Piero TARUFFI
 P.TARUFFI
Ferrari
Juan Manuel FANGIO
 J.FANGIO
Alfa Romeo
Giuseppe FARINA
 G.FARINA
Alfa Romeo

8e Grand Prix

XI Grosser Preis der Schweiz
Pluie
27 mai 1951 - Bremgarten
42 tours x 7.280 km - 305.760 km
Affiche
F1

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur

C'est par le Grand Prix de Suisse sur le circuit de Berne-Bremgarten que débute la saison 1951. Le Grand Prix de Monaco n'étant pas couru, il est remplacé par le Grand Prix d'Allemagne (29 juillet) et le Grand Prix d'Espagne (28 octobre) ce qui porte à 8 le nombre d'épreuves retenues, les 500 miles d'Indianapolis restant la seule compétition non européenne.

Alfa Romeo a modifié les 158 Alfetta au niveau de la suspension arrière et les nouvelles 159 sont dotées d'un pont arrière de Dion pour mieux passer les 400 CV du moteur 8 cylindres à deux compresseurs. A Berne, Alfa Romeo aligne quatre châssis pour Farina, Fangio, Sanesi et "le régional de l'étape" de Graffenried. Les 4 châssis sont légèrement différents : Fangio pilote un type 159 normal (410 CV), Farina aussi mais avec deux réservoirs d'essence latéraux (300L) qui lui permettront de ne pas ravitailler, Sanesi pilote comme Fangio un 159 normal et de Graffenried une version poussée à 430 CV. Ferrari aligne pour Ascari, Villoresi et Taruffi des 375F1 de 380 CV, plus les châssis privés de Whitehead (125F1) et Fischer (212F1). Le plateau est complété par les Talbot-Lago de Rosier, Etancelin, Louveau, Giraud Cabantous, Mairesse, Claes et J.F. Gonzalez. Maserati aligne deux 4CLT pour Chiron et Schell. Les anglais de H.W.M. alignent deux châssis de F2 (1 970cm3) pour Moss et Abecassis et enfin le suisse Peter Hirt est au volant d'une Veritas Meteor de 2L (F2).

 

Les essais et la course vont se dérouler sous une pluie froide et persistante qui rend le bitume glissant. Fangio réalise la pole position devant l'Alfa Romeo de Farina et la Ferrari de Villoresi, la deuxième ligne étant occupée par les Alfa Romeo de Sanesi et de Graffenried. L'argentin comprend que dans de telles conditions le seul moyen de gagner cette course est de prendre la tête dès le départ.

 

La direction de course autorise les pilotes à effectuer un tour de reconnaissance afin de se familiariser avec la piste détrempée. Hirt ayant calé le moteur de sa Veritas, on dut attendre sur la grille que ses mécaniciens le redémarrent.

Dès le baisser du drapeau suisse, Fangio bondit en tête suivi par Farina, Villoresi et Fischer. Hirt est resté à sa place, sa Veritas ayant de nouveau des problèmes de pompe à essence, c'est l'abandon. Au premier tour, on trouve dans l'ordre : Fangio - Farina - Sanesi - Villoresi - de Graffenried - Ascari - Fischer - Whitehead - Taruffi - Etancelin, etc...

Les voitures soulèvent des gerbes d'eau ce qui ne facilite pas les dépassements. Les écarts entres les voitures sont donc plus importants que d'habitude. Fangio dispose d'un certain avantage jusqu'au moment où il devra prendre un tour aux attardés.

Rien de notoire jusqu'au 5e tour où Giraud Cabantous s'arrête pour faire changer ses bougies. A ce moment-là, le classement est le suivant : Fangio, Farina, Sanesi, Villoresi, de Graffenried, Ascari, Taruffi.

Fangio couvre le 7e tour à 147.070 km/h de moyenne et Villoresi passe Sanesi. Au 9e tour Ascari handicapé par une brulure reçue le dimanche précédent laisse passer Taruffi qui semble très à l'aise sous la pluie (9e tour). Au 10e tour le classement est le suivant : Fangio, Farina (3s), Villoresi (20s), Sanesi (23s), de Graffenried (28s)

C'est à ce tour que la Talbot-Lago de JF. Gonzalez abandonne avec l'allumage en panne. Au 12e tour, Villoresi rate le virage de la maison forestière et termine indemne dans les ballots de paille, c'est l'abandon. Le tour suivant, Taruffi passe Sanesi et se retrouve en 3e position au moment où la Talbot-Lago de Giraud Cabantous abandonne avec des problèmes d'allumage.

 

A l'avant, Fangio accentue son avance. Au 20e tour il mène devant Farina (31s), Taruffi (41s), Sanesi (1'41s), de Graffenried (1'48s), puis suivent Ascari et Chiron. Au 23e tour, alors que la HWM d'Abecassis tombe en panne de magnéto, Fangio s'arrête pour ravitailler (31s) et repart derrière Farina qui va mener la danse jusqu'au 28e tour.

Au 29e tour, Fangio reprend la tête et Farina est déjà à 6 secondes au 30e tour devant Taruffi, Sanesi et de Graffenried. Au 32e tour, Louveau sort de la route, percute un poteau télégraphique et se casse une jambe et la clavicule. Devant Fangio fait le forcing et fixe au 33e tour le record en 2'51"1/10, soit à une moyenne de 153,174 km/h.

Au 35e tour, Whitehead passe Ascari, mais deux tours plus tard, il perd le contrôle de sa 125F1, sort de la route et se fracture le nez contre le saute-vent. Devant, la Ferrari de Taruffi revient sur l'Alfa Romeo du champion du monde en titre à raison de 4s par tour. Au 38e tour, devant les tribunes, les deux pilotes sont côte à côte et au bout de la ligne droite Taruffi prend l'avantage sur Farina qui semble épuisé d'avoir conduit une voiture trop lourde (réservoirs supplémentaires). De Graffenried sort de la piste juste avant la fin au virage de la maison forestière et tape les bottes de paille, il termine 5e.

 

Fangio enlève cette course à 143,445 km/h de moyenne devant Taruffi (le héros du jour), Farina, Sanesi, de Graffenried, Ascari, Chiron, Moss, Rosier.

 

Au championnat du monde l'argentin marque 9 pts (8 + 1), Taruffi 6 pts, Farina 4 pts, Sanesi 3 pts et de Graffenried 2 pts.

Michel