Bruce McLAREN
 B.McLAREN
McLaren Ford Cosworth
Jackie STEWART
 J.STEWART
Matra Ford Cosworth
Jean-Pierre BELTOISE
 J.BELTOISE
Matra Ford Cosworth

175e Grand Prix

XV Gran Premio de España
Ensoleillé
4 mai 1969 - Montjuïc Park
90 tours x 3.791 km - 341.190 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Spectaculaire accident pour Jochen Rindt quelque tours après celui de son équipier Graham Hill.

Arrivée de la Formule 1 à Montjuïc

Le Grand Prix d'Espagne se déroule cette année dans le Parc de Montjuïc à Barcelone. Ce tracé urbain a déjà accueilli autrefois plusieurs courses de haut niveau, notamment le Grand Prix de Penya-Rhin dans les années 1930. Depuis 1966, il accueille des épreuves de Formule 2. Jim Clark y a d'ailleurs triomphé en 1967. C'est un circuit urbain qui alterne entre les portions sinueuses et une section très rapide entre l'Avinguda de l'Estadi et l'Estadio Rasente. Le dénivelé est également important et met les suspensions, et la mécanique en général, à rude épreuve.

 

Les pilotes et les journalistes saluent le travail accompli par les organisateurs en matière de sécurité : le revêtement est impeccable et la piste entourée de deux rangées de glissières.

 

Présentation de l'épreuve

Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise conduisent la nouvelle Matra-Ford-Cosworth MS80 qui a triomphé récemment lors de la Course des champions, dès sa première apparition. Cette voiture fait très peu à la concurrence... Elle possède une aile à l'arrière et deux déflecteurs à l'avant qui ne sont pas mobiles comme cela était prévu à l'origine. Bruce McLaren conduit sa M7C neuve inaugurée lors de l'International Trophy, tandis que Denny Hulme se contente de sa M7 habituelle. Les Brabham arborent des ailerons à l'avant comme à l'arrière. Elles sont aussi munies d'une nouvelle suspension et d'une nouvelle boîte de vitesses Hewland DG300.

 

Chez BRM, John Surtees et Jackie Oliver bénéficient tous deux du moteur à quatre soupapes par cylindre. Les deux voitures sont équipées d'une aile arrière et de déflecteurs à l'avant. Les Lotus 49B n'ont pas subi de modifications, nonobstant un renforcement des hampes soutenant les ailerons. Colin Chapman fait d'ailleurs agrandir la surface de celles-ci au fur et à mesure des essais pour améliorer l'appui aérodynamique.

 

La Ferrari 312 de Chris Amon possède deux déflecteurs à l'avant et une aile mobile à l'arrière. Mais sa mobilité est inutile car sur ce circuit tortueux, il n'est pas question de mettre l'aile « en drapeau ». Dans l'ensemble, la Scuderia délaisse quelque peu la Formule 1 pour se concentrer sur la préparation des prototypes qui courront au Mans le mois suivant.

 

Robin Herd, l'ingénieur qui a dessiné la voiture à quatre roues motrices de Cosworth, a rejoint l'équipe de Frank Williams. La Brabham de Piers Courage se retrouve équipée d'une aile arrière articulée en son centre, chaque moitié étant reliée à la suspension de son côté, ce qui avait déjà été aperçu sur les Brabham d'usine fin 1968. A l'avant, pas de demi-mesure : aileron et déflecteurs !

 

Côté pneus, Goodyear amène un nouveau dessin taillé à la main que l'on retrouve à l'arrière de la McLaren de Bruce et des deux Brabham officielles.

 

Les qualifications

Les essais chronométrés se déroulent du jeudi au samedi. Rindt connaît un week-end plein de rebondissements puisqu'il écrase un pauvre chien le jeudi, endommageant sa suspension... Le samedi, il réalise tout de même la pole position après avoir monté une aile arrière agrandie. C'est sa première pole pour le compte de Lotus. Il précède Amon et sa Ferrari, longtemps détenteurs du meilleur chrono. Hill complète la première ligne. Les pneus Firestone disposent d'un net avantage sur ce tracé. Ils feraient gagner une seconde par tour selon les spécialistes. Les Goodyear et surtout les Dunlop souffrent au contraire beaucoup.

