Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull TAG Heuer
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari

991st Grand Prix

XI Singapore Grand Prix
Night
16 september 2018 - Singapour
61 laps x 5.063 km - 308.706 km
(Offset: 137 m)
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Règlement 2021: une révolution avortée ?

Le règlement technique de la saison 2021 se fait toujours attendre. La FIA, Liberty Media et les constructeurs se réunissent depuis des mois sans parvenir à élaborer un texte qui fasse consensus. Visiblement, la révolution annoncée n'aura pas lieu. Il y a un an, Ross Brawn claironnait que la F1 utiliserait un nouveau moteur hybride de conception simplifiée, sans récupération d'énergie thermique, afin d'offrir plus de spectacle, de réduire les coûts et d'attirer de nouveaux constructeurs. L'effet est manqué. Aucune des marques qui semblaient séduites par ce projet (Aston Martin, Porsche, Cosworth) n'a fait acte de candidature. Du coup la réforme devrait être beaucoup moins ambitieuse et se limiter à quelques points: débit en carburant et régime moteur plus généreux, fin de l'absurde système de pénalités, standardisation de quelques éléments. Un programme facile à mettre en œuvre, et pourtant on parle d'un report à... 2023 !

 

En fait, il est fort possible que la récupération thermique soit conservée afin de ne pas contraindre les ingénieurs à repartir d'une feuille blanche. De leur côté, les firmes intéressées par une entrée en F1 voulaient se débarrasser du complexe MGU-H pour ne pas investir des sommes trop importantes. A tort selon Gilles Simon, le directeur technique de la FIA, qui s'explique dans Auto Hebdo: « Plusieurs équipementiers sont en mesure de proposer des systèmes performants et fiables et de partager leur expérience pour peu qu'un nouvel arrivant soit ouvert à une collaboration. Je ne pense pas que ce soit un gros problème pour Toyota ou Audi – Porsche de concevoir un moteur de F1 actuel. Autant en 2009 les constructeurs avançaient dans un domaine de compétences inconnu, autant aujourd'hui la technologie est battue et rebattue, donc à portée de tous. La difficulté n'est pas là. Tous les équipementiers travaillent sur la récupération d'énergie à l'échappement pour l'automobile traditionnelle autour de systèmes dérivés de la technologie F1 qui seront lancés en production industrielle dès 2021, auprès de marques pas obligatoirement engagées en F1. » Pour Simon, ces constructeurs ne veulent pas investir en F1 pour des raisons politiques et financières, le succès n'étant pas forcément au rendez-vous comme le démontre l'exemple malheureux de Honda.

 

Les quatre motoristes de la F1 se retrouvent par conséquent dans l'expectative. Ils ne savent pas sur quoi travailler, ni surtout comment concocter leur budget sur les trois à cinq prochaines années. Par ailleurs, il est clair que Ferrari et Mercedes ont pris des longueurs d'avance sur Renault et Honda, et que la hiérarchie ne changera guère à moins d'une mise à plat technologique. Devant ce marasme, les alliances et les partenariats techniques entre écuries ne cessent de se développer. Ces unions deviennent indispensables à l'heure où les travaux en soufflerie et en CFD sont limités, et plus encore dans la perspective des budgets capés. L'an prochain, Red Bull et Toro Rosso utiliseront seules le moteur Honda. Ferrari vassalise Haas et Sauber. Après avoir critiqué cette politique de la Scuderia, Mercedes va faire de même avec Racing Point. Renault, McLaren et Williams se retrouvent isolées, mais devront tôt ou tard développer des synergies avec d'autres structures. Le plateau se retrouve éclaté en trois ou quatre pôles d'attraction, ce qui altère grandement l'esprit de compétition.

 

A Singapour, Ross Brawn dévoile tout de même trois concepts de Formule 1 pour 2021. Trois monoplaces aux looks futuristes et agressifs, modélisées par ordinateur, sont présentées à la presse. Ces projets donnent matière à débat sur les réseaux sociaux et suscitent des commentaires variés. Maurizio Arrivabene estime par exemple que ces « F1 » ressemblent à de « vieilles Champ Car » !

