Emerson FITTIPALDI
 E.FITTIPALDI
McLaren Ford Cosworth
Ronnie PETERSON
 R.PETERSON
Lotus Ford Cosworth
Jody SCHECKTER
 J.SCHECKTER
Tyrrell Ford Cosworth

248e Grand Prix

XLV Gran Premio d'Italia
Ensoleillé
8 septembre 1974 - Monza
52 tours x 5.780 km - 300.560 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Ronnie Peterson et Emerson Fittipaldi ne se quittent pas pendant 52 tours.

Comme chaque année en septembre vient le Grand Prix d'Italie à Monza. Malgré la crise qui frappe l'industrie automobile, les amateurs sont très enthousiastes. En effet, tandis qu'en 1973 les Ferrari se battaient pour entrer dans les points, elles sont cette fois en tête des deux championnats mondiaux. Clay Regazzoni entend bien l'emporter devant les tifosi afin de faire un grand pas vers le titre mondial. Niki Lauda doit, quant à lui, l'emporter pour conserver ses chances. Leurs deux rivaux, Emerson Fittipaldi et Jody Scheckter, risquent de souffrir sur ce circuit qui ne convient pas vraiment à leurs voitures. Vainqueur en Autriche grâce à Carlos Reutemann, l'écurie Brabham affiche de grandes ambitions sur cette piste ultra-rapide convenant bien aux BT44. Enfin, triomphateur en 1973 à Monza, Ronnie Peterson et sa Lotus 72 apparaissent comme de sérieux outsiders.

 

Lotus partage toujours ses efforts entre une 72E confiée à Peterson et la 76 donnée à Ickx. BRM engage de nouveau ses trois voitures, et pour la première fois ce seront trois P201. Chris Amon fait une dernière tentative au volant de sa propre voiture. Chez Surtees, le Français José Dolhem remplace son compatriote Jean-Pierre Jabouille. La Scuderia Finotto engage deux Brabham BT42 pour cette course à domicile. Elles sont confiées à deux débutants: l'Italien Carlo Facetti et le Français Jean-Louis Lafosse dont l'engagement sera finalement abandonné. Faute de moyens financiers, Tony Vlassopoulo et Ken Grob ont mis fin à l'aventure Token. Ian Ashley aurait dû piloter une Brabham de l'équipe Chequered Flag, mais le projet n'a pas abouti.

 

Les qualifications

Les essais sont dominés par les Ferrari et les Brabham. Reutemann est le plus rapide le vendredi, jour où Watson détruit sa Brabham privée. L'équipe de Bernie Ecclestone prête généreusement un mulet à l'écurie Hexagon.

Le samedi, Lauda obtient sa neuvième pole position de la saison, sa sixième consécutive, ce qui constitue un nouveau record. Il ne devance Reutemann que d'un petit dixième de seconde. En deuxième ligne on retrouve Pace et Watson qui obtient sa meilleure qualification avec sa Brabham BT44 privée. Regazzoni est cinquième aux côtés de Fittipaldi. Suivent Peterson, Hunt et Jarier. Comme prévu les Tyrrell sont en retrait: Depailler est dixième, Scheckter douzième. Ils encadrent Beltoise. Brambilla, dont le garage familial se trouve à quelques kilomètres de l'autodrome, est treizième. La Lotus 76 est toujours aussi mauvaise et Ickx ne la qualifie qu'au seizième rang. Les deux autres McLaren sont très en retrait: Hulme est 19ème et Hobbs 23ème. Les BRM de Migault et Pescarolo se partagent la dernière ligne.

 

Dolhem, Facetti, Bell, Wilds, Amon et Kinnunen ne sont pas qualifiés. Aucune Surtees ne sera au départ.

 

Le Grand Prix

Départ: Lauda anticipe quelque peu le départ et conserve la première place devant Reutemann, Pace et Watson. Beltoise stoppe au bout de quelques mètres à cause d'une panne électrique. Regazzoni est cinquième devant Fittipaldi et Peterson. Brambilla a pris un excellent envol et a gagné cinq places.

