Jo SIFFERT
 J.SIFFERT
BRM
François CEVERT
 F.CEVERT
Tyrrell Ford Cosworth
Ronnie PETERSON
 R.PETERSON
March Ford Cosworth

208e Grand Prix

XIV United States Grand Prix
Ensoleillé
3 octobre 1971 - Watkins Glen
59 tours x 5.435 km - 320.665 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Après avoir doublé Dennis Hulme, François Cevert va profiter des problèmes de Jackie Stewart pour prendre la tête.

Nouveau tracé à Watkins-Glen

Depuis 1970 le circuit de Watkins-Glen a été considérablement transformé. Il est désormais plus long d'1,7 kilomètre. La section du « Big Bend » a disparu pour laisser la place à une nouvelle grille de départ et à de nouveaux stands beaucoup plus adaptés aux nouveaux standards de la compétition. Seule le secteur allant des Esses à The Loop a été conservé. Après celui-ci a été construite une portion plus sinueuse conduisant vers la ligne droite des stands. L'asphalte est neuf tandis que des barrières en acier ARMCO ont été installées tout autour de la piste.

 

Les travaux ont toutefois pris beaucoup de retard et sont achevés deux jours seulement avant les premiers essais ! Les bordures sont remplies de sable et bien des voitures vont soulever des nuages de poussières durant le week-end.

 

Présentation de l'épreuve

Cette épreuve sera la dernière du championnat du monde car le Grand Prix du Mexique a été annulé suite au décès de Pedro Rodríguez.

 

Le dernier petit enjeu de la saison est la deuxième place de la coupe des constructeurs qui se dispute entre Ferrari (32 points), BRM et March (30 points chacune).

 

Le Grand Prix des États-Unis attire beaucoup de participants grâce à la prime de 50 000 dollars promise au vainqueur, la plus haute récompense décernée par une épreuve de Formule 1. On compte ainsi six pilotes américains et un Canadien. Mario Andretti pilote toujours la troisième Ferrari. Roger Penske engage de nouveau une McLaren M19A que se partagent Mark Donohue, qui a réalisé de superbes débuts en Grand Prix en finissant sur le podium à Mosport, et le Britannique David Hobbs qui a déjà conduit en Formule 1 en 1967-1968 et s'est depuis fait un nom en Formule A. Donohue hésite entre participer au Grand Prix ou à une épreuve d'USAC. Par conséquent, tout en assurant sa propre qualification, il prête sa voiture à Hobbs qui sera chargé de le suppléer en cas de forfait.

Skip Barber et Pete Lovely sont toujours engagés avec leurs voitures privées, de même que l'Anglais Chris Craft et sa Brabham BT33.

Tyrrell engage une 001 pour Peter Revson. Cet Américain n'est pas un inconnu puisqu'il a disputé une saison complète de F1 en 1964 chez Reg Parnell. Il a rejoint depuis l'orbite de McLaren et vient de remporter le championnat de CanAm devant Denny Hulme. Teddy Mayer songe à lui confier une Formule 1 en 1972. En attendant, Revson tente de se réaccoutumer au pilotage d'une F1. Il va d'ailleurs rester dans le sillage de François Cevert durant les essais pour parvenir à se qualifier.

 

John Surtees aligne pas moins de quatre TS9 pour cette épreuve. Rolf Stommelen cède définitivement sa place à Mike Hailwood. Gijs van Lennep fait son retour dans l'équipe après une apparition à Zandvoort. Enfin l'Américain Sam Posey, une des vedettes de la Formule A, pilote la quatrième voiture.

BRM place une nouvelle fois au départ une armada de quatre P160 confiées à Jo Siffert, Howden Ganley, Peter Gethin et Helmut Marko, tandis que le Canadien John Cannon, champion de Formule A en 1970, conduit la P153 qui était dévolue à George Eaton deux semaines plus tôt.

 

On note enfin le retour de Jo Bonnier et de sa vieille McLaren M7C, ainsi que celui d'Andrea de Adamich au volant de la March-Alfa Romeo. L'Italien prend la place de Mike Beuttler.