 

Transferts: C. Leclerc chez Ferrari, K. Räikkönen avec Sauber

Le 11 septembre, Ferrari annonce le remplacement de Kimi Räikkönen par Charles Leclerc à compter de la saison 2019. Ce transfert était attendu, mais il n'en constitue pas moins une petite révolution dans la politique de l'écurie italienne qui a toujours privilégié les pilotes expérimentés. A 21 ans, Leclerc sera l'an prochain le plus jeune pilote d'une machine rouge en Grand Prix depuis... Ricardo Rodríguez ! La pression sera énorme sur ses épaules, mais le Monégasque a jusqu'ici fait montre d'un grand sang-froid et d'une étonnante maturité. Du reste, il a le temps pour lui puisque Maurizio Arrivabene précise que son contrat court jusqu'en 2022. Son engagement est le fruit des efforts du regretté Sergio Marchionne, dont il est en quelque sorte le dernier « cadeau » à Ferrari, ainsi que de l'entregent de son agent Nicolas Todt qui est comme chez lui à Maranello. « Les rêves se réalisent... » écrit Leclerc sur son compte Twitter. Il rend aussi hommage à son père et à son ami Jules Bianchi, tous deux disparus, qui ont joué un rôle essentiel dans ses débuts dans la compétition automobile. L'arrivée de Leclerc chez Ferrari ne ravit guère Sebastian Vettel qui pouvait jusqu'ici compter sur la parfaite loyauté de Kimi Räikkönen, son ami personnel. Difficile de ne pas voir dans le Monégasque un jeune loup jeté dans ses pieds, surtout à l'heure où la presse italienne critique ses bourdes à répétition.

 

Ce transfert est en réalité un échange: alors que tout le monde pensait que Kimi Räikkönen, 39 ans, allait prendre une retraite bien méritée, il signe un contrat de deux ans avec Sauber ! Le champion finlandais retrouvera ainsi l'écurie de ses débuts en Formule 1, dix-huit ans plus tard. Un choix qui ne laisse pas d'étonner. Ses détracteurs déclarent qu'il court après l'argent, ses fans que seule la passion l'anime. Ces derniers sont certainement dans le vrai, car Räikkönen est de toute évidence à l'abri du besoin. Même s'il n'est plus le formidable « racer » qu'il était dans les années 2000, il prend toujours un évident plaisir à piloter. Son arrivée à Hinwil couronne aussi le travail de Frédéric Vasseur qui s'échine depuis un an et demi à redonner du lustre à Sauber. D'où le rapprochement avec Ferrari, le partenariat avec Alfa Romeo et les bons résultats engrangés en 2018. Sauber n'est plus la lanterne rouge du plateau et redevient une écurie attractive, comme le démontre Räikkönen. Bien sûr, Vasseur sait qu'il demeure tributaire de ses commanditaires: le salaire du Finlandais sera sans doute en grande partie réglé par Ferrari – Alfa Romeo. Mais les bons résultats attirent les sponsors, et il compte justement sur l'immense expérience de sa nouvelle recrue pour grimper dans la hiérarchie et sortir définitivement Sauber de la nasse.

 

Le plateau 2019 est encore loin d'être complet. Toro Rosso est probablement l'écurie la plus embarrassée pour dénicher de nouveaux pilotes: Pierre Gasly s'en va chez Red Bull, Brendon Hartley ne donne pas satisfaction, et la filière Red Bull est aujourd'hui tarie. Le seul espoir parrainé par la firme au taureau à montrer quelque talent, l'Anglais Daniel Ticktum, actuel leader du championnat d'Europe de F3, n'a pas les points nécessaires pour obtenir sa super-licence. Du coup, Helmut Marko et Franz Tost devraient poursuivre leur politique de recyclage, entamée l'an dernier avec Hartley. Selon les derniers bruits du paddock, les deux Autrichiens auraient ainsi décidé de replacer Daniil Kvyat dans une Toro Rosso l'an prochain ! Le Russe est pourtant sous contrat avec Ferrari... Leur autre alternative serait de faire appel à Sébastien Buemi, qui est certes toujours l'essayeur officiel de Red Bull Racing, mais qui n'a plus piloté en Grand Prix depuis 2011... Jean-Éric Vergne, récemment sacré champion de FE, a également été approché mais aurait repoussé cette offre, ne voulant plus faire de la figuration en F1.

