Clay REGAZZONI
 C.REGAZZONI
Ferrari
Jacky ICKX
 J.ICKX
Ferrari
Rolf STOMMELEN
 R.STOMMELEN
Brabham Ford Cosworth

193e Grand Prix

VIII Grosser Preis von Osterreich
Légérement nuageux
16 août 1970 - Österreichring
60 tours x 5.911 km - 354.660 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur

Six ans après la première édition, le Grand Prix d'Autriche fait son retour au calendrier du championnat du monde. L'épreuve se dispute sur le nouveau circuit de l'Österreichring, inauguré l'année précédente. C'est une très belle piste, tracée à flanc de vallon, comportant de nombreuses courbes très rapides. Celles-ci se franchissent pour la plupart en quatrième vitesse. Les défauts principaux sont le manque de dégagement et l'étroitesse de la ligne de départ/arrivée.

 

Le retour de l'Autriche au calendrier doit aussi beaucoup aux succès de Jochen Rindt, actuel leader du championnat du monde. Le pilote Lotus draine une foule importante de supporteurs et est devenu une véritable vedette dans son pays. Il présente même les courses pour le compte de la télévision autrichienne, interviewant de temps à autre ses propres collègues, notamment son ami Jackie Stewart. On trouve aussi cependant de nombreux supporteurs italiens ayant franchi la frontière pour encourager les pilotes Ferrari.

 

Rindt souhaite évidemment emporter la victoire dans son pays. Cette éventuelle cinquième victoire de rang lui assurerait presque le titre mondial. Pour l'heure, il possède vingt points d'avance sur Jack Brabham, mais l'Australien n'est pas son principal adversaire en piste. Il craint surtout les Ferrari qui lui ont mené la vie très dure à Hockenheim.

 

Pour la première fois de la saison la Scuderia engage trois 312 B pour Jacky Ickx, Clay Regazzoni et Ignazio Giunti. La Scuderia est en confiance grâce à des résultats en progression constante. Mais désormais l'objectif est de remporter enfin une première victoire en 1970.

 

Rob Walker a commandé une Lotus 72 à Colin Chapman, mais celle-ci n'est pas prête pour le Grand prix. Graham Hill ne sera donc pas au départ. On ne verra pas non plus le jeune espoir suédois Ronnie Peterson car l'équipe de Colin Crabbe est arrivée à court de moteur.

Andrea de Adamich est présent avec sa McLaren-Alfa Romeo, mais il ne dispose que d'un mauvais moteur, car il a cassé six blocs en essais avant ce rendez-vous...

 

On note un changement de pilote chez Williams. Brian Redman est remplacé par l'Australien Tim Schenken, une des révélations de l'actuel championnat de Formule 2.

 

Les qualifications

Le vendredi, Miles se fait très peur lorsque la défaillance d'un cylindre de frein l'entraîne dans une terrible embardée. Fort heureusement, il parvient à ne rien heurter. Mais cet incident pose à nouveau la question de la fiabilité de la 72 qui a déjà trahi à plusieurs reprises Rindt et Miles tandis qu'ils étaient lancés à pleine vitesse.

Nina Rindt, qui s'inquiète pour son mari, vit mal cette nouvelle avarie. La mort de Piers Courage l'a beaucoup éprouvée. Elle sait que Miles a eu une chance incroyable. Le soir, elle croise Colin Chapman dans l'ascenseur de l'hôtel. Elle ne pipe pas mot, mais son regard réprobateur irrite particulièrement l'ingénieur anglais : « Jochen me dit toujours ce qu'il pense, lui lance-t-il. Toi, tu ne fais que me regarder ! »

 

La journée du samedi est gâchée par des averses. Par conséquent, seuls les chronos réalisés le vendredi servent à composer la grille de départ. Comme à Hockenheim, les Ferrari sont les principales adversaires de Rindt. Mais l'Autrichien parvient à réaliser la pole position, sa dixième en F1. Regazzoni précède son équipier et se hisse en première ligne. Ickx est troisième devant Stewart. Giunti est cinquième et permet ainsi aux trois Ferrari de figurer parmi les cinq premiers rangs. Amon est sixième et précède Beltoise et Brabham. Cevert continue de progresser et se hisse au neuvième rang. Miles est dixième devant Hulme, Surtees et Pescarolo.

