Jackie STEWART
 J.STEWART
Tyrrell Ford Cosworth
Mario ANDRETTI
 M.ANDRETTI
Ferrari
Clay REGAZZONI
 C.REGAZZONI
Ferrari

198e Grand Prix

V Grand Prix of South Africa
Ensoleillé
6 mars 1971 - Kyalami
79 tours x 4.104 km - 324.216 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Une rupture de suspension arrière, privera Dennis Hulme d'une victoire méritée.

Présentation de la saison

Comme d'habitude, le nouveau championnat commence avec le Grand Prix d'Afrique du Sud disputé à Kyalami.

 

Vainqueur des deux championnats en 1970 avec le regretté Jochen Rindt, Lotus s'attend à une saison 71 difficile. Si la révolutionnaire 72 est toujours une excellente voiture, les deux pilotes Emerson Fittipaldi et Reine Wisell, bien que talentueux, manquent encore beaucoup d'expérience. A eux deux, ils n'ont que sept Grands Prix au compteur. Surtout, Colin Chapman a déjà un autre projet en tête et concocte une nouvelle voiture à turbine ! Celle-ci a déjà été testée plusieurs fois lors de l'hiver, mais elle n'apparaîtra que plus tard en compétition. La 72 est toujours utilisée, mais son développement a été laissé de côté.

 

C'est donc bien Ferrari qui démarre l'année en posture de favorite. L'équipe italienne a remporté quatre des cinq dernières courses du précédent championnat. Le Flat 12 semble à même de vaincre le V8 Ford-Cosworth, dominateur depuis 1968. La troïka Giancarlo Bussi - Mauro Forghieri - Franco Rocchi a conçu une nouvelle voiture, la 312 B2, qui s'annonce redoutable. Toutefois celle-ci ne dispute que les essais non-officiels à Kyalami et apparaîtra plus tard en course. La 312 B est encore utilisée pour ce début de saison, avec une nouvelle géométrie de suspension pour qu'elle soit plus agréable à conduire lorsqu'elle roule avec le plein. Jacky Ickx est premier pilote et favori pour décrocher la couronne mondiale. Il est assisté du fougueux Clay Regazzoni et de la vedette américaine Mario Andretti, qui remplace le malheureux Ignazio Giunti. Enfin, l'ancien pilote suisse Peter Schetty est le nouveau directeur sportif, chargé de diriger les programmes d'endurance et de F1.

 

On attend beaucoup de l'équipe Tyrrell dont la première création, la 001, a fait très forte impression lors des trois derniers Grands Prix de la saison 70. Jackie Stewart est un prétendant très sérieux au titre mondial. Il a refusé une offre de Ferrari, faisant entièrement confiance à Ken Tyrrell et Derek Gardner. Il commence la saison avec la 001, tandis que son équipier, élève et ami François Cevert pilote une 002, c'est-à-dire une 001 plus longue et disposant d'une nouvelle géométrie de suspension afin de s'adapter aux pneus Goodyear.

 

McLaren se remet doucement du décès de son fondateur et envisage 1971 comme une année de transition. Ralph Bellamy a conçu une nouvelle voiture, la M19, dont la forme renflée fait penser à une bouteille d'un célèbre soda. Elle bénéficie d'un nouveau système de suspension dont la rigidité est censée évoluer selon la vitesse. Denny Hulme pilote cette voiture pour la première course, tandis que son équipier Peter Gethin, récent champion britannique de Formule 5000 et espoir de Teddy Mayer, utilise la vieille M14.

