quatre courses de la fin de la saison, la situation peut apparaître assez confuse au championnat du monde. L'équipe Williams vient de remporter les trois derniers Grands Prix et son pilote leader Alan Jones (25 pts) n'a plus que treize points de retard sur le leader du classement Jody Scheckter (38 pts). Cependant le barème de points ne prend en compte que les quatre meilleurs résultats de chaque demi-saison. Par conséquent Jones sait qu'il ne pourra inscrire qu'un maximum de 40 points d'ici la fin de l'année, ce qui quasi l'exclut de la course au titre. Les deux autres rivaux de Scheckter sont Laffite et Villeneuve (32 pts chacun). Mais devant la faible compétitivité de la Ligier, c'est bien Villeneuve qui est le seul concurrent sérieux de son équipier.

 

Chez Brabham, Niki Lauda est au bord de la rupture avec Bernie Ecclestone qui n'a toujours pas accepté de lui offrir un contrat de deux millions de dollars pour 1980. Hélas pour l'Autrichien, il ne pourra pas se rabattre sur McLaren. Il voulait en effet imposer à Teddy Mayer comme commanditaire principal son propre sponsor Parmalat. Mais Philip Morris, principal bailleur de fonds de McLaren, a refusé. Lauda ne sait donc pas de quoi son avenir sera fait. Pour l'heure, c'est Nelson Piquet qui est désormais traité comme le premier pilote de Brabham. Quant à Ecclestone, il tente de persuader Jackie Stewart de revenir en Formule 1.

 

Lors du GP d'Autriche les pilotes, entraînés par Jody Scheckter et Niki Lauda, ont réclamé la mise en place d'une chicane sur le dangereux circuit de Zandvoort, après la courbe Hondenvlak, juste avant le tunnel Est. Scheckter a été chargé d'en dessiner le tracé. Mais le moins que l'on puisse dire est que son travail ne fait pas l'unanimité. A une longue courbe qui se prenait en cinquième vitesse succède une chicane entourée de hautes bordures se passant à fond de quatrième. Plusieurs coureurs comme Villeneuve et Jones déclarent que Scheckter a fait un travail désastreux puisque non seulement la chicane ne ralentit guère les monoplaces, mais en plus l'endroit devient propice aux fautes de pilotage. Scheckter et Lauda admettent leur erreur. Par conséquent c'est tout le secteur nord du circuit de Zandvoort qui devra être redessiné pour l'épreuve de 1980.

Après deux courses d'absence due à une hépatite, Jean-Pierre Jarier fait son retour au volant de la Tyrrell. Cette épreuve l'a affecté puisqu'il a perdu dix kilos.

A Snetterton, Mario Andretti a piloté une troisième version de la Lotus 80 qui ne lui pas donné satisfaction. Cette voiture semble définitivement enterrée. Pour cette course les 79 sont équipées d'un aileron arrière à support central de type Williams.

La Tyrrell 009 a été beaucoup modifiée au niveau des radiateurs et du train arrière. Les freins sont reportés dans les roues et l'aileron arrière est monté sur un support central. Seul Pironi dispose de cette version à Zandvoort.

La Wolf WR9 est aussi améliorée pour cette course. Elle est équipée d'une nouvelle géométrie des suspensions avant, ainsi que d'un aileron avant pour la première fois.

Hector Rebaque amène en Hollande sa nouvelle voiture construite par ses ateliers, mais il préfère utiliser sa Lotus 79.

 

Essais et qualifications

Les essais sont perturbés par des averses intermittentes. Cette piste apparaît très favorable aux Renault turbo. Arnoux signe sa deuxième pole position consécutive devant les deux Williams de Jones et de Regazzoni. Souffrant de problèmes de sous-virage, Jabouille est quatrième, à près d'une seconde de son jeune équipier. Malgré un nouveau pneu Michelin de qualification, les deux Ferrari n'occupent que la troisième ligne, Scheckter devant Villeneuve. Laffite est très mécontent car sa Ligier ne cesse de talonner sur les bosses de ce circuit. La faute semble revenir au nouveau carénage monté sur sa voiture en Autriche. Le Français se classe septième et devance Rosberg, étonnant huitième sur la Wolf. Lauda et Pironi se partagent la cinquième ligne. L'Autrichien n'est pas au meilleur de sa forme, souffrant du poignet suite à un accident en Procar. Son équipier Piquet est onzième. Les Brabham ont retrouvé leurs moustaches qu'elles avaient perdues en Autriche. Les McLaren de Watson et Tambay sont respectivement douzième et quatorzième. Chez Lotus Reutemann est treizième et Andretti dix-septième. Stuck confirme les progrès de l'ATS D3 par une quinzième place grâce à laquelle il côtoie la Tyrrell de Jarier.

