Jack BRABHAM
 J.BRABHAM
Brabham Ford Cosworth
Jacky ICKX
 J.ICKX
Brabham Ford Cosworth
Jochen RINDT
 J.RINDT
Lotus Ford Cosworth

182e Grand Prix

IX Canadian Grand Prix
Ensoleillé
20 septembre 1969 - Mosport Park
90 tours x 3.957 km - 356.130 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
  • 12e victoire pour Brabham
  • 25e et dernier Grand Prix pour Eagle
Moteur

Retour de Jacky Ickx chez Ferrari

Le premier mouvement du marché des transferts est celui de Jacky Ickx qui quittera Brabham à la fin de l'année pour revenir chez Ferrari. Le jeune espoir belge a en effet été convaincu de l'efficacité de la future 312 B et du nouveau Flat 12, tous deux conçus par Mauro Forghieri. Ickx a toutes les qualités pour devenir le leader naturel que cherche la Scuderia depuis le départ de Chris Amon. En outre, depuis sa victoire au Nürburgring, il est persuadé qu'il peut battre le nouveau pilote de référence, Jackie Stewart. Il lui faut pour cela une bonne voiture et une équipe soudée derrière lui. Or, si la Brabham-Ford est un excellent petit bolide, il sait qu'il passera toujours au second plan chez MRD tant que le « père Brabham » n'aura pas pris sa retraite. Il préfère donc prendre les devants et fait ses bagages pour Maranello, où il sera assuré d'être le n°1.

 

De surcroît, le retour d'Ickx était plus moins prévu dès la fin de 1968. Enzo Ferrari l'avait en effet laissé libre de rejoindre Brabham en attendant que se termine son contrat avec John Wyer en sports prototypes, ces deux écuries ayant le même commanditaire, Gulf.

 

Jochen Rindt reste chez Lotus

Depuis plusieurs semaines, Jack Brabham presse Jochen Rindt de revenir au bercail et de quitter le Team Lotus. A cause de sa mésentente avec Colin Chapman, le jeune Autrichien écoute avec complaisance les propositions de son ancien patron. Brabham commence à se lasser de la compétition et envisage cette fois-ci très sérieusement de prendre sa retraite. Mais pour cela, il veut s'assurer que son écurie bénéficiera d'un solide leader. Ickx sur le départ, Rindt devient son héritier logique. Malgré leurs personnalités profondément dissemblables, et une saison 1968 passée en commun très délicate, un profond respect unit les deux hommes.

 

Néanmoins Colin Chapman est décidé à batailler pour garder Rindt dans son giron. Tout d'abord, grâce à Gold Leaf, il lui propose un salaire très avantageux avec lequel Brabham ne peut pas rivaliser. Comme son ami Stewart, Jochen est sensible à ce type d'arguments... Mais il se méfie de la préparation des Lotus et surtout des innovations prétendument géniales de Chapman. Ce dernier prépare une 72 « révolutionnaire » pour 1970... Faut-il lui faire confiance ? Le fiasco de la 63 à transmission intégrale ne plaide pas en sa faveur... Alors Chapman sort le grand jeu : il propose à Rindt de créer sa propre écurie de Formule 2, qui serait le porte-étendard de Lotus dans la catégorie, et d'en confier la direction à son propre agent, Bernie Ecclestone. Friand de F2, Rindt ne peut pas résister à un tel cadeau. Oubliant ses griefs, il accepte de porter les couleurs de Lotus une saison de plus. En conséquence, Jack Brabham doit remiser ses projets de retraite, à la grande déception de son épouse Betty.

 

Ken Tyrrell à la recherche d'un partenaire

Si Jackie Stewart et Ken Tyrrell ne savent pas ce qu'ils feront en 1970, il est cependant certain qu'ils marcheront ensemble. Le nouveau champion du monde a pourtant reçu une offre de Bruce McLaren pour rejoindre son écurie. Mais le salaire proposé (72 millions d'anciens francs) lui est apparu insatisfaisant : « Ma saison 1969 [...] m'a rapporté beaucoup plus que ce que me proposait Bruce. Je ne donnerai pas de chiffres, mais je peux dire que son offre semblait mesquine en comparaison. » Sacrés Écossais...

