Denny HULME
 D.HULME
McLaren Ford Cosworth
Jack BRABHAM
 J.BRABHAM
Brabham Ford Cosworth
Jackie STEWART
 J.STEWART
March Ford Cosworth

185e Grand Prix

IV Grand Prix of South Africa
Légérement nuageux
7 mars 1970 - Kyalami
80 tours x 4.104 km - 328.320 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Dernière victoire pour Jack Brabham.

Présentation de la saison

En 1969, Jackie Stewart et l'équipe Tyrrell ont remporté le titre mondial sur une Matra à moteur Ford-Cosworth. Mais Matra a décidé de revenir officiellement en Formule 1 avec son propre moteur V12. Ken Tyrrell n'étant pas du tout convaincu des performances du moteur français, il décide de rompre son partenariat avec Matra et de chercher une nouvelle voiture pour son champion. Il se tourne donc vers une nouvelle marque lancée en grande pompe fin 69: March.

 

March est l'association de quatre jeunes passionnés britanniques: Max Mosley, un avocat de 30 ans, directeur de l'équipe, Alan Rees, ancien manager de l'écurie Winkelmann de Formule 2, le directeur sportif, Graham Coaker, chargé de la production, et enfin Robin Herd, ancien ingénieur aéronautique ayant participé au projet Concorde et directeur technique.

Herd a conçu la 701, une monoplace très conventionnelle propulsée par un V8 Ford-Cosworth. Sa seule particularité vient de ses réservoirs latéraux carrossés en aile d'avion inversée, préfigurations du principe d'effet de sol. Cette 701 est prête à être vendue à qui le désirera. March engage une équipe officielle dirigée par Mosley, avec deux excellents pilotes très expérimentés: Chris Amon et Jo Siffert.

Une troisième voiture est engagée par Andy Granatelli, le PDG de la compagnie pétrolière STP. Elle est confiée à la vedette américaine Mario Andretti.

 

Enfin, deux March 701 sont donc achetées par Ken Tyrrell pour Jackie Stewart et son équipier, le jeune Français Johnny Servoz-Gavin. Mais dès les premiers essais, Stewart livre son verdict à Tyrrell: la 701 est une mauvaise voiture, lourde et pataude. Dès lors, dans le secret, Ken Tyrrell confie à l'ingénieur Derek Gardner la construction d'une nouvelle voiture destinée à apparaître en fin de saison...

 

 

Jean-Luc Lagardère a donc décidé que le moment était venu de faire triompher une Formule 1 « 100% Matra ». Le V12 a été considérablement revu par Georges Martin, et la nouvelle Matra-Simca MS120, œuvre de Gérard Ducarouge et Bernard Boyer, semble être une voiture prometteuse. L'inévitable Jean-Pierre Beltoise est à son volant, associé au jeune Henri Pescarolo, brillant coureur de la marque en endurance.

 

La Scuderia Ferrari entame un nouveau cycle en cette année 1970. Grâce à un subside conséquent accordé par Fiat, elle se montre assez ambitieuse. Tout d'abord son jeune espoir Jacky Ickx est revenu au bercail après une saison passée chez Brabham. Mauro Forghieri a conçu une nouvelle voiture, la simple et élégante 312B qui va enfin faire ses débuts après avoir été tant attendue fin 1969. Mais la grande nouveauté est le moteur douze cylindres à plat développant 460 chevaux, soit vingt-cinq de plus que le V8 DFV Ford-Cosworth. Ickx sera le seul pilote de l'écurie en début de saison.

 

Nouvelles ambitions aussi chez BRM. Handicapé par une attaque cardiaque, Sir Alfred Owen a définitivement laissé la direction de l'entreprise à Louis Stanley. Tout a changé ou presque. Pour remplacer l'ingénieur Tony Rudd parti chez Lotus, Stanley a engagé Tony Southgate, chargé du châssis, et Aubrey Woods qui va revitaliser le moteur V12. Tim Parnell, qui dirigeait jusqu'ici sa propre équipe, est nommé directeur sportif. La nouvelle voiture, la P53 conçue par Southgate, apparaît d'emblée comme la plus belle du plateau. John Surtees ayant quitté l'équipe, le fidèle Jackie Oliver est promu premier pilote. A ses côtés on retrouve l'excellent Mexicain Pedro Rodriguez, un ancien de l'équipe Parnell. Enfin le Canadien George Eaton pilotera une vieille P139 en début de saison.