 

1er tour: Lauda compte une seconde d'avance sur Reutemann. L'Autrichien a volé le départ mais ne sera pas inquiété: nous sommes en Italie... Suivent derrière les deux leaders Pace, Watson, Regazzoni, Fittipaldi, Peterson, Hunt, Brambilla, Depailler et Scheckter.

 

2e: Regazzoni dépasse Watson. Celui-ci cède aussi bientôt aux assauts de Peterson. Migault est aux stands où il renonce suite à une panne de boîte de vitesses.

 

3e: Regazzoni double Pace et se lance à la poursuite de Reutemann. Le moteur de Hunt s'arrête, contraignant le pilote Hesketh à un abandon prématuré.

 

4e: Lauda a déjà cinq secondes d'avance sur Reutemann qui est attaqué par Regazzoni. Pescarolo renonce à cause d'une panne de moteur: les trois BRM sont déjà hors course !

 

5e: Regazzoni déborde Reutemann. Pour le plus grand bonheur des tifosi, les deux Ferrari sont en tête. Watson se fait doubler par Fittipaldi et Brambilla.

 

6e: Les Ferrari s'échappent en tête avec huit secondes d'avance sur leurs poursuivantes. Peterson est sur les talons de Pace.

 

7e: Peterson prend la quatrième place à Pace. Pryce est au stand Shadow pour changer son pneu avant gauche.

 

8e: Fittipaldi double à son tour Pace qui n'apparait pas très rapide.

 

9e: Brambilla déborde Pace.

 

10e: Lauda et Regazzoni comptent dix secondes d'avance sur Reutemann. Suivent à bonne distance Peterson, Fittipaldi et Brambilla. Watson commet une erreur à la chicane. Il parvient à contrôler sa Brabham mais doit emprunter l'échappatoire pour se tirer de ce mauvais pas et ne reprend la piste qu'en 19ème position.

 

11e: Scheckter prend la septième place à Pace. Après un bon début de course, Stuck doit renoncer car son moteur est en train de se détacher de son châssis !

 

12e: Reutemann tombe en panne de roulement de boîte de vitesses. L'Argentin n'ira pas plus loin.

 

13e: Le début de course des Brabham est décidément épouvantable: Pace doit céder un rang à Depailler.

 

15e: Lauda a une seconde d'avance sur Regazzoni. Peterson est relégué à dix secondes et précède Fittipaldi et Brambilla. Scheckter est sixième devant Depailler, Pace, Ickx et Jarier.

 

16e: Ickx regagne le stand Lotus. Ses mécaniciens examinent la voiture et découvrent que la guillotine de gaz est grippée. Le Belge parvient à repartir après un arrêt de plusieurs minutes. Schenken ne parvient plus à sélectionner ses vitesses et renonce.

 

17e: Brambilla sort de la route à la première chicane et percute violemment les protections. Le « Gorille de Monza » sort indemne de sa March. Jarier s'arrête à son stand car son moteur a des ratés. Il reprend la piste après quelques instants.

 

19e: Tandis qu'il occupait le huitième rang, Stommelen s'arrête au stand Hill car il se plaint de vibrations. Après un examen de sa Lola, il est renvoyé en piste par le team manager Ray Brimble.

 

20e: Lauda et Regazzoni sont toujours en tête et précèdent Peterson et Fittipaldi d'une dizaine de secondes. A plus de vingt secondes viennent Scheckter et Depailler. Pace est septième et précède Merzario, Laffite et Hulme.

 

22e: Pace s'arrête à son stand pour changer son pneu arrière gauche. Il repart douzième. Jarier renonce, son moteur ne fonctionnant plus.

 

23e: Laffite ralentit suite à une panne de son Cosworth. C'est l'abandon pour le jeune pilote français.

 

24e: Depailler a détruit son pneu arrière droit et sort de la piste à la chicane. Il réussit à redresser sa voiture mais cale. Il attend que la pression d'essence revienne pour repartir, mais ce faisant a perdu beaucoup de places.

 

25e: Depailler s'arrête à son stand pour changer de pneus. Il reprend la piste en quatorzième position, à deux tours de Lauda.