 

En ce qui concerne l'avenir, Tyrrell et Stewart commencent par repousser les projets de Matra. La division automobile de l'entreprise française ne croît pas aussi rapidement que Jean-Luc Lagardère le souhaiterait. Le problème ne vient pas de la production, mais des ventes, faute d'un réseau d'agences suffisamment développé. Afin de combler cette faiblesse, Lagardère a conclu une alliance avec le groupe Simca-Chrysler, prêt à offrir toutes ces facilités. Ce partenariat doit aussi renforcer le département compétition avec le renfort de nombreux ingénieurs français et américains. Lagardère est ainsi convaincu qu'à terme le V12 Matra sera capable de concurrencer le V8 Ford-Cosworth. Mais Tyrrell n'est pas du tout convaincu, et fin septembre il oppose une fin de non-recevoir à ces avances. Le divorce entre l'équipe britannique et Matra est consommée.

 

Assuré du soutien de Ford, Ken Tyrrell doit donc trouver un autre châssis pour 1970. Il songe tout d'abord à Brabham qui a démontré en 1969 qu'elle savait bien s'adapter au moteur Cosworth. En outre, Jackie Stewart admire Ron Tauranac et leur collaboration pourrait être fructueuse. Toutefois, ayant décidé de poursuivre sa carrière, Jack Brabham refuse toute concurrence au sein de sa propre structure, et n'a aucune envie de souffrir de la comparaison avec Stewart. En outre, se pose le problème des pneumatiques : Tyrrell est lié à Dunlop, Brabham à Goodyear. Cette difficulté pourrait cependant être aisément tournée, mais Brabham s'en sert de prétexte pour couper court aux pourparlers. L'ombrageux Australien, quelque peu égocentrique, restera maître chez lui. Et pour l'heure, Tyrrell et Stewart demeurent « le bec dans l'eau ».

 

Présentation de l'épreuve

Le Grand Prix du Canada fait sa seconde apparition sur le périlleux tracé de Mosport Park. Si le circuit présente peu d'intérêt, les organisateurs font montre d'une hospitalité très appréciée des pilotes, des mécaniciens et des journalistes. Toutefois, les championnats mondiaux étant déjà attribués, cette épreuve n'offre que peu d'intérêt. Le public ne s'y trompe pas et les tribunes demeureront clairsemées durant tout le week-end.

 

Les monoplaces ont peu évolué depuis Monza. Chez Lotus, John Miles conduit la 63 accidentée par Mario Andretti au Nürburgring et reconstruite depuis. Elle possède notamment un nouveau différentiel et des prises d'air pour refroidir la pompe à essence mécanique, et paraît plus rapide et plus maniable. Les McLaren-Ford possèdent des ailerons plus larges et de nouveaux radiateurs en cuivre. Pas de changement sur les Brabham, hormis l'apparition de deux petits déflecteurs sur les ailes arrière. Ferrari n'engagera jusqu'à la fin de la saison qu'une seule vieille 312 pour Pedro Rodríguez.

 

Johnny Servoz-Gavin obtient de Ken Tyrrell le privilège (?) de conduire la Matra MS84 4x4 pour les trois derniers Grands Prix. Le Grenoblois est ainsi récompensé de sa brillante saison de Formule 2. Il lutte pour le titre de champion d'Europe avec l'Allemand Hubert Hahne.

 

La campagne nord-américaine permet aux pilotes locaux de s'exprimer. Aussi l'Américain Pete Lovely, 43 ans, fait son retour en Formule 1 neuf ans après sa participation au Grand Prix des USA 1960, avec une Lotus 49B achetée à Colin Chapman. BRM confie la P138 à Bill Brack qui a déjà disputé son Grand Prix national l'an passé pour le compte de Lotus. On revoit aussi une vieille Eagle-Climax peinte en jaune vif, prêtée au Canadien Al Pease par l'écurie de John Maryon. Bientôt âgé de bientôt 48 ans, Pease est le plus vieux pilote à s'aligner en F1 depuis fort longtemps. Enfin, outre celles de Piers Courage et de Silvio Moser, une troisième Brabham privée est engagée. Il s'agit d'une BT23B à moteur Climax conduite par l'Ontarien John Cordts, un des piliers de la série CanAm.

 

Leo Mehl, directeur de la compétition chez Goodyear, est présent pour les débuts du nouveau pneu G20 à profil « Indy ». Il équipe les bolides de Brabham, Ickx et McLaren, Hulme restant fidèle au G18.