 

Les relations entre Jochen Rindt et Colin Chapman se sont aigries en 1969 et le pilote autrichien aurait voulu quitter Lotus. Avec son manager Bernie Ecclestone, ils ont envisagé de créer leur propre équipe, comme les deux hommes l'ont fait en Formule 2. Mais Colin Chapman a su le convaincre de rester en lui offrant le « statut Jim Clark »: un salaire conséquent et une voiture sur mesure, la future 72 qui s'annonce révolutionnaire... Pour l'heure, en ce début de saison, Rindt devra se contenter de la 49C, évolution de la 49B. Son coéquipier est John Miles qui a beaucoup payé de sa personne au volant de la 63 à quatre roues motrices. Enfin, Peter Warr est le nouveau directeur sportif de l'équipe en remplacement d'Andrew Ferguson.

 

Cinq mois après son accident à Watkins-Glen dans lequel il s'est brisé les deux jambes, Graham Hill est de retour à la compétition. Il pilote toujours une Lotus 49, mais cette fois-ci pour le compte de Rob Walker.

 

Brabham inaugure sa nouvelle voiture, la BT33, première voiture de la marque à châssis monocoque. Jack Brabham aimerait se retirer mais il n'a pas su retenir Jacky Ickx pour prendre sa suite. A bientôt 44 ans il entame donc une nouvelle saison. Son nouvel équipier est le jeune Allemand Rolf Stommelen qui pilotera une voiture blanche, couleur de son sponsor le magazine Auto Motor und Sport.

 

Après s'être fourvoyé dans la construction d'une quatre roues motrices, Bruce McLaren suit une voie plus raisonnable pour cette saison. Avec Jo Marquart il présente une M14A, évolution tranquille de la M7. Denny Hulme est toujours de l'aventure. A 33 ans, Bruce aimerait raccrocher les gants pour se consacrer à la gestion de son usine. Il a fait une offre à Jackie Stewart qui l'a refusée. Il s'engage donc pour une année de courses supplémentaire.

 

Frank Williams va devenir un constructeur à part entière. Il a signé un accord tripartite avec Ford et Alessandro de Tomaso, un Argentin spécialisé dans la production de voitures de sport. Celui-ci a confié au jeune ingénieur Gianpaolo Dallara la construction d'une F1, la 505 à moteur Ford-Cosworth. Celle-ci est confiée au jeune espoir britannique Piers Courage, une des révélations de la saison 1969.

 

Fatigué des piètres performances de BRM, John Surtees s'est décidé à franchir le pas: il crée lui-aussi sa propre équipe, le Team Surtees. Son ambition est de construire sa propre voiture mais en attendant il a acheté une McLaren M7C qu'il va piloter en début de saison.

 

Les pneumatiques pourraient jouer un rôle très important dans le déroulement de la saison. Les équipes Tyrrell, BRM et Williams utilisent des Dunlop, Matra et Brabham des Goodyear, tandis que le clan Firestone est composé de McLaren, Ferrari, Lotus, March et STP. Surtout, Dunlop introduit cette année-là un nouveau type de pneumatique sans sculpture, hormis les témoins d'usure: c'est la naissance du pneu « slick », développé notamment par Jackie Stewart. Pour cette première course de la saison, Dunlop dévoile un nouveau pneu avec pour seul dessin des stries en forme de pattes d'oiseau. Seuls Stewart et Rodriguez pourront les utiliser.

 

Les nouveaux réglements

Le président de la C.S.I. Maurice Baumgartner a annoncé de nombreux changements pour cette saison 1970. En matière technique, la cylindrée des moteurs à compresseurs est limitée à 500 cm3 et celle des moteurs atmosphérique à 3000 cm3. Le poids minimum est fixé à 530 kilos. Des réservoirs « souples », en plastique, sont introduits afin d'éviter leur éclatement en cas de gros choc, et donc l'embrasement général de la voiture. Ces réservoirs devront se déformer sous l'impact et laisser le temps au pilote de s'extraire de la voiture. C'est du moins la théorie...

La sécurité sur les circuits est nettement renforcée avec l'installation de bandes d'herbe de trois mètres de large en bordure de piste et de doubles glissières de sûreté. Les spectateurs devront être placés à plus de trois mètres derrière ces barrières. Les bottes de pailles sont bannies, tandis que la séparation physique entre la voie des stands et la piste est enfin rendue obligatoire. Enfin la FIA devra mener des inspections sur chaque circuit avant que celui-ci ne soit homologué.