 

26e: Lauda compte une seconde et demie d'avance sur Regazzoni. Peterson est à une dizaine de secondes avec Fittipaldi sur ses talons. Viennent ensuite Scheckter, Merzario, Hulme, Hobbs, Hill et Pace qui remonte.

 

27e: Stommelen renonce à cause d'un problème de suspension.

 

30e: Lauda semble plus lent et des projections s'échappent de sa Ferrari. Il laisse passer Regazzoni juste avant la Parabolica.

 

31e: Regazzoni s'échappe en tête tandis que Lauda poursuit sa route malgré une voiture qui répand de l'eau et des additifs.

 

33e: Lauda entre aux stands: son circuit de refroidissement est percé et n'est pas réparable. L'Autrichien abandonne.

 

34e: En difficulté, Hobbs perd trois places face à Pace, Hill et Watson.

 

35e: Tandis que Regazzoni semble filer vers la victoire, les commissaires aspergent la piste d'eau au niveau de la Variante Ascari afin d'enlever les liquides répandus par la Ferrari de Lauda. Ickx renonce, son accélérateur ne fonctionnant plus.

 

36e: Watson prend la huitième place à Hill.

 

38e: La bataille fait rage dans le peloton: Watson se fait doubler par Hill et Hobbs.

 

40e: Regazzoni a dix secondes d'avance sur Peterson et Fittipaldi, toujours inséparables. Scheckter est relégué à une trentaine de secondes. Merzario est à plus d'une minute. Hulme est sixième et précède Pace, Hill, Hobbs et Watson.

 

41e: Stupeur dans les tribunes: Regazzoni ralentit, victime d'une fuite d'huile sur son moteur. Le Suisse entre aux stands à faible allure. Ses mécaniciens le renvoient en piste au bout de quelques instants, en quatrième position. Peterson est en tête de l'épreuve.

 

42e: Regazzoni stoppe après quelques centaines de mètres. Les deux Ferrari sont hors course. Peterson mène avec une seconde d'avance sur Fittipaldi qui semble en mesure de le rattraper. Scheckter est troisième à plus de vingt secondes.

 

44e: Fittipaldi se rapproche de Peterson: moins d'une seconde sépare désormais les deux anciens coéquipiers.

 

46e: Pace réalise le meilleur tour en course: 1'34''2'''. Le Brésilien remonte sur Hulme.

 

47e: Fittipaldi essaie de prendre l'aspiration derrière Peterson dans les lignes droites, mais la vitesse de pointe du Suédois est trop élevée.

 

48e: Pace prend la cinquième place à Hulme.

 

50e: Tensions dans les stands McLaren et Lotus: Fittipaldi donne tout ce qu'il peut pour doubler Peterson.

 

51e: Fittipaldi est blotti dans les échappements de Peterson et va lui donner du fil à retordre jusqu'au bout.

 

52ème et dernier tour: Ronnie Peterson résiste jusqu'au bout à Fittipaldi et le devance sur la ligne d'arrivée de huit dixièmes. C'est la deuxième victoire consécutive de « Super Swede » à Monza. Scheckter obtient une satisfaisante troisième place. Merzario a brillé devant son public et finit quatrième, ce qui est le meilleur résultat de l'équipe Williams depuis 1971. Pace est cinquième et marque ses premiers points pour Brabham. Hulme est sixième et précède Watson, Hill, Hobbs, Pryce et Depailler.

 

Après la course

Les tifosi sont bien évidemment très déçus: les Ferrari auraient dû signer le doublé et aucune d'entre elles n'est à l'arrivée ! Cette contre-performance fait tâche mais démontre que la principale faiblesse des 312 est bien leur manque de fiabilité.

 

Les championnats sont totalement relancés. Regazzoni n'a plus qu'un point d'avance sur Scheckter et trois sur Fittipaldi. Lauda est toujours à dix longueurs de son équipier tandis que Peterson, grâce à ce troisième succès de la saison, garde une petite chance d'être titré. Au classement des constructeurs, McLaren reprend la première place aux dépens de Ferrari pour deux points. Tyrrell est à douze longueurs du commandement. Tout va donc se jouer lors des deux dernières épreuves nord-américaines.

Tony