 

Stewart (4ème) s'est plaint de problèmes de moteur et d'une tenue de route médiocre, constat partagé par Beltoise (12ème). Les Brabham font bonne figure : « Black Jack » est cinquième, Ickx septième. Ils encadrent la Lotus de Siffert. Les McLaren sont en revanche à la peine : Hulme se classe huitième, son équipier et patron treizième seulement avec sa nouvelle voiture. Chez BRM (Surtees neuvième, Oliver dixième), on peine à régler la carburation des moteurs. Courage est onzième tandis que Rodríguez est quatorzième et dernier au volant de sa vieille BRM.

 

Le Grand Prix

La course se déroule sous un beau soleil. Stewart change de moteur pour la course et utilise un bloc Matra de la saison précédente.

 

Après la « fausse grille », le directeur de course, le comte de Villapadierna donne le coup d'envoi du tour de chauffe. Mais à cet instant une durite d'huile éclate sous le moteur de la BRM d'Oliver. Les mécaniciens s'en aperçoivent et veulent avertir leur pilote, mais ils sont violemment refoulés par des gardes civiles. Oliver démarre sans se douter de rien et va ainsi méthodiquement arroser d'huile tout le circuit. Finalement, à l'issue de cette boucle, Villapadierna lance un nouveau tour d'installation tandis que les commissaires tentent d'étancher les flaques d'huile avec des sacs de ciment... Cela retarde le départ de trente minutes. La voiture d'Oliver est pendant ce temps-là poussée vers les stands. Les mécaniciens de BRM réparent la durite et le jeune Anglais pourra de nouveau se positionner sur la grille.

 

Grille de départ : Courage agite les bras car son moteur ne démarre pas. Cependant, la direction de course ne réagit pas et le coup d'envoi est donné comme si de rien n'était.

 

Départ : Rindt s'élance parfaitement et conserve l'avantage devant Amon, Siffert, Hill et Brabham. Stewart a perdu l'usage d'un cylindre et concède quelques places. Comme il était à craindre, Courage reste immobilisé, de même qu'Oliver.

 

1er tour : Rindt précède Amon, Siffert, Hill, Brabham, Stewart, Ickx, Hulme, Surtees, McLaren, Rodríguez et Beltoise. La Brabham de Courage demeure scotchée devant les stands. Comme le dernier virage se prend en aveugle, la situation est dangereuse. La meute risque de percuter Courage à son premier passage ! Frank Williams et ses mécaniciens courent sur la piste pour aider leur pilote, mais à nouveau la garde civile intervient et une bagarre s'en suit. Les matraques volent sous les huées du public. Le comte de Villapadierna intervient alors pour faire cesser le tumulte. Williams et quelques mécanos sont autorisés à pousser Courage qui démarre enfin, sous les applaudissements de la foule !

 

2e : Rindt, Amon, Siffert et Hill sont roues dans roues. Beltoise double Rodríguez. Oliver démarre avec une boucle de retard mais n'effectue qu'un tour au ralenti avant de renoncer, sa canalisation d'huile étant mal colmatée.

 

3e : Rindt commence à creuser l'écart avec Amon, lequel sème facilement Siffert et Hill. Les autres sont nettement distancés.

 

5e : Rindt mène devant Amon (2s.), Siffert (10s.), Hill (10.5s.), Brabham (18s.), Stewart (19s.) et Ickx (20s.). A trente secondes des hommes de tête vient le dernier peloton comprenant Hulme, Surtees, McLaren et Beltoise.

 

7e : Siffert dérape à l'épingle sous la pression de Hill et lui cède la troisième place. Stewart dépasse Brabham.

 

8e : Rindt continue d'augmenter son avance : quatre secondes le séparent désormais d'Amon.