 

Juste avant le début du championnat, les organisateurs de Grands Prix réunis à Genève proposent deux nouvelles mesures à la CSI. Tout d'abord le remplacement des primes de départ par des primes d'arrivée, afin d'encourager les pilotes à terminer les épreuves même avec une voiture ayant subi des pannes. Enfin, l'instauration d'un système de qualification permettant de pré-qualifier d'office les meilleurs pilotes, et de départager les autres coureurs lors d'une petite course inaugurale. Ceci afin d 'éviter qu'un « cador » ne soit pas qualifié. Mais ces propositions ne sont pas acceptées par la F1CA et le GPDA, si bien que leur mise en œuvre est repoussée aux Grands Prix européens.

 

Présentation de l'épreuve

La saison débute par le Grand Prix d'Afrique du Sud à Kyalami, rendez-vous très apprécié des pilotes.

 

Comme chaque année, pilotes et équipes locales tentent leur chance pour ce rendez-vous. Le Team Gunston du Rhodésien John Love engage deux voitures: une Lotus 49 pour le patron et une Brabham BT26A pour Peter de Klerk. Alex Blignaut, sous le nom de Scuderia Scribante, présente quant à lui une Lotus 49C pour Dave Charlton.

 

Les qualifications

Lors des essais, les March surprennent en se montrant très compétitives. Stewart et Amon réalisent tous les deux le meilleur temps, en 1' 19'' 3'''. Grâce à son statut de champion du monde, Stewart est crédité de la pole position. Brabham prouve le potentiel de sa nouvelle voiture en complétant la première ligne. Rindt est quatrième devant la Ferrari d'Ickx. En troisième ligne on retrouve Hulme, premier sur McLaren, Surtees et Beltoise. Siffert et McLaren sont en quatrième ligne. Andretti est onzième avec la March STP. Les BRM déçoivent: Olivier est 12ème, Rodriguez 16ème, et Eaton 23ème et dernier ! Le jeune Stommelen est seulement quinzième avec la seconde Brabham. Pour son retour Hill occupe la dix-neuvième place.

 

Treizième, Charlton est le premier des Sud-Africains. Love et de Klerk sont relégués en dernière ligne.

 

Les écarts sont très serrés: entre Stewart en pole et McLaren dixième, il n'y a qu'une seconde de différence.

 

Le Grand Prix

Départ: Stewart prend un bon envol, au contraire d'Amon et Brabham. Stewart vire en tête à Crowthorne et précède Ickx, Brabham, Beltoise et Oliver qui a pris un incroyable envol. Amon touche l'arrière de Rindt qui lui-même frotte Brabham, mais les trois pilotes restent en piste. De Klerk reste immobilisé à cause d'un démarreur coincé, avant de pouvoir finalement s'élancer.

 

1er tour: Dans la confusion des premiers virages, Oliver et McLaren, très bien partis, doublent Brabham.

Stewart mène devant Ickx, Beltoise, Oliver, McLaren, Brabham, Siffert, Surtees, Charlton et Hulme. Amon n'est que 18ème !

 

2e: Stewart a déjà trois secondes d'avance sur Ickx. Oliver déborde Beltoise par l'intérieur à Crowthorne, mais le Français se place à droite de la BRM qui se trouve à son tour débordée. « Bébel » conserve sa position. Hulme prend la neuvième place à Charlton.

 

3e: Beltoise, Oliver, McLaren et Brabham sont en lutte pour la troisième place.

 

4e: Dans la longue ligne droite, Brabham dépasse McLaren puis Oliver sans coup férir. Hulme double Surtees.

 

5e: Stewart a cinq secondes d'avance sur Ickx. A Crowthorne, Brabham prend la troisième place à Beltoise. Il revient ensuite dans le sillage d'Ickx. Oliver semble avoir un problème: il se fait doubler par Siffert puis par Hulme.

 

6e: Dans la longue ligne droite, Brabham prend l'aspiration derrière Ickx et dépasse celui-ci à Crowthorne. Quelques dizaines de mètres plus loin, Hulme dépasse Siffert. Surtees réalise le meilleur tour de la course en 1'20''8'''. Il a doublé Oliver dans cette même boucle.

 

7e: Stewart a sept secondes d'avance sur Brabham. Surtees prend la septième place à Siffert.