 

En 1970 March voulait remporter le titre dès sa première année avec la 701. Ce fut un échec retentissant: une seule victoire, obtenue par la voiture privée de Jackie Stewart, et quelques podiums seulement pour l'équipe officielle. Celle-ci, désormais pleinement soutenue par STP, présente une nouvelle voiture, la 711, imaginée par Mike Costin, Robin Herd et surtout Geoff Ferris, ancien ingénieur de Lotus. Ce dernier s'est beaucoup inspiré de la 72 en logeant les radiateurs d'eau et d'huile dans les pontons et en installant des freins avant « in-board ». Mais la voiture se distingue surtout par sa rotondité et son aileron avant elliptique en forme de plateau. Le jeune Suédois Ronnie Peterson, qui s'est révélé en 70 dans l'équipe de Colin Crabbe, est premier pilote. Il est associé au conducteur payant espagnol Alex Soler-Roig. Une troisième voiture est alignée pour l'Italien Andrea de Adamich qui utilise comme chez McLaren un moteur V8 Alfa Romeo

 

Matra a de grandes ambitions pour cette saison. L'équipe française a recruté le Néo-Zélandais Chris Amon, considéré comme un des meilleurs pilotes du monde. Son équipier est Jean-Pierre Beltoise, mais celui-ci est mis à pied suite à l'affaire de Buenos Aires. En attendant une nouvelle voiture, les Bleus commencent l'année avec l'ancienne MS 120 améliorée en MS 120B. Cette voiture se distingue par sa prise d'air située en haut du cockpit. L'année a très bien commencé avec la victoire d'Amon lors du GP d'Argentine, manche hors-championnat. Toutefois, les Lotus, Ferrari et Tyrrell n'étaient alors pas présentes...

 

Brabham vit désormais sans son fondateur, parti couler des jours en heureux en Australie. Son complice Ron Tauranac a repris les rênes de l'équipe, sans enthousiasme. Financièrement, celle-ci est à la peine et survit grâce au soutien du pétrolier Esso. En attendant une nouvelle voiture, les BT 33 reprennent du service. A 41 ans, Graham Hill relève un nouveau défi en devenant leader de l'équipe, bien que beaucoup estiment qu'il ne s'est pas vraiment remis de son accident subi à Watkins-Glen fin 69. Pour cette première course, son équipier est le Sud-Africain Dave Charlton, mais c'est le jeune Australien Tim Schenken qui sera le deuxième pilote pour la saison européenne.

 

La saison 70 a été décevante pour BRM qui a certes remporté le Grand Prix de Belgique avec Pedro Rodríguez, mais aussi subi un nombre incalculable de pannes de moteur. Tony Southgate a conçu une nouvelle voiture, la P160, très ventrue, plus légère et avec des freins arrière suspendus. Le moteur V12 est utilisée dans sa version 142 à culasses MKII, qui a débuté difficilement fin 1970. Rodríguez est le leader de l'équipe. Il est associé à Jo Siffert qui espère faire oublier sa désastreuse saison 70 au volant de la March 701. Le troisième pilote est le vice-champion du Formule 5000, le Néo-Zélandais Howden Ganley. Seul Rodríguez pilote la P160 à Kyalami, ses équipiers se contentant de la P153.

 

John Surtees entame sa première saison en tant que constructeur à part entière. Il a reçu le soutien de Rob Walker qui a décidé de mettre un terme à l'histoire de sa courageuse écurie privée. Walker a donné à Surtees son sponsor Brooke Bond Oxo, ce qui permet à l'ancien champion d'engager trois voitures. Surtees pilote la nouvelle TS9, une évolution de la TS7 avec un empattement et un nez plus larges. Deux anciens modèles sont pilotés par Rolf Stommelen, toujours soutenu par Auto Motor und Sport, et par l'excellent pilote de voitures de sport Brian Redman.

 

Frank Williams a mis un terme à sa collaboration avec De Tomaso, après une saison catastrophique qui l'a vu perdre son pilote et ami Piers Courage. Pour 1971 il signe un accord avec March qui lui livre une 711. La marque de voitures miniatures Politoys devient son sponsor. Recalé par Matra, le Français Henri Pescarolo est à son volant et a pour objectif d'inscrire quelques points. Il apporte aussi à Williams le concours de la marque de lubrifiants Motul.