 

Les qualifications

Ickx signe sa deuxième pole position de l'année avec un chrono d'1'17''4''', améliorant ainsi le record réalisé par McLaren en CanAm (1'18''2'''). Deuxième, Beltoise aurait pu prétendre à la pole sans un choc contre une palissade le vendredi après-midi. Rindt n'a pas ménagé sa peine mais se contente de la troisième place. Victime d'un bris de ressort de soupape, Stewart se place sur le quatrième rang. Hulme (5ème) et McLaren (9ème) connaissent des essais sans histoire. La troisième ligne est composée de Brabham, Hill et Siffert qui a souvent escaladé les bas-côtés. Courage est dixième au volant de la Brabham de l'écurie Williams. Les BRM ne parviennent toujours pas à suivre les voitures à moteur Ford-Cosworth : Oliver est onzième, Surtees, mal remis d'une mauvaise grippe, quatorzième, Brack dix-huitième. La Lotus 4x4 s'est améliorée et Miles la hisse au onzième rang. Rodríguez est treizième avec la seule Ferrari présente. Servoz-Gavin se classe quinzième avec la Matra MS84.

 

En ce qui concerne les pilotes « locaux », si Lovely (16ème) réalise un chrono convenable, Pease (17ème) et Cordts (19ème) sont dramatiquement lents et de plus bouchonnent leurs camarades à qui mieux mieux. Moser est bon dernier à cause d'un allumage défectueux.

 

Le Grand Prix

Départ : Rindt bondit en tête et passe le premier virage devant Ickx, Beltoise et Stewart. Pas d'incident à signaler au cours de ce démarrage.

 

1er tour : Pease heurte Moser et l'expédie hors-piste. La course est déjà finie pour le pilote suisse. Rindt est premier devant Ickx, Beltoise, Stewart, Siffert, Hulme, Hill, Brabham, Courage et Rodríguez.

 

2e : Stewart déborde Beltoise à l'épingle Moss.

 

3e : Rindt, Ickx, Stewart et Beltoise mènent la course devant un peloton comprenant Siffert, Hulme, Hill, Brabham et Courage. Oliver tombe en panne de moteur et doit renoncer.

 

4e : Les trois premiers commencent à semer Beltoise. Hulme déborde Siffert.

 

5e : Stewart dépasse Ickx tandis que les leaders prennent déjà un tour à la très lente Eagle de Pease.

 

6e : Stewart paraît encore une fois le plus rapide et déborde Rindt dans la première courbe. Cordts se fait doubler en fin de boucle.

 

7e : Les écarts sont très faibles en tête. Beltoise se retrouve sous la menace de Hulme pendant que Hill prend l'avantage sur Siffert. Pease entre en contact avec Courage lorsque celui-ci tente de lui prendre un tour. Le pilote de Frank Williams parvient à éviter l'accident.

 

8e : Ickx ravit la deuxième place à Rindt. Visiblement, les pneus Firestone des Lotus sont moins performants que les Dunlop et les Goodyear de leurs adversaires. Hulme dépasse Beltoise.

 

9e : Stewart mène devant Ickx (1s.), Rindt (2s.), Hulme (4.5s.), Beltoise (5s.), Hill (6s.), Siffert (7s.), Brabham (8s.), Courage (9.5s.), Rodríguez (17s.), McLaren (18s.), Miles (22s.) et Surtees (24s.).

 

10e : Hulme immobilise sa McLaren à cause d'un rotor cassé. Beltoise récupère la quatrième place.

 

11e : McLaren prend l'ascendant sur Rodríguez. Cordts se retire avec un moteur fumant, non sans répandre de l'huile sur toute la piste.

 

12e : Stewart s'apprête à prendre un second tour à Pease, lorsque le Canadien se rabat devant le Matra en plein d'une courbe. Le choc est sévère, mais les deux hommes parviennent à maîtriser leurs bolides. Par bonheur, Stewart n'a rien abîmé dans cette mésaventure.

 

13e : Brabham dépasse Siffert. Pease a laissé passer Ickx et Rindt, mais lorsque survient Beltoise il zigzague à nouveau et tape la roue arrière-gauche du Français. Beltoise fait un travers et laisse ainsi filer Hill, Brabham et Siffert. Courage regagne les stands à la fin de ce tour. Son réservoir d'essence fuit, peut-être à cause de la collision avec Pease, et le jeune Britannique doit se retirer.

