Alberto ASCARI
 A.ASCARI
Ferrari
Juan Manuel FANGIO
 J.FANGIO
Alfa Romeo
Louis CHIRON
 L.CHIRON
Maserati

2e Grand Prix

XI Grand Prix Automobile de Monaco
Ensoleillé
21 mai 1950 - Monaco
100 tours x 3.180 km - 318.000 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
1er tour, Giuseppe Farina (#32) est à l'origine de cet incroyable carambolage au Bureau de Tabac.

Deuxième manche du championnat du monde, le XI° GP de Monaco se déroula sous un soleil radieux. Outre les écuries habituelles (Alfa Romeo, Maserati, Talbot et ERA), on voit arriver deux nouvelles écuries avec Ferrari qui aligne des 125F1 équipé de compresseur à 2 étages pour Luigi Villoresi et Alberto Ascari et troisième avec un compresseur simple pour Raymond Sommer. Peter Whitehead est engagé avec un châssis privé. Gordini est présent avec des T15 pour Robert Manzon, Maurice Trintignant et André Simon. Alfa-Romeo aligne l'équipe des "3 FA" : Luigi Fagioli, Juan Manuel Fangio et Giuseppe Farina. Talbot-Lago est représenté par des privés, Philippe Etancelin sur son chassis T26C, l'ENB avec Johnny Claes, l'écurie Rosier avec Louis Rosier et Charles Pozzi qui ne prendra pas le départ. Maserati engage le local de l'épreuve Louis Chiron et Franco Roll ainsi que les argentins de l'écurie A.Varzi: Jose-Froilan Gonzalez et Alfredo Pian (qui ne prend pas le départ) et la Scudéria Plate avec le Prince Bira et Emmanuel de Graffenried. Les ERA sont pilotées par Bob Gerard et Cuth Harrison. Enfin une curiosité avec l'engagement par l'américain de Paris Harry Schell d'une Cooper-JAP 1100 cm3 à moteur V2 le premier véhicule à moteur arrière à être engagé en F1.

 

Les qualifications se déroulèrent sur 2 séances, les plus rapides de la 1ère séance occupant les 2 premières lignes de la grille de départ. C'est Fangio qui réalise le meilleur temps en 1mn 50s 2/10° devant Farina et JF Gonzalez dont la Maserati se hisse en première ligne (deux argentins en première ligne). Suivent Etancelin et Fagioli sur la seconde ligne et en 3e ligne Villoresi (pourtant plus rapide que Farina) puis Ascari et Chiron.

 

Dès le départ Fangio prend le commandement et ne sera plus rejoint. Il est suivi de Farina, Fagioli et Gonzalez. Au virage du bureau de tabac, l'Alfa-Romeo de Farina part en travers et tape le mur à droite qui la renvoie à gauche le museau contre les balustrades obstruant en grande partie la piste. Fagioli essaye de passer mais il se met lui aussi en travers et l'arrière de son Alfa touchant celui de celle de Farina. Gonzalez qui suit se trouve devant un barrage et n'a d'autre solution que de heurter la pointe des deux Alfa pour les écarter et continuer son chemin, mais sa Maserati est endommagée. Derrière Villoresi, Chiron, Ascari, Sommer et Etancelin vont emprunter cet étroit goulet, quant à Rosier il arrêtera sa machine à quelques centimètres de celle de Fagioli. Malheureusement le marseillais Manzon ne peut éviter la voiture de Rosier qu'il projette sur l'Alfa. Derrière c'est le carambolage, les voitures de de Graffenried, Trintignant, Harrison, Roll et Schell viennent s'emboutir les unes dans les autres. Miraculeusement les dizaines de litres d'essence échappés des réservoirs crevés (voir photo) ne prendront pas feu et la piste sera dégagée. Neuf véhicules se trouvent hors course, seul R.Manzon sera légèrement blessé à la mâchoire. C'est là un des plus gros "carton" de l'histoire de la F1. Le dixième abandon sera celui de JF.Gonzalez dont la Maserati endommagée prend feu un tour plus tard l'obligeant à sauter en route, vêtements en feu, il sera légèrement brulé.

Fangio qui était de l'autre côté du circuit s'aperçoit en revenant vers le virage qu'un commissaire agite un drapeau jaune, il ralenti et se trouve au milieu de ce carambolage dont il finira par s'extraire suivi par Villoresi qui perdra beaucoup de temps dans cette aventure.

 

Fangio mène donc la course devant Ascari, Chiron et Sommer. Villoresi qui a été attardé par cet accident (il était tombé au 9e rang) entame une remontée foudroyante: 8e au 3e tour, 7e au 4e tour, 6e au 6e tour, 5e au 7e, 4e au 10e, 3e au 12e et 2e au 31e tour après avoir égalé le record du tour de Fangio ! Après une passe d'arme avec Ascari, il récupère le second rang au 37e tour mais au 54e tour Ascari le repasse et au 63e tour il casse son pont arrière et abandonne.

Devant Fangio mène la danse, après le 25e tour il a doublé tous ses adversaires (excepté Ascari et Villoresi) après avoir fixé le record du tour à 103.135 km/h, seul Villoresi égalera ce record. Au 36e tour, Etancelin abandonne sur rupture d'une canalisation d'huile. A mi-course (50° tour) le classement est le suivant: Fangio-Villoresi-Ascari-Chiron-Sommer-Bira-Gerard-Claes. L'abandon de Villoresi sera le seul fait marquant des 50 derniers tours.

 

Fangio l'emporte avec plus d'un tour sur ses adversaires, c'est là la première victoire d'une série de 24 succès et de 23 records du tour. Au soir de ce Grand Prix, l'argentin se trouve en tête du championnat à égalité de point avec son coéquipier Farina.

Michel