 

8e: Oliver regagne le stand BRM car il ne parvient plus à sélectionner sa cinquième vitesse. Les mécaniciens vont devoir démonter et réparer la boîte.

 

9e: McLaren prend la quatrième place à Beltoise. Celui-ci se fera ensuite doubler par Hulme. Siffert repasse devant Surtees.

 

10e: Stewart mène devant Brabham (5.5s.), Ickx (9.4s.), McLaren (10.1s.), Hulme (10.5s.), Beltoise (11.5s.), Siffert (14.4s.), Surtees (14.9s.) et Charlton (19s.). Rodriguez rejoint à son tour le stand BRM car il rencontre un problème d'allumage. Oliver est pour sa part reparti en dernière position.

 

12e: Brabham est lancé à la poursuite de Stewart. De son côté Ickx surveille dans ses rétroviseurs les deux McLaren de B. McLaren et Hulme.

 

14e: Hulme double McLaren sur la ligne de chronométrage. Jusqu'alors douzième après un mauvais début de course, Amon renonce à cause d'un problème avec son tablier d'aile gauche.

 

15e: Stewart mène devant Brabham (4s.), Ickx (11s.), Hulme (11.5s.), McLaren (12s.), Beltoise (14s.), Surtees (16s.) et Siffert (16.5s.).

 

16e: Hulme déborde Ickx et s'empare de la troisième place.

 

17e: Brabham n'est plus qu'à deux secondes de Stewart. McLaren double Ickx à son tour.

 

18e: Surtees déborde Beltoise, bientôt attaqué par Siffert.

 

19e: Brabham est désormais dans les roues de Stewart. Siffert prend la septième place à Beltoise.

 

20e: Brabham attaque Stewart à Crowthorne. L'Écossais doit s'incliner, et voici donc l'Australien au commandement du Grand Prix.

 

22e: Brabham s'échappe en tête de la course. Surtees double Ickx. Voici donc trois McLaren dans les cinq premiers.

 

24e: Oliver est de retour au stand BRM, cette fois-ci pour abandonner car son embrayage est grillé. Stommelen est aussi contraint à l'abandon à cause d'un problème de moteur. Il occupait la seizième place.

 

25e: Brabham a cinq secondes d'avance sur Stewart. Hulme est à une douzaine de secondes et précède McLaren, Surtees, Ickx, Siffert, Beltoise, Rindt, Charlton, Andretti et Servoz-Gavin.

 

26e: Andretti regagne son stand pour mettre pied à terre, son moteur surchauffant suite à l'explosion de son radiateur.

 

30e: Brabham a 7.6s. d'avance sur Stewart et 12.3s. de marge sur Hulme.

 

32e: Hulme est revenu à trois secondes de Stewart et semble en mesure de le menacer.

 

34e: Hulme est désormais dans le sillage de Stewart.

 

35e: Brabham possède une dizaine de secondes d'avance sur Stewart et Hulme, alors en bagarre.

 

37e: Stewart et Hulme sont roues dans roues. Le pilote écossais ne va pas pouvoir résister bien longtemps à cette pression.

 

38e: A l'abord de Crowthorne, Hulme déborde Stewart par l'intérieur et s'empare de la deuxième place.

 

39e: De Klerk part en tête-à-queue à Barbeque. Il sort de sa voiture et la pousse vers le bas-côté avec l'aide de commissaires. Il finira par repartir en dernière position.

 

40e: McLaren lève le bras car de la fumée s'échappe de l'arrière de sa M14. Le moteur Ford-Cosworth vient de rendre l'âme et le Néo-Zélandais regagne son garage à faible allure.

 

41e: Brabham mène devant Hulme (7.9s.), Stewart (10.1s.), Surtees (24.1s.), Ickx (29.6s.), Siffert (30.7s.) et Beltoise (31.2s.).

Courage voit sa pédale d'accélérateur se coincer et il sort de la piste. Il occupait la quinzième place avec sa De Tomaso.

 

44e: Brabham possède une huitaine de secondes d'avance sur Hulme qui lui-même devance Stewart d'une centaine de mètres. A vingt-cinq secondes se trouve Surtees. Puis vient un trio composé d'Ickx, Siffert et Beltoise.

 

46e: La seule lutte d'importance en course oppose le trio Ickx-Siffert-Beltoise.

 

48e: Miles apparaît à la dixième place après avoir doublé Servoz-Gavin.