 

Enfin, le vétéran des pilotes et président du GPDA Jo Bonnier a remis en selle son équipe et pilotera de temps en temps une antique McLaren M7C.

 

 

L'affaire Beltoise-Giunti

Ce début d'année 71 a été secoué par la polémique consécutive à l'accident mortel d'Ignazio Giunti. Le 10 janvier, lors des 1000 kilomètres de Buenos Aires, la Ferrari 312PB de l'Italien s'est encastrée dans la Matra MS660 que Jean-Pierre Beltoise poussait sur la piste après qu'elle est tombée en panne. Le Français voulait la ramener aux stands et nul ne l'a empêché d'effectuer cette manœuvre dangereuse mais généralement admise sur tous les circuits. Giunti a ignoré les drapeaux jaunes et percuté de plein fouet la Matra avant que sa voiture ne prenne feu. Le malheureux a sans doute été tué sur le coup. Tous les regards se tournent vers Beltoise, accusé d'avoir commis une fatale imprudence. La presse italienne se déchaîne contre celui qu'elle qualifie d' « assassin » de Giunti. Il est néanmoins défendu par ses amis Henri Pescarolo, Jean-Pierre Jabouille et Johnny Rives, mais aussi par Jackie Stewart et Juan Manuel Fangio.

 

Beltoise est retenu quinze jours en Argentine par la justice qui l'accuse d'homicide involontaire. Il peut finalement regagner la France après le versement d'une caution. Mais les autorités sportives n'entendent pas en rester là. Convoqué par la FFSA, il écope d'une suspension de licence de trois mois, ce qui l'empêche donc de participer au premier Grand Prix de la saison.

 

Nouvelles règles de sécurité

La CSI a décidé de renforcer la formation des commissaires de piste qui ont révélé en 1970 leur inefficacité en cas de danger, particulièrement lors du Grand Prix d'Espagne où Jacky Ickx a failli périr dans sa Ferrari en flammes sans que personne ne lui vienne en aide. Désormais, les commissaires reçoivent une formation spéciale ainsi qu'une liste d'équipements obligatoires, parmi lesquels des extincteurs. Le but est de pouvoir évacuer un pilote en danger en quelques secondes.

 

Pneumatiques et moteurs

Dunlop s'est retiré de la Formule 1 à la fin de la saison, laissant les équipes se partager entre les deux manufacturiers américains Goodyear et Firestone. Dans le clan Goodyear on retrouve les écuries Tyrrell, Brabham, McLaren, Matra et Bonnier. Ferrari, BRM, March, Lotus, Surtees et Williams sont équipées de Firestone. Depuis 1970, les manufacturiers travaillent sur la réduction du diamètre du pneu afin de limiter sa hauteur et réduire la surface frontale des voitures. Il s'agit de limiter la résistance aérodynamique. Goodyear fournit ainsi à Tyrrell des pneus adaptés aux roues de 13 pouces, au lieu de 15. Surtout, la nouvelle bande de roulement est complétement lisse: après les premiers prototypes réalisés par Dunlop, c'est la véritable naissance du pneu « slick ». Firestone teste également en Afrique du Sud un pneu de ce type avec la Lotus d'Emerson Fittipaldi.

 

Du côté des moteurs, la saison 1970 a été marquée par un grand nombre d'avaries sur les V8 Ford-Cosworth. Keith Duckworth a décidé de limiter la production des blocs DFV tout en améliorant leur entretien, confié à des sous-traitants. De plus une nouvelle version, la série 11, est mise en service et compte 450 chevaux à 10 500 tours/minute. Ce moteur est monté dans la Tyrrell de Jackie Stewart, l'interlocuteur privilégié du motoriste.