 

Toro Rosso, écurie écolo

Esteban Ocon n'aura vraisemblablement de volant en 2019 et ses fans ont découvert un coupable en la personne de Toto Wolff qui n'aurait pas su caser son protégé. Mais le directeur de Mercedes rejette la responsabilité sur Force India et Renault qui avaient toutes deux proposé des engagements au jeune Français avant de se dédire. « En juillet, nous avions deux offres sur la table avec des contrats, et il fallait juste choisir lequel serait le bon », explique-t-il. « Et finalement, il a fini par ne plus avoir de contrat, parce que les gens n'ont simplement pas eu les c******* de s'en tenir à ce qu'ils avaient dit ! »

 

Mercedes n'a décidément pas de chance avec ses jeunes pilotes puisque l'on apprend le 14 septembre qu'elle met un terme à sa collaboration avec Pascal Wehrlein. Le jeune Allemand, faute de volant en Formule 1, a trouvé refuge en DTM mais la firme à l'étoile va quitter ce championnat à l'issue de la saison pour se concentrer sur la F1 et la Formule électrique. Néanmoins, il garde espoir de retrouver la discipline reine car il serait en lice pour remplacer Brendon Hartley chez Toro Rosso.

 

Présentation de l'épreuve

L'appel d'offres lancé en juillet par la FIA pour la fourniture des pneumatiques sur la période 2020 – 2023 n'a pas eu le succès escompté. Seuls Pirelli et le Coréen Hankook se sont manifestés et lutteront donc pour empocher le contrat. Michelin est restée muet, tout simplement parce que le cahier des charges imposé par la fédération ne correspond pas à sa vision du sport automobile. « L'intégration de la dégradation de la performance du pneu comme élément de spectacle se heurte à nos principes de gestion efficiente des ressources et du respect pour la technologique d'une gomme durable », fait savoir le Bibendum. En outre, la firme clermontoise souhaite une concurrence dont la FIA ne veut pas entendre parler. Enfin, ce contrat commence en 2020 alors qu'en 2021 la largeur des roues passera de 13 à 18 pouces. Il serait donc financièrement périlleux de se lancer dans la conception de pneus de 13 pouces qui ne vivront qu'une année... Cela ne semble pourtant pas rebuter Hankook qui fournit déjà le DTM et le championnat d'Europe de Formule 3.

 

Le circuit de Marina Bay est légèrement modifié cette année: l'alignement de la piste entre les virages n°16 et 17 a été revu, ce qui réduit la distance totale de deux mètres. Par ailleurs, certains tournants bénéficient d'un nouveau bitume afin d'araser les nombreuses bosses, l'un des principaux soucis des pilotes à Singapour.

 

Après sa défaite au GP d'Italie, Sebastian Vettel doit absolument retrouver le chemin de la victoire pour recoller à Lewis Hamilton au championnat. A priori, Singapour est un circuit qui lui est favorable: la Ferrari y est traditionnellement à l'aise et il a déjà remporté quatre fois cette course. Mais il se souvient aussi de son énorme bourde au départ de l'épreuve de 2017 qui avait prématurément mis un terme à sa course et à celle de son coéquipier. Visiblement, l'Allemand a réfléchi depuis Monza et reconnaît qu'il commet en règle générale beaucoup trop d'erreurs de pilotage. « Je pense que mon principal ennemi, c'est moi. », dit-il au micro de la chaîne Sky Sport.

 

Entre l'Italie et Singapour, Lewis Hamilton s'est offert un long périple qui l'a mené à Shanghai, puis à New York, pour dévoiler sa première ligne de vêtements, élaborée en collaboration avec le couturier Tommy Hilfiger, qui sponsorise d'ailleurs Mercedes. La marque, baptisée « TommyXLewis » propose des survêtements, des vestes, des boots et même des claquettes-chaussettes, le tout à des prix fort peu abordables. A la Fashion Weak de New York, le champion attire les objectifs en apparaissant au bras de la rappeuse Nicki Minaj, qui serait sa nouvelle fiancée... Ses détracteurs ricanent une fois de plus de ce mode de vie très « bling-bling » et sous-entendent qu'Hamilton délaisse sa préparation physique pour participer à ces billevesées, ce qui est bien mal le connaître...

