L'évènement de cette course est le retour de Mario Andretti chez Ferrari, pour le plus grand bonheur des tifosi. Pour remporter le titre des constructeurs contre McLaren, la Scuderia a en effet besoin d'engager une deuxième voiture. Afin de s'acclimater au moteur turbo, le champion américain effectue une séance d'essais intensifs et cela va porter ses fruits.
Depuis la victoire de Rosberg à Dijon, le titre pilotes est quasiment joué en faveur du Finlandais. Son seul rival sérieux serait le malheureux Pironi, mais ce dernier est toujours à l'hôpital. Les autres pilotes encore en course pour le couronne sont Prost, Lauda et Watson. Grâce à sa Renault à moteur turbo, Prost semble être le mieux placé contre Rosberg, mais il lui faut pour cela absolument gagner les deux dernières courses. Ce qui n'est pas impossible, si toutefois sa machine se montre enfin fiable. Quant aux deux pilotes McLaren, leurs chances semblent très faibles. Ainsi Rosberg semble favori, et il lui suffit de conserver ses onze points d'avance sur Prost pour être titré dès cette épreuve, en espérant un résultat médiocre des McLaren. La lutte pour le titre constructeur est en revanche à son paroxysme, Ferrari ne comptant que quatre points d'avance sur McLaren, neuf sur Williams et quatorze sur Renault.
Mario Andretti est l'attraction du week-end, et il va faire honneur au public italien en obtenant une incroyable pole position, à 42 ans, pour sa première course avec un turbo ! A ses côtés en première ligne on retrouve Piquet, puis viennent leurs équipiers respectifs. Tambay et Patrese. Les deux Renault occupent la troisième ligne, Prost devant Arnoux. Les turbos semblent donc intouchables dans ce temple de la vitesse. Premier des moteurs atmosphériques, Rosberg est septième, avec un temps à trois secondes de celui d'Andretti. Les McLaren sont aussi à la peine: Lauda est dixième, Watson douzième.
Départ: Envol moyen d'Andretti qui permet à Piquet de franchir en tête le premier freinage, devant Tambay qui a passé son équipier. Arnoux prend aussi un bon départ et se retrouve troisième. Prost met en revanche deux roues dans l'herbe et se retrouve dans le peloton.
1er tour: Henton part en vrille à la Variante della Roggia et percute Warwick qui passait par là. Piquet ralentit soudainement après Lesmo et se fait passer par Tambay et Arnoux, puis par Patrese et Andretti. A la sortie de la Parabolica Arnoux prend l'aspiration de Tambay et le déborde par l'intérieur dans la longue ligne droite de départ.
A l'issue de ce premier tour fou, Arnoux mène devant Tambay, Patrese, Andretti, Piquet, de Cesaris, Giacomelli, Rosberg, Watson et Prost.
2e: Arnoux s'échappe en tête tandis que Piquet chute complètement dans le classement. Prost vient à bout de Watson. A la fin du tour, Patrese déborde Tambay par l'extérieur de la Parabolica. Victime d'un accident dans le premier tour, Daly rentre au stand Williams pour abandonner.
3e: Prost prend la septième place à Rosberg. Fabi stoppe sa machine dans l'herbe, en panne de moteur. Les deux Toleman sont déjà hors course.
4e: Patrese revient sur les talons d'Arnoux. Plus loin Prost remonte comme une balle et dépasse les deux Alfa de Giacomelli puis de Cesaris.
5e: Patrese se montre dans les rétroviseurs d'Arnoux à la Variante Ascari. Prost revient quant à lui sur Andretti.
6e: Prost déborde Andretti dans la ligne droite de départ, mais l'Américain reprend sa place à la sortie de la première chicane. Devant eux Patrese ralentit à son tour, victime d'une panne d'embrayage. L'Italien revient à son stand et doit abandonner. Au même instant Laffite rentre aussi au garage Talbot, boîte vitesses cassée.
7e: Sur la ligne de départ, Prost attaque de nouveau Andretti et cette fois-ci s'empare de la troisième place.
8e: Arnoux mène devant Tambay (7.4s.), Prost (16.2s.), Andretti (18.7s.), de Cesaris (20.3s.) et Giacomelli (21.7s.). Suivent Rosberg, Watson, Alboreto et Lauda.
Tombé au treizième rang, Piquet abandonne également, sur un problème d'embrayage comme son équipier.
11e: Grosse frayeur pour Jarier qui voit sa roue arrière-gauche se détacher à l‘issue de la ligne de départ. Il coupe à travers le gazon et parvient à atteindre la Curva Grande au ralenti. Il immobilise ensuite son Osella dans l'herbe. Pendant ce temps de Cesaris revient à son stand, sa voiture rencontrant un souci technique. Il y reste arrêté de longues secondes avant de repartir en queue de peloton.