 

Présentation de l'épreuve

Pour cette épreuve inaugurale, des pilotes sud-africains ou rhodésiens sont au rendez-vous. Outre Dave Charlton engagé par Brabham, on retrouve le Team Gunston qui aligne une March 701 pour l'excellent John Love, et une Brabham BT 26A pour Jackie Pretorius.

 

Des essais libres se déroulent durant la semaine précédant la course. Ils sont dominés par Jackie Stewart, qui se fait toutefois une frayeur lorsqu'un caillou se coince sous son accélérateur et l'envoie dans le décor à haute vitesse.

 

Les qualifications

Stewart confirme sa domination lors des essais officiels. Il réalise aisément la pole position avec plus d'une demi-seconde d'avance sur la Matra d'Amon. Premier pilote sur Ferrari, Regazzoni complète la première ligne. Il précède son équipier Andretti et la Lotus de Fittipaldi. Surtees obtient une belle sixième place devant Hulme et Ickx. Cevert est neuvième sur la deuxième Tyrrell. Il précède Rodríguez, Gethin, Charlton et Peterson. Wisell n'est que quatorzième sur la seconde Lotus. Les nouvelles March ne brillent guère: Peterson est treizième, cinq places devant la deuxième 711 pilotée par Pescarolo.

 

Victime de soucis de pompe à essence et d'allumage, Hill n'est que dix-neuvième, soit loin derrière son équipier d'un jour Charlton. Pretorius et Love sont 20ème et 21ème. Sans surprise, Bonnier, Ganley et Soler-Roig se retrouvent en dernière ligne.

 

Le Grand Prix

Départ: Stewart prend un très mauvais envol et se retrouve au milieu du paquet. Le départ d'Amon est tout aussi moyen et c'est donc Regazzoni qui se retrouve en tête, suivi par Fittipaldi, Ickx et Hulme. Hill est resté bloqué et s'élance avec du retard.

 

1er tour: Regazzoni mène devant Fittipaldi, Ickx, Hulme, Rodríguez, Andretti, Stewart, Cevert, Siffert et Charlton. Amon ne pointe qu'en quatorzième position.

 

2e: Hulme déborde Ickx à Crowthorne. Stewart dépasse Andretti au même endroit.

 

3e: Regazzoni a une seconde d'avance sur Fittipaldi. Rodríguez double Ickx, tandis que Surtees gagne deux places d'un coup en passant Charlton et Siffert.

 

4e: Hulme déborde Fittipaldi et prend ainsi la deuxième place. Ickx rencontre des problèmes avec son moteur: il se fait doubler par Stewart, Andretti, Cevert et Surtees.

 

5e: Cevert commet une petite erreur et perd trois places. Gethin s'arrête au stand McLaren.

 

6e: Hulme revient dans les échappements de Regazzoni. Rodríguez dépasse Fittipaldi. Siffert et Ickx luttent pour la huitième place. Soler-Roig renonce à cause d'une panne de moteur.

 

7e: Stewart prend la quatrième place à Fittipaldi dont la Lotus n'est pas très vaillante. Bonnier revient à son stand avec un bris de suspension.

 

8e: Regazzoni et Hulme sont en bagarre pour la première place. Ils ont quelque peu semé Rodríguez et Stewart. Fittipaldi se fait doubler par Andretti et par Surtees. Gethin abandonne à cause d'une fuite d'essence.

 

10e: Regazzoni mène devant Hulme (0.2s.), Rodríguez (4.6s.), Stewart (4.9s.), Andretti (7.2s.), Surtees (7.4s.), Fittipaldi (8.7s.), Ickx (8.8s.), Siffert (9s.), Wisell (9.6s.) et Cevert (9.8s.).

 

11e: Surtees a vraiment une bonne voiture; il poursuit sa progression en doublant Andretti.

 

12e: Siffert double Ickx dont le moteur cafouille par intermittence.

 

14e: Siffert prend la septième place à Fittipaldi.