 

Les dirigeants de Red Bull n'ont pas apprécié la « désertion » de Daniel Ricciardo vers Renault. Helmut Marko critique ce choix et déclare que l'Australien n'est pas près de refaire un « shoey », c'est-à-dire de boire du champagne dans sa bottine, comme il le fait habituellement après une victoire. Pour l'heure, Ricciardo se retrouve comme étranger à sa propre équipe et est désormais tenu à l'écart des réunions techniques.

 

Racing Point apporte une évolution majeure à la Force India VJM11. Les modifications touchent principalement à des détails aérodynamiques (arêtes du fond plat, échancrures sur les flancs etc.). On voit aussi un nouveau diffuseur chargé d'apporter plus d'appui sur le tracé tortueux de Marina Bay. L'objectif de l'écurie de Silverstone (32 points au compteur) est de finir sixième du championnat des constructeurs devant McLaren-Renault (52 pts). A noter que si elle avait conservé les points de feue Force India, elle serait actuellement quatrième de ce classement, devant Haas et Renault.

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, les Red Bull dominent les premiers essais libres avant de rentrer dans le rang dans la soirée lorsque baissent les températures. Räikkönen réalise le meilleur chrono de la deuxième session libre alors que son équipier Vettel lèche un muret. Samedi, les Ferrari sont les plus véloces lors de la dernière séance d'essais, et cette fois Vettel est tout en haut de la feuille des temps.

 

Tout ceci présage d'une première ligne rouge pour la grille de départ du Grand Prix. Et pourtant, c'est ce diable d'Hamilton qui réalise une étonnante pole position grâce à un tour absolument remarquable (1'36''015''') ! Il bat le record de la piste de près de trois secondes. Bottas (4ème) concède pas moins de sept dixièmes à son équipier. Verstappen (2ème) se place sur la première rangée en dépit de quelques problèmes de moteur. Ricciardo (6ème) patauge dans ses réglages. Les Ferrari déçoivent énormément. Tout d'abord, elles essaient de rouler en Q2 avec les pneus ultra-tendres, dans la perspective de la course du lendemain. Mais cela s'avère une gageure car ces pneus rendent une seconde et demie aux « hyper-tendres » ! Enfin, en Q3, Vettel (3ème) et Räikkönen (5ème) prennent la piste en plein trafic et ne parviennent pas à faire monter rapidement leurs pneus en température.

 

Les Force India (Pérez 7ème, Ocon 9ème) s'affirment comme la quatrième force du peloton sur un tracé qui leur est pourtant a priori peu favorable. Grosjean (8ème) est content de sa Haas-Ferrari alors que Magnussen (16ème) déplore un manque d'adhérence sur la sienne. Les Renault ne sont de nouveau pas très fringantes. Hülkenberg (10ème) atteint la Q3 contrairement à Sainz (12ème). Chez McLaren, Alonso se satisfait d'un bon 11ème chrono qui lui permet de choisir ses pneus pour la course. Vandoorne (18ème) se démène en vain pour faire aussi bien que son équipier, et brosse le mur à plusieurs reprises. Les Sauber-Ferrari (Leclerc 13ème, Ericsson 14ème) devraient pouvoir jouer les points. Les Toro Rosso-Honda (Gasly 15ème, Hartley 17ème) manquent à la fois d'équilibre et d'adhérence. Enfin, les Williams-Mercedes (Sirotkin 19ème, Stroll 20ème) sont complètement hors du coup et rendent cinq secondes aux meilleurs !