 

Les Arrows, les Shadow et la Copersucar sont en fond de grille. Ickx n'est que vingtième au volant de la seconde Ligier. Rebaque est le dernier qualifié tandis que Gaillard et Merzario sont éliminés.

 

Le Grand Prix

En début d'après-midi se produit un curieux incident : Keke Rosberg se présente sur le circuit sans son laisser-passer. La police néerlandaise lui refuse l'accès et le Finlandais est même arrêté ! Seule une intervention de Walter Wolf lui permet d'être libéré et de participer à la course.

 

Toujours insatisfait de sa voiture, malgré de nouveaux ressorts prêtés par McLaren et Shadow, Jacques Laffite décide de prendre le départ avec son mulet, pour la troisième année consécutive aux Pays-Bas. Alan Jones et Nelson Piquet partent aussi sur leurs voitures de réserve.

 

60 000 spectateurs ont fait le déplacement sur les bords de la mer du Nord, et ce malgré la concurrence du championnat du monde de cyclisme qui se déroule le même jour à Fauquemont-sur-Gueule.

 

Départ: Jones prend le meilleur envol et s'empare du commandement. Villeneuve prend de nouveau un départ canon, se porte à gauche et se retrouve deuxième. Arnoux a mal démarré et se trouve à la hauteur de Jabouille qui le tasse légèrement. Le Grenoblois fait un écart et entre en contact avec Regazzoni qui se trouvait sur sa droite, près du muret. La roue avant-gauche du Suisse s'envole et passe juste au-dessus de la voiture de Rosberg. Arnoux aborde Tarzan en total déséquilibre car ses suspensions arrière sont brisées. Il se met hors trajectoire pour éviter le peloton. Pendant ce temps-là Scheckter a pris un départ calamiteux car il a enclenché la troisième vitesse au lieu de la première ! Il se retrouve dernier. Dans son malheur il peut s'estimer heureux car sans ce souci, il aurait eu toutes les chances d'être pris dans l'accrochage Regazzoni-Arnoux.

 

1er tour: Reutemann heurte Jarier à la « chicane Scheckter » et brise une suspension. A la fin de ce tour, Jones mène devant Villeneuve, Jabouille, Pironi, Laffite, Lauda, Rosberg, Watson, Jarier et Tambay.

 

2e: Rosberg passe Lauda. Arnoux entre à son stand pour abandonner, suspensions pliées. Il est imité par Reutemann. Tambay entre au stand McLaren pour faire vérifier son moteur qui ratatouille.

 

3e: Jones, Villeneuve et Jabouille sont très proches. Pironi est distancé et menacé par un trio Laffite – Rosberg - Watson. Celui-ci a pris la septième place à Lauda. Scheckter remonte rapidement et est revenu en quatorzième position. Fittipaldi abandonne à cause d'une panne d'allumage.

 

4e: Laffite se fait passer par Rosberg puis par Watson. En proie à des douleurs au poignet droit, Lauda revient à son stand pour abandonner.

 

5e: Jones mène devant Villeneuve (1s.), Jabouille (1.8s.), Pironi (10s.), Rosberg (12s.) et Watson (14s.). Jarier passe Laffite.

 

6e: Scheckter est dixième après avoir doublé Piquet.

 

7e: Rien n'arrête Scheckter qui double dans le même tour Mass puis Laffite. Nouvel arrêt aux stands pour Tambay.

 

8e: Watson revient au stand McLaren : une cosse de batterie s'est cassée. Ses mécaniciens effectuent la réparation. A l'abord de Tarzan Patrese ne parvient pas à freiner : son Arrows démolit plusieurs rangées de grillages avant de s'écraser dans un mur de pneus. L'Italien s'en tire indemne.

 

9e : Jones, Villeneuve et Jabouille sont toujours en bagarre. A douze secondes de là, Pironi est harcelé par Rosberg. Watson et Tambay ont repris la piste.

 

10e: Scheckter prend la sixième place à Jarier. L'entretoise arrière de la Lotus d'Andretti s'est cassée et a endommagé le réservoir d'huile. L'Italo-Américain abandonne pour la sixième fois de suite. Il n'était que treizième.

 

11e: Dans la ligne droite de départ Villeneuve prend l'aspiration derrière Jones. Il le déborde par l'extérieur dans la courbe de Tarzan mais part en travers. Jones garde sa ligne et semble conserver l'avantage, mais à la sortie du virage Villeneuve remet les gaz et se rabat devant la Williams. Le voici en tête au prix d'une nouvelle manœuvre audacieuse.

 

12e: Rosberg prend la quatrième place à Pironi. Lammers passe à son stand pour résoudre un problème de boîte de vitesses. Tandis que Tambay abandonne pour de bon à cause de son moteur cafouillant. Il y a déjà huit voitures hors course !

