Carlos REUTEMANN
 C.REUTEMANN
Lotus Ford Cosworth
Patrick DEPAILLER
 P.DEPAILLER
Ligier Ford Cosworth
Mario ANDRETTI
 M.ANDRETTI
Lotus Ford Cosworth

318e Grand Prix

XXV Gran Premio de España
Légérement nuageux
29 avril 1979 - Jarama
75 tours x 3.404 km - 255.300 km
Affiche
F1
Coupe

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Bilan après quatre courses: Ligier contre Ferrari

La saison européenne commence par le Grand Prix d'Espagne à Jarama, près de Madrid. Jacques Laffite a remporté les deux premières courses de la saison pour Ligier avant que Gilles Villeneuve ne fasse lui aussi triompher à deux reprises la nouvelle Ferrari 312 T4. Avec respectivement 20 et 18 points Villeneuve et Laffite dominent ce début de saison. Leurs équipiers respectifs sont pour l'heure en retrait mais ont bien l'intention de redresser la tête. La situation diffère cependant entre les équipes française et italienne.

Chez Ferrari en effet, malgré les dénégations de Marco Piccinini, Jody Scheckter est considéré comme le pilote n°1 et est assuré de plein soutien de la Scuderia. Il n'est évidemment pas content des succès de Villeneuve, mais ses relations avec celui-ci demeurent bonnes. Le Sud-Africain travaille dur pour reprendre l'ascendant.

 

Chez Ligier en revanche Jacques Laffite et Patrick Depailler sont traités à égalité. Laffite est nettement déstabilisé par l'intrusion de Depailler, ayant été habitué durant trois ans à être l'unique pilote de l'équipe. Même si les deux Français demeurent amis hors des circuits, leur rivalité est assez intense et, malgré ses superbes victoires en Amérique du Sud, Laffite apparaît plus fragilisé sur le plan psychologique que Depailler qui a été habitué à se frotter à de rudes coéquipiers comme Ronnie Peterson ou Jody Scheckter.

 

On compte en tout cas beaucoup sur la nouvelle Lotus pour venir troubler ce duel franco-italien. Pour l'heure seules les Tyrrell semblent s'accrocher au groupe de tête, mais elles sont clairement en retrait. Les outsiders potentiels, les McLaren, Arrows, Wolf et Copersucar, ne sont pas dans le coup. Quant aux Brabham-Alfa Romeo, elles espèrent seulement finir les courses...

 

Présentation de l'épreuve

Le 15 avril s'est déroulée la Course des champions à Brands-Hatch, épreuve qui n'attire vraiment plus grand monde. En l'absence des Ligier, et en tant que seul représentant de la Scuderia, Villeneuve l'a emporté devant la Brabham-Alfa Romeo de Piquet et la Lotus-Ford-Cosworth d'Andretti.

 

La Lotus 79 a perdu de sa superbe entre 1978 et 1979. Handicapée par les nouveaux pneus à structure plus rigide, mais aussi tout simplement dépassée sur le plan aérodynamique, elle a subi la loi des Ligier et des Ferrari. Colin Chapman lance donc sa nouvelle Lotus 80 qui doit parachever trois années de travail sur le concept de l'effet de sol. Avec un dessous de caisse entièrement caréné et un effet venturi prolongé jusqu'à la boîte de vitesse, elle doit être la « wing car » ultime. A l'origine Chapman pensait que l'appui généré serait tel qu'il pourrait supprimer l'aileron avant et se contenter d'une simple lame à l'arrière. Malheureusement les essais de ce prototype n'ont pas été concluants. Ainsi la Lotus 80 qui débute en Espagne aux mains de Mario Andretti possède bien un aileron avant. Carlos Reutemann pilote quant à lui la 79 car il n'est pas satisfait de la 80.

 

Renault Sport présente enfin sa « wing car », la RS10 imaginée par François Castaing, Michel Tétu et Marcel Hubert. Cette voiture se singularise par ses pontons déportants très volumineux et par un empattement considérablement allongé. Le moteur V6 a été révisé par Bernard Dudot et possède maintenant deux petits turbos censés mieux résister aux fortes chaleurs et donc améliorer la fiabilité. Seul Jean-Pierre Jabouille dispose de ce nouveau modèle. René Arnoux n'aura le sien qu'au GP de Monaco.