 

Le Grand Prix

Il fait chaud (30°C) en ce dimanche soir sur la cité-État de Singapour, mais les étoiles sont cachées par des nuages menaçants. Une averse n'est pas à exclure. Les stratégies sont très diverses. Les Mercedes, Red Bull, Ferrari, Force India et Toro Rosso, ainsi que Grosjean et Hülkenberg, partent en pneus hyper-tendres. Magnussen, Sainz, Stroll, les McLaren et les Sauber sont en ultra-tendres. Seul Sirotkin choisit les pneus tendres jaunes.

 

Départ: Hamilton conserve les commandes tandis que Vettel se porte quasi à la hauteur de Verstappen sans pouvoir le doubler. Suivent Bottas, Räikkönen et Ricciardo. Grosjean court-circuit le premier virage.

 

1er tour: Ocon tente de faire l'extérieur à Pérez à la sortie du virage n°3. Le Mexicain n'aperçoit pas son équipier et le propulse contre le muret. Ocon détruit son train avant et s'immobilise quelques mètres plus loin. Vettel déborde Verstappen sur Raffles Boulevard. A cet instant, la voiture de sécurité intervient pour permettre l'évacuation de la Force India d'Ocon. Hamilton mène devant Vettel, Verstappen, Bottas, Räikkönen, Ricciardo, Pérez, Grosjean, Alonso et Sainz.

 

2e: Les commissaires retirent la voiture accidentée d'Ocon.

 

3e: Sirotkin passe par son stand pour faire ôter un débris ramassé par son aileron avant et chausser des pneus tendres.

 

4e: La Safety Car s'efface à l'issue de cette boucle. Hamilton prend tout son temps pour remettre les gaz...

 

5e: Drapeau vert: Hamilton demeure en tête et s'échappe avec plus d'une seconde d'avance sur Vettel.

 

7e: Vettel réplique à Hamilton. Il tourne en 1'47''997''' et réduit son retard à huit dixièmes. Verstappen garde Bottas et Räikkönen à distance.

 

8e: Hamilton hausse son rythme (1'46''746''') et repousse Vettel à une seconde et demie. Verstappen s'accroche à celui-ci.

 

10e: Hamilton mène devant Vettel (1.3s.), Verstappen (2.3s.), Bottas (3.8s.), Räikkönen (5s.), Ricciardo (7.5s.), Pérez (9.3s.), Grosjean (14.3s.), Alonso (16.5s.), Sainz (19.1s.), Hülkenberg (21.7s.) et Gasly (22.8s.).

 

12e: Hamilton tourne en 1'45''502''' et maîtrise ce début de course. Verstappen roule une seconde derrière Vettel qui n'est pas très satisfait de ses pneumatiques.

 

13e: Vettel accuse maintenant plus de deux secondes de retard sur Hamilton. Alonso pourchasse Grosjean pour le gain de la huitième place.

 

14e: Hamilton s'envole (1'44''403'''). Vettel entre aux stands en fin de tour pour changer de pneus avant de perdre trop de temps.

 

15e: Vettel chausse les pneus ultra-tendres violets (2.7s.) et reprend la piste entre Pérez et Grosjean. Hartley prend aussi ce type de gommes.

 

16e: Mercedes couvre la stratégie de Ferrari: Hamilton est aux stands et sélectionne pour sa part les pneus jaunes, les plus durs de la gamme (2.9s.). L'Anglais ressort devant Pérez qui fait perdre un temps fou à Vettel. Verstappen est le nouveau leader. Hülkenberg prend les pneus violets.

 

17e: Bottas chausse les Pirelli tendres (2.4s.). Grosjean effectue la même opération. Verstappen mène avec sept secondes de marge sur Räikkönen. Vettel déborde Pérez au premier virage.

 

18e: Verstappen pénètre dans les stands et s'empare de pneus jaunes (2.5s.). Le jeune Hollandais ressort juste devant Vettel. Les deux hommes franchissent côte à côte le premier enchaînement, mais Verstappen, mieux placé, demeure devant son adversaire qui fait là une bien mauvaise opération. Räikkönen occupe provisoirement la tête. Pérez prend des pneus violets.

 

19e: Räikkönen devance Ricciardo (2.7s.), Hamilton (13.7s.), Verstappen (18.4s.), Vettel (21.1s.), Bottas (23s.), Alonso (34.5s.), Sainz (37.1s.), Gasly (41.2s.) et Leclerc (42.3s.).