 

Les BRM continuent de décevoir: Oliver est 14ème; Rodriguez 22ème et Eaton 23ème. On note les performances décevantes de Fittipaldi (seizième) et d'Andretti (dix-huitième). Malgré un moteur médiocre, de Adamich se qualifie au quinzième rang et fait beaucoup mieux que son équipier Gethin, disposant d'un V8 Cosworth, seulement 21ème. Pour son premier Grand Prix, Schenken est dix-neuvième. Comme tous les pilotes sont qualifiés, Moser se hisse pour la première fois de l'année sur la grille, à la dernière place.

 

Le Grand Prix

Il fait beau et chaud le dimanche 16 août. 100 000 spectateurs se sont massés dans les tribunes, faisant de cet événement une grande réussite. La plupart d'entre eux espèrent assister au succès de Rindt.

 

Départ: Rindt prend un envol moyen et se fait doubler par les deux premières Ferrari. Regazzoni pointe en tête au premier virage devant Ickx. Suivent Rindt, Giunti et Amon.

 

1er tour: Regazzoni mène devant Ickx, Rindt, Giunti, Amon, Beltoise, Brabham, Stewart, Hulme et Miles. Cevert est déjà contraint à l'abandon à cause d'une panne de moteur. Cela va mal chez Tyrrell puisque Stewart regagne les stands à cause d'un problème d'alimentation.

 

2e: Ickx déborde Regazzoni à la Bosch Kurve. Rindt est attaqué par Giunti. Beltoise double Amon. Chez Tyrrell, on tente de réparer la voiture de Stewart.

 

3e: Giunti double Rindt, imité bientôt par Beltoise. Puis Beltoise double Giunti en fin de tour. Pendant ce temps-là Rindt s'est aussi fait passer par Amon.

 

4e: Ickx a une seconde d'avance sur Regazzoni et deux secondes sur Beltoise. Amon et Rindt sont en bagarre. Miles entre au stand Lotus à faible vitesse. Il a perdu l'usage de ses freins. Stewart regagne la piste.

 

5e: Ickx, Regazzoni et Beltoise se tiennent en trois secondes. A quatre secondes du leader vient Giunti, talonné par Amon et Rindt. Brabham et Hulme suivent ensuite. Le reste du peloton est distancé.

 

6e: Beltoise se rapproche de Regazzoni. Giunti emmène maintenant un groupe de cinq voitures au sein duquel Rindt double Amon.

 

7e: Brabham prend la sixième place à Amon.

 

8e: Cinq secondes séparent le trio de tête du groupe Giunti.

 

10e: Rindt reprend la quatrième place à Giunti.

 

11e: Ickx mène devant Regazzoni (0.5s.), Beltoise (1.1s.), Rindt (8.1s.), Giunti (9.5s.), Brabham (9.9s.), Amon (12.1s.), Hulme (12.5s.) et Surtees (16.8s.). Stewart revient à son stand et abandonne car son cockpit est inondé d'essence.

 

12e: Moser entre à son garage avec une fuite à son radiateur et un pneu dégonflé. Il doit renoncer.

 

14e: Andretti abandonne à cause d'une panne d'accélérateur. Il occupait le treizième rang.

 

15e: Le trio de tête compte sept secondes d'avance sur Rindt qui a semé le groupe Giunti.

 

18e: Rindt revient petit à petit sur les trois premiers, mais il en est encore loin.

 

20e: Ickx mène avec une demi-seconde d'avance sur Regazzoni et une seconde sur Beltoise. Rindt est à six secondes. Plus loin viennent Giunti et Brabham.

 

22e: Rindt ralentit avant de passer la ligne de chronométrage. Son monteur vient d'expirer: l'Autrichien ne gagnera pas dans son pays. Surtees double Hulme

 

23e: Amon, Surtees, Hulme et Stommelen se battent pour la septième place. Pescarolo qui était dans ce groupe regagne son stand avec une suspension arrière faussée par une pierre, peut-être envoyée par la voiture de Surtees. Le directeur sportif Bruno Morin ordonne aux mécaniciens de Matra d'essayer de réparer le moyeu.

 

24e: Surtees et Hulme doublent Amon dont la March est très instable.

 

26e: Schenken renonce à cause d'une panne de moteur.

 

27e: Surtees est lui aussi trahi par son moteur. Il regagne les stands à faible allure. Stommelen double Amon. Pescarolo repart des stands en dernière position.

 

30e: Ickx est premier et précède Regazzoni (0.3s.), Beltoise (2.2s.), Giunti (15.4s.), Brabham (15.9s.), Hulme (38.8s.), Stommelen (41.4s.), Amon (46.8s.) et Rodriguez (51.6s.).

 

31e: Le moteur de Hulme ne fonctionne plus. Le Néo-Zélandais doit abandonner et laisse sa sixième place à Stommelen.