 

9e : Hill aborde à fond la première courbe à gauche lorsque son bas-volet avant-gauche vole en éclat. La Lotus tressaute sur la bosse placée à cet endroit, part en tête-à-queue et se fracasse très violemment contre les rails avant de s'immobiliser, complètement détruite. Par bonheur, Hill sort indemne de son épave. Les drapeaux jaunes sont brandis dans le secteur. McLaren double Surtees et Courage dépasse Rodríguez qui se traîne avec un moteur malade.

 

10e : Rindt devance Amon (5s.), Siffert (14s.), Stewart (22s.), Brabham (24s.) et Ickx (26s.).

 

11e : Surtees s'arrête au stand BRM pour faire resserrer sa pompe à essence et changer ses bougies. Pendant ce temps-là, en bord de piste, Hill examine sa Lotus accidentée pour déterminer l'avarie dont il a été victime. Craignant qu'un tel incident ne survienne à son équipier, il part demander à Colin Chapman d'arrêter la seconde Lotus.

 

13e : Amon est revenu à quatre secondes de Rindt. Surtees reprend la piste avec deux boucles de retard.

 

15e : Rindt réalise le meilleur chrono de l'après-midi : 1'28''3'''.

 

16e : Surtees revient à son garage, toujours pour faire revoir le serrage de sa pompe à essence.

 

18e : Six secondes et demie séparent désormais Rindt et Amon dont le moteur cafouille. Siffert concède vingt-et-une secondes au leader.

 

19e : Courage abandonne à cause d'un ressort de soupape cassé.

 

20e : Rindt atteint la première courbe lorsque semble-t-il son aileron arrière s'effondre. La Lotus devenue folle percute très violemment la glissière externe. Sous l'impact, le rail supérieur se déchire et la voiture parcourt ainsi 80 mètres avant de heurter l'épave de Hill, abandonnée le long de la piste. Suite à ce nouveau choc, elle effectue un véritable looping avant de retomber sur ses roues arrière. La roue avant-droite s'envole par-dessus les barrières sans heureusement toucher personne. Les secours se précipitent autour de Rindt qui est coincé dans sa Lotus, le visage tuméfié.

 

21e : Amon récupère la première place et précède Siffert (24s.), Stewart (34s.), Brabham (41s.), Ickx (42s.) et Hulme (47s.). Des commissaires et des médecins, aidés par Graham Hill qui est finalement revenu sur place, extraient Rindt de sa monoplace et le dépose sur une civière. L'Autrichien est conscient.

 

23e : Malgré son moteur bafouillant, Amon continue de creuser l'écart sur Siffert qui ne paraît très bien assuré de sa mécanique. Rindt est transporté par ambulance vers l'hôpital de Barcelone pendant que les commissaires dégagent les deux Lotus accidentées.

 

25e : Amon devance Siffert (26s.), Stewart (38s.), Brabham (46s.), Ickx (48s.), Hulme (57s.), McLaren (1m. 16s.), Beltoise (1m. 18s.) et Rodríguez (-1t.).

 

26e : Hulme s'arrête à son stand pour resserrer un support d'aile et refixer sa pompe à essence.

 

28e : Amon prend un tour à Beltoise et à McLaren. Trente secondes le séparent de Siffert.

 

29e : Hulme reprend la route avec trois tours de retard.

 

31e : Siffert est au ralenti : sa pompe à huile vient de lâcher et le moteur Cosworth ne tourne plus. C'est l'abandon pour le Suisse.

 

32e : Amon est en tête devant Stewart (44s.), Brabham (1m. 02s.), Ickx (1m. 04s.), McLaren (-1t.), Beltoise (-1t.), Rodríguez (-1t.), Hulme (-3t.) et Surtees (-4t.).

 

34e : Amon constate avec satisfaction que son moteur recommence à tourner rond. Sa victoire semble assurée car Stewart, peu satisfait du comportement de sa Matra et affligé d'un moteur poussif, ne songe qu'à terminer bien placé.