 

20e: Bien que muni de pneus ultra-tendres, Vettel est semé par Verstappen chaussé de pneus tendres.

 

22e: Räikkönen chausse les enveloppes violettes (3.1s.) et cède le leadership à Ricciardo. Reparti seizième, Pérez bute sur Sirotkin et perd ainsi presque tous ses espoirs d'inscrire des points.

 

24e: Ricciardo devance Hamilton de huit secondes. Vettel revient à deux secondes de Verstappen. Leclerc attaque Gasly et convoite la dixième position.

 

26e: Leclerc harcèle Gasly qui finit par fait un méplat dans un freinage intempestif. Le Monégasque double le Normand dans la foulée. En fin de parcours, Gasly et Magnussen passent aux stands. Le premier sélectionne les pneus ultra-tendres, le second les tendres.

 

27e: Arrêt de Ricciardo qui prend les gommes ultra-tendres (2.3s.). Hamilton reprend les commandes de l'épreuve, cinq secondes devant Verstappen.

 

29e: Pérez, quatorzième, klaxonne derrière Sirotkin qui refuse de s'écarter, bien qu'il ne soit pas vraiment dans la même course que le Mexicain.

 

30e: Hamilton précède Verstappen (4.5s.), Vettel (7.8s.), Bottas (11s.), Räikkönen (14s.), Ricciardo (27s.), Alonso (36.2s.), Sainz (40.3s.), Leclerc (57.8s.), Ericsson (1m. 03s.), Vandoorne (1m. 09s.) et Stroll (1m. 14s.). Sirotkin emmène un peloton comprenant Pérez, Hülkenberg et Grosjean.

 

32e: Cinq secondes séparent Hamilton et Verstappen. Vettel ne recolle pas au Néerlandais.

 

33e: Pérez s'énerve derrière Sirotkin. Il l'attaque au niveau de l'Esplanade mais le Russe offre une belle résistance. A la sortie du virage n°17, Pérez fait l'extérieur à son adversaire puis se rabat brusquement devant lui. Les deux monoplaces entrent en contact. Pérez est aussitôt victime d'une crevaison à l'arrière-gauche et regagne son stand.

 

34e: Hülkenberg déborde Sirotkin au virage n°5. Le Russe se retrouve sous la pression de Grosjean et de Gasly. Pérez reprend la course bon dernier.

 

35e: L'intervalle est stable entre Hamilton et Verstappen. Ricciardo se rapproche des deux Finlandais Bottas et Räikkönen. Sirotkin reprend son rôle de bouchon. Il retient Grosjean, Gasly, Hartley et Magnussen !

 

36e: Hamilton arrive sur le peloton emmené par Sirotkin. Cela permet à Verstappen de combler une partie de son retard. Magnussen fait l'intérieur à Hartley puis le pousse vers la bordure au virage n°7. Le Kiwi revient en piste au niveau du Danois et reprend l'avantage au tournant suivant. Puis, tous deux gagnent les stands et prennent des Pirelli hyper-tendres pour finir l'épreuve.

 

37e: Hamilton se retrouve derrière le trio Sirotkin – Grosjean – Gasly. Il se défait sans mal du pilote Toro Rosso. Verstappen revient à deux secondes. Vettel à cinq secondes. Sainz passe chez Renault pour prendre des pneus tendres.

 

38e: Grosjean double Sirotkin au prix d'une rude bataille. Mais ce faisant, le Français et le Russe ignorent les drapeaux bleus et gênent considérablement Hamilton. Verstappen revient sur l'Anglais et se montre dans ses rétroviseurs dans un bout droit. Il se décale vers l'intérieur mais Hamilton lui barre la route. Par bonheur pour l'Anglais, Sirotkin choisit enfin de s'écarter. Le pilote Mercedes s'enfuit aussitôt, d'autant plus que Grosjean ne lui résiste pas. Arrêts d'Alonso et Leclerc. Le premier s'empare de pneus jaunes, le second de pneus roses.