 

15e: La bataille se poursuit entre Regazzoni et Hulme. Le Tessinois est rapide en ligne droite mais rend des dixièmes au Néo-Zélandais en courbe. Surtees double Stewart à Crowthorne.

 

17e: Hulme attaque Regazzoni dans la descente vers Crowthorne et s'empare du commandement. Plus loin, Surtees double Rodríguez. Le moteur d'Ickx cafouille et le Belge perd deux places aux profits de Wisell et de Cevert.

 

18e: Ickx s'arrête au stand Ferrari à cause d'une crevaison. Il fait changer sa roue mais perd un tour dans la manœuvre et repart dernier.

 

20e: Hulme semble semer Regazzoni. Deux secondes les séparent. Surtees suit à huit secondes, puis vient un groupe composé de Rodríguez, Stewart, Andretti et Siffert.

 

22e: Andretti prend la cinquième place à Stewart.

 

23e: Andretti déborde Rodríguez à Crowthorne. Stewart se fait passer par Siffert et se retrouve désormais hors de la zone des points. Pretorius renonce à cause d'un problème de soupape.

 

25e: Hulme a cinq secondes d'avance sur Regazzoni. Ce dernier connait une baisse de régime à cause de la rupture d'un ressort de soupape. Surtees le rattrape peu à peu. Wisell prend la huitième place à Fittipaldi.

 

26e: Siffert double son coéquipier Rodríguez.

 

29e: Hulme mène devant Regazzoni (8s.) et Surtees (10s.). Andretti occupe le quatrième rang et précède Siffert, Rodríguez, Stewart, Wisell, Fittipaldi et Cevert.

 

31e: Le moteur de Siffert serre à cause d'une surchauffe. Le Suisse regagne le stand BRM et met pied à terre. Peterson subit une crevaison à l'arrière droit. Il s'arrête au stand March pour changer sa roue.

 

32e: Love abandonne suite à une panne de différentiel. Charlton doit aussi abandonner à cause d'un problème de soupape. Il n'y a plus de Sud-Africain en course.

 

33e: Rodríguez regagne son stand au ralenti. Ses mécaniciens découvrent une fêlure sur son carter de boîte, et le Mexicain doit abandonner.

 

35e: Surtees et Andretti sont désormais sur les talons de Regazzoni.

 

37e: Surtees double Regazzoni à Crowthorne. Le pilote anglais mène véritablement une course impressionnante: le voici second avec sa propre voiture.

 

38e: Regazzoni laisse passer son équipier Andretti, manifestement plus rapide.

 

40e: Hulme mène devant Surtees (6s.), Andretti (6.8s.), Regazzoni (8.8s.), Stewart (17s.), Wisell (32s.), Cevert (35s.), Fittipaldi (40s.) et Amon (1m. 02s.). Hill et Redman sont dans les roues de la Matra.

 

42e: Surtees commence à avoir du mal à sélectionner ses vitesses à cause de la rupture d'une canalisation d'huile sur sa boîte.. Andretti le menace. Hill est remonté au neuvième rang après avoir doublé Amon.

 

43e: Ganley est très incommodé par la chaleur et préfère renoncer, étant au bord de l'évanouissement. Toutes les BRM sont hors course.

 

44e: Andretti prend la seconde position à Surtees.

 

46e: Cevert rate son freinage à Leeukop et atterrit dans les protections. La course se finie là pour le jeune Neuilléen.

 

48e: Surtees a des difficultés pour passer ses vitesses. Regazzoni est revenu derrière lui.

 

49e: Regazzoni repasse devant Surtees. Celui-ci se fait rapidement semer.

 

50e: Hulme est premier devant Andretti (5.8s.), Regazzoni (9.6s.), Surtees (18.6s.), Stewart (19.3s.), Wisell (37.3s.), Fittipaldi (50.8s.), Hill (1m. 06s.8.), Amon (1m. 08.6s.) et Redman (1m. 14s.). Tous les autres pilotes sont à un tour.