 

36e : Amon précède Stewart (47s.), Brabham (1m. 03s.) et Ickx (1m. 06s.).

 

38e : La course sombre dans l'ennui. Les premières nouvelles de Rindt sont rassurantes : il ne souffre que de blessures superficielles et ses jours ne sont pas en danger. Pendant ce temps-là, c'est le conseil de guerre chez Lotus autour de Colin Chapman...

 

40e : Amon conserve environ quarante-cinq secondes d'avance sur Stewart.

 

42e : Amon devance Stewart (44s.), Brabham (1m. 05s.), Ickx (1m. 08s.), McLaren (-1t.), Beltoise (-1t.), Rodríguez (-2t.), Hulme (-3t.) et Surtees (-4t.).

 

44e : Beltoise ne parvient plus à suivre McLaren car il a du mal à passer ses vitesses.

 

46e : Tandis que l'intervalle est stable entre Amon et Stewart, Beltoise arrive au stand Tyrrell pour faire réparer son sélecteur de vitesses. Il redémarre après une minute d'immobilisation.

 

48e : La mi-course est désormais franchie et Amon poursuit sa tranquille ronde avec quarante-trois secondes de marge sur Stewart.

 

50e : Amon est leader Stewart (46s.), Brabham (1m. 07s.), Ickx (1m. 11s.), McLaren (-1t.), Beltoise (-2t.), Rodríguez (-3t.), Hulme (-3t.) et Surtees (-4t.).

 

51e : Nouvel arrêt de Beltoise, toujours afin de régler son sélecteur de vitesses. Les vis n'ont pas été bien serrées précédemment... A nouveau le pilote français ne perd aucune position, Rodríguez étant très distancé.

 

52e : Brabham s'immobilise après avoir cassé une bielle. Il abandonne ainsi la troisième place à Ickx.

 

55e : Amon possède quarante-quatre secondes d'avance sur Stewart. Ickx a presque une boucle de retard sur le Néo-Zélandais.

 

56e : Le moteur Ferrari d'Amon émet un gargouillement en passant devant les stands, puis expire dans la montée qui suit. Voici une nouvelle victoire qui s'envole pour le pauvre Chris ! Stewart récupère le commandement.

 

58e : Stewart occupe solidement la tête avec trente-cinq secondes d'avance sur Ickx. La Matra-Ford n'est pas très vaillante mais endurante, et l'Écossais ménage sa mécanique.

 

59e : Hulme prend la quatrième place à Rodríguez.

 

60e : Stewart devance Ickx (36s.), McLaren (-1t.), Beltoise (-2t.), Hulme (-3t.), Rodríguez (-3t.) et Surtees (-5t.).

 

62e : L'aileron arrière d'Ickx donne des signes de faiblesse et vibre dangereusement. Le jeune Belge ne ralentit pourtant pas.

 

64e : L'aileron d'Ickx se plie juste devant les tribunes, mais heureusement reste en place. Seuls quelques morceaux de plastique s'évanouissent dans le décor. Ickx conserve adroitement le contrôle de sa voiture et envisage de poursuivre, mais Ron Tauranac le rappelle aux stands illico presto.

 

65e : Ickx s'arrête chez Brabham. Ses mécaniciens arrachent l'aileron arrière, opération qui prend une bonne minute et permet à McLaren de s'emparer de la seconde place.

 

66e : Lorsqu'Ickx veut repartir, son démarreur se bloque. Ses mécaniciens poussent la BT26 qui finit par se lancer, mais cela est interdit par le règlement.

 

67e : Stewart est premier devant McLaren (-1t.), Ickx (-2t.), Beltoise (-3t.), Hulme (-3t.) et Rodríguez (-3t.).

 

68e : Beltoise, maintenant troisième, hausse son rythme car Hulme revient fort derrière lui.

 

70e : Tandis que Stewart ne force pas son rythme, Ickx se débat avec son volant car sa Brabham privée d'appui est particulièrement instable.