 

Frank Williams et Patrick Head font débuter la nouvelle Williams FW07 qui était déjà présente à Long Beach mais n'a pas couru. Cette voiture fine, compacte et élégante est peut-être la plus belle du plateau. Inspirée de la Lotus 79, elle a fait l'objet d'études très poussées en soufflerie et donne les plus grands espoirs à toute l'équipe. Grâce à l'argent des Saoudiens, Frank Williams n'est plus le petit garagiste minable qui complétait le fond de la grille, mais le patron d'une entreprise à la pointe de la technologie.

 

Après avoir fait bonne figure au Grand Prix d'Argentine grâce à des pneus Goodyear spéciaux, la McLaren M28 a révélé tous ses défauts : trop lourde, trop volumineuse, lente en ligne droite, molle au freinage. Gordon Coppuck a beaucoup travaillé pour produire une version B. Celle-ci est allégée de 20 kilos, possède un aileron arrière reculé pour mieux capter le flux d'air, un empattement raccourci de 12 cm, de nouveaux radiateurs, de nouveaux extracteurs et des suspensions redessinées. Bref, seule la coque n'a pas changé. John Watson l'étrennera à Jarama tandis que Patrick Tambay devra faire avec l'ancien modèle.

 

Les Ligier JS11 ont également subi des modifications et ont gagné en appui grâce à un nouveau cloisonnement souple des pontons devant les roues arrière et un allongement de la portée des jupes vers l'avant. Gérard Ducarouge a voulu reculer le centre de poussée pour produire une meilleure adhérence en virage.

 

Chez Wolf, James Hunt a le choix entre une WR7 très survireuse et une WR8 sous-vireuse... Il choisit la première.

Emerson Fittipaldi juge sa F6 trop peu performante pour être encore utilisée sous cette forme. Il en prépare une nouvelle version et utilise en attendant la vieille F5A.

L'ATS D2 fait aussi peau neuve pour ce premier Grand Prix européen. Elle possède de nombreuses modifications aérodynamiques, ainsi qu'au niveau du train arrière.

Enfin le petit Arturo Merzario utilise cette fois-ci son nouveau modèle, l'A2, œuvre du designer Giorgio Valentini, du chef mécanicien Simon Hadfield et Merzario lui-même. C'est une wing car à l'allure massive avec laquelle le « jockey Marlboro » espère régulièrement à se qualifier.

 

On voit apparaître l'équipe de l'ancien pilote allemand Willi Kauhsen qui s'est illustrée en voitures de sport et en Formule 2. Kauhsen a commandé à Klaus Kapitza une voiture à effet de sol inspirée de la Lotus 79 et propulsée par un moteur Ford-Cosworth DFV. Mais ce prototype n'a pas du tout fonctionné et Kapitza a dû revoir sa copie. Il en résulte la peu originale WK 004. Son pilote sera l'Italien Gianfranco Brancatelli, un second couteau de la Formule 2. Il bénéficiera de deux modèles pour se qualifier.

 

A Jarama Goodyear a organisé le 21 mars une séance d'essais privés avant le Grand Prix. La Lotus 80 était présente et n'a pas brillé, au contraire des Ligier JS11 de Laffite et Depailler qui ont pulvérisé le record du circuit. Pour une fois cet éternel inquiet qu'est le père Ligier aborde donc un Grand Prix avec optimisme.

 

Essais et qualifications

Les essais se déroulent sous un ciel nuageux balayé par un vent glacial. Ceux du vendredi sont retardés de deux heures du fait de l'absence de l'hélicoptère médical... preuve que les mœurs changent concernant la sécurité. Cette première journée est dominée par les Ferrari. Les Ligier sont nettement en retrait.

 

Goodyear refuse de concéder une troisième défaite de rang face à Michelin. Sur ordre de Paul Lauritzen le manufacturier américain donne à l'équipe française toutes les gommes qu'elle désire. Le samedi Laffite réalise la pole position avec un chrono d'1'14''50, soit près de deux secondes de mieux que le meilleur temps de 1978. Depailler l'accompagne en première ligne. Villeneuve est troisième devant la Lotus 80 d'Andretti qui pour le moment se comporte bien. Scheckter a connu des essais horribles. Il a été retardé par une barre antiroulis défectueuse, a fait un énorme tête-à-queue... puis s'est frotté à un Daly n'utilisant pas ses rétroviseurs ! Il n'est que cinquième devant les deux Brabham de Lauda et de Piquet, en regain de forme. Reutemann est huitième : rapide le vendredi, il n'a pu courir le samedi à cause d'une fuite d'eau. Il précède Jabouille, content de sa nouvelle monture malgré de légers ennuis de turbo et d'accélérateur.