 

Pour ce dernier Grand Prix les équipes apportent encore des évolutions techniques. BRM monte ainsi son moteur MK2 dans toutes ses monoplaces, exceptée celle de Howden Ganley. Toujours côté moteur, Alfa Romeo a modifié la distribution de son V8.

Enfin John Surtees utilise une nouvelle TS9B à radiateurs latéraux.

 

Les qualifications

La concurrence est rude en cette fin de saison puisque les sept premiers sur la grille se tiennent en moins d'une seconde. Malgré un sous-virage affectant la Tyrrell, Stewart obtient la pole position de justesse devant Fittipaldi, devancé de seulement dix-sept millièmes de seconde ! La Lotus 72D semble en tout cas très performante en cette fin de saison. Fittipaldi espère triompher pour empêcher Lotus de connaître sa première saison sans victoire depuis 1959. Autre surprise: Hulme se hisse au troisième rang, sa meilleure qualification depuis fort longtemps. Aucun pilote à moteur douze cylindres n'est en première ligne. En deuxième ligne on retrouve Regazzoni et Cevert, suivis par Andretti et Siffert. Ickx est huitième et dernier des pilotes Ferrari. Viennent ensuite Amon, Wisell, Beltoise et Peterson. Les Matra souffrent comme au Canada d'une mauvaise tenue de route.

 

Parmi les participants occasionnels, Posey se signale par une belle dix-huitième place, devant Donohue, beaucoup moins performant qu'à Mosport. Revson est 21ème, Hobbs 24ème, Cannon 26ème, Barber 27ème, van Lennep 29ème. Craft, Bonnier et Lovely ferment la marche. Trente-deux voitures sont donc prévues au départ de la course !

 

Le Grand Prix

Le matin du dimanche 3 octobre, il pleut sur le circuit, mais par chance les nuages partent et c'est sous un beau soleil que la course se déroule.

 

Mario Andretti et Mark Donohue ne prennent pas le départ. Les deux champions américains s'étaient en effet inscrits à une course d'USAC à Trenton. Celle-ci a été reportée au dimanche à cause de la pluie, et donc Andretti et Donohue sont tenus de respecter leurs engagements. Par conséquent, David Hobbs récupère la voiture de Donohue.

 

Van Lennep doit rester dans le garage car il donne sa voiture à Sam Posey. L'Américain a évidemment la préséance à domicile sur le Néerlandais...

 

Lors des essais, Jacky Ickx a conduit une 312 B2 dont les voies ont été élargies de dix centimètres. Mais il n'en est pas content, et pour la course il décide d'utiliser la vieille 312 B1.

 

Chez Tyrrell, Cevert a persuadé Derek Gardner d'augmenter le carrossage négatif à l'avant de sa 002 afin d'améliorer le parallélisme des roues et donc la tenue de route. Stewart préfère quant à lui s'en tenir à ses réglages originaux.

 

Départ: Le célèbre starter Tex Hopkins abaisse le drapeau vert. Placé à l'extérieur, Hulme prend le meilleur envol et vire en tête au premier virage devant Cevert, très bien parti, Stewart et Regazzoni. Fittipaldi a perdu des places.

 

1er tour: Cevert déborde Hulme dans la ligne droite avant The Loop et le tasse quelque peu sur la gauche. Stewart saisit l'occasion, plonge à droite et s'empare de la première place. Puis, dans la nouvelle courbe de Toe, Cevert commet une petite erreur et Hulme en profite pour le doubler.

A la fin de cette boucle, Stewart mène devant Hulme, Cevert, Regazzoni, Siffert, Ickx, Amon, Fittipaldi, Wisell et Beltoise. Craft mord sur le sable dans le dernier virage et part en tête-à-queue en plein milieu de la piste, juste devant Cannon qui parvient à l'éviter. Craft redémarre bon dernier.

 

2e: Stewart s'échappe en tête tandis que Hulme, Cevert et Regazzoni sont roues dans roues. Pescarolo et Beltoise entrent en contact: le pilote Matra part dans la terre et reprend la route après avoir perdu cinq places. Revson doit déjà abandonner à cause d'une panne d'embrayage.

 

3e: Stewart possède trois secondes d'avance sur Hulme, Cevert et Regazzoni.