 

72e : La course semblant jouée, les spectateurs commencent à quitter les tribunes alors qu'il reste pourtant dix-huit tours.

 

74e : Rodríguez s'arrête juste devant les stands à cause d'un piston cassé. Cela permet à Surtees, pourtant très attardé, d'entrer dans la zone des points.

 

76e : McLaren rencontre un problème à l'arrière de sa voiture et roule prudemment. Stewart lui prend un deuxième tour.

 

78e : L'écart se réduit à nouveau entre Beltoise et Hulme. Le Néo-Zélandais concède une trentaine de secondes au Français et convoite encore la troisième place.

 

80e : A dix tours du but, Stewart devance McLaren (-2t.), Ickx (-2t.), Beltoise (-3t.), Hulme (-3t.) et Surtees (-6t.).

 

82e : Hulme poursuit son effort pour rattraper Beltoise, mais il ne gagne pas suffisamment de temps pour l'inquiéter véritablement.

 

84e : La conduite d'Ickx est de plus en plus erratique. On redoute une rupture d'aileron, ou un incident de ce type qui le précipiterait dans le rail à l'instar des deux pilotes Lotus.

 

85e : Ickx choisit d'abandonner et regagne son garage. Ses mécaniciens s'aperçoivent qu'une rotule de suspension arrière est brisée sur sa Brabham. Jacky a échappé à une catastrophe...

 

87e : Il n'y a plus que cinq voitures en piste : Stewart précède McLaren (-2t.), Beltoise (-3t.), Hulme (-3t.) et Surtees (-6t.).

 

90ème et dernier tour : Jackie Stewart remporte sa deuxième victoire de la saison avec deux tours d'avance sur McLaren. Beltoise finit en troisième position devant Hulme. Malgré ses six boucles de retard, Surtees décroche les deux points de la cinquième place. Ickx est classé sixième et marque un point.

 

Après la course: polémique autour des ailerons des Lotus

Jackie Stewart n'affiche pas une joie excessive en sortant de sa monoplace. Cette victoire est en effet tout à fait chanceuse : la Matra-Ford et surtout les pneus Dunlop n'étaient pas au niveau escompté sur ce tracé de Montjuïc. Néanmoins, les machines de Ken Tyrrell sont toujours parfaitement préparées, ce qui a permis à Stewart et à Beltoise de rallier l'arrivée, contrairement à beaucoup de concurrents.

 

Mais tout le monde parle de la défaillance mécanique qui a envoyé les deux pilotes Lotus dans les glissières, et Jochen Rindt à l'hôpital. Graham Hill est prudent dans ses déclarations et n'exclut pas l'hypothèse d'une rupture de suspension. En revanche, il paraît certain que Rindt a perdu la maîtrise de son bolide suite à l'effondrement de son aile arrière. Depuis son lit d'hôpital, l'Autrichien affirme « qu'il ne voit pas d'autres explications ». Victime d'une fracture de crâne et blessé à la face, il peut néanmoins s'estimer heureux d'être encore vivant après pareille embardée. Rindt reste plusieurs jours hospitalisé à Barcelone, entouré de son épouse Nina, de son ami Piers Courage et de son agent Bernie Ecclestone. Il en profite pour dénoncer le danger que représentent selon lui les ailerons surdimensionnés. Ce faisant, il s'en prend directement à son patron Colin Chapman qui n'a cessé de faire accroître la surface des ailes au cours des essais. Les relations entre les deux hommes commencent à se tendre. Elles tournent au vinaigre lorsque Rindt lâche devant un journaliste cette phrase assassine : « Stewart sera champion du monde. Son équipe construit des F1 qui ne se désintègrent pas. »

 

Stewart est confortablement installé au premier rang du championnat avec 18 points sur 18 possibles. Il précède McLaren (8 pts), Hulme (7 pts), Hill (6 pts) et Beltoise (5 pts). Au classement des constructeurs, Matra possède huit points d'avance sur McLaren.

Tony