Suivent Pironi (qui comme à Kyalami a perdu une roue en marche), Arnoux, Jarier et les deux nouvelles Williams. Hunt n'est que quinzième avec la Wolf. Watson ne place sa nouvelle McLaren qu'au 18ème rang. Le directeur sportif de McLaren Alastair Caldwell avoue « ne rien comprendre » à la situation des M28.

 

Daly (au volant de l'antique Ensign N177), Merzario et Brancatelli ne sont pas qualifiés.

 

Le Grand Prix

Départ : Depailler prend un bon envol, de même qu'Andretti qui vient un temps s'intercaler entre les deux Ligier. L'Américain voit cependant son limiteur de régime s'enclencher inexplicablement et se fait enfermer dans le paquet. Il passe même derrière Reutemann qui a jailli depuis la quatrième ligne. Depailler attaque en tête le premier virage devant Laffite, Reutemann et Villeneuve.

 

1er tour : Villeneuve double Reutemann dans les premiers mètres.

Depailler mène devant Laffite, Villeneuve, Reutemann, Scheckter, Andretti, Lauda, Pironi, Piquet et Jabouille.

 

2e : Reutemann prend la troisième place à Villeneuve.

 

3e : Les Ligier semblent s'échapper. Jabouille double Piquet.

 

4e : Villeneuve attaque Reutemann au premier freinage mais part beaucoup trop à l'extérieur. Le Québécois part en tête-à-queue et évite de peu de harponner Scheckter. Par miracle, tout le monde l'évite et il se relance en huitième position. Cependant Jabouille veut l'éviter à cet instant et effectue lui aussi un tête-à-queue. Prisonnier du sable, il est poussé par les commissaires et retrouve l'asphalte. Il se retrouve bon dernier.

 

5e : Depailler mène devant Laffite (1s.), Reutemann (5s.), Scheckter (6s.), Andretti (8s.) et Lauda (9s.). Villeneuve déborde Piquet à l'extérieur du premier virage mais de nouveau se loupe complètement et part dans le décor. Cette fois-ci il reprend la piste en treizième position. Sur ces entrefaites, au même endroit, Hunt effectue une figure, suivi par de Angelis qui dérape et endommage sa Shadow contre un grillage. Mais tous deux repartent.

 

6e : Laffite menace Depailler tandis que Scheckter est sur les talons de Reutemann. Pironi, Arnoux et et Jarier sont en lutte pour la huitième place. Jabouille fait purger ses freins aux stands.

 

7e : Six secondes séparent les deux Ligier du duo Reutemann – Scheckter. Jarier dépasse Arnoux puis Pironi. Jones entre aux stands pour changer de pneus suite à une crevaison.

 

8e : Laffite est collé à l'arrière de la voiture de Depailler et ne la lâche pas d'une semelle. Pironi dépasse Arnoux.

 

9e : Regazzoni prend la neuvième place à Arnoux.

 

10e : Depailler mène devant Laffite (0.5s.), Reutemann (10s.), Scheckter (10.8s.), Andretti (13s.), Lauda (14s.), Piquet (17s.), Jarier (17.5s.), Pironi (20s.) et Regazzoni (23s.).

 

12e : A chaque passage devant les stands, Laffite gesticule à l'intention de ses mécaniciens. Il demande une consigne claire : que Depailler, moins rapide, le laisse passer, ou que les positions soient gelées. Ducarouge ne lui répond pas.

 

13e : Les Ligier prennent un tour à Jabouille. Scheckter bute toujours sur Reutemann. Plus loin Andretti est menacé par Lauda.

 

15e : Laffite demeure dans le sillage de Depailler. Les deux Français ont treize secondes d'avance sur Reutemann et Scheckter.

 

16e : Tout à sa lutte avec son équipier Laffite commet un surrégime en rétrogradant de la quatrième à la troisième vitesse au lieu de passer en cinquième. Le moteur Cosworth serre et Laffite n'a plus qu'à s'arrêter sur le bas-côté. Laffite sort de sa voiture, furieux contre lui-même. Dans le même temps Piquet abandonne suite à une avarie de son distributeur d'injection.

 

17e : Depailler mène désormais tranquillement avec quatorze secondes d'avance sur Reutemann et Scheckter. Watson rejoint le stand McLaren pour essayer de réparer son moteur qui ratatouille.

 

20e : Depailler mène devant Reutemann (14.3s.), Scheckter (15s.), Andretti (19.3s.), Lauda (20s.), Jarier (23s.), Pironi (24.5s.) et Regazzoni (25.5s.).