 

4e: Cevert et Hulme sont en bagarre tandis que Regazzoni commence à être un peu distancé.

 

5e: Ickx et Fittipaldi doublent Siffert.

 

6e: Suite à un problème de freins, Wisell tape le rail par l'avant droit dans la nouvelle portion. Il doit s'arrêter dans l'herbe avec une roue de travers.

 

7e: Cevert attaque Hulme et s'empare de la deuxième place. Suite à une erreur, Pescarolo chute du neuvième au treizième rang. Surtees est à son garage à cause d'un souci de pompe à essence. Il repartira mais cette avarie va le gêner durant tout l'après-midi.

 

8e: Stewart est moins rapide et voit Cevert le rattraper peu à peu.

 

9e: Ickx prend la quatrième place à Regazzoni. Hailwood prend la huitième place à Amon, toujours mécontent de l'équilibre de sa voiture. Le Néo-Zélandais est ensuite menacé par Peterson et par Ganley.

 

10e: Stewart mène devant Cevert (1.5s.), Hulme (2.9s.), Ickx (4.9s.), Regazzoni (6.4s.), Fittipaldi (7.4s.), Siffert (9.5s.), Hailwood (17.9s.), Peterson (19.9s.), Amon (20.8s.) et Ganley (21s.).

 

11e: Cevert est revenu juste derrière Stewart qui semble avoir un souci technique sur sa voiture. Ickx remonte sur Hulme.

 

12e: Cevert reste derrière Stewart. Fittipaldi doit s'arrêter au stand Lotus à cause d'un accélérateur coincé. Galli regagne quant à lui les stands avec une barre d'accouplement cassée. Il doit abandonner.

 

13e: Fittipaldi reprend la piste au vingt-et-unième rang, avec un tour de retard sur les leaders.

 

14e: Stewart cède volontairement la première place à Cevert. A cause d'un mauvais réglage, les pneus de l'Écossais se sont rapidement usés et la Tyrrell sous-vire. La voie est ouverte pour Cevert qui ne souffre pas du même mal, ayant fait modifier le train avant de sa voiture. Ickx dépasse Hulme.

 

15e: Cevert sème facilement Stewart. Regazzoni double à son tour Hulme.

 

16e: Cevert a déjà six secondes d'avance sur Stewart. Ickx est revenu sur les talons de l'Écossais. Fittipaldi revient à son garage avec un pneu arrière déchapé. Il va de nouveau repartir mais avec plusieurs minutes de retard.

 

17e: Ickx déborde Stewart et s'empare de la deuxième place. Siffert prend la cinquième place à Hulme. La course est finie pour Posey à cause d'une panne de piston sur son bloc moteur.

 

18e: Six secondes séparent Cevert et Ickx. Siffert s'impose face à Regazzoni.

 

20e: Cevert possède 5.5s. d'avance sur Ickx. Stewart est troisième à douze secondes. Siffert et Regazzoni le rattrapent.

 

21e: Amon s'arrête au stand Matra pour changer une roue. Il repart en vingtième position.

 

23e: L'écart entre Cevert et Ickx oscille entre cinq et six secondes. Hailwood dépasse Peterson et se retrouve septième. Pescarolo regagne le stand Williams à faible allure. Une avarie d'arbre à cames contraint Pesca à l'abandon, dernière péripétie d'une saison bien décevante.

 

24e: Siffert attaque Stewart et s'empare ainsi de la troisième place. Regazzoni est dans les roues de l'Écossais qui ne peut pas résister à cause de ses pneus usés.

 

25e: Regazzoni prend l'avantage sur Stewart. Lovely s'arrête à son stand à cause de vibrations causées par ses pneus. Il repassera encore plusieurs fois par les stands.

 

26e: Cevert possède cinq secondes de marge sur Ickx. Peterson repasse devant Hailwood.

 

28e: Ickx est revenu à quatre secondes de Cevert. Décidément sa B1 semble avoir trouvé une seconde jeunesse.

 

30e: Cevert est premier devant Ickx (3.2s.), Siffert (17.5s.), Regazzoni (22.7s.), Stewart (24.7s.), Hulme (28.5s.), Peterson (32.9s.), Hailwood (33.7s.) et Ganley (37.3s.).