 

14e : Malgré ses efforts, Stewart ne parvient pas à semer Ickx, tandis que Rindt est décroché. Beltoise poursuit son chemin avec une roue arrière-gauche légèrement faussée.

 

15e : Stewart précède Ickx (0.8s.), Rindt (4.5s.), Hill (18s.), Brabham (19s.), Siffert (20.5s.), Beltoise (31s.), McLaren (43s.) et Rodríguez (46s.). Ken Tyrrell se rend fou furieux à la direction de course pour demander l'exclusion d'Al Pease.

 

16e : Surtees abandonne à cause d'une panne de moteur, comme son équipier Oliver. Ne reste en lice que la BRM de Brack, déjà très attardée.

 

18e : Stewart et Ickx sont roues dans roues. Il ne fait plus de doute que la victoire se jouera entre les deux Jackie.

 

20e : Le duo de tête poursuit sa confrontation et précède Rindt d'une douzaine de secondes.

 

22e : Brabham paraît aussi rapide que son jeune équipier et presse Hill dont le moteur ne tourne pas très rond.

 

23e : Brabham déloge Hill de la quatrième place.

 

24e : Stewart devance Ickx (1s.), Rindt (16s.), Brabham (25s.), Hill (26s.), Siffert (28s.) et Beltoise (34s.). Suivent McLaren, Rodríguez, Miles et Servoz-Gavin.

 

25e : Miles concède un tour aux deux premiers.

 

26e : Jugé trop lent et trop dangereux par sa conduite erratique, Pease est arrêté au drapeau noir par les commissaires, au grand soulagement des autres concurrents.

 

27e : Ickx se montre régulièrement dans les rétroviseurs de Stewart, mais celui-ci parvient chaque fois à s'échapper.

 

29e : Le duo Stewart – Ickx compte dix-sept secondes de marge sur Rindt. Brabham parvient à se détacher de Hill et remonte petit à petit sur le pilote autrichien.

 

30e : Ickx signe le meilleur tour de la course en 1'18''1'''. Grâce à ses nouveaux pneus Goodyear, il est plus efficace en courbe que Stewart.

 

31e : Rodríguez s'arrête au stand Ferrari à cause d'ennuis de pompe à essence. Il déboucle son harnais et quitte sa voiture.

 

33e : Stewart et Ickx doublent Brack dans la première courbe. Les deux hommes se retrouvent côte à côte dans le virage de Clayton situé au sommet d'une pente. Ickx tente de s'infiltrer à l'intérieur et touche l'arrière de Stewart avec son aileron. L'Écossais part en tête-à-queue, évite de peu le rail, et s'immobilise dans la poussière. De son côté, Ickx maîtrise un début d'embardée puis remet les gaz. Le voici en tête de la course, mais sa manœuvre laisse pour le moins à désirer.

 

34e : Ickx est désormais en tête de la course avec une voiture miraculeusement intacte. Stewart s'aperçoit que son câble d'accélérateur est cassé et que sa batterie est à plat. Ainsi il doit renoncer, bien que sa machine soit presque intacte.

 

35e : Ickx est premier devant Rindt (11s.), Brabham (18s.), Hill (28s.), Siffert (30s.) et Beltoise (46s.).

 

36e : Ickx prend un tour à McLaren.

 

38e : Après avoir résolu ses soucis d'alimentation, Rodríguez reprend la piste avec sept tours de retard.

 

40e : Siffert regagne le stand Walker avec un arbre de roue brisé et abandonne.

 

41e : Brabham est revenu à trois secondes de Rindt et convoite maintenant la seconde place. Rodríguez revient définitivement au garage Ferrari car sa pression d'huile est à zéro.

 

42e : Miles s'arrête dans l'herbe avec une boîte de vitesses bloquée.

 

43e : C'est l'hécatombe du côté des Lotus puisque c'est au tour de Hill de se garer, arbre à cames hors d'usage.

 

45e : A mi-course, il n'y a plus que huit voitures sur le circuit. Ickx précède Rindt (16s.), Brabham (18s.), Beltoise (51s.), McLaren (-1t.), Servoz-Gavin (-2t.), Lovely (-4t.) et Brack (-5t.).