 

39e: Hamilton reprend son rythme de croisière et compte trois secondes de marge sur Verstappen. Pérez écope d'un « drive through » pour sa collision avec Sirotkin.

 

40e: Sainz menace Ericsson pour le gain de la huitième place. Stroll chausse les pneus violets. Pérez retrouve Sirotkin sur sa route et cette fois le double sans peine.

 

41e: Hamilton est premier devant Verstappen (3.3s.), Vettel (7.4s.), Bottas (11.3s.), Räikkönen (13.4s.), Ricciardo (18.8s.), Alonso (1m. 12s.), Ericsson (1m. 18s.), Sainz (1m. 20s.), Vandoorne (1m. 30s.), Leclerc (1m. 32s.) et Hülkenberg (1m. 38s.).

 

43e: Vandoorne stoppe chez McLaren pour prendre des pneus tendres. Magnussen double successivement Hartley et Sirotkin

 

44e: Sainz prend l'ascendant sur Ericsson après une longue bagarre. Le Suédois rejoint ensuite les stands pour s'équiper en Pirelli roses. Grosjean reçoit une pénalité de cinq secondes pour avoir bouchonné Hamilton. Au virage n°14, Hartley porte une attaque contre Sirotkin, mais celui-ci l'emmène contre le mur. Le Néo-Zélandais freine au maximum pour éviter les glissières et repart.

 

45e: Hamilton maintient son avance sur Verstappen. Vettel préserve ses pneus et n'a aucun espoir de rattraper les deux leaders. Bottas, Räikkönen et Ricciardo se tiennent en trois secondes.

 

47e: L'intervalle entre Hamilton et Vettel atteint quatre secondes. Sirotkin est sanctionné de cinq secondes pour avoir contraint Hartley à rouler hors des limites. Le Russe observe aussitôt sa pénalité avant de remplacer ses pneus.

 

49e: Räikkönen menace Bottas dont les pneus sont passablement abîmés. Magnussen détruit ses gommes. Il doit chausser un nouveau jeu de Pirelli roses.

 

50e: Magnussen s'adjuge pour la première fois de sa carrière le meilleur tour de la course: 1'41''905'''.

 

51e: Hamilton perd un peu de temps en prenant un tour supplémentaire à... Sirotkin.

 

52e: A neuf tours du but, Hamilton devance Verstappen (4.3s.), Vettel (15.7s.), Bottas (25.7s.), Räikkönen (27s.), Ricciardo (28s.), Alonso (1m. 24s.), Sainz (1m. 40s.), Leclerc (-1t.), Hülkenberg (-1t.), Ericsson (-1t.) et Vandoorne (-1t.).

 

54e: Räikkönen et Ricciardo évoluent dans le sillage de Bottas et peuvent actionner l'aileron arrière mobile.

 

55e: Les gommes de Vettel sont très usées. L'Allemand lève le pied et rend maintenant vingt-deux secondes à Verstappen.

 

56e: Hamilton conclut son meilleur chrono de la soirée (1'42''913'''). Bottas, à la peine, évolue à quelques encablures de la Renault d'Hülkenberg qu'il ne parvient pas à rattraper. Räikkönen guette la moindre faute de son compatriote. Ricciardo est un peu décroché.

 

58e: Hamilton devance Verstappen de sept secondes, Vettel de trente-et-une secondes. Räikkönen est dans les échappements de Bottas. Onzième, Ericsson repousse les assauts de Vandoorne.

 

60e: Hamilton roule huit secondes et demie devant Verstappen. Räikkönen n'a plus les gommes pour aller chercher Bottas. Les positions vont demeurer figées.

 

61ème et dernier tour: Pérez et Hartley luttent pour la seizième place. Le Mexicain dépasse le Néo-Zélandais dans les derniers mètres.

 

Lewis Hamilton gagne le GP de Singapour devant Verstappen et Vettel. Bottas se classe quatrième, une seconde devant Räikkönen. Ricciardo ne sera pas parvenu à gagner une position et termine sixième. Alonso est septième grâce à une brillante stratégie de McLaren. Sainz finit huitième devant Leclerc et Hülkenberg. Sont aussi à l'arrivée: Ericsson, Vandoorne, Grosjean, Gasly, Stroll, Pérez, Hartley, Magnussen et Sirotkin. Grosjean recule de deux places du fait de sa pénalité.