 

32e: Stewart garde le contact avec Regazzoni qui rencontre des problèmes de freins. Derrière lui, Hulme ne suit plus la cadence car ses pneumatiques sont très endommagés. Craft abandonne à cause d'une traverse brisée. Il occupait la 22ème place.

 

33e: Hulme doit s'arrêter aux stands car ses gommes en sont réduites à tourner sur les jantes. Ses mécaniciens changent ses quatre roues et l'ancien champion du monde repart en seizième position. Peterson entre dans les points.

 

34e: Quatre secondes environ séparent Cevert et Ickx. Siffert est à vingt secondes de la tête de course.

 

35e: A cause de ses soucis de freins, Regazzoni effectue un tête-à-queue. Il repart après avoir été doublé par Stewart, Peterson, Hailwood et Ganley.

 

37e: Cevert arrive sur un groupe de retardataires. Manquant un peu d'expérience, il est trop prudent dans ces dépassements et perd ainsi du temps. Jusqu'alors neuvième, Schenken doit stopper au stand Brabham pour rebrancher des bougies ainsi changer un pneu. Il repart en dix-huitième position.

 

38e: Ickx est plus à l'aise que Cevert dans le dépassement des attardés. Le voici revenu à trois secondes du Français.

 

39e: Ickx a repris encore une seconde à Cevert.

 

40e: Cevert a deux secondes d'avance sur Ickx. Siffert suit à trente secondes. Stewart est quatrième à quarante secondes et précède Peterson, Hailwood et Ganley, en bagarre. Suivent Regazzoni, Hill, Gethin, Marko et Beltoise.

 

41e: Une fois les retardataires passés, Cevert ne compte plus qu'une seconde et demie d'avance sur Ickx. La fin de course s'annonce serrée entre les deux hommes. Beaucoup plus loin, Stewart est désormais menacé par Peterson.

 

43e: Cevert réalise le meilleur tour en course (1'43''538'''), aussitôt battu par Ickx dont le chrono (1'43''474''' ) ne sera pas abaissé. Peterson est revenu derrière Stewart, toujours très délicat avec ses gommes.

 

44e: Un siège de soupape se brise sur le moteur de Schenken, contraint à l'abandon. Fittipaldi est encore à son stand pour changer une rotule de suspension.

 

45e: Ickx semble moins rapide: il a perdu deux secondes par rapport à Cevert. A cause d'une mauvaise fixation de l'alternateur, l'allumage de la Ferrari a des ratés. Peterson dépasse Stewart.

 

47e: Cevert a désormais six secondes d'avance sur Ickx. Ganley prend la sixième place à Hailwood.

 

49e: Ickx ralentit: sa Ferrari déverse de l'huile sur la piste, notamment au niveau de la nouvelle courbe d'Anvil. Hulme dérape sur la chaussée glissante et heurte les protections.

 

50e: Tandis qu'Ickx regagne son garage pour renoncer, Cevert arrive à Anvil. Il évite la voiture accidentée de Hulme, mais dérape et la Tyrrell frotte les glissières. Fort heureusement, les roues ont tapé parallèlement l'acier. Elles sont intactes et Cevert peut repartir après s'être fait une belle frayeur. Amon effectue un tête-à-queue au même endroit mais lui aussi repartira.

 

51e: Cevert compte trente-deux secondes d'avance sur Siffert. La victoire est donc en vue pour le Français. Barber est à son stand après avoir perdu sa prise d'air.

 

52e: Cevert mène devant Siffert (37s.) et Peterson (43s.). A cinquante secondes se trouve Stewart, menacé par Ganley. Regazzoni a rattrapé Hailwood.

 

53e: Ganley prend la quatrième position à Stewart, très prudent en cette fin d'épreuve.

 

54e: Regazzoni reprend la sixième place à Hailwood, victime d'une crevaison lente.

 

55e: Un des pneus de la Surtees de Hailwood éclate, envoyant son pilote dans le décor. L'ancien motocycliste renonce après une nouvelle belle prestation. Son coéquipier Surtees est encore arrêté à leur stand à cause d'ennuis de pompe à essence.