 

22e : Les écarts sont stables entre d'une part Depailler et les duos Reutemann – Scheckter et Andretti – Lauda d'autre part.

 

24e : Roulant à l'allure d'un escargot, Jabouille abandonne à cause d'une fuite à son collecteur d'échappement.

 

25e : Quatorze secondes séparent Depailler et Reutemann. Regazzoni prend la septième place à Pironi. Watson abandonne suite à une panne de son moteur.

 

26e : Andretti et Lauda se rapprochent de Reutemann et de Scheckter. Après une excursion sur les bas-côtés, Hunt rentre à son garage privé de freins.

 

28e : Reutemann bloque ses roues à l'épingle Peggio et évite de peu la sortie de route en se rattrapant superbement. Il doit composer avec des freins défaillants. Scheckter demeure dans son sillage.

 

29e : Andretti parvient à prendre un peu d'avance sur Lauda et se rapproche petit à petit de Scheckter.

 

30e : Depailler mène devant Reutemann (15.7s.), Scheckter (16.8s.), Andretti (18.7s.), Lauda (20s.), Jarier (24s.), Regazzoni (26s.) et Pironi (29s.).

 

31e: Scheckter rencontre des problèmes d'adhérence à cause de l'usure des ses pneus. Il a de plus en plus de mal à suivre Reutemann

 

32e : Arrêt aux stands de Stuck pour changer de pneus.

 

33e : Regazzoni entre au stand Williams avec un moteur cassé. C'est dommage pour le Tessinois qui pouvait obtenir au moins un point pour la première sortie de la FW07.

 

34e: Depailler a quelques difficultés à prendre un tour à Rebaque qui se trouve en treizième position.

 

35e : Depailler est premier devant Reutemann (16.7s.), Scheckter (17.6s.), Andretti (18.9s.), Lauda (23s.) et Jarier (27s.).

 

37e : Reutemann, Scheckter et Andretti se tiennent désormais en deux secondes.

 

39e: Reutemann, Scheckter et Andretti prennent un tour à Lammers puis à Tambay avec difficulté. Reutemann s'en sort le mieux et en profite pour semer ses deux rivaux. Andretti se porte à la hauteur de Tambay mais les deux voitures se touchent. La moustache droite de la Lotus se brise.

 

40e : Depailler mène devant Reutemann (16.7s.), Scheckter (19s.), Andretti (21.9s.) et Lauda (22.8s.).

 

41e : Mass prend la neuvième place à Arnoux.

 

42e : Andretti est à la peine depuis qu'il a cassé son aileron avant. Il a perdu le contact avec Scheckter et s'inquiète de nouveau de la menace pressante de Lauda. Toutefois il parvient grâce à la commande de barre antiroulis à rééquilibrer correctement sa Lotus.

 

44e : Après un tête-à-queue, Stuck passe une deuxième fois par le stand ATS pour une vérification technique. Jones s'arrête quant à lui chez Williams, de nouveau à cause d'une crevaison.

 

45e : Lauda déborde Andretti sur la ligne de chronométrage et s'empare de la quatrième place. Stuck est de nouveau à son stand pour vérification.

 

46e : Depailler a dix-huit secondes d'avance sur Reutemann. Bien qu'il n'occupe que le 17ème rang, Jones est le pilote le plus rapide en piste. La Williams FW07 impressionne.

 

48e : Depailler mène devant Reutemann (19.2s.), Scheckter (21.4s.), Lauda (24s.) et Andretti (26.5s.). Jarier occupe toujours le sixième rang et précède Pironi, Villeneuve, Mass et Arnoux. Quatrième arrêt pour Stuck, suite à une crevaison.

 

50e : Le retard de Reutemann par rapport à Depailler excède désormais les vingt secondes.

 

51e : Au premier virage Reutemann se fait une frayeur en rattrapant Fittipaldi et à Rebaque. Le Brésilien se rabat dangereusement devant le Mexicain et l'accrochage est évité d'extrême justesse.

 

53e : Lauda se rapproche de plus en plus de Scheckter.

 

55e : Le moteur de de Angelis part en fumée et le jeune Italien s'arrête dans les graviers à l'épingle Pegio.

 

56e : Lauda est désormais juste derrière Scheckter. Le Sud-Africain se plaint de sa tenue de route.

 

57e : Lauda attaque Scheckter avant le premier virage, sans succès. Jones rejoint son garage et sort de sa voiture. Un problème de commande de boîte met fin à sa course.

 

58e : Scheckter et Lauda sont derrière Rebaque et Fittipaldi et perdent du temps à les dépasser.