12e: Watson prend la sixième place à Rosberg dans la ligne droite principale.
13e: Watson dépasse Giacomelli et se retrouve cinquième.
15e: Arnoux mène devant Tambay (8.7s.), Prost (15.7s.), Andretti (24.3s.), Watson (32.4) et Giacomelli (34.7s.). Le Grenoblois roule vers la victoire mais sa Renault subit une petite fuite de carburant, le laissant « les fesses dans l'essence » selon sa propre expression. Il risque ainsi de tomber en panne sèche d'ici l'arrivée.
19e: Prost est l'homme le plus rapide en piste et remonte sur Tambay. Jusqu'alors douzième, de Angelis entre au stand Lotus pour changer ses pneus.
22e: Victime d'un problème de freins, Lauda regagne le stand McLaren. Il discute de longs moments avec John Barnard mais ne peut pas repartir. L'Autrichien perd ainsi ses dernières chances de sacre.
25e: Arnoux signe le meilleur tour en course: 1'33''619'''
Prost est désormais dans les échappements de Tambay et se montre dans les rétroviseurs de la Ferrari. Evènement dans le peloton: Rosberg a perdu son aileron arrière et est au ralenti. Le leader du championnat se fait passer par Giacomelli puis Alboreto.
26e: Rosberg entre aux stands et ses mécaniciens remontent un nouvel aileron.
28e: Nouveau coup de théâtre: à Lesmo Prost lève le bras et ralentit. Pour la énième fois la Renault est en panne d'injection. Après avoir voulu s'arrêter dans l'herbe, il tente de poursuivre mais abandonne le tour suivant après la première chicane. Le jeune Français dit ainsi définitivement adieu au titre de champion du monde.
Au même instant Rosberg ressort enfin des stands en quinzième position.
29e: Arnoux est toujours en tête devant Tambay (15.8s.), Andretti (49.9s.), Watson (1m. 01s.), Giacomelli (1.08s.) et Alboreto (1.12s.). Puis suivent Cheever, Mansell, de Angelis et Salazar.
33e: Son Alfa Romeo devenant inconduisible, Giacomelli regagne son stand pour réparer, puis retourne en piste. Au même instant Surer abandonne au stand Arrows sur un problème d'allumage.
34e: Arnoux mène devant Tambay (18.5s.), Andretti (57.5s.), Watson (1m.11s.), Alboreto (1m.26s.) et Cheever à un tour. Giacomelli revient à son stand et cette fois abandonne.
36e: En panne d'accélérateur, de Angelis entre au stand Lotus et abandonne.
43e: La course est désormais jouée, Arnoux comptant dix-sept secondes d'avance sur Tambay. Néanmoins le pilote Renault craint toujours pour sa consommation en essence. Seuls les quatre premiers sont désormais dans le même tour. Rosberg est remonté en neuvième position.
44e: Rosberg prend la huitième place à Salazar.
53ème et dernier tour: René Arnoux remporte sa quatrième victoire en carrière, sa dernière pour Renault. Une victoire éprouvante à cause de cette fuite qui lui laisse le derrière brûlé !
Tambay et Andretti amènent leurs Ferrari sur le podium. Watson est quatrième devant Alboreto et Cheever. Mansell est septième, Rosberg seulement huitième. Suivent Salazar, de Cesaris, Serra et Baldi. Suite à de gros soucis techniques, Guerrero termine non classé à douze tours.
Comme d'habitude, la foule envahit le circuit sitôt la ligne d'arrivée franchie par le vainqueur. Ce qui n'est pas sans danger, même dans le tour d‘honneur. A la Variante della Roggia, Rosberg ne change pas de trajectoire pour éviter les tifosi qui doivent s'écarter précipitamment, en vociférant contre le Finlandais. Loin de tout cela, Arnoux a enlevé son casque pour son tour d'honneur et salue la foule. Même si la victoire échappe à une voiture rouge, le public italien n‘est pas mécontent. Arnoux a en effet signé pour rejoindre Ferrari en 1983 et les tifosi le considèrent déjà comme l'un des leurs.
Au classement des conducteurs, Rosberg n'est pas titré mais il compte encore neuf points d'avance sur Watson, soit une victoire. Le pilote McLaren est son seul concurrent désormais. Au classement des constructeurs, Ferrari fait une excellente opération avec ce double podium et compte désormais onze points d'avance sur McLaren-Ford Cosworth. Renault a encore une minuscule chance de décrocher ce titre mais pour cela, il faut que la firme française signe le doublé à Las Vegas et que Ferrari ne marque pas plus d‘un point. Williams est par contre définitivement hors course avec ce score vierge.
Tony