 

57e: Bonnier doit s'arrêter sur le bord du circuit car il est en panne sèche.

 

58e: Cevert n'est plus qu'à un seul tour de sa première victoire en Formule 1.

 

59ème et dernier tour: François Cevert remporte le Grand Prix des États-Unis de Formule 1. Il apporte ainsi à Tyrrell son septième succès de la saison. Siffert termine deuxième tandis que Peterson, troisième, monte sur son cinquième podium de l'année. Ganley est quatrième devant Stewart et Regazzoni. Suivent Hill, Beltoise, Gethin, Hobbs, de Adamich, Amon, Marko, Cannon et Surtees. Barber, Fittipaldi et Lovely finissent trop loin pour être classés.

 

Après la course

François Cevert devient le premier Français à remporter un Grand Prix depuis treize ans et la victoire de Maurice Trintignant à Monaco. C'est un jour faste pour le sport français qui s'est découvert un nouvel héros. Grâce à son talent et à son grand charisme, Cevert supplée en quelque sorte Jean-Pierre Beltoise en tant qu'icône de l'automobilisme en France.

Jackie Stewart félicite très chaleureusement son ami qui apparaît non plus seulement comme son élève, mais aussi comme son futur successeur. Ken Tyrrell et François Guiter sont aussi satisfaits de l'évolution de leur poulain, raillé par la presse anglaise lorsqu'un an et demi plus tôt il a débarqué dans l'écurie avec une faible expérience. Cevert termine aussi troisième du championnat du monde, ce qui est la meilleure position jamais obtenue par un tricolore.

 

BRM obtient la deuxième place au classement des constructeurs avec trois points d'avance sur March et surtout sur Ferrari, la grande perdante de cette fin de saison. L'équipe britannique n'avait pas atteint un tel niveau depuis la saison 1965.

 

Stewart et les jeunes loups

La saison 1971 marque l'apogée de la carrière de Jackie Stewart et de l'équipe Tyrrell. Le champion écossais est devenu par ce deuxième titre mondial une vedette internationale, mais aussi un redoutable homme d'affaires qui sait parfaitement gérer et vendre son image. Stewart est en train de bouleverser l'image du sport automobile, au grand dam des puristes, nostalgiques des années 1950, qui ne l'apprécient guère.

 

Néanmoins une nouvelle génération commence à s'installer au plus haut niveau. Elle est incarnée par trois hommes: Emerson Fittipaldi, Ronnie Peterson et François Cevert. Trois jeunes gens aux personnalités et aux styles de pilotage très différents, mais tous dotés de beaucoup de talents et de solides ambitions.

 

Mort de Jo Siffert à Brands-Hatch

Malheureusement cette année 1971 se conclut par une tragédie. Le Grand Prix du Mexique ayant été annulé, le R.A.C. et le cigarettier Rothmans organisent le 24 octobre une épreuve de Formule Libre à Brands-Hatch, intitulée World Championship Victory Race, destinée à célébrer le titre mondial de Jackie Stewart. Malgré l'absence des Ferrari et des Matra, le plateau est de qualité. Jo Siffert est présent pour faire plaisir à son ami Stewart et signe la pole position au volant de sa BRM P160. En course, après un mauvais départ, il remonte rapidement dans la hiérarchie lorsqu'au 15ème tour, il perd le contrôle de son bolide à haute vitesse. Après d'impressionnantes cabrioles, celui-ci se retourne et explose. Gisant inconscient dans son épave, Siffert meurt asphyxié par les gaz d'échappement. Les secours, bien trop lents à se rendre sur les lieux, sont arrivés trop tard pour le sauver. Nouvelle tragédie due à un défaut de sécurité sur les circuits...

 

Avec Jo Siffert, le sport automobile perd un de ses plus grands champions. Comme son malheureux équipier et rival Pedro Rodríguez, le Suisse était un champion éclectique, à l'aise aussi bien en monoplaces qu'en protos ou en CanAm. Homme discret mais pilote très combatif, Siffert était un véritable passionné doublé d'un brillant businessman dirigeant avec opiniâtreté ses concessions automobiles entre deux courses.

 

Ainsi s'achève, de nouveau dans la douleur, une saison de Formule 1.

Tony