 

33e: Beltoise commence à rencontrer des soucis d'alimentation et perd du terrain vis à vis des deux Ferrari de tête.

 

35e: Ickx et Regazzoni sont toujours roues dans roues. Beltoise est désormais à cinq secondes du leader.

 

36e: Une grosse pierre vient frapper le radiateur d'eau de Brabham. L'Australien regagne son stand où ses mécaniciens lui montent un radiateur neuf. Mais pour le triple champion du monde, ce sont encore de gros points qui s'envolent.

 

38e: Brabham repart des stands avec trois tours de retard, en quatorzième position.

 

39e: Un des pneus avant de Giunti est très dégradé, au bord de l'éclatement. L'Italien décide par sécurité d'entrer aux stands et de faire changer la gomme défectueuse. Il repart en dixième position.

 

40e: Ickx est toujours talonné par Regazzoni qui réalise le meilleur tour en course: 1'40''40'''. Derrière ce duo, viennent Beltoise (13s.), Stommelen (58s.), Amon (1m. 15s.), Rodriguez (1m. 19s.), et Oliver (1m. 20s.).

 

42e: Cinquième, Amon rencontre des soucis de tenue de route et est attaqué par les deux BRM de Rodriguez et Oliver.

 

44e: Rodriguez puis Oliver doublent Amon, relégué à la septième place.

 

45e: Beltoise continue de perdre du temps par rapport aux Ferrari: le voici à plus de vingt secondes d'Ickx.

 

47e: Giunti remonte dans le peloton: il a pris la huitième place à Gethin.

 

50e: Ickx et Regazzoni se suivent toujours. Beltoise est relégué à vingt-sept secondes. Stommelen est quatrième à plus d'une minute et précède Rodriguez, Oliver, Amon, Giunti, Gethin et Siffert.

 

52e: Giunti prend la septième place à Amon.

 

53e: En cette fin d'épreuve, Regazzoni est toujours aussi proche d'Ickx mais ne semble pas en mesure de l'attaquer. Chez Ferrari on préfère en effet assurer le doublé plutôt que de tenter le diable.

 

55e: Fittipaldi est en panne d'essence à cause d'une défaillance de son système d'alimentation. Il parvient tout de même à regagner le stand Lotus. Ses mécaniciens vont lui rajouter l'essence nécessaire pour finir l'épreuve.

 

56e: Beltoise est de plus en plus lent. De nouveau, un problème de conduite d'essence frappe la Matra et le moteur V12 est presque à sec.

 

58e: Le moteur de Beltoise se désamorce. Le Français entre aux stands. On lui ajoute les quelques litres d'essence nécessaires pour repartir et au moins sauver un point. C'est chose faite puisque « Bébel » reprend la route au sixième rang. Stommelen a entretemps pris sa place sur le podium.

 

59e: Les deux Ferrari de tête finissent la course juste devant les deux BRM, reléguées à un tour.

 

60ème et dernier tour: Jacky Ickx remporte sa première victoire de la saison, la première de Ferrari en F1 depuis 1968. Regazzoni finit second sur ses talons et donne donc à la Scuderia un beau doublé. Stommelen termine troisième et monte ainsi sur son premier podium. Viennent ensuite les deux BRM de Rodriguez et d'Oliver qui marquent leurs premiers points depuis le GP de Belgique. Oliver finit même un Grand Prix pour la première fois de la saison... Beltoise sauve le point de la sixième place. Giunti, Amon, Siffert, Gethin, Eaton, de Adamich, Brabham, Pescarolo et Fittipaldi sont aussi à l'arrivée.

 

Après la course

Ickx et Regazzoni se fraient difficilement un chemin jusqu'au podium, car la foule a envahi la piste pour voir... Jochen Rindt, assailli par les demandeurs d'autographes. Celui-ci participe ensuite à une émission télévisée avec son compère Jackie Stewart. Les deux hommes se donnent rendez-vous à Monza, où Stewart espère conduire sa nouvelle voiture, la Tyrrell 001.

 

Rindt a certes abandonné, mais Brabham n'a pas inscrit de point. Du coup le statu quo règne aux classements généraux. Rindt conserve vingt points d'avance sur Brabham à quatre courses du but. Hulme est toujours à vingt-cinq longueurs de Rindt. Ickx est désormais quatrième du classement avec 19 unités, c'est-à-dire autant que Stewart.

Pour la coupe des constructeurs, Lotus garde la première place. Brabham rejoint March au deuxième rang, avec 33 points. Ferrari se rapproche de la quatrième place détenue par McLaren.

Tony