 

13e : Villeneuve creuse l'écart sur Jones et Jabouille. Rosberg a vingt-cinq secondes de retard. Scheckter rattrape Pironi.

 

14e: Villeneuve a trois secondes et demie d'avance sur Jones, cinq secondes sur Jabouille. La boîte de vitesses de Lammers part en fumée dans la ligne droite principale. Il s'arrête dans l'herbe à Tarzan.

 

15e: Piquet prend la huitième place à Laffite.

 

17e: Jabouille commence à perdre le contact avec Jones. A Tarzan Scheckter effectue sur Pironi la même manœuvre que son équipier avec Jones. Le voici cinquième.

 

18e : Laffite n'est décidément pas à l'aise avec son mulet puisqu'il s'incline face à la modeste Arrows de Mass.

 

20e: Villeneuve mène devant Jones (4s.), Jabouille (11s.), Rosberg (24s.), Scheckter (26s.), Pironi (28s.), Jarier (35s.), Piquet (38s.), Mass (40s.) et Laffite (41s.).

 

21e: L'hécatombe se poursuit: Jarier part en tête-à-queue à Panorama à cause d'une guillotine d'accélérateur ensablée depuis sa collision avec Reutemann. C'est fini pour lui. Stuck rejoint les stands et abandonne après la rupture d'un demi arbre de roue.

 

23e: Villeneuve creuse l'écart sur Jones. Voici l'Australien relégué à plus de cinq secondes du Canadien.

 

24e: Scheckter attaque Rosberg pour la quatrième place. Watson voit son moteur partir en fumée. Au tiers de la course, il n'y a plus que douze voitures en piste.

 

25e : Villeneuve mène devant Jones (1.7s.), Jabouille (18.8s.), Rosberg (25.5s.), Scheckter (26s.), Pironi (35.5s.) et Piquet (48.2s.).

 

26e: Scheckter passe Rosberg dans la ligne droite principale. Jabouille est au ralenti à cause d'une défaillance d'embrayage. Il n'a plus qu'à revenir aux stands pour quitter la course.

 

28e : Villeneuve mène devant Jones (2.7s.), Scheckter (25.6s.), Rosberg (27.5s.), Pironi (36s.) et Piquet (48s.). Suivent Mass, Laffite, Ickx, Rebaque et de Angelis.

 

30e: Trois secondes séparent Villeneuve et Jones.

 

33e: Après un superbe Grand Prix, Rosberg arrive à son garage avec une soupape cassée. Il repart pour un seul tour avant d'abandonner. Il était en passe d'inscrire les premiers points de Wolf cette année-là.

 

34e: Laffite prend la sixième place à Mass.

 

35e: Villeneuve mène devant Jones (2.4s.) et Scheckter (26.5s.). A quarante secondes se trouve Pironi qui précède Piquet, Laffite et Mass.

 

36e : Villeneuve prend un tour à Ickx. Il n'y a plus que six pilotes dans le même tour que lui.

 

38e: Villeneuve allume ses roues au freinage de Tarzan. Sa Ferrari est de plus en plus survireuse. A près d'un tour de la tête de course, Laffite remonte sur Piquet.

 

39e: Villeneuve réalise le meilleur tour: 1'19''438'''. Mais Jones roule sur le même rythme que lui.

 

40e: Villeneuve mène devant Jones (1.5s.), Scheckter (28s.) et Pironi (49s.). Laffite prend la cinquième place à Piquet.

 

41e : Villeneuve prend un tour à Mass. Mais son pneu arrière gauche est crevé et se dégonfle lentement.

 

42e: De Angelis stoppe sa Shadow sur un bas-côté à cause d'une panne de transmission.

 

43e : Nouveau blocage de roues à Tarzan pour Villeneuve. Celui-ci prend ensuite un tour à Piquet.

 

44e: Jones a une seconde et huit dixièmes de retard sur Villeneuve. Il double Piquet sans difficulté. Rebaque s'arrête à son stand pour changer de pneus.

 

46e: Jones est revenu juste derrière Villeneuve qui est en difficulté avec une voiture instable.

 

47e: Harcelé par Jones, Villeneuve est poussé à la faute à la nouvelle chicane. Il aborde en effet trop vite le virage, grimpe sur un vibreur et part en toupie. Jones monte sur ses freins pour l'éviter et passe. Villeneuve parvient miraculeusement à éviter le rail et repart sans avoir coupé le moteur.

 

48e: Villeneuve est relégué à plus de dix secondes de Jones. Heureusement pour lui Scheckter est encore loin derrière. Mais son pneu arrière gauche est à l'agonie.