 

59e : Villeneuve entre aux stands pour chausser des pneus très tendres en cette fin de course. Il ressort dixième, derrière Mass et Arnoux. Rebaque abandonne à cause d'une panne de freins.

 

60e : Depailler a vingt secondes d'avance sur Reutemann. Lauda déborde Scheckter et s'empare de la troisième place.

 

61e : Lauda n'a que deux secondes de retard sur Reutemann et peut donc viser la deuxième place.

 

62e : Andretti remonte sur Scheckter malgré son aileron abîmé. Villeneuve est très rapide grâce à ses pneus neufs et dépasse sans mal Arnoux.

 

64e : Le moteur Alfa Romeo de Lauda est grillé à cause d'une fuite au système de refroidissement. Le double champion du monde entre aux stands pour abandonner une nouvelle fois. Lauda est très désappointé et commence à se demander à quoi peuvent servir tous ses efforts...

 

65e : Villeneuve rattrape Depailler. Il est beaucoup plus rapide que le leader. Depailler le laisse passer lorsqu'il comprend que le Québécois a un tour de retard.

 

66e : Andretti est maintenant juste derrière Scheckter.

 

67e : Andretti dépasse Scheckter sur la ligne de chronométrage et se retrouve troisième.

 

69e : Jarier revient lui aussi derrière Scheckter. Bien qu'il ait perdu l'usage de sa première vitesse, Villeneuve continue de remonter. Il prend la septième place à Mass. Tambay s'arrête à son stand pour ravitaille en essence car il craint la panne sèche.

 

70e : Depailler mène devant Reutemann (22.9s.), Andretti (30.7s.), Scheckter (32.5s.), Jarier (34s.) et Pironi (51s.). Villeneuve a dix secondes de retard sur ce dernier.

 

72e : Villeneuve réalise le meilleur tour de la course : 1'16''44'''. Il tente de rattraper Pironi pour entrer dans les points.

 

74e : Scheckter continue de résister à Jarier pour conserver la quatrième place.

 

75ème et dernier tour : Patrick Depailler remporte sa deuxième victoire en Formule 1, qui est la troisième en cinq courses pour Ligier. Reutemann finit deuxième avec la Lotus 79. Il précède Andretti qui réussit à monter sur le podium malgré un aileron brisé à la mi-course. Scheckter a connu un après-midi difficile et se contente de la quatrième place. Suivent Jarier et Pironi qui apportent trois points à Tyrrell. Villeneuve se classe finalement septième et précède Mass, Arnoux, Patrese, Fittipaldi, Lammers, Tambay et Stuck.

 

Après la course

Guy Ligier est soulagé : c'est la première fois qu'il est présent sur le circuit pour la victoire d'une de ses machines. Depailler a dominé la course de bout en bout et prend en plus la tête du championnat du monde. Cela vaut bien les chaleureuses félicitations du roi d'Espagne. Tout en grillant une Gauloise, Patrick révèle à quel point cette victoire le libère : « Pour moi c'était devenu capital du vaincre. Mes gars commençaient à douter de moi. En silence ils se donnaient un mal fou. Tout était en place pour que je gagne et je n'y arrivais pas... Maintenant je respire mieux... » Ces paroles révèlent la tension régnant chez Ligier-Gitanes en cette saison 1979.

Loin de ses réjouissances, Jacques Laffite est très amer. Il s'en veut énormément d'avoir commis deux grosses erreurs : manquer son départ et commettre un surrégime. Néanmoins il semblerait que c'est la rupture d'une petite pièce de sa pompe à essence qui a provoqué son abandon.

 

Les Lotus marquant de gros points en se plaçant sur le podium mais Colin Chapman n'est pas content. Bien que Mario Andretti ait effectué une superbe course, la Lotus 80 n'a pas brillé et est donc devancée par l'ancienne 79 de Carlos Reutemann. Ce dernier estime d'ailleurs que la 80 n'a pas d'avenir et refuse de se consacrer à son développement.

 

Enfin, la course s'achève par un « triplé Goodyear » qui fait quelque peu oublier les échecs face à Michelin lors des deux rendez-vous précédents.

 

Le championnat des conducteurs est très serré. Depailler rejoint Villeneuve à la première place. Ils totalisent tous les deux vingt points contre dix-huit à Laffite et à Reutemann. Scheckter (16 points) et Andretti (12 points) sont en embuscade. Chez les constructeurs Ligier reprend la première place pour deux points à Ferrari.

Tony