 

47e : Ickx accroît sensiblement son avance sur Rindt, désormais très menacé par Brabham.

 

49e : Brabham demeure dans le sillage de Rindt mais ne parvient pas à le doubler car son moteur manque de répondant à l'accélération.

 

51e : Rindt tente de semer Brabham en réalisant son meilleur chrono de l'épreuve (1'18''8''') mais il n'y parvient pas.

 

52e : Ickx a vingt secondes d'avance sur Rindt et Brabham, en lutte pour la seconde place.

 

55e : Ickx devance Rindt (22s.), Brabham (23s.), Beltoise (1m. 03s.), McLaren (-1t.), Servoz-Gavin (-3t.), Lovely (-5t.) et Brack (-6t.).

 

57e : En quatrième position, Beltoise poursuit sa route malgré une roue arrière déplacée. On s'inquiète chez Matra d'une éventuelle rupture qui pourrait emmener la MS80 dans le décor, mais « Bébel » refuse de s'arrêter aux stands.

 

59e : Brabham bénéficie de plus de puissance et peut désormais menacer Rindt sérieusement.

 

60e : Brabham dépasse Rindt à l'épingle et s'empare ainsi de la deuxième place. Les deux BT26 officielles mènent la course.

 

62e : Brabham égale le meilleur chrono réalisé par Ickx : 1'18''1'''.

 

63e : Beltoise concède un tour à Ickx.

 

65e : Ickx est en tête devant Brabham (28s.), Rindt (30s.), Beltoise (-1t.), McLaren (-1t.) et Servoz-Gavin (-4t.).

 

68e : Le Grand Prix devient une « interminable procession », dixit Gérard Crombac. Ickx a course gagnée, Rindt ne peut plus menacer Brabham, et Beltoise fait son possible pour gagner l'arrivée malgré un train arrière instable.

 

73e : McLaren s'écarte de nouveau devant Ickx.

 

75e : Trente-deux secondes séparent Ickx et Brabham.

 

80e : Ickx précède Brabham (35s.), Rindt (41s.), Beltoise (-1t.), McLaren (-2t.), Servoz-Gavin (-5t.), Lovely (-8t.) et Brack (-9t.).

 

85e : En tête de la course, Ickx creuse régulièrement l'écart sur Brabham. Celui-ci maintient Rindt à environ cinq secondes.

 

88e : McLaren concède un troisième tour de retard à Ickx.

 

90ème et dernier tour : Jacky Ickx remporte sa troisième victoire en Formule 1 devant son équipier et patron Jack Brabham. Rindt obtient une troisième place plutôt décevante. Beltoise finit quatrième malgré une roue voilée. McLaren termine dans les points pour la cinquième fois consécutive. Sixième, Servoz-Gavin devient le premier pilote à inscrire un point au volant d'une voiture à quatre roues motrices. Lovely est septième avec neuf tours de retard. Brack n'est même pas classé.

 

Après la course

Le succès de Jacky Ickx laisse les journalistes sur leur faim à cause de son accrochage avec Jackie Stewart survenu au 33ème tour. Clairement responsable de l'incident, mais toujours honnête, Ickx vient immédiatement s'excuser auprès du pilote écossais, lequel fait contre mauvaise fortune bon cœur, malgré une pointe d'amertume : « Nous sommes appelés à courir ensemble toute l'année » confie-t-il à Gérard Crombac, « à vivre pratiquement ensemble. Alors il vaut mieux sans doute se taire. »

 

Quoiqu'il en soit, ce Grand Prix du Canada voit le premier doublé de l'écurie Brabham depuis 1967. L'équipe australo-britannique a parfaitement réussi sa transition vers le V8 Ford-Cosworth, et apparaît maintenant comme la seconde force du plateau derrière Matra-Ford. Cette dernière combinaison étant appelée à disparaître, Jack Brabham peut nourrir toutes les ambitions pour la saison 1970. En outre, les nouveaux pneus Goodyear G20 ont montré une incontestable supériorité. La tournée américaine commence bien pour la firme d'Akron.

 

Au classement mondial, Ickx (31 pts) est bien parti pour devenir vice-champion du monde devant McLaren (26 pts), Hill et Beltoise (19 pts). Brabham-Ford prend pour un point la deuxième place de la coupe des constructeurs devant le Team Lotus.

Tony