 

49e: Miles prend la neuvième place à Charlton et se retrouve derrière Rindt.

 

50e: Statu quo en tête de l'épreuve. Brabham compte toujours une dizaine de secondes de marge sur Hulme. Stewart est à vingt secondes.

 

52e: Siffert se fait de plus en plus pressant derrière Ickx.

 

53e: Siffert prend enfin la cinquième place à Ickx. Beltoise est en embuscade derrière la Ferrari.

 

54e: A Leeukop, Siffert part en tête-à-queue et se retrouve en plein milieu de la piste. Beltoise prend l'intérieur et passe, tandis qu'Ickx commet l'erreur de passer à gauche. Il frotte la March en perdition et se retrouve dans la terre. Ickx et Siffert repartent, mais la voiture du Suisse a souffert.

 

55e: Siffert rejoint son stand pour essayer de faire réparer sa voiture. Il repartira en quinzième position.

 

57e: Ickx est désormais en sixième position, mais sa voiture donne des signes de faiblesse. Les deux Lotus de Rindt et Miles reviennent sur lui, menaçantes.

 

58e: Servoz-Gavin est au stand Tyrrell. Il n'en repartira pas à cause d'une avarie de son moteur.

 

59e: Rindt double Ickx. Eaton revient à son stand pour abandonner, moteur en panne. Louis Stanley réconforte le pilote canadien qui n'a guère brillé ce weekend-là.

 

60e: Alors qu'il tenait une excellente quatrième place, Surtees voit son moteur casser à cause d'un piston défaillant. L'Anglais regagne son stand très déçu.

 

61e: Ickx est maintenant au ralenti. Il s'est fait doubler par Miles et Charlton. Sa Ferrari est victime d'une fuite d'huile et le jeune Belge n'a plus qu'à regagne son garage.

 

62e: Brabham est en tête devant Hulme (10.1s.), Stewart (15s.), Beltoise (54.9s.) et Rindt (1m. 12s.). Suivent Miles, Charlton, Hill, Pescarolo et Love.

 

65e: Hill prend la septième place à Charlton. Après une course sage, le double champion du monde convoite les points.

 

67e: Charlton est à la peine puisqu'il est désormais menacé par la Matra de Pescarolo.

 

70e: Dix secondes séparent Brabham et Hulme. Pescarolo double Charlton.

 

71e: Brabham égale le meilleur tour de Surtees en 1'20'' 8'''.

 

72e: Brabham lève le pied en cette fin d'épreuve pour assurer la mécanique. Hulme grappille quelques secondes mais est trop éloigné pour menacer son ancien coéquipier.

 

73e: Rindt entre au stand Lotus. Son moteur ne fonctionne plus et l'Autrichien sort de sa voiture. Son équiper Miles récupère la cinquième place.

 

74e: Alors qu'il venait de repasser devant Pescarolo, Charlton est victime d'une crevaison à l'avant. Le Sud-Africain doit abandonner après avoir effectué une très belle course devant son public.

 

77e: Brabham boucle ses derniers tours avec neuf secondes d'avance sur Hulme. Stewart est à dix-huit secondes.

 

80ème et dernier tour: Jack Brabham remporte sa quatorzième victoire en Formule 1. Hulme termine deuxième à huit secondes de l'Australien. Stewart est troisième: March obtient donc son premier podium pour ses débuts, mais ce résultat est assez décevant au regard des essais qualificatifs. Beltoise offre une belle quatrième place à Matra. Miles sauve un week-end décevant pour Lotus avec la cinquième place. Enfin Hill prouve qu'il est bien rétabli en prenant le dernier point. Pescarolo, Love, Rodriguez, Siffert et de Klerk sont aussi à l'arrivée.

 

Après la course

La victoire de Brabham ne doit rien au hasard: le vétéran a dominé la course et sa nouvelle voiture semble très performante. Ce premier succès depuis 1967 lui donne une nouvelle jeunesse. Il peut donc légitimement viser un quatrième mondial pour 1970. La nouvelle McLaren M14 apparaît aussi comme une des meilleures monoplaces du plateau. Certains imaginent donc déjà un duel entre les deux pilotes-constructeurs, Jack Brabham et Bruce McLaren.

 

Enfin, la satisfaction domine chez Ferrari. Si Jacky Ickx n'a pas terminé la course, la nouvelle 312B s'est montrée performante et devrait obtenir bientôt de bons résultats.

Tony