 

51e: Stewart double Surtees qui n'espère plus que terminer l'épreuve.

 

55e: Hulme a six secondes d'avance sur Andretti. A une dizaine de secondes, Regazzoni est rattrapé par Stewart. Surtees est cinquième mais très à la peine. A près d'une minute se trouve Wisell qui précède Fittipaldi, Hill, Amon et Redman.

 

56e: Surtees ne parvient plus à sélectionner ses vitesses. Il retourne à son garage et abandonne.

 

59e: Fittipaldi abandonne suite à une fêlure de son carter de boîte, exactement comme Rodríguez.

 

60e: Tout va bien pour Hulme qui compte six secondes d'avance sur Andretti à une vingtaine de boucles du but.

 

61e: Hill voit son support d'aileron se briser. Il doit regagner son stand tandis qu'il avait effectué une fort belle course.

 

63e: Hill repart des stands après réparations. Il occupe désormais le neuvième rang.

 

64e: Regazzoni et Stewart sont en lutte pour la troisième place. L'Écossais semble plus rapide que le Suisse qui a toujours des soucis avec son moteur.

 

66e: Stewart dépasse Regazzoni et s'empare ainsi de la troisième place.

 

70e: Hulme compte 3.8s. d'avance sur Andretti. Stewart est relégué à vingt-cinq secondes, Regazzoni à trente-cinq secondes. Wisell est cinquième devant Amon, Redman, Ickx, Hill et Peterson.

 

71e: Andretti a repris cinq dixièmes à Hulme.

 

73e: Andretti pressens que Hulme rencontre un problème et augmente son rythme. Il réalise le meilleur tour en course: 1'20''3.

 

74e: L'écart entre Andretti et Hulme est de 2.8s.

 

76e: Sur la voiture de Hulme, le boulon d'attache de la jambe de force de la suspension arrière se détache. La McLaren frôle l'embardée. Hulme parvient à la maîtriser, mais il doit ralentir. Andretti en profite pour prendre le commandement. C'est la consternation pour Teddy Mayer et tout le stand McLaren. Hulme avait tant dominé l'épreuve...

 

77e: Andretti se dirige désormais vers la victoire, tandis que Hulme décide de terminer l'épreuve, mais à très faible allure. Stewart et Regazzoni le doublent.

 

78e: Andretti a vingt secondes d'avance sur Stewart.

 

79ème et dernier tour: Hulme, au ralenti, se fait doubler par Wisell et par Amon.

 

Mario Andretti remporte sa première victoire en Formule 1, et ce pour sa première course avec une Ferrari. Stewart est second et inscrit les premiers points de l'Elf-Tyrrell. Regazzoni est troisième; c'est son cinquième podium en neuf Grands Prix disputés, une statistique assez impressionnante. Wisell est quatrième mais ne fait guère oublier la piètre performance des Lotus. Après un très mauvais départ, Amon finit cinquième et inscrit ses premiers points pour Matra. Grand déçu du jour, Hulme parvient à rallier l'arrivée au sixième rang. Suivent Redman, Ickx, Hill, Peterson, Pescarolo, Stommelen et de Adamich.

 

Après la course

Andretti est le premier vainqueur américain depuis le succès de Dan Gurney à Spa-Francorchamps en 1967. Il est absolument ravi: né en Italie et demeuré très attaché à ses origines, gagner un jour pour la Scuderia Ferrari était son rêve d'adolescent. Le voici exaucé.

 

Néanmoins, Andretti n'est que troisième pilote de la Scuderia et ne disputera pas toutes les courses de la saison. Sa victoire est donc anecdotique du point de vue sportif. Ce premier Grand Prix confirme que le duel entrevu fin 70 entre les Ferrari et la Tyrrell de Stewart devrait se poursuivre. Mais Denny Hulme et sa McLaren, particulièrement malheureux, semblent être des outsiders tout à fait crédibles.

Tony