 

Après la course: Hamilton creuse le trou

Éprouvé par un effort de près de deux heures, Lewis Hamilton réprime un rictus de douleur en grimpant sur le podium. Il est malgré tout extrêmement satisfait car il vient de faire un pas décisif vers son cinquième titre mondial. « Ce fut long, mais amusant », commente-t-il au micro de David Coulthard. « J'attaque, mais je ne pense pas au championnat. C'est comme ça que ça marche. Je comprends mieux la voiture désormais. Je peux plus facilement approcher ses limites grâce au travail de toute l'usine. Cette équipe est encore pleine de fraîcheur alors que cela fait six ans qu'elle gagne. » Il en profite pour tacler ceux qui ont critiqué son escapade américaine avant cette course: « Jeudi, j'ai bien senti que certains attendaient un faux pas pour me rappeler ma conduite... » Par ailleurs, la Mercedes W09 s'est montrée très performante. Contrairement à ses devancières, elle ne surchauffe pas ses pneus arrière sur les tracés qui exigent une excellente traction, comme Singapour. D'où ses belles prestations en Hongrie ou ce week-end. Cette amélioration serait due à un nouveau tambour de frein permettant un meilleur refroidissement.

 

Les vents ne portent plus le navire rouge. Ferrari et Sebastian Vettel sont passés à côté de ce Grand Prix et voient les titres mondiaux s'éloigner. L'Allemand accuse désormais un retard de 40 points sur Hamilton. « Nous avons tenté quelque chose qui n'a pas fonctionné », explique-t-il. « L'idée était de passer devant Lewis afin de contrôler le rythme. Cela n'a pas marché et nous a mis dans l'embarras. Il es malheureux d'avoir perdu la seconde place dans les stands. Mais c'est ainsi. Avec les pneus que j'avais, je ne pouvais plus que les préserver pour essayer de finir troisième. Mais je défendrais toujours l'équipe. La stratégie était agressive, je suis content de l'avoir tentée. » Mais la défaite de Ferrari est-elle uniquement la conséquence d'une tactique défaillante ? Il semble que la SF71-H avait bien du mal à exploiter correctement les Pirelli.

 

On soulignera la très belle prestation de Max Verstappen, d'ailleurs élu « pilote de la course » par les téléspectateurs, sur ce circuit sélectif. Grâce aux ennuis rencontrés par Hamilton derrière les attardés Grosjean et Sirotkin, le jeune Hollandais aurait peut-être même pu gagner. « Ma seule véritable chance de victoire était le départ, mais hélas cela s'est mal passé », raconte-t-il. « Heureusement, l'équipe m'a mis sur une excellente stratégie et j'ai retrouvé la deuxième place avec un arrêt exceptionnel. Quand je suis revenu sur Lewis à cause des retardataires, je n'ai jamais vraiment cru qu'un dépassement serait possible. C'est dur de doubler ici, donc je n'ai pas voulu prendre le risque. C'était aussi un peu injuste qu'il perde autant de temps derrière des pilotes qui ne s'écartaient pas. »

 

En ce qui concerne justement les drapeaux bleus non respectés, Romain Grosjean est sermonné par Charlie Whiting et perd trois points sur son « permis ». Il a déjà égaré neuf de ses douze unités, et se trouve donc à la merci d'une suspension d'une course. Enfin, chez Racing Point FI, Esteban Ocon ne décolère pas après avoir été expédié dans le mur par son équipier Sergio Pérez: « Ne me demandez pas de commenter ma relation avec mon coéquipier... » lâche-t-il au micro de Canal +. Checo Pérez lui présente ses excuses tout en plaidant l'angle mort. L'antagonisme entre les deux hommes, qui s'était quelque peu apaisé après leurs multiples frictions de 2017, se ravive. Otmar Szafnauer réagit vivement et prend une mesure radicale: à l'avenir, Pérez et Ocon n'auront plus le droit de se battre en course !

Tony