 

49e: Le pneu arrière gauche de Villeneuve éclate à pleine vitesse devant les stands. Le Québécois parvient à conserver la maîtrise de son véhicule et part en tête-à-queue à Tarzan. Arrêté dans les graviers, il effectue une imprudente marche arrière, revient en piste et entreprend de compléter son tour sur trois roues, son pneu arrière gauche étant totalement déchapé. Au bout de quelques instants la suspension et la roue sont détruites, le châssis racle le bitume et la roue avant opposée ne touche plus le sol ! Mais le pilote continue. La situation est dangereuse car la jante arrière gauche menace de se détacher. Finalement Villeneuve parvient à regagner son stand où il met pied à terre.

 

50e: Jones mène désormais devant Scheckter (35s.) et Pironi (58s.). Puis viennent Laffite, Piquet, Mass, Ickx et Rebaque.

 

51e : Jones prend un tour à Laffite.

 

52e: Aux abords de la nouvelle chicane. Pironi subit l'affaissement d'une suspension arrière et doit s'arrêter dans l'herbe. Laffite récupère la troisième place. Seul Scheckter est désormais dans le même tour que Jones.

 

54e : Jones a maintenant quarante secondes d'avance sur Scheckter.

 

56e: La course semble désormais jouée. Les vingt derniers tours seront très calmes.

 

58e : Les trois premiers ne sont pas tout à fait tranquilles : Jones a des ennuis avec sa boîte, Scheckter voit ses pneus se dégrader tandis que Laffite est aux prises avec un violent sous-virage.

 

60e: Ickx menace Mass pour la cinquième place. L'Allemand ménage un moteur et des freins défaillants et ne pourra guère résister à la Ligier.

 

61e : Jones a perdu l'usage de sa troisième vitesse à cause d'une fuite d'huile. Il doit tenir son levier en deuxième et souffre beaucoup.

 

62e : Laffite reprend à Jones son tour de retard.

 

63e: Ickx prend la cinquième place à Mass.

 

65e: A dix tours du but Jones a toujours une quarantaine de secondes d'avance sur Scheckter.

 

68e: Jones souffre beaucoup avec sa boîte de vitesses abîmée mais conserve son avance sur Scheckter. Piquet tient toujours la quatrième place mais craint que son moteur Alfa Romeo ne casse à nouveau.

 

70e: Jones lève le pied en cette fin de course et perd de nombreuses secondes. Mais il n'a pas à craindre un retour de Scheckter qui ménage ses pneus.

 

71e : Mass roule à faible allure car son Arrows n'a plus de freins. Il se fait doubler par Rebaque, mais ce dernier avait encore un tour de retard sur lui.

 

72e : Jones mène devant Scheckter (31s.) et Laffite (50s.). Piquet est quatrième à un tour avec un moteur affaibli.

 

75ème et dernier tour: Alan Jones remporte sa troisième victoire consécutive, la quatrième de rang pour Williams. Deuxième, Scheckter fait un sérieux pas vers l'obtention du titre mondial. Malgré une course difficile, Laffite peut être content de sa troisième place qui le maintient dans la course au titre. Piquet marque les premiers points de sa carrière grâce à la quatrième place. Ce résultat permet à Brabham de respirer quelque peu après une saison calamiteuse. Ickx termine cinquième et Mass sixième. Rebaque est septième et le dernier pilote classé.

 

Après la course

C'est un Alan Jones exténué qui sort de sa voiture. Sa fin de course fut encore plus difficile que celle de Hockenheim. Le solide Australien est chaleureusement félicité par Frank Williams qui est sur un petit nuage. Lui qui n'avait pas gagné une course en dix ans, voici son quatrième succès d'affilée ! Mais après l'arrivée, tout le monde parle de l'exploit de Gilles Villeneuve qui a conclu un tour de circuit sur trois roues. Si ce numéro d'équilibriste est une performance de pilotage, il est très diversement apprécié car inutile et surtout dangereux pour les concurrents. Mais Villeneuve s'en moque bien : pour lui seul le panache compte, et par ses multiples exploits le jeune Canadien est déjà entré dans la légende de la Formule 1.

 

Scheckter mène désormais le championnat du monde avec huit points d'avance sur Laffite, dix sur Jones et douze sur Villeneuve. Grâce au complexe système de rétention des meilleurs résultats, il peut espérer être sacré champion du monde lors du prochain Grand Prix en Italie. Jones est en tout cas déjà hors course : comme seuls les quatre meilleurs résultats de la seconde partie de la saison sont comptabilisés, et qu'il a déjà remporté trois courses cet été là, il ne peut donc n'ajouter que neuf points au maximum à son capital.

Au classement des constructeurs, Ferrari est proche du titre tandis que Williams semble en mesure de prendre la deuxième place à Ligier.

Tony